Libre-échange ou Démocratie, il faut choisir (Truth Out)

Par Mis en ligne le 10 mars 2012

Des révé­la­tions récentes sur les condi­tions de tra­vail chez les sous-trai­tants d’Apple en Chine ont ouvert les yeux de pas mal de gens sur ce que sont deve­nus leurs emplois, leurs usines, leurs indus­tries et leur éco­no­mie, et pour­quoi. Les articles ont révélé que les tra­vailleurs vivent dans des dor­toirs de 6 à 12 lits, se font réveiller par sur­prise à minuit pour enta­mer 12 heures de tra­vail, sont très mal payés, mani­pulent des pro­duits toxiques, souffrent de la pol­lu­tion, etc. C’est donc ça le « com­merce » ? Ou s’agit-il d’autre chose ?

Du com­merce, ça ?

« Commercer » signi­fie échan­ger, ache­ter et vendre, vous m’achetez quelque chose et je vous achète quelque chose. J’ai quelque chose que vous dési­rez et vous avez quelque chose que je désire, et nous échan­geons. Un échange qui béné­fi­cie à tous les deux.

Est-ce du « com­merce » lorsqu’une usine ferme ici pour être délo­ca­li­sée dans un pays où les gens n’ont pas leur mot à dire ? Est-ce du « com­merce » que de sim­ple­ment dépla­cer les machines d’une usine à l’autre, d’expédier les mêmes pièces et matières pre­mières là-bas, pour ensuite rame­ner un pro­duit que l’usine fabri­quait et ven­dait avant ici ? Est-ce vrai­ment du com­merce ? Ou faut-il trou­ver un autre mot ?

Pourquoi les gens ont leur mot à dire

Lorsque les gens ont leur mot à dire ils parlent de salaires décents, d’avantages, de condi­tions de tra­vail et d’environnement. Il leur arrive même de parler d’une édu­ca­tion natio­nale de qua­lité, d’espaces verts et de meilleurs condi­tions pour les petites entre­prises. Lorsque le Peuple a son mot à dire, il devient vrai­ment exi­geant et demande des choses tel­le­ment extra­va­gantes !

Compétitivité contre Humanité

Oui, les pays où les gens n’ont pas leur mot à dire sont plus « effi­caces » et offrent des « envi­ron­ne­ments favo­rables aux affaires ». Les pays où les gens n’ont pas leur mot à dire peuvent fabri­quer des choses à plus bas coût que des tra­vailleurs pro­té­gés. Mais lorsque l’exploitation de l’homme devient un avan­tage, nous sapons notre propre démo­cra­tie. Car cela signi­fie que la démo­cra­tie consti­tue un désa­van­tage com­pé­ti­tif sur le marché mon­dial.

On ne peut pas « entrer en com­pé­ti­tion » avec ça, il faut le com­battre

Venons-en au cœur du pro­blème. Imaginez que les Etats du Sud aient gagné la guerre de Sécession, et imposé l’esclavagisme. Serait-ce du « com­merce » que de délo­ca­li­ser les usines du nord vers le sud, afin d’abaisser les coûts de fabri­ca­tion ?

Lorsque nous auto­ri­sons les entre­prises à impor­ter des pro­duits fabri­qués par des tra­vailleurs exploi­tés dans des pays où les gens n’ont pas leur mot à dire, nous accor­dons un avan­tage com­pé­ti­tif à ceux qui n’ont pas leur mot à dire sur ceux qui ont leur mot à dire. Nous trans­for­mons la Démocratie en un désa­van­tage.

Il s’agit de Démocratie, pas de « Commerce ».

On entend sou­vent des argu­ments selon les­quels la « glo­ba­li­sa­tion » et « le libre com­merce » signi­fient que les tra­vailleurs chez nous doivent accep­ter la fin des emplois bien payés et que l’époque de la fabri­ca­tion locale est révo­lue. On nous dit que des pays comme la Chine sont plus « com­pé­ti­tifs ». On nous dit que « com­merce » signi­fie fabri­quer à moindre coût là-bas afin d’importer ici à moindre coût et en faire pro­fi­ter à tous.

Combien de fois enten­dons-nous qu’il faut réduire les charges, tra­vailler plus, se débar­ras­ser du paie­ment des heures sup­plé­men­taires ou des congés mala­die ? Ils nous disent qu’il faut se débar­ras­ser des syn­di­cats, se débar­ras­ser des régle­men­ta­tions sur les condi­tions de tra­vail et l’environnement, réduire les ser­vices publics et sur­tout, sur­tout, sur­tout, réduire les impôts.

En fait, ce qu’ils disent, c’est qu’il faut se débar­ras­ser de la démo­cra­tie au nom de la com­pé­ti­ti­vité.

Dave Johnson

http://​www​.truth​-out​.org/​f​r​e​e​-​t​r​a​d​e​-​o​r​-​d​e​m​o​c​r​a​c​y​-​c​a​n​t​-​h​ave-b…

Traduction « je délo­ca­li­se­rai bien les tra­duc­tions mais j’ai pas encore décidé vers où » par VD pour le Grand Soir avec pro­ba­ble­ment les fautes et coquilles habi­tuelles

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