Résumé d'une présentation à venir dans le cadre de l’Université populaire d’été des NCS

Mobilisation des organismes ou mobilisation du peuple ?

Mouvement populaire et action politique

Par Mis en ligne le 17 août 2011

Dans le contexte d’un néo-libé­ra­lisme triom­phant sur la pla­nète, de son digne repré­sen­tant cana­dien main­te­nant majo­ri­taire et déter­miné à impo­ser son joug sur les classes popu­laires et d’un gou­ver­ne­ment pro­vin­cial cor­rompu et prêt à toutes les magouilles pour vendre le Québec et l’appareil d’État au plus offrant, la mobi­li­sa­tion popu­laire est plus que jamais déter­mi­nante pour faire contre­poids à pareils rou­leaux compresseurs.

Cependant, ce contre­poids est tri­bu­taire du rap­port de force réel que nous pou­vons oppo­ser aux diri­geants de la droite. Comme le démontrent les luttes per­sis­tantes du Surois, du Mont-Orford et du Gaz de schiste, ce ne sont que les luttes qui mobi­lisent un nombre impor­tant d’électeurs qui les font recu­ler un tant soit peu. Ainsi, la ques­tion qu’il faut se poser c’est : au-delà de mobi­li­ser les réseaux et orga­nismes mili­tants, quelles sont les luttes et les groupes qui mobi­lisent vrai­ment les per­sonnes pour les­quelles ils se battent ?

À cet effet, une ana­lyse som­maire des dif­fé­rents mou­ve­ments popu­laires nous font voir que les luttes vic­to­rieuses résultent de réseaux et de groupes ayant une base citoyenne impor­tante et mobilisée.

À cet égard, les mou­ve­ments des femmes, des étu­diants et des éco­lo­gistes, chacun à leurs façons et selon leurs spé­ci­fi­ci­tés, mobi­lisent une base citoyenne qui se recon­naît dans ces mou­ve­ments, se main­tient ou se renou­velle. Ce sont ces mou­ve­ments qui, ces der­nières années ont réussi à créer des rap­ports de force impor­tants et à faire recu­ler le gou­ver­ne­ment sur cer­taines de leurs revendications.

Par contre, les mou­ve­ments syn­di­caux et com­mu­nau­taires, réunis­sant pour­tant beau­coup plus d’organismes, peinent à faire valoir leurs reven­di­ca­tions et à gagner leurs luttes. Serait-ce que, dans le cas du mou­ve­ment syn­di­cal, il fait peu appel à sa base, depuis plu­sieurs années, au profit de négo­cia­tions sans réel rap­port de force et subit ainsi défaites sur défaites ? Et, dans le cas du mou­ve­ment com­mu­nau­taire, serait qu’il manque cruel­le­ment de base citoyenne ayant muté au cours des ans d’organismes de sou­tien à l’organisation citoyenne en orga­nisme de ser­vices sans cher­cher à ce que ses usa­gers déve­loppent un quel­conque sen­ti­ment d’appartenance ?

Ces ques­tions méritent réflexion et, le cas échéant, cor­rec­tions qui s’imposent.

Ainsi, pre­nons exemple sur les syn­di­cats qui déve­loppent une vie syn­di­cale forte basée sur la conscience de la com­mu­nauté d’intérêt de leurs membres, de la force de leur nombre et de leur capa­cité à amé­lio­rer leurs condi­tions et celle de leur milieu. Et com­pa­rons-les avec les syn­di­cats qui, pour plu­sieurs de leurs membres, sont deve­nues une sorte de police d’assurance per­son­nelle à qui l’ont verse des paie­ments en retour de ser­vices. Quelles sont leurs struc­tures de par­ti­ci­pa­tion, leurs sujets de pro­gramme d’éducation, leurs prin­ci­pales acti­vi­tés cou­rantes ? On y trou­vera sûre­ment matière à expli­quer les gains des pre­miers et les défaites des seconds.

Du côté du mou­ve­ment com­mu­nau­taire, la situa­tion est plus dra­ma­tique. Hormis cer­tains sec­teurs qui se sont déve­lop­pés sur une base reven­di­ca­trice comme le mou­ve­ment sur le loge­ment et les réseaux familles, quels sont les orga­nismes qui peuvent se tar­guer d’avoir une base citoyenne forte ? Même les orga­nismes mili­tants de défense des droits sociaux peinent à mobi­li­ser leurs membres. Serait-ce que les per­ma­nents qui les animent ont peu à peu troqué le sou­tien à l’organisation citoyenne au profit de ser­vices d’information déve­lop­pant peu un sen­ti­ment d’appartenance chez eux ? Ou serait-ce que les rai­sons objec­tives de se regrou­per autour de ces ser­vices ne sont pas évi­dentes ? Quels sont les besoins pour les­quels les citoyens sont prêts à s’organiser entre eux ? Les luttes des mou­ve­ments citoyens spon­ta­nés de ces der­nières années ont-ils, à cet effet, des leçons à nous apprendre ? Autant de ques­tions que nous débat­trons dans cette table ronde.

Les commentaires sont fermés.