L’État-nation est-il dépassé ?

Extrait de l’ouvrage de Benjamin Bürbaumer, Le souverain et le marché intérieur, Éditions Amsterdam, 2020. Avec l’aimable autorisation des Éditions Amsterdam.

Il faut d’emblée souligner que l’internationalisation du capital a eu des effets réels sur l’organisation politique et économique du monde. Dans le troisième chapitre nous avons indiqué qu’en 2001 l’indice de transnationalité des 100 plus grandes firmes multinationales atteignait 52,6 %, et que 57 de ces firmes se caractérisaient par un indice au-dessus de 50 %. Ces taux ne sont pas particulièrement élevés mais depuis, l’indice de transnationalisation a nettement progressé. En 2014 il a atteint les 65 %, et 78 entreprises affichent un indice de plus 50 %[1].

Au premier abord, cette évolution semble confirmer l’argument du courant post-impérialiste selon lequel l’activité économique serait de plus en plus transnationale. Cependant, au-delà des difficultés que pose la définition des firmes multinationales, il apparaît que la transnationalisation prend en réalité plutôt la forme d’une régionalisation autour de trois pôles d’attraction des chaînes de valeur, à savoir l’Europe, la Chine et les États-Unis[2] (plus généralement, les IDE restent tendanciellement concentrés dans les pays développés). Ces données sur l’investissement sont par des études concernant les pratiques de ces firmes. Leurs activités témoignent en effet de la conservation d’un biais en faveur du pays dans lequel elles ont été fondées[3].

Plus précisément, elles se distinguent par un certain nombre de caractéristiques cognitives, culturelles, sociales, politiques et économiques propres à ce pays, qui influencent leurs stratégies. Malgré un processus d’adaptation des multinationales aux pays où elles opèrent, il apparaît donc les entreprises issues d’un pays donné ont tendance à être plus similaires entre elles qu’à celles d’autres pays. Au-delà de la différentiation spatiale, force est de constater qu’aujourd’hui l’intégration économique mondiale tourne au ralenti. Depuis 2008 le taux d’ouverture, qui rapporte le commerce international à la production, est en quasi-stagnation et les investissements directs à l’étranger ont connu une évolution similaire[4]. Progressant au rythme de 21 % et 8 % de croissance annuelle pendant respectivement les années 1990 et les années 2000-2007, ces flux d’investissement ont seulement augmenté de 1 % depuis la crise. Il serait toutefois trompeur d’en tirer des conclusions hâtives sur les perspectives d’un apaisement des relations internationales, car « les déséquilibres internationaux accumulés avant la crise subsistent et sont la source de tensions géopolitiques croissantes[5] ».

Sur le plan politique, des institutions transnationales ayant vocation à réguler politiquement le capitalisme. Au sein de ces instances plus ou moins formelles de négociation, qui incarnent l’appareil d’État transnational évoqué précédemment, les décideurs identifient des problèmes politiques internationaux et négocient des solutions. Si les États y trouvent leur compte, c’est parce que ces institutions stabilisent en effet des attentes réciproques. Mais les résultats de la coopération échappent aussi en partie aux États. En ce sens, les institutions internationales n’expriment pas uniquement des rapports de force déterminés par les États. L’exemple des négociations de l’Accord sur les aspects des droits de propriété intellectuelle qui touchent au commerce dans les années 1990 montre l’impact ambivalent des institutions transnationales du point de vue des États du centre : d’un côté, celui-ci a permis d’assurer un certain niveau de protection internationale de la propriété intellectuelle ; de l’autre, il a fait passer la protection intellectuelle du statut de question technique à celui de question politique, ce qui explique qu’il ait fait l’objet de blocages de la part des États périphériques dans les institutions internationales[6]. Pour comprendre ce qui se passe au sein de ces dernières, on peut, à la suite de Poulantzas., les concevoir comme la « condensation de rapports de force sociaux de deuxième ordre  », ce qui permet aussi de rendre compte de leur impact sur l’État-nation (qui est l’expression de la condensation de premier ordre). On est donc face à un double processus. D’une part les gouvernements doivent trouver un compromis au sein de leur formation sociale nationale pour pouvoir exprimer une position. D’autre part, les compromis internationaux négociés entre les États agissent en retour sur la formation de compromis nationaux. Ainsi, les incitations et restrictions qui émanent de l’échelon transnational peuvent trouver leur matérialisation à l’échelle nationale.

Toutefois, ce double processus n’est pas symétrique. La condensation matérielle de rapports de forces de premier ordre, qui s’exprime dans l’État-nation, demeure décisive. Car si les instances internationales sont opérationnelles, c’est parce qu’elles réunissent des décideurs politiques nationaux. Les solutions négociées dans leurs enceintes rencontrent donc une limite intrinsèque, à savoir l’absence de lien formel avec des institutions politiques démocratiquement légitimées. De ce fait, les institutions internationales ne disposent pas d’un pouvoir autonome, mais seulement de capacités stratégiques. L’État-nation se transforme, mais il ne disparaît pas.

L’État-nation persiste

Pour expliquer la persistance de l’État-nation malgré les fluctuations de la conjoncture et la succession des régimes d’accumulation, il s’avère utile de revenir sur la question fondamentale de la théorisation marxiste de l’État : « pourquoi l’appareil de contrainte étatique ne se constitue-t-il pas comme l’appareil privé de la classe dominante, pourquoi se sépare-t-il de cette dernière et revêt-il la forme d’un appareil de pouvoir public impersonnel, détaché de la société[7] ? » Autrement dit, il s’agit de savoir pourquoi le mode de production capitaliste va de pair avec une forme politique particulière (publique) qui se distingue clairement de la forme politique féodale (privée). Dans le cadre du débat sur la dérivation de l’État des années 1970 cette particularité a souvent été expliquée par la nécessité qu’existe une instance de pouvoir en mesure de garantir l’effectivité des contrats et de la circulation des marchandises. Or la circulation des marchandises est indissociable de leur production dans le cadre du processus d’accumulation dans son ensemble. Plus précisément, la généralisation de la forme légale acquiert sa pertinence avec la propriété privée des moyens de production et la concurrence entre les et au sein des classes sociales qu’elle entraine. C’est sur cette base que l’achat et la vente de marchandises – et non pas la dépendance personnelle et la force comme ce fût le cas sous le mode de production féodal – médient l’appropriation de plus-value. Et ce sont ces rapports sociaux qui requièrent un État formellement séparé des classes sociales[8]. L’autonomie relative de l’État, que lui confère cette position d’extériorité formelle vis-à-vis de groupes sociaux particuliers, est ce qui lui permet de garantir le fonctionnement « viable » d’une société pourtant traversée par des contradictions et conflits.

En expliquant l’existence de l’État moderne par le processus d’accumulation pris dans son ensemble, l’analyse de la forme-État contourne une des limites majeures de la dérivation qui a certes su développer une théorie abstraite, mais sans proposer d’articulations intermédiaires permettant de la lier à l’évolution réelle des rapports de classe. En concevant l’État comme traversé par le processus d’accumulation pris dans son ensemble, on se dote d’outils permettant de penser comment les modalités concrètes de cette forme peuvent évoluer en fonction des rapports de force des différents régimes d’accumulation. Il convient donc de reconnaître que la forme politique particulière de l’État capitaliste n’est pas toujours déjà là, qu’elle est constamment reproduite en fonction des stratégies des différents groupes sociaux. Autrement dit, « la détermination formelle du politique est le point de départ pour analyser l’État, les rapports de classe et les transformations historiques qui soutiennent les institutions politiques et la domination de classe[9]».

À l’encontre de la thèse selon laquelle la division territoriale en États-nations serait le vestige contingent d’un ordre territorial antérieur au capitalisme qui serait dépassable et d’ailleurs en voie de dépassement par l’organisation transnationale des entreprises, Hirsch souligne que la pluralité étatique est un trait structurel propre au capitalisme[10]. En effet, la particularisation de l’État s’opère dans un espace spécifique, elle présuppose une délimitation territoriale. La capacité qu’a l’État de gérer les conflits entre des groupes sociaux domestiques aux intérêts antagonistes est aussi fonction de sa capacité à rivaliser avec d’autres États. Autrement dit, l’effectivité de l’activité étatique repose sur la possibilité de suggérer l’existence d’un intérêt collectif spatialement délimité, national ; de la même manière, la figure de l’ennemi « extérieur » peut constituer un levier de stabilisation et de légitimation d’un consensus social domestique affaibli.

Le caractère persistant ainsi conféré à l’État-nation est lourd de conséquences. Le fait que le système inter-étatique soit ancré dans l’accumulation du capital rend fondamentalement fragile la coopération entre les États. Cette fragilité peut certes être tempérée par l’émergence d’un hégémon, mais ledit processus d’accumulation est toujours susceptible de mener les États sur la voie du conflit. Si un conflit militaire entre des pays membres de l’Otan demeure peu probable, ils n’en restent pas moins des rivaux qui se disputent l’accès aux marchés, aux sources de matières premières et les opportunités d’investissement[11]. Et ces rivalités se matérialisent aussi par des guerres. Ainsi, si la France a multiplié les interventions en Afrique depuis les années 2000, c’est parce que le militaire est l’avantage comparatif d’un pays dont le pouvoir économique en Europe est affaibli par rapport à celui de l’Allemagne[12]. Les affirmations selon lesquels les conflits inter-impérialistes seraient derrière nous, notamment du fait du caractère supposément indépassable de l’hégémonie américaine, sont donc à considérer avec une prudence.

Transposé dans l’arène internationale, le concept gramscien d’hégémonie renvoie en effet à une configuration où un État est en mesure « de donner à son organisation sociale un caractère de modèle et de garantir l’ordre international par ses moyens de contrainte, de sorte à ouvrir aussi une perspective de stabilité et de développement aux États et régions subordonnés[13] ». La puissance hégémonique ne doit pas seulement généraliser sa conception de l’ordre, elle doit aussi exercer le leadership politique, c’est-à-dire susciter l’adhésion des subordonnés. Pratiquement, l’existence d’un hégémon se mesure à l’aune de l’existence d’organisations et processus, activement soutenus par les subordonnés, qui encadrent les affaires internationales.

Or depuis une vingtaine d’années, les États-Unis peinent régulièrement à entrainer l’adhésion volontaire des États situés dans leur orbite. Dès le début des années 2000, ils ont mis en cause ou se sont opposés à un ensemble d’accords internationaux comme le traité ABM, la Convention sur l’interdiction des mines antipersonnel, la Convention sur l’interdiction des armes biologiques ou encore le statut de Rome qui a fondé la Cour pénale internationale[14]. Les prétentions américaines à l’hégémonie étaient d’ailleurs déjà contestées dans les années 1990 : la volonté de profiter du vide laissé par l’implosion de l’URSS pour promouvoir l’intégration de l’Asie centrale via un projet portant déjà le nom original de la Nouvelle route de la soie[15] s’est alors soldé par un échec dont bénéficient aujourd’hui la Russie et surtout la Chine[16]. À l’échelle transatlantique, l’échec du Tafta et l’imposition de nouveaux droits de douane par les États-Unis ou encore les divergences exprimées sur le dossier iranien et à propos du projet chinois de la Banque asiatique d‘investissement pour les, ce en dépit de la présence en Europe d’une bourgeoisie intérieure liée au capital américain[17] témoignent de difficultés similaires. Les guerres dans les Balkans, en Afghanistan et Irak illustrent la complexité d’un monde occidental constitué d’entités politiques alliées mais distinctes, qui souhaitent maintenir un ordre mondial qui leur est favorable tout en se disputant l’accès à des territoires étrangers afin de favoriser l’accumulation du capital à l’échelle nationale.

Par-delà la situation de l’Atlantique Nord, de fortes rivalités se manifestent sur la scène internationale. La position dominante des États-Unis semble défiée par une Chine en mesure de tirer parti de la cinquième révolution technologique[18] et déterminée à accéder à de nouveaux marchés dans des pays de la périphérie comme du centre en proposant des biens à plus forte valeur ajoutée[19]. Le leadership chinois dans le domaine de la 5G est l’indice d’un tel rattrapage et le projet de la Nouvelle route de la soie consiste à construire les infrastructures nécessaires à faire face à la suraccumulation chinoise[20] Et si la Chine et les États-Unis sont liés par une interdépendance commerciale et financière prononcée, il faut rappeler que la Chine exerce un contrôle étroit sur les IDE, fait qui rend peu probable l’émergence d’une bourgeoisie intérieure poussant vers une coopération renforcée avec l’autre rive de l’Océan pacifique. Les dépenses militaires chinoises ont par ailleurs doublé entre 2009 et 2019, et l’on constate une amélioration significative de la qualité des armements financés[21]. Dans ce contexte, les États-Unis ont remis en cause les règles du commerce international à des multiples occasions : blocage de l’organe d’appel pour les règlements des différends de l’OMC, imposition de droits de douane à une multitude de pays, sortie du partenariat transpacifique, ou encore renégociation d’accords commerciaux. On observe en outre une intensification des tensions entre les deux puissances sur le plan militaire en mer de Chine méridionale et la mise en œuvre d’un « nouveau partage de l’Afrique[22]». Parallèlement, la Russie affirme de plus en plus ses prétentions impérialistes sur fond d’élargissement de l’UE et de l’Otan vers l’Est[23], avec des projets qui ne se limitent pas à son voisinage direct – Abkhazie, Transnistrie, Ukraine –, mais s’étendent à la Syrie et la Libye.

L’impérialisme persiste

Si l’impérialisme se définit par la garantie politico-militaire de l’accumulation capitaliste à l’échelle internationale, encore faut-il pour finir admettre que le terme « politico-militaire » peut contenir une certaine ambiguïté. On peut mettre l’accent sur sa dimension politique, et il est alors possible de considérer la politique économique internationale – politique monétaire, droits de douane, droit de la propriété intellectuelle, privatisations, etc. – comme une expression de l’impérialisme. Mais il est alors difficile de préciser ce qui conduit à considérer de tels processus comme impérialistes, plutôt que de les faire simplement procéder du capitalisme. Étudiant le fonctionnement historique du capitalisme, Heide Gerstenberger définit ce dernier comme une « forme économique historique au sein de laquelle l’appropriation est jugée légitime dès lors qu’elle se fait sur la base de contrats[24]  »  : elle considère que si la réalité historique contredit souvent ce principe formel de non-violence, il s’est néanmoins imposé comme règle. Les exemples de politique économique internationale mentionnés ci-dessus reposent précisément sur de tels engagements contractuels et relèvent de ce point de vue du fonctionnement formel du capitalisme.

Mais si on considère le politico-militaire comme un ensemble, il est évident que de tels engagements sont toujours susceptibles d’être remis en cause par des rivalités, susceptibles de déclencher des guerres. Certes, l’idée d’hégémonie implique que la reproduction de l’accumulation a pour condition le dosage du consentement et de la coercition par les dominants[25]. Mais une des limites de la transposition de cet aspect de la pensée gramscienne à l’échelle internationale réside précisément dans l’absence de monopole de la violence physique légitime qui la caractérise : le fait qu’un État tente d’imposer sa volonté à un autre, en utilisant ou en menaçant d’utiliser des moyens violents, est généralement contesté. Un des traits qui singularise les puissances impérialistes est qu’elles prennent régulièrement la liberté de passer outre de telles protestations. La distinction entre la dimension politique et le politico-militaire comme ensemble peut correspondre à la distinction entre hégémonie et impérialisme. La politique internationale n’est pas nécessairement impérialiste dans le cadre du capitalisme.

Le concept d’hégémonie illustre justement que les rapports hiérarchiques internationaux ne se résument pas à l’impérialisme, ce que résume ainsi le politologue Jens Wissel : « l’hégémonie ne se fonde pas sur des canonnières, mais sur des compromis asymétriques, où la possibilité de violence ouverte est présente, mais seulement à l’arrière-plan.[26] » Inversement, avec l’impérialisme le potentiel de violence est activé et passe de l’arrière-plan au premier plan. On pourrait imaginer cette distinction en imaginant le shérif d’un Western. Au lieu de s’imposer simplement car il dispose d’un revolver, il agit avec celui-ci à la main, prêt à tirer. Dans cette perspective, hégémonie et impérialisme alternent dans le temps : s’ils s’inscrivent dans un continuum, l’un s’exprime plus fortement que l’autre au gré des conjonctures. La persistance de l’impérialisme est donc inséparable de celle des États modernes.


[1]  UNCTAD, « Annex Table 28 – The World’s Top 100 Non-Financial TNCs », Genève, 2014.

[2] Richard Baldwin et Javier Lopez-Gonzalez, « Supply-Chain Trade: A Portrait of Global Patterns and Several Testable Hypotheses », National Bureau of Economic Research Working Paper, 2013.

[3] Peter Dicken, Mapping the Changing Contours of the World Economy, New York, Guilford, 2015, p. 132-136.

[4] Vincent Vicard et Guillaume Gaulier, « Avant le coup d’arrêt, la mondialisation était en phase de stabilisation », The Conversation, 14 avril 2020

[5] Cédric Durand, « Contre la guerre économique », Rosa Luxemburg Stiftung, 2019, p. 5.

[6] Christoph Görg et Markus Wissen, « National Dominierte Globale Herrschaft. Zum Verhältnis von Uni- und Multilateralismus in der “Neuen Weltordnung” », Prokla, no  133, 2003.

[7] Evgeny Pasukanis, Théorie générale du droit et Marxisme, trad. fr. J.-M. Brohm, Paris, EDI, 1969, p. 128.

[8] Joachim Hirsch and John Kannankulam, « Poulantzas and Form Analysis », dans Collectif, Reading Poulantzas, Londres, Merlin Press, 2011, p. 62-66.

[9] Ibid., p. 67.

[10]  Joachim Hirsch, Materialistische Staatstheorie: Transformationsprozesse des kapitalistischen Staatensystems, Hamburg, VSA, 2005, p. 59.

[11] Benjamin Bürbaumer, « La puissance des entreprises allemandes, la faiblesse des sanctions économiques contre la Russie », Allemagne d’aujourd’hui, no 214, 2015.

[12] Claude Serfati, Impérialisme et militarisme, Lausanne, Page deux, 2004, p. 152-153.

[13] Joachim Hirsch, op. cit., p. 192.

[14] Michael Cox, « Beyond the West: Terrors in Transatlantia », European Journal of International Relations, no 11, 2005, p. 214.

[15] Frand Viller, «  Les États-Unis en Asie centrale : chronique d’une défaite annoncée », Outre-Terre, no 16, 2006 ; Zbigniew Brzezinski, The Grand Chessboard: American Primacy And Its Geostrategic Imperatives, New York, Basic Books, 1997.

[16] Voir Tony Norfield, The City, Londres, Verso, 2016, p. 226-227.

[17] Tristan Auvray et Cédric Durand, « Un Capitalisme Européen ? Retour Sur Le Débat Ernest Mandel/Nicos Poulantzas », dans R. Keucheyan et J.-N. Ducange (dir.), La Fin de l’État Démocratique. Nicos Poulantzas, un marxisme pour le XXIe siècle.

[18] Carlota Perez, «  Technological Revolutions and Techno-Economic Paradigms », Cambridge Journal of Economics, no 34, 2010.

[19]  Tobias ten Brink, China’s Capitalism: A Paradoxical Route to Economic Prosperity, Philadelphie, University of Pennsylvania Press, 2019.

[20] Ho-fung Hung « Disintegrating US-China Economic Symbiosis and the New Inter-Imperial Rivalry », Marxist sociology.

[21] Corentin Brustlein, « Ressorts et Implications Stratégiques de La Compétition Sino-Américaine », dans Collectif, L’Europe face à la rivalité sino-américaine, Paris, IFRI, 2020, p. 22.

[22] Claude Serfati, « Imperialism in Context », Historical Materialism, no 23, 2015, p. 76.

[23] Yuliya Yurchenko, Ukraine and the Empire of Capital: From Marketisation to Armed Conflict, Londres, Pluto Press, 2018.

[24] Heide Gerstenberger, Markt und Gewalt: Die Funktionsweise des historischen Kapitalismus, Münster, Westfälisches Dampfboot, 2016.

[25] Peter Thomas, The Gramscian Moment: Philosophy, Hegemony and Marxism, Leiden, Brill, 2009. Et Paul Rocher, Gazer, mutiler soumettre. Politique de l’arme non létale, Paris, La Fabrique, 2020.

[26] Jens Wissel, « Mit Reiterhosen Und Tropenhelmen in Der Wüste », LinksNetz, 2004.