Les NCS, quinze ans plus tard

Extrait du rapport remis à l’Assemblée générale des NCS le 30 janvier dernier

 

Nous en sommes à notre quinzième année, si on comptabilise les années d’« incubation » qui ont précédé la publication du numéro 1, à l’automne 2009. On ne comptera pas les textes, les auteurs et autrices, le lectorat, mais en gros, c’est beaucoup. Les NCS sont devenus une référence pour les gauches, même lorsque la revue suscite des controverses et des débats. En parallèle, nous avons organisé sept universités populaires (2010 à 2017) et depuis 2018, nous avons été coorganisateurs de la Grande Transition (2018, 2019, celle de 2020 a été annulée à cause de la pandémie) avec les retombées quantitatives et qualitatives que l’on connaît. Nous sommes bien présents sur Internet avec notre site Web, nouvellement revampé, et le groupe public Facebook qui est suivi par de nombreuses personnes. Nous avons construit des alliances multiples avec des projets d’affinité dans le domaine littéraire, associatif et politique. Nous avons coalisé des énergies militantes sur plusieurs dossiers, sans s’enfermer dans le couloir étroit de l’université, sans non plus avoir peur d’entrer dans la complexité. Bref, nous avons développé un bon« capital » intellectuel et politique, qui doit être constamment réactivé, renouvelé, relancé.

La « rencontre » des générations

En parallèle, on a travaillé fort pour demeurer un carrefour des générations militantes, ce qui n’est pas un défi facile. Les générations militantes ne sont pas seulement des groupes d’âge. La culture politique, l’expérience concrète, l’appropriation des débats ne sont pas en simple continuité entre les camarades, des années 1970 jusqu’aux années 2010. Il y a dans les décennies antérieures une culture de gauche qui a eu ses heures de gloire et qui a vieilli. Il y a pour les plus jeunes une « nouvelle » culture de gauche qui ouvre des portes tout en restant un processus en construction. Il y aussi le phénomène de la transition des anciens outils (livres, revues) aux nouvelles plateformes qui prennent de plus en plus de place. La formation théorique dont ont profité les « jeunes de cœur » (en gros dans le sillon du matérialisme historique) ne correspond plus tout à fait aux explorations en cours qui attirent les jeunes de corps (l’intersectionnalité, le féminisme postcolonial, le municipalisme libertaire, etc.). Parce que nous sommes attentifs et inclusifs, nous avons rarement connu de véritables « clashes », mais il y a quand même des frictions.

Regarder vers l’avant

Une fois dit cela, nous ne pouvons jamais nous asseoir sur les bons coups du passé. Il faut innover, ne pas avoir peur de sortir des sentiers battus. De notre côté, cela veut dire plus de débats, plus d’inclusivité, plus d’explorations, plus d’enquêtes. Concrètement, nous voulons développer davantage nos outils numériques, en faire des outils utiles dans les débats stratégiques qui se profilent pour nos mouvements et nos luttes. Nous voulons également ouvrir les portes encore plus grand à toutes les générations, avec un préjugé favorable, si on peut dire, à celles qui ont mené les grandes batailles depuis une dizaine d’année, et qui seront au premier plan de la construction d’un grand projet contre-hégémonique.