Naomi Klein : La stratégie du choc

Mis en ligne le 02 juin 2008

« Ces quatre der­nières années, j’ai mené des recherches sur ce domaine peu exploré de l’histoire éco­no­mique : la manière dont les crises ont pré­paré le chemin de la révo­lu­tion éco­no­mique droi­tière tout autour du globe. Une crise frappe, la panique se répand et les idéo­logues col­matent la brèche en réor­ga­ni­sant rapi­de­ment les socié­tés dans l’intérêt des entre­prises les plus impor­tantes. Je désigne cette manœuvre sous les termes de “capi­ta­lisme du désastre” ». Présentation du der­nier ouvrage de Naomi Klein qui, pour l’occasion, a co-réa­lisé une vidéo pro­mo­tio­nelle uti­li­sant sans rete­nue la tech­nique qu’elle dénonce par ailleurs : le shock & awe, le choc et l’effroi.

Par Naomi Klein – paru aux édi­tions Actes Sud

La stratégie du choc – La montée d’un capitalisme du désastre

Qu’y a-t-il de commun entre le coup d’Etat de Pinochet au Chili en 1973, le mas­sacre de la place Tiananmen en 1989, l’effondrement de l’Union sovié­tique, le nau­frage de l’épopée Solidarnosc en Pologne, les dif­fi­cul­tés ren­con­trées par Mandela dans l’Afrique du Sud post-apar­theid, les atten­tats du 11 sep­tembre, la guerre en Irak, le tsu­nami qui dévasta les côtes du Sri Lanka en 2004, le cyclone Katrina, l’année sui­vante, la pra­tique de la tor­ture par­tout et en tous lieux – Abou Ghraïb ou Guantànamo – aujourd’hui ?.

Tous ces moments de notre his­toire récente, répond Naomi Klein, ont partie liée avec l’avènement d’un « capi­ta­lisme du désastre ». Approfondissant la réflexion mili­tante enta­mée avec son best-seller No Logo, Naomi Klein dénonce, dans La stra­té­gie du choc, l’existence d’opérations concer­tées clans le but d’assurer la prise de contrôle de la pla­nète par les tenants d’un ultra­li­bé­ra­lisme tout-puis­sant.

Ce der­nier met sciem­ment à contri­bu­tion crises et désastres pour sub­sti­tuer aux valeurs démo­cra­tiques, aux­quelles les socié­tés aspirent, la seule loi du marché et la bar­ba­rie de la spé­cu­la­tion.

Remarquablement conduite et docu­men­tée, cette his­toire secrète du libre marché, qui des­sine une nou­velle éthique de l’investigation jour­na­lis­tique, s’affirme comme une lec­ture indis­pen­sable pour rééva­luer les enjeux des temps pré­sent et à venir, vis-à-vis des­quels les citoyens du monde portent, ensemble, une res­pon­sa­bi­lité impos­sible à délé­guer.



Journaliste, essayiste et réa­li­sa­trice, diplô­mée de la pres­ti­gieuse London School of Economics, Naomi Klein est l’auteur du best-seller inter­na­tio­nal No Logo, tra­duit dans vingt-huit langues et devenu une réfé­rence incon­tour­nable dans le monde entier. Elle contri­bue régu­liè­re­ment à la rubrique inter­na­tio­nale de The Nation et The Guardian, et s’est rendue en Irak pour le maga­zine Harper’s. En 2004, elle a réa­lisé un film docu­men­taire. The Take, sur l’occupation des usines en Argentine, qu’elle a copro­duit avec le réa­li­sa­teur Avi Lewis


Source : Contre Info – 31 mai 2008

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