Pour Maxime Ouellet, chargé de cours en sociologie à l’UQAM et intervenant à l’Université d’été des NCS, il faut analyser l’évolution du capitalisme contemporain en allant « au-delà de la surface ». Contrairement à une certaine image répandue par les médias, le néolibéralisme ne mène pas à « moins d’État », mais plutôt à une autre sorte d’État. « En fin de compte estime Ouellet, le néolibéralisme exprime un nouveau compromis social au sein des dominants, un compromis dominé par une overclass ». « L’État ne disparaît pas, mais se redéploie dans la marchandisation en faisant passer le « welfare state » au workfare state ». Cet « immense processus de réingénierie sociale » repose sur une bureaucratisation encore plus opaque, cachée ou finalement, l’individu « entrepreneurial » doit être libéré de toute imputabilité.
Les politiques actuelles, selon Ouellet, visent à intégrer les dominés dans ce processus via la « finance de masse ». En épargnant, les dominés non seulement préviennent l’écroulement des ménages, mais embarquent eux-mêmes dans l’économie-casino. « Le rapport de domination capitaliste ne passe plus seulement par le salariat. Le salaire devient le gage du capital financier ».
La gauche a la responsabilité de produire un nouveau discours qui doit sortir d’une « lecture économiciste ». « Le vieux réflexe de la gauche est de dénoncer les richesses indécentes et les inégalités. C’est bon, mais c’est insuffisant ». Comment aller à l’essentiel ? « Le capitalisme n’a d’autre finalité que l’accumulation. Le travail est une marchandise, qui n’a plus rien à voir avec la réalisation de soi ou l’intégration sociale ». Il importe donc selon Ouellet de « penser un autre rapport au monde », ce qui passe par une lutte « pour libérer le travail du commandement des patrons ». On revient ainsi à un certain barbu pour qui cette libération portait un nom, « le communisme ».





