Les multiples visages de l’islamophobie au Canada

Il y a une dizaine d’années, 2 % des Canadiens (579 000 personnes, selon le recensement de 2001) se déclaraient musulmans comparativement à 43 % catholiques, 29 % protestants et 16 % sans affiliation religieuse. L’islam est néanmoins la religion qui croît le plus rapidement; en 2017 il pourrait compter  environ1.5 million de fidèles.

La population musulmane est jeune (45 % de moins de 24 ans), en majorité immigrée (76 %), très scolarisée (28,4 % ont un diplôme universitaire) et parle l’anglais (72,8 %), le français (6,4 %) ou les deux langues (15 %) (Recensement de 2001). Néanmoins 16,5 % des actifs sont sans emploi, soit un taux double du taux canadien, et 38,7 % disposent d’un revenu inférieur à 10,000$[1]. En 2006 le taux de chômage des actifs venus de pays arabes ou d’Asie occidentale était de 14 % versus 11,5 % pour les personnes s’identifiant comme noires et considérées comme souvent discriminées sur le marché de l’emploi. Il faut certes noter que les femmes d’origine arabe ont un faible taux de participation au marché du travail : 52 % contre 62 % pour l’ensemble des Canadiennes. Entre-temps, le chômage parmi les immigrants maghrébins de 25-54 ans installés au Québec depuis 2001 au Québec est de 28 % contre 6,3 % pour le reste de la population active.

Extrait d’un texte paru dans le numéro 5 des NCS, Migrations : Stratégies, acteurs et résistances


[1]. Marhraoui, A. ‘Les conditions socioéconomiques des membres des communautés noires, arabes et musulmanes au Canada’. Revue canadienne des sciences sociales no 2, 1,2009, p. 107-196.