Les marchés sont exubérants, alors que les banques US sont toujours fragiles

La remontée des marchés est trop rapide estime l’économiste Nouriel Roubini. Connu pour son pessimisme, celui qui avait prédit la crise de 2008 craint maintenant une correction importante vers la fin de 2009 ou au premier trimestre 2010.

Dans un entretien au Wall Street Journal, il affirme « …Markets today are pricing in a V-shaped recovery and they have to start pricing in a U-shaped recovery, so the fourth quarter or first quarter could see a correction. » Avec une économie étatsunienne qui connaîtra une reprise historiquement faible, plombé par un taux de chômage élevé qui restera pour un certain temps au-dessus de 10 %, il se dit inquiet.

Il y a effectivement de quoi être inquiet, alors que la situation des banques US restent toujours extrêmement fragiles. Selon la FDIC (autorité de surveillance financière étatsunienne), 120 banques ont fait faillite depuis le 26 septembre 2008, date de la chute de Lehman Brothers. Et ce chiffre ne cessent d’augmenter puisque la semaine dernière on annonçait la faillite de deux banques supplémentaires en Floride et une en Californie en même temps que Fannie Mae enregistre une perte de 18,9 milliards $ au troisième trimestre.

Bien quoi, on le sait les mauvaises nouvelles n’arrivent jamais seules : CitiGroup, l’une des très grandes banques aux États-Unis, vient d’annoncer à ses clients que les taux sur les cartes de crédit passeraient de 19,9 à 29,9 %… à partir de ce mois-ci. Les analystes se perdent en conjecture : est-ce que cette action cache une situation plus dramatique que l’on imagine chez CitiGroup ou il ne s’agit que d’une action isolée de cette banque pour se désengager du marché de la carte de crédit ?

Or, très bientôt (du moins si la reprise s’avère réelle) la Federal Reserve devra commencer à resserrer ses facilitées vis-à-vis les institutions financières, bien avant de recommencer à augmenter les taux. Des milliers de milliards $ ont été injectés dans les banques pour assurer plus de liquidités. La FED doit maintenant ramener ces liquidités dans ses coffres pour éviter les pressions inflationnistes et celles sur le dollar. Inévitablement, les taux recommenceront à monter. On pourra alors constater la solidité du système financier et des finances des ménages étatsuniens.