Intervention de Maxime Ouellette

Les mutations du capitalisme

Université d'été des NCS 2010

Par Mis en ligne le 02 septembre 2010

Pour Maxime Ouellet, chargé de cours en socio­lo­gie à l’UQAM et inter­ve­nant à l’Université d’été des NCS, il faut ana­ly­ser l’évolution du capi­ta­lisme contem­po­rain en allant « au-delà de la sur­face ». Contrairement à une cer­taine image répan­due par les médias, le néo­li­bé­ra­lisme ne mène pas à « moins d’État», mais plutôt à une autre sorte d’État. « En fin de compte estime Ouellet, le néo­li­bé­ra­lisme exprime un nou­veau com­pro­mis social au sein des domi­nants, un com­pro­mis dominé par une over­class ». « L’État ne dis­pa­raît pas, mais se redé­ploie dans la mar­chan­di­sa­tion en fai­sant passer le « wel­fare state » au work­fare state ». Cet « immense pro­ces­sus de réin­gé­nie­rie sociale » repose sur une bureau­cra­ti­sa­tion encore plus opaque, cachée ou fina­le­ment, l’individu « entre­pre­neu­rial » doit être libéré de toute impu­ta­bi­lité.

Les poli­tiques actuelles, selon Ouellet, visent à inté­grer les domi­nés dans ce pro­ces­sus via la « finance de masse ». En épar­gnant, les domi­nés non seule­ment pré­viennent l’écroulement des ménages, mais embarquent eux-mêmes dans l’économie-casino. « Le rap­port de domi­na­tion capi­ta­liste ne passe plus seule­ment par le sala­riat. Le salaire devient le gage du capi­tal finan­cier ».

La gauche a la res­pon­sa­bi­lité de pro­duire un nou­veau dis­cours qui doit sortir d’une « lec­ture éco­no­mi­ciste ». « Le vieux réflexe de la gauche est de dénon­cer les richesses indé­centes et les inéga­li­tés. C’est bon, mais c’est insuf­fi­sant ». Comment aller à l’essentiel ? « Le capi­ta­lisme n’a d’autre fina­lité que l’accumulation. Le tra­vail est une mar­chan­dise, qui n’a plus rien à voir avec la réa­li­sa­tion de soi ou l’intégration sociale ». Il importe donc selon Ouellet de « penser un autre rap­port au monde», ce qui passe par une lutte « pour libé­rer le tra­vail du com­man­de­ment des patrons ». On revient ainsi à un cer­tain barbu pour qui cette libé­ra­tion por­tait un nom, « le com­mu­nisme ».

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