Migrants et citoyens

Par , Mis en ligne le 27 mars 2011

Les migrants font partie inté­grante de la cité : aussi devraient-ils en être recon­nus citoyens. Ils seraient des citoyens avec un petit « c » puisqu’ils n’ont pas la natio­na­lité ; mais, loca­le­ment, ils seraient consi­dé­rés sur un pied d’égalité avec tous ceux et celles qui vivent et tra­vaillent dans la cité. Les migrants irré­gu­liers tra­vaillent tous (ils ne peuvent pas se per­mettre de ne pas le faire) et leur exploi­ta­tion contri­bue sou­vent à la com­pé­ti­ti­vité de sec­teurs éco­no­miques spé­ci­fiques. Ils paient des taxes sur tout ce qu’ils achètent ou louent, et uti­lisent peu les ser­vices publics. L’absence de statut admi­nis­tra­tif leur recon­nais­sant des droits les vul­né­ra­bi­lisent. Donner à ces per­sonnes un statut signi­fi­ca­tif, même loca­le­ment, contri­bue­rait gran­de­ment à com­battre l’exploitation et la dis­cri­mi­na­tion. Pour répondre aux situa­tions d’abus aux­quels font face les migrants en situa­tion irré­gu­lière, quelques com­mu­nau­tés locales ont adopté une atti­tude dif­fé­rente : leurs déci­sions méritent d’être men­tion­nées afin d’inspirer d’autres collectivités.

Depuis 2004, une cam­pagne « don’t ask, don’t tell » a été lancée à Toronto par l’organisation No One is Illegal, afin de rendre les ser­vices d’urgence, de loge­ment social, de banques ali­men­taires, de soin de santé et d’éducation acces­sibles à tous, y com­pris ceux en situa­tion irré­gu­lière. Depuis, le conseil des éta­blis­se­ments du dis­trict de Toronto a adopté la poli­tique du « don’t ask, don’t tell » pour per­mettre à tous les enfants de fré­quen­ter l’école, sans égard au statut de leurs parents.

L’idée cen­trale est qu’il ne devrait pas y avoir de statut par­ti­cu­lier (ou de non-statut) pour les migrants à l’échelle locale : il n’y aurait qu’un seul statut pour tous les habi­tants de la cité ou de la com­mu­nauté locale. Toute per­sonne qui y réside et qui par­ti­cipe aux dimen­sions éco­no­miques et sociales de la cité devrait jouir d’un statut qui lui permet de béné­fi­cier des ser­vices en fonc­tion de sa contri­bu­tion et de par­ti­ci­per loca­le­ment aux pro­ces­sus poli­tiques de prise de décision.

(Extrait d’un texte paru dans le numéro 5 des NCS, Migrations : Stratégies, acteurs et résis­tances)

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