Les nouvelles des NCS

Mis en ligne le 08 octobre 2015

NCS 2.0


Cet automne, les NCS se sont mis au tra­vail pour une nou­velle saison qui s’annonce bien rem­plie, aux cou­leurs d’un automne « chaud ». Lors de la der­nière assem­blée du CAP-NCS, un plan de tra­vail annuel a été adopté autour de la pro­duc­tion des pro­chains cahiers, de l’Université popu­laire (août 2016) et de mul­tiples acti­vi­tés. Également, le col­lec­tif est en plein renou­vel­le­ment, avec de nou­velles adhé­sions qui enra­cinent le tra­vail dans plu­sieurs sec­teurs et régions. En fin de compte, notre ini­tia­tive a pris sa place dans le mou­ve­ment popu­laire et dans la gauche, comme un des lieux où se pro­duit un tra­vail intel­lec­tuel et poli­tique rigou­reux, capable de faire le pont entre la théo­rie et la pra­tique et de faci­li­ter une dis­cus­sion riche sur les contours des luttes d’émancipation.

Mini-dossier : le vent se lève

La cas­cade des mobi­li­sa­tions

Les syn­di­cats du sec­teur public ont atteint un niveau de mobi­li­sa­tion supé­rieur à ce que nous avons connu ces der­nières années. Plus de 80 % ont pris des votes de grève et c’est dans une pro­por­tion de 85% que ces votes ont été favo­rables. La mani­fes­ta­tion du 3 octobre du Front commun (150 00 per­sonnes ; 400 auto­bus venant de toutes les régions du Québec), qui sui­vait celle du 30 sep­tembre de la FAE, nous confirme cet élan des sala­rié-es dans la lutte pour l’amélioration de leurs condi­tions de tra­vail. Et ça ne s’arrête pas là ! Cette semaine, toutes les orga­ni­sa­tions, se sont donné-es le mot pour sou­li­gner la jour­née inter­na­tio­nale des ensei­gnants, et ainsi, des lignes de pique­tage plus ou moins dures se sont dres­sées devant plu­sieurs éta­blis­se­ments d’enseignement.

Autrement, les syn­di­cats de la santé de la FSSS-CSN ont entre­pris des occu­pa­tions des bureaux de direc­tion dans l’ensemble des éta­blis­se­ments. Le Front commun a déjà dans ses car­tons plu­sieurs autres actions de per­tur­ba­tion éco­no­mique, comme cela avait été le cas le 1er mai der­nier, ce qui avait bien dérangé les élites locales et le gou­ver­ne­ment. D’ici peu, on devrait revoir les « visites » du centre-ville et des ins­ti­tu­tions finan­cières. Dans l’ensemble des régions du Québec à dif­fé­rents moments lors des pro­chaines semaines, la popu­la­tion sera sen­si­bi­li­sée. Force est de consta­ter que les syn­di­qués ont décidé de se faire res­pec­ter par l’État employeur. Nous devons sou­te­nir ces tra­vailleurs dans leurs démarches, et ce, peu importe le chemin qu’ils et elles déci­de­ront de prendre dans la suite des choses. Un automne chaud était annoncé, eh bien, très chaud il sera !

Robert Deschambault

Sur le front de la santé, par­tout, ça mobi­lise

Selon Manon Perron du Conseil cen­tral du Montréal métro­po­li­tain, « les syn­di­cats de la santé et des ser­vices sociaux de la CSN sont mas­si­ve­ment embar­qués dans l’action : « édu­ca­tion poli­tique auprès des membres sur l’austérité par le biais d’innombrables assem­blées de cui­sine, tour­nées dépar­te­men­tales, sen­si­bi­li­sa­tion de la popu­la­tion par la dis­tri­bu­tion de tracts, créa­tion de coa­li­tions de quar­tier, sans comp­ter les mul­tiples actions de visi­bi­lité, dans les milieux de tra­vail et sur la place publique, les mani­fes­ta­tions de quar­tier, les occu­pa­tions de bureaux de ministres ». Entre-temps, ajoute Manon, les syn­di­cats à la base et les conseils en région tra­vaillent pour ren­for­cer la confiance et la soli­da­rité « en misant sur la mobi­li­sa­tion et l’unité dans l’action ».

Le retour de l’ASSÉ

À la fin du mois passé, l’ASSÉ a orga­nisé un « Rassemblement syn­di­cal en édu­ca­tion (RSE) où plus de 150 mili­tants-es étaient pré­sents pour échan­ger sur la pro­chaine ronde de com­bats. On dira que 150, ce n’est pas beau­coup, mais atten­tion, cette ren­contre a été mar­quante. De toute évi­dence, les noyaux consti­tu­tifs de l’ASSÉ semblent avoir sur­monté un cer­tain nombre de pro­blèmes. Leur conver­gence si on peut dire, avec la frange radi­cale des pro­fes­seurs de cégep (Professeurs contre la hausse) don­nait à leur réflexion une pro­fon­deur, expri­mant une sen­si­bi­lité réel­le­ment anti­ca­pi­ta­liste. C’est aussi la démons­tra­tion qu’une nou­velle géné­ra­tion prend la relève, démon­trant une volonté non seule­ment com­ba­tive, mais stra­té­gique. Par exemple, les étu­diants savent bien qu’il faut pré­pa­rer un grand affron­te­ment avec le gou­ver­ne­ment actuel, mais cela ne peut se faire à coups de slo­gans et de volon­ta­risme. L’ASSÉ « reboos­tée » pour­rait jouer un rôle impor­tant dans les pro­chaines étapes de la lutte, comme on le voit déjà dans les mobi­li­sa­tions en cours dans les cégeps.

Un beau matin au Cégep Marie-Victorin

Chez nous, le vote de grève est passé faci­le­ment (à 83,3 %), comme dans tous les autres syn­di­cats de la FNEEQ jusqu’à main­te­nant (excepté le Centre qué­bé­cois de for­ma­tion aéro­nau­tique). Environ 250 pro­fes­seurs étaient pré­sents-es, ce qui en fait la plus grosse AG depuis 2010 au moins. Des ques­tions légi­times ont été sou­le­vées sur la for­mule de la grève régio­nale rota­tive. Une cer­taine frange aurait pré­féré aller direc­te­ment vers la grève géné­rale illi­mi­tée. Une majo­rité s’entendait pour dire qu’il aurait à tout le moins fallu une grève de l’ensemble des syn­di­cats du sec­teur public en même temps, plutôt qu’une région ou deux chaque jour. Tout le monde insis­tait sur le fait qu’il fal­lait pré­pa­rer dès main­te­nant la pro­chaine étape, que le gou­ver­ne­ment décrète nos condi­tions de tra­vail ou pas. Malgré cela, nous nous sommes ral­liés à la grève dans sa forme actuelle, d’une part parce qu’elle ras­semble le Front commun et d’autre part, parce qu’on nous a assuré que la deuxième phrase du libellé de vote de grève (qu’on actua­lise le mandat en cours d’exercice) était là pour lancer le mes­sage que nous n’arrêterons pas au bout de 6 jours. Le déclen­che­ment de la grève devrait se faire d’ici la fin octobre, après les élec­tions fédé­rales. Le comité stra­té­gie s’est gardé la pré­ro­ga­tive de déci­der de la date. D’ici là, nous conti­nuons le boy­cot­tage de la Commission des études (où les pro­fes­seurs sont majo­ri­taires) et des comi­tés pari­taires en plus des autres actions de per­tur­ba­tion et de sen­si­bi­li­sa­tion. Nous sommes par­ti­cu­liè­re­ment fiers de l’appui local à la mobi­li­sa­tion de la FAE (le 30 sep­tembre), par notre pré­sence sur les piquets de grève de l’école Henri-Bourassa et par une publi­cité d’appui dans le jour­nal Le Métro. Depuis le début d’octobre, nous avons com­mencé à faire des pauses bruyantes inter­syn­di­cales dans le cor­ri­dor de la direc­tion, tous les jours de 10 h à 10 h 15. Nous éva­lue­rons lors de notre pro­chaine AG la pos­si­bi­lité de boy­cot­ter les portes ouvertes et autres acti­vi­tés du genre. Comme quelqu’un l’a énoncé à sa façon lors de notre AG de grève, les 6 jours de grève rota­tive ne seront que les « pré­li­mi­naires » ; la bataille reste à faire ensuite, soit en conti­nuant la grève, soit en fai­sant face à un décret ou à une entente négo­ciée à rabais. À la FNEEQ, nous avons adopté une réso­lu­tion éma­nant du Cégep Marie-Victorin, à l’effet de consul­ter les assem­blées géné­rales non seule­ment au moment où un décret sur­vien­drait, mais sur­tout avant, durant la pre­mière phase de grève. Ces AG devront porter sur les façons de résis­ter à un décret et nous espé­rons que les syn­di­cats des autres fédé­ra­tions et cen­trales feront la même démarche de réflexion dans les pro­chaines semaines.

Fanny Theurillat-Cloutier

Oser lutter

De nou­veaux pro­ces­sus sont visibles dans la mobi­li­sa­tion actuelle. Ainsi, un rôle par­ti­cu­lier est joué par les « étu­diants-es assis­tants-es de recherche et d’enseignement », qui regroupent quelques mil­liers de membres qui à la fois dans le mou­ve­ment étu­diant et dans le mou­ve­ment syn­di­cal. C’est ce que révèle un des textes de réflexion en pré­vi­sion de la ren­contre de l’ASSÉ, pro­posé par le Syndicat des étu­diants-es sala­riés-es de l’Université de Montréal (SESUM). Entre-temps, comme au Cégep de Maisonneuve, des étu­diants-es, des pro­fes­seurs, des employés-es de sou­tien mettent en place des comi­tés de mobi­li­sa­tion. Dans son texte, le comité de mobi­li­sa­tion du Cégep de Maisonneuve affirme que le but est de « faci­li­ter les échanges entre des groupes qui se côtoient quo­ti­dien­ne­ment, mais qui ont rare­ment l’occasion d’aborder ensemble des pro­blé­ma­tiques de nature poli­tique et sociale ». Également, des « assem­blées inter­syn­di­cales de gré­vistes » orga­nisent des ren­contres en régions, pour « échan­ger sur les pra­tiques locales, orga­ni­ser des visites de soli­da­rité sur les lignes de pique­tage et des actions auto­nomes de quar­tier, réflé­chir à des façons de s’organiser face à une éven­tuelle loi spé­ciale ».

La grande bataille de l’éducation

Comme on le sait, le gou­ver­ne­ment offre un recul impor­tant au niveau sala­rial et des condi­tions de tra­vail dans l’éducation. Pour autant, cette offen­sive néo­li­bé­rale vise plus large, comme le rap­pelle Éric Martin, prof de cégep (voir sa lettre au ministre de l’Éducation). Il s’agit ni plus ni moins d’annihiler la réforme des années 1960 qui élar­gis­sait l’accès des études post­se­con­daires et donc de rame­ner chez nous le « modèle » amé­ri­cain, qui consiste à « offrir » aux jeunes des par­cours « tech­niques » direc­te­ment en phase avec les « besoins du marché du tra­vail » (lire les entre­prises), comme l’affirme le rap­port Demers com­mandé par le gou­ver­ne­ment l’an passé. En fait, les poli­tiques d’austérité visent à restruc­tu­rer la société autour de nou­veaux dis­po­si­tifs axés sur la sur­veillance, le contrôle, la « per­for­mance » éco­no­mique à court terme, ce qui implique d’instaurer une atmo­sphère de peur et d’insécurité, aussi bien en termes de pré­ca­rité qu’en termes de « menaces ter­ro­ristes ». On vise en fin de compte à empê­cher les citoyens de penser, de créer du sens et de la culture pour com­prendre et chan­ger le monde, et comme le dit Martin, de « nous enfer­mer dans l’immédiateté et le monde des appa­rences ». Devant cela, les mou­ve­ments doivent, non pas « défendre » » ce qui existe, mais repen­ser une nou­velle école, l’ancrer au sein de la défense du commun, pro­té­ger la beauté du monde. Tout cela est par ailleurs bien expli­qué sur le site de cam­pagne de l’ASSÉ.

Mobilisation des profs au Collège Ahuntsic

L’entente de prin­cipe conclue en 2010 dans le sec­teur public a amè­re­ment déçu les profs d’Ahuntsic, qui l’ont mas­si­ve­ment reje­tée en assem­blée géné­rale, en outre parce qu’elle avait été conclue avant même que les sala­rié-es aient pu livrer bataille. Il était hors de ques­tion, pour un grand nombre de ces profs, que la ronde de négo de 2015 soit une triste répé­ti­tion du scé­na­rio de 20101. À l’initiative de l’exécutif du Syndicat du per­son­nel ensei­gnant (SPECA), les profs ont voulu se donner dès 2013 les moyens de mener en 2015 une négo pré­pa­rée loca­le­ment et long­temps à l’avance. Rapidement, un fonds de grève locale fut consti­tué, puis une réflexion sur les fina­li­tés de la négo amor­cée, sans jamais attendre les consignes trans­mises par les orga­ni­sa­tions syn­di­cales natio­nales, ni réduire à leurs pro­po­si­tions le champ des pos­sibles. Par exemple, la recom­man­da­tion du Front commun à l’effet de reven­di­quer une hausse sala­riale de 13,5% sur trois ans, soi-disant pour faire face au défi de la réten­tion d’une main-d’œuvre qui sans cette hausse s’exilerait en masse vers le privé, dut se buter à l’assemblée du SPECA, qui pré­fé­rait envi­sa­ger d’autres prio­ri­tés que les salaires, sans renon­cer à une pro­tec­tion du pou­voir d’achat cepen­dant.

Les « offres » patro­nales dépo­sées au cours de la der­nière année, tant à la table cen­trale qu’à la table sec­to­rielle, ne firent que jeter de l’huile sur le feu : leur mes­qui­ne­rie fut assi­mi­lée par plu­sieurs profs à de la pro­vo­ca­tion patro­nale. Elles eurent sur le goût de se mobi­li­ser un impor­tant effet cata­ly­seur, qui était pal­pable dès avril der­nier, quand fut votée en assem­blée géné­rale la grève sociale illé­gale du 1er mai. Ce jour-là, la volonté de résis­ter à l’austérité, donc aux attaques contre les ser­vices publics, s’est illus­trée vive­ment, alors que les profs d’Ahuntsic firent la grève sociale contre vents et marées, donc malgré l’injonction et non­obs­tant le dédain exprimé par les cen­trales envers ce type de grève. En sep­tembre, 260 profs d’Ahuntsic se pré­sen­tèrent en assem­blée géné­rale et votèrent la grève de 6 jours dans une pro­por­tion de 84%. Le vote avait été pré­cédé de plu­sieurs jour­nées d’actions locales de visi­bi­lité, qui s’avérèrent très mobi­li­sa­trices. Un plan com­pre­nant une variété de types de moyens de pres­sion, à être exer­cés cet automne, fut éga­le­ment mis en branle. Diverses ini­tia­tives dépas­sant le péri­mètre d’intervention des cen­trales (Rassemblement syn­di­cal en édu­ca­tion, PCLH, mani­feste « Pour une grève créa­tive et com­ba­tive », etc.) sont ali­men­tées ou encou­ra­gées par des profs d’Ahuntsic, cher­chant à faire de la lutte du sec­teur public une expé­rience décen­tra­li­sée, à même de déve­lop­per les capa­ci­tés syn­di­cales de la base, dans une logique d’auto­no­mi­sa­tion. À la longue, cette culture syn­di­cale locale, cen­trée sur le pou­voir de la base, permet d’envisager au moins deux types de stra­té­gies syn­di­cales qui se super­posent : d’une part, l’action natio­nale des cen­trales (réglée au quart de tour et essen­tiel­le­ment cor­po­ra­tiste, donc assez pré­vi­sible dans l’ensemble) et d’autre part, les mobi­li­sa­tions décen­tra­li­sées, axées sur la recherche d’un syn­di­ca­lisme moins cor­po­ra­tiste, plus com­ba­tif et davan­tage capable de conce­voir (donc de pro­po­ser) de nou­velles ave­nues de résis­tance. Cette logique à deux niveaux d’intervention est un acquis impor­tant et, vrai­sem­bla­ble­ment, un appren­tis­sage issu du mou­ve­ment des carrés rouges de 2012.

Philippe Boudreau

[1] Plusieurs profs voyaient bien, à l’usage, les limites de l’entente de 2010 : celle-ci ne per­met­tait pas de pro­té­ger le pou­voir d’achat des sala­rié-es, qui consta­taient leur appau­vris­se­ment pro­gres­sif à chaque année (de la conven­tion) qui pas­sait.

Détermination et pru­dence

Si plu­sieurs signaux sont posi­tifs pour annon­cer de grandes mobi­li­sa­tions, les asso­cia­tions et syn­di­cats ne sont pas naïfs, car il y a plu­sieurs obs­tacles. En ce moment, il ne fait aucun doute que le gou­ver­ne­ment Couillard va impo­ser des lois spé­ciales décré­tant la fin de la contes­ta­tion et l’imposition de condi­tions par les poli­tiques dites d’austérité. Que faire alors ? Si on res­pecte ces lois illé­gi­times, on se pein­ture dans le mur. Selon plu­sieurs, le mou­ve­ment social va lever pourvu qu’il y ait une par­ti­ci­pa­tion mas­sive qui embarque tout le monde, un peu comme au prin­temps 2012. Parallèlement, dans le mou­ve­ment étu­diant, il y a un sain retour­ne­ment par rap­port à l’influence abu­sive qu’ont exer­cée des élé­ments que les étu­diants de l’UQAM appellent les « nanars », qui, au nom de la liberté indi­vi­duelle et de la « diver­sité des tac­tiques », ont agi sans penser aux « dom­mages col­la­té­raux ». En réa­lité, il faut en finir avec l’aventurisme qui contre­dit, pra­ti­que­ment, les leçons de 2012 et où la mobi­li­sa­tion s’était construite sur la consul­ta­tion per­ma­nente, la recherche du consen­sus, un tra­vail d’éducation popu­laire patient et res­pec­tueux. Également, il faut avoir des approches régio­na­li­sées, puisque « tout le monde n’est pas pareil », comme l’a dit un étu­diant de Rivière-du-Loup lors de la ren­contre de l’ASSÉ.

Pierre Beaudet

Nouvelles du collectif

Notre ami Jacques Pelletier

Jacques a été blessé dans un acci­dent de vélo dont il se remet len­te­ment en ce moment. Nous lui sou­hai­tons un prompt réta­blis­se­ment !

La saison des adhé­sions

Une des prio­ri­tés des NCS pour 2015-2016 est d’élargir le col­lec­tif, de le renou­ve­ler éga­le­ment, ce qui veut dire lais­ser davan­tage de place aux nou­velles géné­ra­tions, aux femmes et aux immi­grants-es. Pour 2015, dans le sillon de l’Université popu­laire, nous avons la chance d’accueillir plu­sieurs nou­veaux membres (par ordre alpha­bé­tique) : Marie-Josée Béliveau (tra­vailleuse com­mu­nau­taire à Action-Gardien à Pointe-Saint-Charles), Yasmine Benbelaid (doc­to­rante et membre d’Uni-Alter), Hubert Forcier, conseiller syn­di­cal à la F3S de la CSN), Ricardo Gustave (étu­diant en socio­lo­gie et mili­tant étu­diant), Benoît Lacoursière (syn­di­ca­liste et pro­fes­seur au cégep de Maisonneuve), Jasmine Gareau-Lindsay (étu­diante en déve­lop­pe­ment inter­na­tio­nal), Nathalie Mondain (socio­logue à l’Université d’Ottawa), Pascale Simard (tra­vailleuse com­mu­nau­taire à Gatineau), Julien Vadeboncœur (ensei­gnant au Collège Kiuna et membre de la nation innue de Mashteuiastch). Les membres actuels des NCS sont invi­tés-es à sol­li­ci­ter des adhé­sions. Les nou­veaux membres doivent être en accord avec la Déclaration de prin­cipes (http://​www​.cahiers​du​so​cia​lisme​.org/cap/) et être endos­sés par l’assemblée géné­rale.

Un col­lec­tif à Gatineau-Ottawa

Comme nous sommes plu­sieurs dans cette région, nous avons consti­tué un « sous-col­lec­tif » pour nous orga­ni­ser autour de diverses acti­vi­tés : rédac­tion d’articles et de dos­siers, lan­ce­ments des numé­ros des NCS dans la région, et orga­ni­sa­tion, au début de 2016, d’une « mini-uni­ver­sité popu­laire », qui se fera en col­la­bo­ra­tion avec divers réseaux et orga­ni­sa­tions syn­di­cales, com­mu­nau­taires, étu­diantes, etc. Ceux et celles qui seraient inté­res­sés-es peuvent contac­ter Élise Vaillancourt (elise.​vaillancourt.​ev@​gmail.​com).

L’autofinancement, c’est le nerf de la guerre

Le col­lec­tif des NCS ne reçoit aucune sub­ven­tion sta­tu­taire. L’essentiel du tra­vail est fait béné­vo­le­ment par les membres et asso­ciés ; néan­moins, il faut géné­rer des reve­nus pour faire face aux dépenses de base : pro­duc­tion des numé­ros, orga­ni­sa­tion de l’université popu­laire, frais divers. Sur cela, nous avons des appuis des orga­ni­sa­tions syn­di­cales, mais aussi, direc­te­ment des membres, via les coti­sa­tions annuelles payables à l’automne. Il y a un tarif à « géo­mé­trie variable », de 100 $ pour ceux et celles qui ont des reve­nus stables, à 25 $ pour les sans-emploi, pré­caires, étu­diants-es, etc. Les coti­sa­tions par chèque peuvent être envoyées à l’attention d’Édouard Lavallière : NCS, C.P. 35062, Fleury, Montréal H2C 3K4), ou encore direc­te­ment sur le site des NCS via PayPal.

Les pro­chains numé­ros

Le pro­chain numéro des NCS, en phase de pro­duc­tion, sor­tira en février pro­chain autour du thème de l’art et de la trans­for­ma­tion sociale. Le numéro sub­sé­quent (août 2016) porte sur l’accès à la jus­tice. Par la suite, plu­sieurs pro­jets sont en phase de pré­pa­ra­tion : la démo­cra­tie, la ques­tion autoch­tone, les résis­tances syn­di­cales en Amérique du Nord, les enjeux du mou­ve­ment com­mu­nau­taire. Lors de la pro­chaine réunion, nous dis­cu­te­rons de la séquence de ces numé­ros. Fait à sou­li­gner, la pro­duc­tion de chaque numéro est sous la res­pon­sa­bi­lité d’un comité de rédac­tion « spé­ci­fique ». Ces comi­tés éla­borent le numéro, choi­sissent les auteurs-es, révisent les textes, pla­ni­fient des lan­ce­ments et des dis­cus­sions et pro­duisent des articles connexes. C’est une « aven­ture » intel­lec­tuelle et orga­ni­sa­tion­nelle sti­mu­lante, qui s’échelonne sur quelques mois. Ceux qui vou­draient se joindre à un ou l’autre comité de pré­pa­ra­tion des numé­ros peuvent le faire :

L’Université popu­laire et le Forum social mon­dial

La pro­chaine uni­ver­sité popu­laire des NCS aura lieu dans le cadre du Forum social mon­dial (FSM) qui se tien­dra à Montréal du 9 au 14 août pro­chains. Le FSM est coor­donné par un vaste réseau d’organismes qué­bé­cois avec l’appui du comité inter­na­tio­nal du FSM, où on retrouve des réseaux bré­si­liens, fran­çais, indiens, amé­ri­cains, etc. Ce « démé­na­ge­ment » de l’université des NCS avait déjà été fait lors du Forum social des peuples du Québec, du Canada, des Premières nations à Ottawa à l’été 2014. Pour les NCS, l’idée est de pré­pa­rer un pro­gramme riche et diver­si­fié pour ceux et celles qui vien­dront au FSM (on pré­voit 50 000 per­sonnes). Pour déblayer cela, l’assemblée du 1er octobre a consti­tué un comité d’organisation, qui sera convo­qué pro­chai­ne­ment. Ceux et celles qui veulent y par­ti­ci­per peuvent contac­ter Pierre Beaudet (pbeaudet@​uottawa.​ca).

Le Forum social mon­dial se tien­dra à l’UQÀM à Montréal, du 9 au 14 août 2016, pour la pre­mière fois depuis 2001 dans un pays du Nord. Entre 50 000 et 80 000 per­sonnes de plus de 120 pays sont atten­dues, avec 5 000 orga­ni­sa­tions, pour 1 500 ate­liers, confé­rences et acti­vi­tés artis­tiques. La pro­gram­ma­tion sera struc­tu­rée en fonc­tion de grands axes thé­ma­tiques, dont : le tra­vail décent et éco­no­mie juste, le genre, diver­sité́ sexuelle et iden­ti­tés, soli­da­rité́ inter­na­tio­nale pour un autre déve­lop­pe­ment, droits humains et auto­dé­ter­mi­na­tion des peuples, Économie sociale et soli­daire, culture de la paix et pré­ven­tion des conflits, démo­cra­ti­sa­tion et gou­ver­nance de l’humanité́, migra­tions et citoyen­neté́ sans fron­tières, jus­tice sociale, défense des ser­vices publics et luttes pour l’élimination de la pau­vreté́, société́ civile, conver­gence des mou­ve­ments et par­ti­ci­pa­tion citoyenne, Justice envi­ron­ne­men­tale, défense de la Terre-mère et déco­lo­ni­sa­tion, com­mu­ni­ca­tion, science, tech­no­lo­gie et par­tage des savoirs. Le pro­ces­sus va de l’avant avec l’appui de plus de 150 orga­ni­sa­tions de la société́ civile qué­bé­coise et mon­diale et la contri­bu­tion de plus d’une cen­taine de béné­voles.

Les comi­tés de tra­vail

Trois autres comi­tés ont été consti­tués lors de l’assemblée des NCS. Le comité de coor­di­na­tion (COCO), qui voit à la ges­tion des affaires cou­rantes, sera com­posé en 2015-16 de Flavie Achard, Pierre Beaudet, John Bradley, Donald Cucciocetta et Édouard Lavallière. Par ailleurs, le comité de rédac­tion per­ma­nent, dont la tâche est d’aider à la pré­pa­ra­tion et à l’organisation de la pro­duc­tion des numé­ros, tout en ayant charge des sec­tions non thé­ma­tiques, sera com­posé de Flavie Achard, Pierre Beaudet, Philippe Boudreau, Stéphane Chalifour, Thomas Chiasson-LeBel, Jacques Pelletier, André Vincent. Nous cher­chons encore deux autres per­sonnes pour com­plé­ter ce comité. Enfin, un comité spé­cial a été consti­tué pour rédi­ger une ver­sion actua­li­sée de la Déclaration de prin­cipes qui aurait avan­tage à être mise à jour en fonc­tion des déve­lop­pe­ments actuels.


Prochaine assem­blée du CAP/NCS

Date : 19 novembre 2015

Lieu : à déter­mi­ner

À l’ordre du jour : bilan et pers­pec­tives de l’automne « chaud »


ESPACE RÉFLEXIONS

Lutter pour gagner : pour renouveler le syndicalisme

Front d’action socialiste[1]

Pour obte­nir des vic­toires, il faut employer des moyens d’action per­tur­ba­teurs, voire illé­gaux. Le syn­di­ca­lisme comme outil de lutte des sala­riés a long­temps été illé­gal au Canada et aux États-Unis – cela n’a pas empê­ché les tra­vailleuses et les tra­vailleurs d’organiser des grèves, des arrêts de tra­vail et de sabo­ter la pro­duc­tion. C’est par dépit que les gou­ver­ne­ments ont léga­lisé les pra­tiques syn­di­cales, notam­ment pour tenter de contrô­ler et d’encadrer le recours à la grève. L’action syn­di­cale n’a donc pas tou­jours été consi­dé­rée comme légale et légi­time. Par consé­quent, il est normal que le syn­di­ca­lisme fran­chisse la bar­rière légale pour défendre l’intérêt col­lec­tif. Il faut tou­te­fois éviter de se faire isoler par le gou­ver­ne­ment et les médias. Cela leur est pos­sible lorsque notre mobi­li­sa­tion est faible et lorsque nos appuis exté­rieurs sont peu nom­breux. Il ne suffit donc pas d’employer des moyens d’action plus com­ba­tifs ; il faut éga­le­ment accroître la par­ti­ci­pa­tion à nos actions via la mobi­li­sa­tion et aug­men­ter la légi­ti­mité de ces moyens de pres­sion. C’est d’ailleurs lorsque la déso­béis­sance aux lois est mas­sive qu’il est pos­sible de les défier tout en mini­mi­sant les consé­quences sur les indi­vi­dus. En 2012 par exemple, la loi spé­ciale contre la grève étu­diante a été trans­gres­sée par des cen­taines de mil­liers de per­sonnes. […] Les moyens d’action per­tur­ba­teurs ne garan­tissent tou­te­fois pas une vic­toire – ces moyens doivent aussi s’inscrire dans une stra­té­gie d’escalade des moyens de pres­sion. Le cœur d’une telle stra­té­gie devrait tou­jours être clair : une vic­toire à terme.

Il ne faut donc pas s’arrêter après une grande mani­fes­ta­tion, comme ce fut par exemple le cas du mou­ve­ment « Non au sac­cage de l’assurance emploi ». Il est inutile de se mobi­li­ser en masse, pour ensuite arrê­ter les moyens de pres­sion sans aucun gain. […] Pour qu’un mou­ve­ment devienne massif, il faut accep­ter que plu­sieurs ini­tia­tives émanent à l’extérieur des conseils exé­cu­tifs. Il ne faut pas avoir peur de perdre le contrôle – la prise d’initiatives par les membres est un excellent signe du dyna­misme d’une cam­pagne de mobi­li­sa­tion. […] Cela peut se faire par des « comi­tés de mobi­li­sa­tion » ouverts à tous les membres. Ces comi­tés doivent avoir une cer­taine auto­no­mie d’action et suf­fi­sam­ment de res­sources pour pou­voir agir. Un tel comité permet d’impliquer l’ensemble des syn­di­qués-es inté­res­sés-es par une cam­pagne de mobi­li­sa­tion par­ti­cu­lière. Les réunions de comi­tés per­mettent de dis­cu­ter des pro­chaines étapes de la mobi­li­sa­tion, d’établir des stra­té­gies, de pla­ni­fier des actions, de créer du maté­riel de mobi­li­sa­tion et de répar­tir le tra­vail à faire. Comme le comité de mobi­li­sa­tion est ouvert à tous et toutes, il est facile d’intégrer de nou­velles per­sonnes au fur et à mesure que la cam­pagne de mobi­li­sa­tion prend de l’ampleur. […] Dans le même esprit, il est cru­cial de ren­for­cer le rôle et l’autonomie des sec­tions locales. Il n’y a rien de pire pour la légi­ti­mité d’un syn­di­cat qu’une ini­tia­tive qui pro­vient du local et qui est annu­lée à cause d’une inter­ven­tion de la cen­trale ou de la fédé­ra­tion. Si on veut renou­ve­ler l’intérêt pour le syn­di­ca­lisme, il faut s’assurer que la cen­trale sou­tient les membres qui prennent des ini­tia­tives auto­nomes.

[1] Extraits de la bro­chure du Front d’action socia­liste, Lutter pour gagner : 7 pro­po­si­tions concrètes pour renou­ve­ler le syn­di­ca­lisme, sep­tembre 2015, « lutter​.contre​laus​te​rite​.net ».

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