Les partisans de la hausse n’ont plus d’argument

Par Mis en ligne le 07 avril 2012

Ils n’ont plus d’argument ; ils ne savent plus quoi dire. Une fois qu’on leur a expli­qué que ce n’est pas une ques­tion d’argent puisque le gou­ver­ne­ment pos­sède déjà cet argent, qu’il peut même en avoir davan­tage en rééche­lon­nant les impôts au béné­fice même de la classe moyenne, en impo­sant les plus riches et les très grandes entre­prises, ils ne savent plus quoi dire.

Une fois qu’on leur a fait com­prendre que ce n’est pas une ques­tion de manque de finan­ce­ment des uni­ver­si­tés, mais bien de mau­vaise ges­tion et de mal­fi­nan­ce­ment, ils ne savent plus quoi dire.

Il ne leur reste que le mantra : « il faut que les étu­diants fassent leur part », un sophisme ridi­cule comme si la part des étu­diants n’était pas d’étudier, comme s’ils ne fai­saient pas déjà leur part en tra­vaillant eux aussi, comme si la juste part ne devait pas se faire en payant des impôts en pro­por­tion de ses moyens quand on tra­vaille, ils ne savent plus quoi dire.

Leur seule posi­tion est idéo­lo­gique et consiste à croire que l’éducation est une mar­chan­dise qu’on doit s’acheter plutôt qu’un bien commun qui doit servir au public. Et comme ils ne veulent pas l’avouer, alors ils ne savent plus quoi dire et répètent n’importe quoi.

Comme l’inénarrable ministre de l’édulcoration qui a trouvé le tour ven­dredi der­nier de mélan­ger péro­nisme, qui­pro­quo et confu­sion men­tale dans cette expres­sion digne d’un sot­ti­sier « c’est le syn­drome du pas-dans-ma-cour, les étu­diants veulent refi­ler leur fac­ture à d’autres ». Quand on sait que le syn­drome du pas-dans-ma-cour s’applique à des per­sonnes qui refusent de voir un éta­blis­se­ment dans leur voi­si­nage et que le refi­lage de fac­ture s’applique à ceux qui ont fait une dépense, mais ne veulent en faire les frais, alors qu’ici il s’agit d’appliquer socia­le­ment des frais sociaux, donc il s’agit plutôt de s’approprier nor­ma­le­ment et sai­ne­ment la fac­ture, on ne peut que consta­ter l’indigence argu­men­ta­tive de la ministre, sans s’étendre sur son indi­gence intel­lec­tuelle qui nous fait douter de ses com­pé­tences à exer­cer son poste.

Comme le clow­nesque pre­mier sinistre qui ne trouve rien d’autre à dire que la déci­sion était déjà prise depuis long­temps (ce qui prouve que c’est une posi­tion idéo­lo­gique), qu’il y a eu beau­coup de consul­ta­tions (alors qu’il n’y a eu de consul­ta­tions qu’entre par­ti­sans de la hausse et que sur les moyens de l’imposer) et que c’est une déci­sion d’avenir (expres­sion qui ne veut rien dire ou alors qui veut dire qu’il n’y a d’avenir que pour ce qui se vend). Peut-on trou­ver plus inepte per­ro­quet du dogme mer­can­tile ?

Les étu­diantes et étu­diants ont raison de main­te­nir la pres­sion, ils sont à quelques pas de la vic­toire, et nous nous devons de les appuyer per­son­nel­le­ment, dans nos orga­ni­sa­tions et par des gestes concrets. Les étu­diants font comme nous face à des diri­geants qui s’imaginent que la démo­cra­tie se résume à élire un dic­ta­teur tous les quatre ans. Ces diri­geants ont tort. S’ils ne veulent pas le com­prendre, leur démis­sion serait bien­ve­nue.

Francis LAGACÉ

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