La valeur redistributive de l'offre et de la consommation des services publics

Les services publics : un véritable actif pour les ménages québécois

Par Mis en ligne le 28 février 2012

Le coût des ser­vices publics fait l’objet d’une véri­table lutte idéo­lo­gique. Les par­ti­sans de la pri­va­ti­sa­tion et du retrait de l’État laissent sou­vent entendre que ces ser­vices sont trop coû­teux. Les uns affirment qu’ils sont inef­fi­caces et qu’en consé­quence, les contri­buables n’en auraient pas pour leur argent. Les autres laissent entendre que l’offre de ser­vices publics est trop large et que le Québec vivrait au-dessus de ses moyens.

Afin de donner un autre éclai­rage au débat sur la place des ser­vices publics, l’étude de l’IRÉC éta­blit la valeur des ser­vices consom­més par les ménages et les entre­prises. Elle mesure aussi l’effet de redis­tri­bu­tion de ces ser­vices et les impacts sur la réduc­tion des inéga­li­tés.

L’étude cal­cule qu’en 2007-2008, la popu­la­tion qué­bé­coise béné­fi­ciait d’avantages tirés des ser­vices publics d’environ 17 000 $ par indi­vidu ou de 37 000 $ par ménage. Les ser­vices publics contri­buent gran­de­ment au bien-être d’une majo­rité de Québécois. On estime qu’un ménage moyen reçoit pour 37 312 $ en ser­vices de l’État, ce qui repré­sente 68 % du revenu moyen gagné (54 682 $).

Lorsqu’on divise les ménages qué­bé­cois en cinq quin­tiles selon le revenu, on constate que tous béné­fi­cient des ser­vices publics. Les indi­vi­dus des quin­tiles infé­rieurs béné­fi­cient tout de même de plus de ser­vices, ce qui permet à l’État de redis­tri­buer la richesse.
L’étude confirme aussi la pro­gres­si­vité de l’impôt qué­bé­cois. Le taux global de taxa­tion aug­mente d’un quin­tile à l’autre. Plus on est riche, plus on paye des impôts et des taxes.

Toutefois, les baisses d’impôts et de ser­vices publics des dix der­nières années font que l’État redis­tri­bue de moins en moins. Les baisses d’impôts ont permis de com­pen­ser les baisses de ser­vices seule­ment pour le cin­quième quin­tile, et pour le qua­trième dans une faible pro­por­tion. Les trois pre­miers quin­tiles y ont perdu.

L’étude démontre aussi que les ser­vices publics contri­buent à une meilleure répar­ti­tion de la richesse entre les sexes. Les femmes repré­sentent 50,4 % de la popu­la­tion et reçoivent 52,3 % des ser­vices publics. En moyenne, les femmes obtiennent 1 200 $ de plus annuel­le­ment en ser­vices publics que les hommes. Cette dif­fé­rence s’explique prin­ci­pa­le­ment par les trans­ferts en ser­vices sociaux et en santé.

Enfin, l’étude s’intéresse aux ser­vices reçus par les entre­prises. En repas­sant diverses études sur ce sujet, elle conclut à l’important avan­tage qu’ont les entre­prises de s’établir au Québec, en matière de ser­vices et de taxa­tion.

Pour en savoir plus, consul­tez le rap­port de recherche et la pré­sen­ta­tion PowerPoint de Gabriel Ste-Marie

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