Les travailleurs à contrat : précarité et dépendance

En contraste avec la tradition d’immigration permanente qui le caractérisait, l’immigration temporaire au Canada est en augmentation constante depuis le début des années 1990, au point que le nombre des travailleurs temporaires a dépassé celui des immigrants sélectionnés.

L’agriculture est l’un des secteurs de l’économie canadienne et québécoise qui recrute une main-d’œuvre étrangère peu qualifiée pour combler ses pénuries de travailleurs. Au Québec, la main-d’œuvre est surtout recrutée à travers deux programmes : le Programme des travailleurs agricoles saisonniers (ci-après PTAS), et le Programme des travailleurs peu qualifiés (C&D) – Guatemala (PTPQ). Le PTAS et le PTPQ sont organisés autour de contrats de travail que doivent signer les employeurs et les travailleurs; ils ont plusieurs caractéristiques communes dont le fait qu’ils sont liés à un employeur fixe. Ainsi, l’entrée d’un travailleur migrant n’est autorisée que pour le seul objectif qu’il réalise l’emploi spécifié sur son visa, avec cet employeur précis. Quand l’emploi prend fin avec cet employeur, le travailleur doit quitter le Canada, son droit de séjour étant conditionné au fait qu’il travaille avec tel employeur.

Le travail agricole est réputé pour être un des secteurs d’emploi les plus dangereux pour la santé et la sécurité des individus qui y travaillent. Selon l’Organisation internationale du travail (OIT), c’est l’un des trois secteurs les plus risqués, avec la construction et les mines.

(Extrait d’un texte paru dans le numéro 5 des NCS, Migrations : Stratégies, acteurs et résistances)