Mobilisation civile contre les sommets des G8/G20

Par Mis en ligne le 22 juin 2010

Dix bonnes raisons pour une mobilisation

  1. Le pro­ces­sus démo­cra­tique devrait faire place à la par­ti­ci­pa­tion de la société civile. Toutefois, le fait que nos chefs d’État éloignent de la table de dis­cus­sion les citoyens qu’ils sont sup­po­sés repré­sen­ter, et ce, au coût d’un mil­liard de dol­lars de notre argent, consti­tue la preuve ultime que ce n’est pas le cas.
  2. La mon­dia­li­sa­tion de l’égoïsme, de la cupi­dité, de la spé­cu­la­tion et de l’accumulation exces­sive et débri­dée de la richesse a détruit la pla­nète et appau­vri ses habi­tants. À l’échelle mon­diale, près de trois mil­liards d’êtres humains, soit la moitié de la popu­la­tion mon­diale, vivent avec moins de deux dol­lars par jour et 1,3 mil­liard, avec moins de un dollar par jour. Deux mil­liards d’habitants n’ont pas accès à l’eau potable. Selon l’UNICEF, un enfant meurt toutes les 8 secondes des suites de la pau­vreté, de la faim et de la mala­die. Un mil­liard de cita­dins vivent dans des bidon­villes. Les nations les plus riches, qui repré­sentent 20 % de la popu­la­tion mon­diale, consomment 86 % de toutes les res­sources pla­né­taires. Le pays le plus riche de la Terre, soit les États-Unis, affiche l’écart le plus marqué entre les riches et les pauvres. La richesse totale des trois per­sonnes les plus nan­ties du monde est supé­rieure au pro­duit inté­rieur brut com­biné des 48 pays les plus pauvres, soit un quart de tous les États du monde.
  3. La poli­tique d’aide inter­na­tio­nale mise de l’avant par la Banque Mondiale et le FMI dans les pays pauvres consiste à impo­ser une restruc­tu­ra­tion sau­vage qui requiert la pri­va­ti­sa­tion des ser­vices les plus essen­tiels comme les soins de santé, l’éducation et l’eau. L’aide au déve­lop­pe­ment accor­dée aux pays afri­cains se résume à inci­ter les mul­ti­na­tio­nales à faire des inves­tis­se­ments privés et à vendre les pro­duits des pays riches à des prix inabor­dables, ce qui aug­mente l’endettement de ces pays.
  4. L’accroissement éco­no­mique sans fin consti­tue la seule moti­va­tion des banques et des mul­ti­na­tio­nales au détri­ment de la santé éco­lo­gique. La pla­nète ne peut plus absor­ber le pillage et la des­truc­tion de ses res­sources ni les dom­mages envi­ron­ne­men­taux causés par les gaz à effet de serre. On n’arrête pas de sac­ca­ger nos res­sources non renou­ve­lables pour rem­plir les poches de quelques action­naires. La crois­sance et la consom­ma­tion effré­née pro­duisent un gas­pillage géné­ra­lisé de nos res­sources.
  5. La des­truc­tion de la bio­di­ver­sité de la pla­nète par une agri­cul­ture mono­cul­tu­rale et mono­po­liste laisse com­plè­te­ment indif­fé­rente la poi­gnée de mul­ti­na­tio­nales qui acca­parent tout. Les pays pro­duc­teurs de riz, par exemple, ont été obli­gés d’abandonner leur céréale en faveur de la pro­duc­tion du café pour expor­ta­tion vers les pays les plus nantis. Les mul­ti­na­tio­nales comme Monsanto ont la main­mise sur l’agriculture grâce à leurs semences trans­gé­niques coû­teuses qui ne peuvent pas être réuti­li­sées. Les humains servent lit­té­ra­le­ment de cobayes à l’oligarchie pré­da­trice.
  6. Notre sys­tème fiscal actuel, c’est Robin des bois à l’envers : on vole les pauvres pour donner aux riches. Les mul­ti­na­tio­nales, les banques et les grandes entre­prises ont impu­né­ment recours à l’évasion fis­cale. Elles béné­fi­cient d’échappatoires fis­cales, de cré­dits d’impôts et de para­dis fis­caux. Elles ne versent que 4 % de l’assiette fis­cale, lorsqu’elles en paient. Et comme si ce vol ins­ti­tu­tion­na­lisé n’était pas suf­fi­sant, elles ont le toupet de qué­man­der des sub­ven­tions pen­dant qu’elles déclarent des pro­fits records. L’organisation de coopé­ra­tion et de déve­lop­pe­ment éco­no­mique (OCDE) consi­dère que l’évasion fis­cale repré­sente 15 % des bud­gets de ses États membres. Si nous appli­quions ces sta­tis­tiques aux finances du Canada, nous décou­vri­rions que chaque pro­vince perd à peu près 8 mil­liards de dol­lars chaque année en raison de l’évasion fis­cale par les entre­prises, un mon­tant exor­bi­tant qui excède le coût sup­posé de notre dette. Toutefois, lorsque nous deman­dons des fonds pour des ser­vices essen­tiels tels que les soins de santé ou la répa­ra­tion des ponts et des infra­struc­tures, on nous sert tou­jours la même ren­gaine : « les coffres de l’État sont vides ».
  7. Moins de un pour cent des dépenses mon­diales consa­crées chaque année à l’armement suf­fi­rait à éra­di­quer la faim et à assu­rer l’éducation de tous les enfants du monde.
  8. Au Canada, l’un des pays les plus riches au monde, un enfant sur cinq vit sous le seuil de la pau­vreté, une honte natio­nale.
  9. Quarante pour cent de tous les tra­vailleurs gagnent moins de 20 000 $ par année. Cinquante-six pour cent des per­sonnes âgées qui vivent seules sont pauvres. Pendant ce temps, la rému­né­ra­tion moyenne des chefs d’entreprise est 400 fois plus élevée que celle du sala­rié moyen qui peine dure­ment pour gagner sa vie. Malgré l’écart entre les riches et les pauvres qui ne cesse de s’approfondir, les maîtres du monde conti­nuent de nous servir les mêmes poli­tiques néo­li­bé­rales qui nous ont amenés au bord de la catas­trophe. Plutôt que défendre les inté­rêts de la majo­rité de la popu­la­tion, nos gou­ver­ne­ments s’empressent de servir les inté­rêts de quelques pré­da­teurs finan­ciers qui se fichent éper­du­ment de la dégra­da­tion de la pla­nète. Notre démo­cra­tie est faite par les riches pour les riches.
  10. Pour cor­ri­ger cette situa­tion, la société civile sug­gère la « taxe Robin des bois », une taxe homéo­pa­thique de 0,01 % visant à miti­ger la spé­cu­la­tion effré­née des tran­sac­tions sur le marché bour­sier. Selon ATTAC-Québec, cette taxe pour­rait rap­por­ter entre 400 et 900 mil­liards de dol­lars par année et per­met­trait de sur­ve­nir aux besoins essen­tiels des citoyens. Cette taxe a obtenu l’appui d’économistes célèbres tels que Joseph Stiglitz et Paul Grugman, déten­teurs du prix Nobel en éco­no­mie.

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Nadia Alexan : Fondatrice de « Action Citoyenne de Montréal » une orga­ni­sa­tion pro­gres­siste pour la pro­mo­tion de la jus­tice sociale, poli­tique et éco­no­mique

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