France

Maintenant, c’est le changement ?

Par , Mis en ligne le 10 mai 2012

Le gou­ver­ne­ment Sarkozy, c’est fini. Pour toutes celles et tous ceux, qui en ont com­battu pen­dant les 5 der­nières années les contre-réformes, les poli­tiques sécu­ri­taires, xéno­phobes et racistes, c’est une bonne nou­velle. Mais ce qui importe, pour les salarié·e·s, les chô­meurs et les chô­meuses, les retraité·e·s, les jeunes, c’est que la poli­tique change, que la société ne soit plus orga­ni­sée en fonc­tion des besoins d’une petite mino­rité qui pro­fite du tra­vail des autres pour s’enrichir tou­jours plus.

La cam­pagne élec­to­rale a été mar­quée par de nom­breuses décla­ra­tions qui, sous pré­texte de ral­lier l’électorat du Front National, contri­buent à bana­li­ser une pensée réac­tion­naire et por­teuse d’exclusions.

François Hollande s’est fait élire Président de la République en pro­met­tant que « le chan­ge­ment c’est main­te­nant ». Changer de Président, c’est fait ; chan­ger de gou­ver­ne­ment cela va être fait. Les élec­tions légis­la­tives de juin [10 et 17 juin] peuvent donner aux partis de Gauche une majo­rité à l’Assemblée Nationale qu’ils ont déjà au Sénat. Pour que ce soit utile à tous, il faut des déci­sions concrètes.

L’Union syn­di­cale Solidaires réaf­firme ses reven­di­ca­tions et ses pro­po­si­tions alter­na­tives qu’elle a por­tées dans les mobi­li­sa­tions sociales de ces der­nières années. Nous ne pen­sons pas être dans une situa­tion sociale per­met­tant d’imposer que toutes celles-ci soient satis­faites dans la semaine. Mais, a contra­rio, cer­taines déci­sions peuvent être prises sans délai, et des enga­ge­ments forts doivent être annon­cés dès main­te­nant.

Maintenant, c’est le chan­ge­ment ?

  • Augmentation immé­diate du SMIC et des mini­mas sociaux (1700 euros nets – soit 2040 CHF), des allo­ca­tions-chô­mage et des pen­sions de retraite.
  • Droit à la santé pour tous, par des mesures immé­diates sup­pri­mant les dérem­bour­se­ments, les tickets modé­ra­teurs, les for­faits hos­pi­ta­liers.
  • Annulation des contre-réformes sur les retraites et embauche cor­res­pon­dante de jeunes.
  • Suspension des plans de licen­cie­ments, droit de veto dans les Comités d’Entreprise (CE), exten­sion de l’obligation de créa­tion de CE aux entre­prises de moins de 50 salarié·e·s. Arrêt des sup­pres­sions d’emplois dans la Fonction publique et les entre­prises publiques
  • Retour au public des ser­vices pri­va­ti­sés.
  • Annulation des cadeaux fis­caux faits aux plus riches et de l’alourdissement des impôts les plus injustes (TVA), mise en place d’une fis­ca­lité juste et redis­tri­bu­trice.
  • Dénonciation des trai­tés euro­péens qui orga­nisent le pillage des popu­la­tions au profit des patrons et ban­quiers. Non-rati­fi­ca­tion du « traité fiscal » [« Pacte bud­gé­taire », ou plus for­mel­le­ment : Traité sur la sta­bi­lité, la coor­di­na­tion et la gou­ver­nance dans l’Union éco­no­mique et moné­taire – TSCG, Réd.].
  • *Abrogation des lois anti­grève.

Ces pro­po­si­tions sont de nature à répondre aux urgences sociales. Elles doivent s’inscrire dans un chan­ge­ment de poli­tique qui tourne la page des poli­tiques néo­li­bé­rales et anti­so­ciales à l’œuvre depuis trop long­temps. Un chan­ge­ment de poli­tique doit mettre en avant la satis­fac­tion des besoins sociaux de toutes et tous, la résorp­tion des inéga­li­tés et des dis­cri­mi­na­tions, la prise en compte de la néces­saire tran­si­tion éco­lo­gique et s’appuyer pour cela sur une autre répar­ti­tion des richesses.

Nous avons aussi des reven­di­ca­tions qui doivent être satis­faites dans les entre­prises et les éta­blis­se­ments. C’est par la mobi­li­sa­tion et la construc­tion de rap­ports de forces que nous les impo­se­rons au patro­nat.

Se débar­ras­ser de Sarkozy est une chose, impo­ser une autre poli­tique au marché et à la finance en est une autre.

Dès le len­de­main de l’élection, les plans sociaux retar­dés pour raison élec­to­rale vont tomber en même temps, la finance va faire pres­sion pour impo­ser plus d’austérité. L’expérience nous indique que le rap­port de forces est déter­mi­nant : pour que les droits acquis ne régressent pas, pour en gagner de nou­veaux, un climat social reven­di­ca­tif est indis­pen­sable, et l’Union syn­di­cale Solidaires agira de tout son poids, dans l’unité, pour mobi­li­ser. (6 mai 2012, 20 heures)

Version impri­mable

Les commentaires sont fermés.