La lutte de Standing Rock

La réserve indienne de Standing Rock, située dans le Dakota du Nord (États-Unis), est peuplée par environ 9 000 personnes faisant partie de la grande nation sioux, notamment les communautés Hunkpapa Lakota, Sihasapa Lakota et Yanktonai Dakota. Dans les années 1860-1890, les Sioux ont été agressés par l’armée américaine et cela a duré jusqu’au massacre de Wounded Knee, le 29 décembre 1890, où 300 hommes, femmes et enfants ont été assassinés[1]. Par la suite, ces populations ont été confinées à des réserves où prévalaient la misère, l’enlèvement des enfants (envoyés dans des écoles résidentielles, comme au Canada), un génocide culturel, sous diverses formes, notamment l’interdiction des pratiques spirituelles autochtones.

La situation de Standing Rock et des Sioux en général est revenue ces dernières années dans l’actualité du fait des projets de construction de pipelines dont le Dakota Access qui doit passer sous le lac Oahe et la rivière Missouri, les deux plus importantes réserves d’eau potable de la région. Le projet compte apporter 500 000 barils de pétrole par jour, du Dakota du Nord jusqu’en Illinois. Une mobilisation locale animée par le Conseil de bande[2] et l’association militante No Dakota Access Pipeline[3] a commencé au printemps 2016. Les Sioux ont parallèlement demandé une injonction demandant une évaluation environnementale avant que le projet géré par le Corps des ingénieurs de l’armée américaine puisse procéder. Durant l’été, plus de 7 000 Autochtones sioux et non sioux, des États-Unis et du Canada, sont venus se joindre au camp érigé devant le projet. En tentant de bloquer l’avancement des bulldozers, plusieurs dizaines de manifestantes et de manifestants pacifiques ont été gazés, brutalisés, attaqués par des chiens et arrêtés. En décembre, le camp a connu le ressort de milliers de vétérans autochtones de l’armée. L’opinion publique américaine a été saisie. Une pétition demandant l’arrêt de la construction a été signée par plus de neuf millions d’Américaines et Américains. La cause est devenue internationalement célèbre à la suite de l’intervention du chef Dave Archambault II devant le Conseil des droits de l’Homme des Nations unies à Genève. En décembre – victoire temporaire – les travaux ont été interrompus près du lac Oahe. En février cependant, après l’intronisation de Donald Trump, l’armée a attaqué et démantelé le camp. Depuis ce temps, les travaux ont repris et le pipeline est terminé, mais la résistance continue.


  1. Cette histoire est bien racontée par Dee Brown, Enterre mon cœur à Wounded Knee, Paris, Albin Michel, 2009.
  2. Le site du Conseil de bande : <http://standingrock.org>.
  3. Le site de l’association No Dakota Access Pipeline : <http://www.nodaplarchive.com>.