Les réponses des pouvoirs dominants du Nord à la crise en cours

Mis en ligne le 24 janvier 2010

Les crises mul­ti­formes qui se sont exa­cer­bées à tra­vers le monde, au cours de ces deux der­nières années, ont fait l’objet d’analyses et de pro­po­si­tions diverses en matière de solu­tion. Le plus sou­vent sous la pers­pec­tive d’un Nord domi­nant dont le sys­tème s’effondre, et qui s’accroche encore à des cer­ti­tudes que Samir Amin per­çoit comme des pré­ju­gés erro­nés. Moins que des solu­tions, ce qui est avancé lui appa­raît plutôt comme « le pro­duit de stra­té­gies du capi­tal des oli­go­poles, orga­ni­sant les condi­tions qui lui sont favo­rables ». Sans aucune pers­pec­tive de déci­sion auto­nome pour les pays du Sud.

On peut lire ce que sont les réponses des pou­voirs domi­nants (les oli­go­poles et leurs ser­vi­teurs poli­tiques) à la « crise » ouverte par l’effondrement finan­cier de 2008, à partir des poli­tiques natio­nales effec­tives des pays de la Triade et des déci­sions col­lec­tives du G7 et de l’Union Européenne. Le rap­port de la com­mis­sion pré­si­dée par J. Stiglitz, pré­senté à l’Assemblée géné­rale des Nations Unies réunie du 24 au 26 juin 2009 com­plète cet ensemble de docu­ments. Leur objec­tif est de res­tau­rer le sys­tème de la mon­dia­li­sa­tion libé­rale finan­cia­ri­sée, consi­déré comme ayant été glo­ba­le­ment sain, dès lors que des mesures cor­rec­tives sont adop­tées per­met­tant d’éviter à l’avenir les déra­pages qui auraient été à l’origine de l’effondrement de 2008,et guère plus. Cet objec­tif enferme dans l’ensemble des pré­ju­gés propres à l’économie conventionnelle.

Premier pré­jugé

La crise est une crise finan­cière, pro­duite par des « excès » d’expansion finan­cière (eux-mêmes faci­li­tés par des « dérè­gle­men­ta­tions » abu­sives). Il ne s’agit là que d’une évi­dence tri­viale immé­diate. Car der­rière les excès en ques­tion se pro­filent les exi­gences incon­tour­nables du déploie­ment de la logique d’expansion des oli­go­poles. Les éco­no­mistes conven­tion­nels n’ont pas l’équipement intel­lec­tuel per­met­tant de le com­prendre. Et, l’effondrement finan­cier de 2008, qui était la consé­quence iné­luc­table du déploie­ment de la longue crise amor­cée dès les années 1970, et pas seule­ment des excès finan­ciers des der­nières années, a donc sur­pris tous les éco­no­mistes vulgaires.

La crise en cours serait donc une crise conjonc­tu­relle, même si on accepte qu’elle soit accom­pa­gnée de « pro­blèmes struc­tu­rels » sous-jacents par­ti­cu­liers, une crise en V, dont la reprise rapide est pos­sible. La crois­sance qui doit reprendre res­tera dyna­mi­sée par l’expansion finan­cière, comme elle l’était avant l’effondrement de 2008. Les seules pré­cau­tions à prendre sont des­ti­nées à éviter à l’avenir les dérives de cette expan­sion. Dans sa dimen­sion mon­dia­li­sée, le sys­tème doit reprendre sa crois­sance dans le même cadre libé­ral « ouvert » qui le carac­té­rise depuis trois décen­nies, et éviter les réponses « pro­tec­tion­nistes » aux dif­fi­cul­tés du moment. Proches de la vision de la CIA expri­mée dans son rap­port « Le monde en 2010 », dont j’ai pro­posé une lec­ture cri­tique ailleurs (15), ces ana­lyses conven­tion­nelles n’envisagent pas de « bou­le­ver­se­ments », mais seule­ment un poids com­mer­cial plus impor­tant de la Chine et des autres pays émer­gents. Cette évo­lu­tion pour­rait être faci­li­tée par l’abandon pro­gres­sif de la réfé­rence exclu­sive au dollar comme mon­naie de réserve inter­na­tio­nale. La réforme du sys­tème devrait se donner cet objectif.

En consé­quence, pour sortir de la crise, il suffit que l’on donne la prio­rité au réta­blis­se­ment du fonc­tion­ne­ment du sys­tème finan­cier. Des réformes de celui-ci doivent être envi­sa­gées, capables, selon les experts du G7, d’éviter la rechute. Ces experts ne sont pas équi­pés pour com­prendre que ces réformes seront d’une manière ou d’une autre contour­nées par les pra­tiques des oli­go­poles tant que ceux-ci conser­ve­ront leur statut « privé » garan­tis­sant leur ges­tion au ser­vice exclu­sif des inté­rêts par­ti­cu­liers qu’ils concentrent dans leur pou­voir. Le dis­cours « mora­li­sant » et la sub­sti­tu­tion du sermon à l’analyse poli­tique res­te­ront comme tou­jours sans efficacité.

Deuxième pré­jugé

L’identification des moyens capables de pro­té­ger effi­ca­ce­ment le sys­tème éco­no­mique et finan­cier des dérives et des « crises » peut être décou­verte par l’approfondissement des recherches concer­nant le fonc­tion­ne­ment effec­tif des mar­chés. La pro­fes­sion des éco­no­mistes conven­tion­nels s’est consti­tuée sur la base presqu’exclusive de ce type de recherches. L’hypothèse sous jacente est que les mar­chés sont auto régu­lés par eux-mêmes (point de vue libé­ral dog­ma­tique), ou qu’on peut les aider à le deve­nir par des régu­la­tions appro­priées. Et bien que la preuve de l’existence d’une telle ten­dance fon­da­men­tale ou de sa pos­si­bi­lité n’ait jamais pu être éta­blie, la pro­fes­sion des éco­no­mistes vul­gaires est contrainte de croire à cet axiome erroné. Car si les mar­chés ne sont pas auto régu­lés et même auto régu­lables dans le capi­ta­lisme, les éco­no­mistes conven­tion­nels n’ont plus rien à dire, ils doivent fermer leur boutique !

Dans le capi­ta­lisme réel, le fonc­tion­ne­ment du sys­tème et des mar­chés, l’intervention des luttes sociales et des conflits inter­na­tio­naux et les régu­la­tions elles-mêmes inter­agissent pour faire évo­luer le sys­tème de dés­équi­libre en dés­équi­libre (à la rigueur en pas­sant par un équi­libre pro­vi­soire). L’action des acteurs qui veulent pro­mou­voir les inté­rêts des tra­vailleurs et des peuples s’inscrit dans cette pers­pec­tive, refuse de se sou­mettre aux exi­gences d’un pré­tendu « équi­libre » (ou équi­libre appa­rent) qui les défa­vo­rise pour impo­ser un autre « équi­libre » (ou dés­équi­libre) meilleur pour eux. Cette option fon­da­men­tale de méthode devrait être celle de notre projet alternatif.

Troisième pré­jugé

La res­tau­ra­tion du sys­tème de la mon­dia­li­sa­tion telle qu’elle était pour l’essentiel est sou­hai­table, car elle offre des pos­si­bi­li­tés de déve­lop­pe­ment pour les peuples du Sud. Ce pré­jugé, commun à tous les éco­no­mistes vul­gaires, qui par­tagent la vision linéaire sim­pliste à l’extrême du « déve­lop­pe­ment par étapes » (à la Rostow), inter­dit aux éco­no­mistes conven­tion­nels de com­prendre la nature de l’échec his­to­rique per­ma­nent du « Sud » (les péri­phé­ries) dans ses efforts de « rat­tra­page » du « Nord » (le centre) par son inser­tion appro­fon­die dans la mon­dia­li­sa­tion capi­ta­liste. L’idée que l’accumulation capi­ta­liste mon­dia­li­sée est à l’origine de la pro­duc­tion et de la repro­duc­tion de l’échec en ques­tion leur est tota­le­ment étran­gère au point d’être véri­ta­ble­ment incom­pré­hen­sible. (1)

C’est pour­quoi les éco­no­mistes conven­tion­nels sont contraints d’ignorer la pau­pé­ri­sa­tion inhé­rente à la pour­suite de cette accu­mu­la­tion mon­dia­li­sée pour lui sub­sti­tuer des consi­dé­ra­tions sur un phé­no­mène consi­déré alors comme seule­ment adja­cent – « la pau­vreté » – dont la réa­lité est rap­por­tée à des « fautes » de poli­tique, qu’on peut cor­ri­ger sans poser la ques­tion de la logique du procès d’accumulation. Néanmoins la ten­ta­tive de for­mu­ler des pro­grammes de « réduc­tion de la pau­vreté » n’a jamais donné que de minces résul­tats. Les résis­tances, révoltes et éven­tuel­le­ment enga­ge­ments des socié­tés du Sud dans d’autres voies paraissent alors, à ces éco­no­mistes, « irra­tion­nelles », moti­vées par des options « idéo­lo­giques » creuses (du type « natio­na­lisme outran­cier » etc.). On écarte donc du champ de la réflexion la prise en consi­dé­ra­tion de ces résis­tances et enga­ge­ments alter­na­tifs, qui, pour­tant, sont appe­lés à occu­per le devant de la scène.

Quatrième pré­jugé

Les pro­blèmes graves aux­quels l’humanité contem­po­raine est confron­tée (des modes de pro­duc­tion trop éner­gé­ti­vores, l’épuisement de cer­taines res­sources natu­relles, les défi­ciences des sys­tèmes de pro­duc­tion ali­men­taires et autres) consti­tue­raient des pro­blèmes adja­cents, sépa­rés les uns des autres ; indé­pen­dants du sys­tème saisi dans sa tota­lité. Des solu­tions pour­raient donc leur être trou­vées dans le sys­tème tel qu’il est pour l’essentiel.

La pro­fes­sion des éco­no­mistes vul­gaires ignore les ques­tions de l’écologie, situées hors de son champ de réflexion, contrai­re­ment à Marx qui dis­tin­guait valeur et richesse. Les nou­veaux « écolo-éco­no­mistes » tentent d’associer la prise en compte de ces ques­tions et les méthodes de cal­culs héri­tées de l’économie conven­tion­nelle. Une conci­lia­tion impos­sible, mais qui, néan­moins, permet à tous les hommes (et femmes) des pou­voirs (de droite et de gauche) et des diri­geants des oli­go­poles de s’habiller à bon marché de la cou­leur verte est désor­mais à la mode comme on l’a dit plus haut.

En fait les « pro­blèmes struc­tu­rels » consi­dé­rés dans les ana­lyses pro­po­sées par les éco­no­mistes vul­gaires excluent les trois grandes familles de ques­tions qui défi­nissent le défi majeur auquel le sys­tème contem­po­rain est confronté.

La pre­mière de ces familles concerne l’organisation de la pro­duc­tion et du tra­vail. On ne fait que rare­ment une simple allu­sion à la « crise (fin) du for­disme » par exemple qui est pour­tant à l’origine de la crise longue depuis trois décen­nies et sans la consi­dé­ra­tion de laquelle la faillite de l’industrie auto­mo­bile – entre autre – reste sans expli­ca­tion. Ignorer la crise struc­tu­relle de l’accumulation for­diste c’est se condam­ner à ne pas com­prendre com­ment celle-ci créait les condi­tions d’une offen­sive contre le tra­vail et pour­quoi la finan­cia­ri­sa­tion en a été pré­ci­sé­ment le moyen. Mais comme on l’a déjà les éco­no­mistes ortho­doxes libé­raux ne sont pas équi­pés pour inté­grer ces ques­tions dans leur « éco­no­mique des marchés ».

La seconde famille des ques­tions igno­rées concerne le statut et la ges­tion des entre­prises (du capi­tal). L’existence même des groupes oli­go­po­lis­tiques n’est prise en consi­dé­ra­tion qu’à tra­vers des propos insi­gni­fiants invi­tant à la « révi­sion de la gou­ver­nance d’entreprise » ! Pourtant, face aux posi­tions libé­rales ortho­doxes de droite (en fait tout à fait réac­tion­naires), un large éven­tail de l’opinion publique est déjà conscient de la néces­sité de remettre en ques­tion la ges­tion pri­va­tive de ces groupes. J’en donne l’exemple de la pro­fes­sion des méde­cins qui, dans son ensemble, conçoit sans dif­fi­culté la néces­sité de sou­mettre la ges­tion des indus­tries phar­ma­ceu­tiques aux impé­ra­tifs de la satis­fac­tion des besoins sociaux, voire pour le faire de les nationaliser.

La troi­sième série de « grandes » ques­tions concerne évi­dem­ment les dis­tances qui séparent, dans le sys­tème mon­dia­lisé, les « pays déve­lop­pés » (le Nord) de ceux « en voie de déve­lop­pe­ment » (le Sud). Dans un rap­port de l’ONU comme dans un rap­port quel­conque se situant dans le cadre de consi­dé­ra­tions sur la mon­dia­li­sa­tion cette dis­tinc­tion ne peut pas être « oubliée ». Mais les éco­no­mistes du sys­tème ne sortent jamais de la vision sim­pliste du « déve­lop­pe­ment par étapes » (Rostow) du libé­ra­lisme ortho­doxe qui, en fait, ignore la question.

Le G7 s’est pro­posé – dans les limites de sa méthode indi­quées plus haut – « une sortie par le haut » de la crise. Il a donc réuni une somme de pro­po­si­tions qu’il juge suf­fi­santes et effi­caces pour per­mettre à un sys­tème de la mon­dia­li­sa­tion « cor­rigé » d’associer ce qu’il pré­tend être les avan­tages déci­sifs du capi­ta­lisme mon­dia­lisé (per­mettre le déve­lop­pe­ment de tous les pays Nord et Sud) et les « remèdes » néces­saires et suf­fi­sants selon lui pour en cor­ri­ger les défauts et les erreurs (réduc­tion des risques finan­ciers, « gou­ver­nance » démo­cra­tique des ins­ti­tu­tions inter­na­tio­nales, réduc­tion de la pau­vreté, prise en compte – légère pour ne pas dire insi­gni­fiante – de « ques­tions adja­centes », amorce timide – peut être – d’un sys­tème finan­cier sorti de sa réfé­rence exclu­sive au dollar).

Dans ces ana­lyses, aucune pers­pec­tive de déci­sion auto­nome pour les pays du Sud n’est prise en consi­dé­ra­tion. L’idée même de cette auto­no­mie est par­fai­te­ment étran­gère au concept ortho­doxe libé­ral de la « mon­dia­li­sa­tion ». L’argument avancé pour faire accep­ter l’idée qu’un consen­sus global serait incon­tour­nable est sim­pliste : la crise est glo­bale, donc sa solu­tion doit l’être ! On passe sous silence le fait que der­rière ce consen­sus d’apparence le Nord s’emploie à impo­ser ses vues uni­la­té­rales. En réa­lité la recons­truc­tion d’une mon­dia­li­sa­tion utile aux peuples passe par la décons­truc­tion préa­lable de la mon­dia­li­sa­tion des oligopoles.

Sans doute fait-on la conces­sion appa­rente de la néces­sité du « trai­te­ment dif­fé­ren­cié des pays déve­lop­pés et des pays en voie de déve­lop­pe­ment » et invite-t-on les pre­miers à « ouvrir leurs mar­chés aux expor­ta­tions du Sud ». En fait, cette conces­sion se résume dans l’esprit de sa for­mu­la­tion à l’octroi de quelques années « de trai­te­ment de faveur », puisqu’on sou­haite ouver­te­ment la conclu­sion du cycle de Doha qui ne pré­voit rien de plus. On affiche une igno­rance totale et sans doute mépri­sante à l’égard des cri­tiques sévères et jus­ti­fiées à l’endroit de l’OMC, pour les­quelles nous ren­voyons le lec­teur aux ana­lyses dévas­ta­trices de Jacques Berthelot et de Via Campesina, concer­nant le trai­te­ment des pro­duc­tions agri­coles et ali­men­taires. (2) On ne signale même pas les contre pro­po­si­tions faites par des groupes de pays du Sud. Au demeu­rant l’insistance sur l’ouverture du Nord aux expor­ta­tions du Sud, conçue comme la voie royale de déve­lop­pe­ment par l’orthodoxie libé­rale, éli­mine d’emblée l’examen d’une autre voie, fondée sur la prio­rité donnée à l’élargissement du marché interne des pays du Sud (indi­vi­duel­le­ment et col­lec­ti­ve­ment) et sur la réduc­tion rela­tive de leurs expor­ta­tions vers le Nord.

La ques­tion grave de la dette exté­rieure de cer­tains pays du Sud ne donne lieu qu’à des pro­po­si­tions de « mora­toire quand la dette est trop lourde ». L’examen des ana­lyses de la dette qui ont établi son carac­tère spo­lia­teur, sou­vent immo­ral, et la reven­di­ca­tion d’un audit de cette dette et de l’élaboration d’un droit inter­na­tio­nal digne de ce nom dans ce domaine sont éga­le­ment par­fai­te­ment ignorés.

Quelques pro­po­si­tions « nou­velles » concer­nant le FMI peuvent donner l’illusion qu’on se pro­pose de faire davan­tage. Par exemple pro­po­si­tion « d’achever l’émission de DTS approuvé par le FMI (en 1997 !) ». Mais celle-ci ignore que, par les règles qui gou­vernent cette émis­sion, ce sont les pays les plus riches (en par­ti­cu­lier ceux du Nord) qui en seront les béné­fi­ciaires majeurs, tandis que les mon­tants qui pour­raient faci­li­ter les règle­ments des pays pauvres du Sud demeurent insi­gni­fiants. D’une manière géné­rale, on ne remet pas en cause les prin­cipes fon­da­men­taux qui régissent la condi­tion­na­lité asso­ciée aux inter­ven­tions du FMI quand bien même signale-t-il la néces­sité d’atténuer leurs effets « pro-cycliques ». Le FMI reste ce qu’il est : l’autorité de ges­tion colo­niale des mon­naies des pays du Sud, aux­quels s’ajoutent désor­mais ceux de l’Europe de l’Est. Les inter­ven­tions récentes du FMI en Hongrie et en Lettonie en illus­trent la réalité.

On recon­naît par­fois, à la limite, le droit légi­time des pays du Sud à gérer leur compte capi­tal, voire à « contrô­ler les flux finan­ciers ». L’invitation faite à donner la prio­rité à la légis­la­tion (libé­rale quand même, bien entendu) du pays hôte plutôt qu’à celle du pays d’origine des ins­ti­tu­tions ban­caires s’aligne sur ces conces­sions. Mais on pour­rait faire obser­ver que sur ces points on ne fait qu’inviter le FMI à retour­ner aux prin­cipes qui furent les siens et n’ont été aban­don­nés, tard dans les années 1990, que sous la pres­sion des libé­raux dog­ma­tiques extré­mistes. Comme on pour­rait obser­ver que la résis­tance de la Chine, qui refuse tou­jours la libé­ra­tion finan­cière mon­dia­li­sée, est pour quelque chose dans cette rare note de réa­lisme politique.

D’une manière géné­rale, on reste sur les posi­tions de l’orthodoxie libé­rale extrême qui refuse de remettre en ques­tion le prin­cipe des changes flexibles, de la déter­mi­na­tion des taux d’intérêt par le « marché » (c’est-à-dire en fait par le capi­tal finan­cia­risé), voire de la pré­fé­rence pour la comp­ta­bi­lité « aux prix du marché » (géné­rale chez tous les éco­no­mistes anglo saxons, Stiglitz inclus). Dans ces condi­tions il est dou­teux que la pro­po­si­tion « d’élargissement des DTS » – ouvre la voie à la sub­sti­tu­tion d’un ins­tru­ment de réserve inter­na­tio­nal « nou­veau », dif­fé­rent de celui en place fondé sur l’usage domi­nant d’une mon­naie natio­nale (en l’occurrence le dollar) comme mon­naie de réserve inter­na­tio­nale. Les auto­ri­tés chi­noises, elles, ont effec­ti­ve­ment amorcé une évo­lu­tion dans cette direc­tion par des accords passés avec quelques par­te­naires du Sud. Et même si, dans l’état actuel, ces accords ne concernent qu’une frac­tion minime du com­merce de la Chine (5 %), ils n’en demeurent pas moins l’exemple de ce que le Sud peut faire, sans cher­cher à obte­nir un « consen­sus global » (c’est-à-dire l’approbation du Nord) qui l’y auto­rise. Les accords de l’ALBA et de la Banco Sur s’inscrivent dans cet esprit, bien qu’ils n’aient pas encore donné lieu à une mise en œuvre effec­tive importante.

Finalement la pro­po­si­tion de mettre en place un « Conseil de Sécurité Economique » (le « Conseil Mondial de Coordination Economique ») demeure dans ces condi­tions ambigüe. S’agit-il de dres­ser un obs­tacle sup­plé­men­taire aux droits légi­times des pays du Sud de déci­der par eux-mêmes des formes de leur par­ti­ci­pa­tion à la mon­dia­li­sa­tion, en impo­sant le « consen­sus global » ? On peut le soup­çon­ner. Comme on peut soup­çon­ner que si, par hasard (par mal­heur pour les éco­no­mistes libé­raux) les pays du Sud ten­taient de mettre l’institution au ser­vice de leur propre concept du déve­lop­pe­ment, ne ver­rait-on pas ceux du Nord en mar­gi­na­li­ser le rôle, comme ils l’ont fait avec l’ONU, la CNUCED, le Conseil Economique et Social et bien d’autres ins­ti­tu­tions quand elles échappent à leur contrôle unilatéral ?

Ce projet est tout à fait irréa­liste. Il l’est d’abord parce que l’idée même que le sys­tème res­tauré dans ce qu’il a d’essentiel atté­nuera le conflit Nord-Sud reste sans fon­de­ment. Cette idée est déjà démen­tie dans les faits. Il l’est aussi parce que les pro­po­si­tions qu’on sug­gère d’adopter ne peuvent être mises en œuvre que si les oli­go­poles le veulent bien. L’inverse est plus pro­bable. Je crois cette volonté de pro­cla­mer pos­sible la « sortie par le haut » n’est pas seule­ment irréa­liste, mais de sur­croît dan­ge­reuse par les illu­sions qu’elle inspire.

L’analogie est forte entre le modèle « de sortie par le haut dans le capi­ta­lisme » pro­po­sée par les éco­no­mistes conven­tion­nels et celui de « sortie par le haut par la révo­lu­tion socia­liste » pro­po­sée par d’autres. Il s’agit dans les deux cas du « grand soir », au len­de­main duquel tous les pro­blèmes sont réglés. L’histoire ne fonc­tionne pas de cette manière. L’histoire avan­cera à tâtons par les réponses don­nées aux défis immé­diats, à tra­vers prin­ci­pa­le­ment les conflits inter­na­tio­naux Nord-Sud. Sans négli­ger pour autant les réponses – tou­jours par­tielles – que le déploie­ment des luttes sociales dans le Nord et le Sud appor­te­ront à ces défis. L’interaction des unes et des autres enga­gera l’humanité soit sur la longue route du pro­grès (et pour moi celle-ci devien­dra celle de la tran­si­tion socia­liste) soit sur celle de la bar­ba­rie. Proposer une « sortie par en haut dans le capi­ta­lisme » n’évite pas l’engagement sur la route du désastre. Appeler dans des formes de ges­ti­cu­la­tion révo­lu­tion­naire au « grand soir » de la Révolution (R majus­cule) socia­liste res­tera, d’évidence, sans effet.

La lec­ture du cha­pitre 2 de l’excellent ouvrage rédigé par Jean Marie Harribey et Dominique Plihou pour ATTAC – Sortir de la Crise Globale ; La Découverte 2009 – (3) permet de mesu­rer l’ampleur du désastre que repré­sente le point de vue réac­tion­naire du G7 tant au plan social qu’à celui du type de rela­tions inter­na­tio­nales qu’il implique. Ces auteurs écrivent (p. 35) : « La finan­cia­ri­sa­tion n’est pas un fac­teur auto­nome, elle appa­raît comme la contre­par­tie logique de la baisse de la part sala­riale et de la raré­fac­tion des occa­sions d’investissement suf­fi­sam­ment ren­tables. C’est pour­quoi la montée des inéga­li­tés sociales (à l’intérieur de chaque pays et entre zones de l’économie mon­diale) est un trait consti­tu­tif du fonc­tion­ne­ment du capi­ta­lisme contemporain ».

Or l’objectif des pou­voirs en place n’est autre que pré­ci­sé­ment de remettre en marche ce sys­tème, et de res­ti­tuer à la finan­cia­ri­sa­tion les fonc­tions décrites par ATTAC. On accepte le choix d’une société de plus en plus inéga­li­taire, aux plans natio­naux et au plan mon­dial, anni­hi­lant par là même les belles phrases concer­nant la « réduc­tion de la pauvreté ».

Ce choix est celui de l’establishment des Etats Unis dans son ensemble, et de ses fidèles défen­seurs. Car en effet le modèle en ques­tion (« inéga­li­tés sociales et inter­na­tio­nales asso­ciées à la finan­cia­ri­sa­tion ») est le seul qui per­mette aux Etats Unis de main­te­nir leur posi­tion hégé­mo­nique. D’une double manière. D’une par ce qu’il permet de sub­sti­tuer à la carence de la demande asso­ciée à la sur­ex­ploi­ta­tion du tra­vail une dyna­mi­sa­tion par l’endettement. Et d’autre part parce qu’il permet de finan­cer le défi­cit exté­rieur des Etats Unis par son ouver­ture à la mon­dia­li­sa­tion finan­cière. Comme l’écrivent les auteurs de l’ouvrage d’ATTAC : « la règle­men­ta­tion de la finance est un remède néces­saire, mais qui ne peut suf­fire … La finan­cia­ri­sa­tion se nour­rit de la baisse de la part sala­riale et des dés­équi­libres de l’économie mon­diale. Pour dégon­fler la finance, il fau­drait donc fermer ces deux robi­nets … ce qui implique une autre répar­ti­tion des richesses et une autre orga­ni­sa­tion de l’économie mon­diale » (p. 41).

Or pré­ci­sé­ment ni les Etats Unis, ni leurs alliés subal­ternes euro­péens n’acceptent la fer­me­ture de ces robi­nets. Car la fer­me­ture du robi­net qui, par le canal du défi­cit exté­rieur des Etats Unis, ali­mente l’expansion du marché finan­cier impor­te­rait la crise sociale mon­diale aux Etats Unis même. C’est pour­quoi la crise est, comme je l’analyse, une crise double, à la fois du capi­ta­lisme tardif des oli­go­poles et de l’hégémonie des Etats Unis, ces deux dimen­sions de son déploie­ment étant indis­so­ciables. Les hypo­thèses rete­nues par les éco­no­mistes du sys­tème sont, de ce fait, irréa­listes et, dans un hori­zon tem­po­rel bref ou moins bref, seront remises en ques­tion par la recon­quête de l’autonomie de déci­sion des pays du Sud qui en sont les vic­times majeures.

Le modèle réac­tion­naire de « sortie par le haut » de la crise « finan­cière » et de double res­tau­ra­tion de la domi­na­tion mon­diale bru­tale des oli­go­poles et de l’hégémonie des Etats Unis pré­co­nisé n’est cer­tai­ne­ment pas le seul pos­sible. Il est même pro­ba­ble­ment le moins réa­liste, même s’il répond au sou­hait des admi­nis­tra­tions suc­ces­sives de Washington et, par la force des choses, des gou­ver­ne­ments subal­ter­ni­sés de l’Europe atlantiste.

Il existe une autre famille de pro­po­si­tions de « sortie par la haut », pré­co­ni­sées par d’autres éco­no­mistes tout éga­le­ment conven­tion­nels mais néan­moins pré­oc­cu­pés de mettre en œuvre un plan de réformes consé­quent du capi­ta­lisme mon­dial. Qu’on les qua­li­fie de « key­né­siens », ou de « néo-key­né­siens », ou autre­ment importe peu.

Les inéga­li­tés sociales crois­santes ne sont alors pas accep­tées comme « le prix fatal néces­saire du pro­grès », mais au contraire ana­ly­sées comme le pro­duit de stra­té­gies du capi­tal des oli­go­poles, orga­ni­sant les condi­tions qui lui sont favo­rables (la frag­men­ta­tion du tra­vail et la mise en concur­rence inter­na­tio­nale des tra­vailleurs). Ces stra­té­gies sont à l’origine de la longue crise de l’accumulation qu’elles per­pé­tuent. La crise en cours n’est donc pas une crise conjonc­tu­relle en V mais une crise longue en L. Un grand plan de relance axé sur la réduc­tion des inéga­li­tés pour­rait alors trans­for­mer le L en U.

Le plan est auda­cieux, il doit l’être. (4) La natio­na­li­sa­tion (point de départ d’une socia­li­sa­tion pos­sible) n’est pas exclue (en par­ti­cu­lier pour les ins­ti­tu­tions finan­cières). La sta­bi­li­sa­tion des prix des valeurs mobi­lières autour de 50 % des prix arti­fi­ciels et fabu­leux que la finan­cia­ri­sa­tion avait permis n’est pas consi­déré comme un désastre, mais au contraire comme une opé­ra­tion de purge saine. Faire recu­ler la mar­chan­di­sa­tion des ser­vices sociaux (édu­ca­tion, santé, loge­ment, trans­ports publics, sécu­rité sociale et retraites) est conçu alors comme néces­saire et obli­ga­toire. Un accrois­se­ment massif et durable de l’intervention publique, voire – pour le moyen terme des années à venir per­met­tant la trans­for­ma­tion du L en U – un accrois­se­ment des défi­cits publics enre­gis­trés (ce qui vaut à ce plan la qua­li­fi­ca­tion de « key­né­sien »), n’est pas davan­tage consi­déré comme catas­tro­phique. La « reprise » concerne alors en prio­rité l’économie pro­duc­tive, mar­gi­na­li­sant l’impact des mar­chés financiers.

Le plan est voulu mon­dial, mais s’inscrit dans la pers­pec­tive d’une mon­dia­li­sa­tion négo­ciée, per­met­tant aux dif­fé­rents pays et régions de la pla­nète (Europe inclus) de favo­ri­ser en prio­rité leurs mar­chés internes et régio­naux. Des stra­té­gies de sou­tien sys­té­ma­tique aux éco­no­mies pay­sannes deviennent alors pos­sibles et consti­tuent la bonne réponse à la crise ali­men­taire. Les défis éco­lo­giques peuvent alors tout éga­le­ment être trai­tés sérieu­se­ment, et non plus contour­nés par les oli­go­poles. Le plan mon­dial com­porte son volet poli­tique, qui s’ouvre par le ren­for­ce­ment des ins­ti­tu­tions et du droit inter­na­tio­naux. Il s’inscrit dans la vision d’une « mon­dia­li­sa­tion sans hégé­mo­nie », ni celle uni­la­té­rale des Etats-Unis, ni celle col­lec­tive de la triade.

Néanmoins l’erreur grave serait de recher­cher le « consen­sus global » pour la mise en œuvre d’une sortie de la crise par le haut. Car dans l’état actuel des choses un consen­sus authen­tique est impos­sible et la pour­suite de cette chi­mère revient à s’aligner sur le G 7 réac­tion­naire, se sub­sti­tuant, comme le lan­gage de tous les jours l’illustre, à « la com­mu­nauté internationale ».

Mais si les choses sont ainsi cela signi­fie que le chaos du sys­tème mon­dial n’est pas en voie d’être dépassé. Au contraire, le monde est engagé sur le chemin d’un chaos tou­jours gran­dis­sant. La meilleure réponse alter­na­tive passe par le ren­for­ce­ment des chances d’une recon­quête de l’autonomie du Sud, sans, pour le moment, cher­cher à convaincre le Nord par un faux « consensus ».

C’est donc une toute autre méthode que je pro­po­se­rai pour avan­cer dans des réponses pos­sibles (« réa­listes ») et effi­caces s’inscrivant sur la route du pro­grès. Sans doute la convic­tion socia­liste de cer­tains (dont moi-même) n’est-elle pas l’objet de notre dis­cus­sion ici. Dans mon livre « Sortir de la crise du capi­ta­lisme ou sortir du capi­ta­lisme en crise » j’exprime mon point de vue (et sans doute celui d’autres), mais n’en fait pas la « fron­tière » (5) qui nous sépa­re­rait des alliés dans nos luttes communes.

L’alternative consis­tera à donner la pos­si­bi­lité aux pays du Sud non pas de polé­mi­quer contre le Nord mais d’avancer ensemble de leur côté, loin de la recherche d’une solu­tion « de consen­sus global » accep­table par le Nord. Tel est l’objectif de notre pro­po­si­tion alternative.

Pour un projet alter­na­tif de réponse du Sud à la crise

Les pays du Sud peuvent faire avan­cer leurs réponses à la crise par leurs propres moyens, sans s’inquiéter trop des réac­tions du Nord aux mesures qu’ils seront amenés à prendre soit à leurs niveaux natio­naux, soit autant que pos­sible à ceux de leurs regrou­pe­ment régio­naux (exis­tants et à venir) et à leur niveau global (le « Bandung 2 », ou mieux la « Tricontinentale 2 »).

L’objet d’un rap­port alter­na­tif sera de for­mu­ler d’une manière pré­cise des pro­po­si­tions allant dans ce sens. Il existe fort heu­reu­se­ment un bon nombre d’études cri­tiques de grande qua­lité qui consti­tuent un excellent stock de réfé­rences de départ pour cet exer­cice. Je cite­rai entre autres le rap­port récent de la CNUCED en avril 2009 (7), lar­ge­ment supé­rieur aux rap­ports du G7 et à celui de la com­mis­sion pré­si­dée par Stiglitz, les tra­vaux de Jacques Berthelot et ceux de Via Campesina, beau­coup des docu­ments dis­cu­tés à l’Assemblée du Forum Mondial des Alternatives d’Octobre 2008, ou pro­duits à sa suite.

Ces pro­po­si­tions s’inscrivent dans l’idée de fond et de base que dans un hori­zon stra­té­gique pos­sible et visible le « Sud » peut se passer du « Nord », tandis que l’inverse n’est pas vrai. Le Nord – tel qu’il est (et il n’imagine pas d’alternative) – ne peut pas sur­vivre sans ren­for­cer le pillage des res­sources du Sud – res­sources natu­relles, pétrole et gaz, pro­duits miniers, sols agri­coles, main d’œuvre à bon marché. Donc aggra­ver et non atté­nuer le déve­lop­pe­ment inégal, anni­hi­ler les espoirs des pays « émer­gents », détruire encore davan­tage les pays « marginalisés ».

Le Sud est désor­mais équipé pour réduire l’efficacité des moyens par les­quels le Nord exerce sa domi­na­tion, voire en anni­hi­ler la portée. Il peut récu­pé­rer le contrôle de ses res­sources natu­relles, déve­lop­per par lui-même les tech­no­lo­gies les plus avan­cées et les mettre au ser­vice de son déve­lop­pe­ment, il peut orga­ni­ser ses rap­ports finan­ciers à côté sinon tout à fait hors du sys­tème global, il peut réduire la menace d’agressions mili­taires, qui consti­tue en der­nier res­sort le seul moyen – bar­bare et cri­mi­nel – de le main­te­nir dans la dépen­dance. Celle-ci peut paraître pesante à court terme. Mais une stra­té­gie de déve­lop­pe­ment ren­for­cée par l’intensification des formes adé­quates de coopé­ra­tions Sud – Sud peut en réduire pro­gres­si­ve­ment – et même rapi­de­ment – les effets destructeurs.

L’économie est tou­jours poli­tique. Et la poli­tique est tou­jours natio­nale et inter­na­tio­nale. Au pre­mier de ces plans le rap­port devra donc consi­dé­rer (pour être sérieux) l’articulation entre les conflits d’intérêts sociaux au sein des socié­tés du Sud et la for­mu­la­tion des alter­na­tives de déve­lop­pe­ment. Au second de ces plans il devra prendre en compte les exi­gences de la construc­tion de conver­gences poli­tiques com­munes obli­geant la triade à recu­ler, voire à renon­cer à son projet de guerre per­ma­nente pour le contrôle mili­taire de la Planète.

Les formes et étapes de la réa­li­sa­tion de ce projet res­tent encore à discuter.

– Le FMA et le FTM doivent être les ini­tia­teurs du projet et mettre en place à cet effet une com­mis­sion char­gée de rédi­ger le rap­port (un an, une ving­taine de membres soi­gneu­se­ment choisis ?)

– Le rap­port final de cette com­mis­sion doit être lar­ge­ment dif­fusé auprès des forces poli­tiques inté­res­sées et porté à la connais­sance des gou­ver­ne­ments du Sud.

– Dans l’hypothèse de succès de l’entreprise on pour­rait ima­gi­ner une suite donnée au projet par la consti­tu­tion d’un groupe « offi­ciel », opé­rant par exemple dans le cadre du Secrétariat du NAM (Mouvement des Non Alignés) ou du groupe 77 + Chine de l’ONU. Il serait sou­hai­table que la Présidence du groupe soit confiée à une per­son­na­lité poli­tique res­pec­tée, comme par exemple Nelson Mandela.

NOTES
1) Je fais ici réfé­rence à l’ouvrage « clas­sique » de Rostov (Les étapes de la crois­sance, 1960).. Ma thèse sur l’accumulation à l’échelle mon­diale (pre­mière rédaction,1957) s’inscrivait avant la lettre contre la vision linéaire de Rostov.

2) Jacques Berthelot, contri­bu­tions diverses, sites web de l’auteur
Via Campesina, publi­ca­tions diverses

3) Sortir de la crise glo­bale, ed Jean Marie Harribey et Dominique Plihon ; La découverte

4) Le cercle des éco­no­mistes, Fin de monde ou sortie de la crise, ed Pierre Dockès ; Perin 2009.

5) Christian Saint Etienne, La fin de l’euro ; Ed Bourin, 2009

6) Samir Amin, Sur la crise, sortir de la crise du capi­ta­lisme ou sortir du capi­ta­lisme en crise ; Le Temps des Cerises 2009

7) CNUCED, Avril 2009, site de l’organisation

* Samir Amir est le direc­teur du Forum du Tiers Monde

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