Résistance

La lutte de Standing Rock

Mis en ligne le 22 janvier 2018

C:\Users\pbeaudet\Desktop\map_lewis.gif

La réserve indienne de Standing Rock, située dans le Dakota du Nord (États-Unis), est peu­plée par envi­ron 9 000 per­sonnes fai­sant partie de la grande nation sioux, notam­ment les com­mu­nau­tés Hunkpapa Lakota, Sihasapa Lakota et Yanktonai Dakota. Dans les années 1860-1890, les Sioux ont été agres­sés par l’armée amé­ri­caine et cela a duré jusqu’au mas­sacre de Wounded Knee, le 29 décembre 1890, où 300 hommes, femmes et enfants ont été assas­si­nés[1]. Par la suite, ces popu­la­tions ont été confi­nées à des réserves où pré­va­laient la misère, l’enlèvement des enfants (envoyés dans des écoles rési­den­tielles, comme au Canada), un géno­cide cultu­rel, sous diverses formes, notam­ment l’interdiction des pra­tiques spi­ri­tuelles autoch­tones.

La situa­tion de Standing Rock et des Sioux en géné­ral est reve­nue ces der­nières années dans l’actualité du fait des pro­jets de construc­tion de pipe­lines dont le Dakota Access qui doit passer sous le lac Oahe et la rivière Missouri, les deux plus impor­tantes réserves d’eau potable de la région. Le projet compte appor­ter 500 000 barils de pétrole par jour, du Dakota du Nord jusqu’en Illinois. Une mobi­li­sa­tion locale animée par le Conseil de bande[2] et l’association mili­tante No Dakota Access Pipeline[3] a com­mencé au prin­temps 2016. Les Sioux ont paral­lè­le­ment demandé une injonc­tion deman­dant une éva­lua­tion envi­ron­ne­men­tale avant que le projet géré par le Corps des ingé­nieurs de l’armée amé­ri­caine puisse pro­cé­der. Durant l’été, plus de 7 000 Autochtones sioux et non sioux, des États-Unis et du Canada, sont venus se joindre au camp érigé devant le projet. En ten­tant de blo­quer l’avancement des bull­do­zers, plu­sieurs dizaines de mani­fes­tantes et de mani­fes­tants paci­fiques ont été gazés, bru­ta­li­sés, atta­qués par des chiens et arrê­tés. En décembre, le camp a connu le res­sort de mil­liers de vété­rans autoch­tones de l’armée. L’opinion publique amé­ri­caine a été saisie. Une péti­tion deman­dant l’arrêt de la construc­tion a été signée par plus de neuf mil­lions d’Américaines et Américains. La cause est deve­nue inter­na­tio­na­le­ment célèbre à la suite de l’intervention du chef Dave Archambault II devant le Conseil des droits de l’Homme des Nations unies à Genève. En décembre – vic­toire tem­po­raire – les tra­vaux ont été inter­rom­pus près du lac Oahe. En février cepen­dant, après l’intronisation de Donald Trump, l’armée a atta­qué et déman­telé le camp. Depuis ce temps, les tra­vaux ont repris et le pipe­line est ter­miné, mais la résis­tance conti­nue.


  1. Cette his­toire est bien racon­tée par Dee Brown, Enterre mon cœur à Wounded Knee, Paris, Albin Michel, 2009.
  2. Le site du Conseil de bande : <http://​stan​din​grock​.org>.
  3. Le site de l’association No Dakota Access Pipeline : <http://​www​.noda​plar​chive​.com>.

Les commentaires sont fermés.