Les marchés sont exubérants, alors que les banques US sont toujours fragiles

Par Mis en ligne le 24 novembre 2009

La remon­tée des mar­chés est trop rapide estime l’économiste Nouriel Roubini. Connu pour son pes­si­misme, celui qui avait prédit la crise de 2008 craint main­te­nant une cor­rec­tion impor­tante vers la fin de 2009 ou au pre­mier tri­mestre 2010.

Dans un entre­tien au Wall Street Journal, il affirme « …Markets today are pri­cing in a V-shaped reco­very and they have to start pri­cing in a U-shaped reco­very, so the fourth quar­ter or first quar­ter could see a cor­rec­tion. » Avec une éco­no­mie état­su­nienne qui connaî­tra une reprise his­to­ri­que­ment faible, plombé par un taux de chô­mage élevé qui res­tera pour un cer­tain temps au-dessus de 10 %, il se dit inquiet.

Il y a effec­ti­ve­ment de quoi être inquiet, alors que la situa­tion des banques US res­tent tou­jours extrê­me­ment fra­giles. Selon la FDIC (auto­rité de sur­veillance finan­cière état­su­nienne), 120 banques ont fait faillite depuis le 26 sep­tembre 2008, date de la chute de Lehman Brothers. Et ce chiffre ne cessent d’augmenter puisque la semaine der­nière on annon­çait la faillite de deux banques sup­plé­men­taires en Floride et une en Californie en même temps que Fannie Mae enre­gistre une perte de 18,9 mil­liards $ au troi­sième tri­mestre.

Bien quoi, on le sait les mau­vaises nou­velles n’arrivent jamais seules : CitiGroup, l’une des très grandes banques aux États-Unis, vient d’annoncer à ses clients que les taux sur les cartes de crédit pas­se­raient de 19,9 à 29,9 %… à partir de ce mois-ci. Les ana­lystes se perdent en conjec­ture : est-ce que cette action cache une situa­tion plus dra­ma­tique que l’on ima­gine chez CitiGroup ou il ne s’agit que d’une action isolée de cette banque pour se désen­ga­ger du marché de la carte de crédit ?

Or, très bien­tôt (du moins si la reprise s’avère réelle) la Federal Reserve devra com­men­cer à res­ser­rer ses faci­li­tées vis-à-vis les ins­ti­tu­tions finan­cières, bien avant de recom­men­cer à aug­men­ter les taux. Des mil­liers de mil­liards $ ont été injec­tés dans les banques pour assu­rer plus de liqui­di­tés. La FED doit main­te­nant rame­ner ces liqui­di­tés dans ses coffres pour éviter les pres­sions infla­tion­nistes et celles sur le dollar. Inévitablement, les taux recom­men­ce­ront à monter. On pourra alors consta­ter la soli­dité du sys­tème finan­cier et des finances des ménages état­su­niens.

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