Les travailleuses domestiques, prolétariat à domicile

Par , Mis en ligne le 02 avril 2011

Parmi les tra­vailleuses et tra­vailleurs migrants, les tra­vailleuses domes­tiques sont parmi les plus exploi­tées et les plus vul­né­rables. Elles consti­tuent une force de tra­vail glo­ba­li­sée et fémi­nine qu’on peut qua­li­fier de pro­lé­ta­riat à domi­cile. Elles viennent du monde rural ou encore des pays pauvres. Elles le font pour amé­lio­rer leurs condi­tions éco­no­miques, quelques fois pour fuir la dis­cri­mi­na­tion et la vio­lence basées sur le genre.

En 2009, plus de 20 000 per­sonnes ont migré au le Canada après avoir obtenu un permis de tra­vail tem­po­raire dans le cadre du Programme des tra­vailleurs étran­gers tem­po­raires (PAFR), lequel existe sous cette forme ins­ti­tu­tion­na­li­sée depuis 1992. Ici comme ailleurs, la grande majo­rité des « aides fami­liaux rési­dents » sont des femmes (93 % au Canada). En 1998, le Ministre qué­bé­cois du Travail de l’époque, Matthias Rioux, décla­rait que le nombre de tra­vailleuses domes­tiques tra­vaillant à temps plein s’évaluait à 19 000. Mais selon Statistiques Canada, le vrai chiffre serait autour de 29 000 per­sonnes incluant gar­diennes d’enfants, gou­ver­nantes et aides aux parents . Plus de 90 % des femmes exer­çant le métier de tra­vailleuse domes­tique sous le PAFR sont ori­gi­naires des Philippines bien qu’un nombre crois­sant pro­vienne d’Haïti et d’autres pays afri­cains, latino-amé­ri­cains et asia­tiques.

Le salaire oscille autour de 9,50$ de l’heure pour 40 heures par semaine, sans de la paie de temps sup­plé­men­taire pour des semaines de tra­vail de 50 à 70 heures.

Le Québec est bien pourvu éga­le­ment en asso­cia­tions qui œuvrent spé­ci­fi­que­ment auprès des tra­vailleuses domes­tiques migrantes, tels l’Association des aides fami­liales du Québec (AAFQ), qui compte 35 ans d’expérience. PINAY pour sa part regroupe les tra­vailleuses ori­gi­naires des Philippines depuis 19 ans. Ces deux asso­cia­tions se consacrent à l’éducation popu­laire, à la défense indi­vi­duelle, aux cam­pagnes publiques.

(Extrait d’un texte paru dans le numéro 5 des NCS, Migrations : Stratégies, acteurs et résis­tances)

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