Les multiples visages de l’islamophobie au Canada

Par Mis en ligne le 20 mars 2011

Il y a une dizaine d’années, 2 % des Canadiens (579 000 per­sonnes, selon le recen­se­ment de 2001) se décla­raient musul­mans com­pa­ra­ti­ve­ment à 43 % catho­liques, 29 % pro­tes­tants et 16 % sans affi­lia­tion reli­gieuse. L’islam est néan­moins la reli­gion qui croît le plus rapi­de­ment ; en 2017 il pour­rait comp­ter environ1.5 mil­lion de fidèles.

La popu­la­tion musul­mane est jeune (45 % de moins de 24 ans), en majo­rité immi­grée (76 %), très sco­la­ri­sée (28,4 % ont un diplôme uni­ver­si­taire) et parle l’anglais (72,8 %), le fran­çais (6,4 %) ou les deux langues (15 %) (Recensement de 2001). Néanmoins 16,5 % des actifs sont sans emploi, soit un taux double du taux cana­dien, et 38,7 % dis­posent d’un revenu infé­rieur à 10,000$[1]. En 2006 le taux de chô­mage des actifs venus de pays arabes ou d’Asie occi­den­tale était de 14 % versus 11,5 % pour les per­sonnes s’identifiant comme noires et consi­dé­rées comme sou­vent dis­cri­mi­nées sur le marché de l’emploi. Il faut certes noter que les femmes d’origine arabe ont un faible taux de par­ti­ci­pa­tion au marché du tra­vail : 52 % contre 62 % pour l’ensemble des Canadiennes. Entre-temps, le chô­mage parmi les immi­grants magh­ré­bins de 25-54 ans ins­tal­lés au Québec depuis 2001 au Québec est de 28 % contre 6,3 % pour le reste de la popu­la­tion active.

Extrait d’un texte paru dans le numéro 5 des NCS, Migrations : Stratégies, acteurs et résis­tances


[1]. Marhraoui, A. ‘Les condi­tions socioé­co­no­miques des membres des com­mu­nau­tés noires, arabes et musul­manes au Canada’. Revue cana­dienne des sciences sociales no 2, 1,2009, p. 107-196.

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