Les douze hypothèses d’une stratégie altermondialiste

Par Mis en ligne le 23 janvier 2011

Ce texte est extrait du livre de Gus MASSIAH « Une stra­té­gie almon­dia­liste » (Edition la Découverte) autour duquel le Cedetim orga­nise une ren­contre jeudi 27 jan­vier au CICP

Les douze hypo­thèses d’une stra­té­gie alter­mon­dia­liste [1]

Pour mettre en évi­dence la cohé­rence et les ques­tions contro­ver­sées de la stra­té­gie du mou­ve­ment alter­mon­dia­liste, il est pro­posé de rete­nir douze hypo­thèses sur l’analyse de la situa­tion actuelle et sur les pro­jets de trans­for­ma­tion mis en avant par le mou­ve­ment alter­mon­dia­liste.

Première hypothèse

La situa­tion est carac­té­ri­sée par une crise glo­bale. C’est en pre­mier lieu une double crise emboî­tée : celle du néo­li­bé­ra­lisme et celle du capi­ta­lisme.

C’est une crise du néo­li­bé­ra­lisme en tant que phase néo­li­bé­rale de la mon­dia­li­sa­tion capi­ta­liste. Cette phase, qui a com­mencé au début des années 1980, est aujourd’hui épui­sée. C’est une crise du sys­tème capi­ta­liste lui-même, ouverte par la pro­fon­deur de la crise que nous vivons actuel­le­ment. Cette crise, mul­ti­di­men­sion­nelle, ouvre une pos­si­bi­lité de rup­ture d’un cycle beau­coup plus long, de plus de cinq siècles ; celui qui a construit une civi­li­sa­tion capi­ta­liste et occi­den­tale.

Deuxième hypothèse

La crise actuelle, qui se pré­sente comme une crise finan­cière, moné­taire et éco­no­mique, a des fon­de­ments beau­coup plus pro­fonds. C’est une crise sociale, démo­cra­tique, géo­po­li­tique et éco­lo­gique, et au total une crise de civi­li­sa­tion

C’est une crise sociale, celle des inéga­li­tés, de la pau­vreté et des dis­cri­mi­na­tions. C’est une crise démo­cra­tique, celle de la remise en cause des liber­tés et de l’égalité par­tout où elles avaient connu des avan­cées. C’est une crise géo­po­li­tique, celle de la déco­lo­ni­sa­tion inache­vée et de la remise en cause de l’hégémonie des Etats-Unis et de leurs alliés euro­péens et japo­nais. C’est une crise éco­lo­gique, celle de la ren­contre des limites de l’écosystème pla­né­taire.
Chacune des dimen­sions de la crise fait remon­ter à la sur­face les pro­blèmes non réso­lus des grandes crises pré­cé­dentes que la dyna­mique du capi­ta­lisme avait réussi à conte­nir sans les régler pour autant.

Troisième hypothèse

Le mou­ve­ment alter­mon­dia­liste est por­teur d’une logique anti-sys­té­mique par rap­port à la logique domi­nante.

Par rap­port à la logique sys­té­mique du néo­li­bé­ra­lisme, le mou­ve­ment alter­mon­dia­liste conteste la subor­di­na­tion à la ratio­na­lité du marché mon­dial des capi­taux et l’ajustement struc­tu­rel de chaque société au marché mon­dial. Par rap­port à la logique sys­té­mique du capi­ta­lisme, il conteste la nature même de la crois­sance et la mar­chan­di­sa­tion qui, de manière tou­jours crois­sante, subor­donne à la recherche du profit tous les aspects de la vie.
Le mou­ve­ment alter­mon­dia­liste à tra­vers les résis­tances, les luttes sociales et citoyennes, la contes­ta­tion cultu­relle, la bataille des idées a contri­bué à l’approfondissement des contra­dic­tions du sys­tème et à sa crise.

Quatrième hypothèse

Le mou­ve­ment alter­mon­dia­liste est un mou­ve­ment his­to­rique d’émancipation qui pro­longe et renou­velle les mou­ve­ments his­to­riques des périodes pré­cé­dentes : les mou­ve­ments his­to­riques de la déco­lo­ni­sa­tion ; pour les liber­tés ; des luttes sociales ; de l’écologie. Il renoue avec des ten­dances très longues en redé­fi­nis­sant les enjeux à partir des remises en cause par le néo­li­bé­ra­lisme des équi­libres his­to­riques.

Le mou­ve­ment his­to­rique de la déco­lo­ni­sa­tion a remis en cause l’équilibre et le sens du monde. Il a été com­battu par le néo­li­bé­ra­lisme à tra­vers la ges­tion de la crise de la dette, les pro­grammes d’ajustement struc­tu­rel et la per­ver­sion des régimes des pays déco­lo­ni­sés.
Le mou­ve­ment his­to­rique pour les liber­tés et l’égalité avait bou­le­versé le monde avec les Lumières, puis la révo­lu­tion des natio­na­li­tés ; il a pris de nou­velles dimen­sions, dans le mou­ve­ment des liber­tés de 1965 à 1973, avec la remise en cause des tota­li­ta­rismes et des oppres­sions, par­ti­cu­liè­re­ment l’oppression des femmes. Le néo­li­bé­ra­lisme a tenté de le récu­pé­rer à tra­vers l’individualisme et la consom­ma­tion.
Le mou­ve­ment his­to­rique des luttes sociales a struc­turé l’histoire du capi­ta­lisme. Il a opposé, dès le début du capi­ta­lisme la bour­geoi­sie à la pay­san­ne­rie et aux couches popu­laires urbaines ; il a pris tout son sens avec le mou­ve­ment ouvrier à partir du 19ème siècle et dans les luttes révo­lu­tion­naires du début du XXème siècle. Le néo­li­bé­ra­lisme, de son côté, a déve­loppé la pré­ca­ri­sa­tion et une mon­dia­li­sa­tion fondée sur le dum­ping social géné­ra­lisé.

Cinquième hypothèse

L’orientation stra­té­gique du mou­ve­ment alter­mon­dia­liste est celle de l’accès aux droits pour tous et de l’égalité des droits à l’échelle mon­diale. Elle prend tout son sens avec l’impératif démo­cra­tique.

Cette orien­ta­tion carac­té­rise la nature anti-sys­té­mique du mou­ve­ment. Le mou­ve­ment oppose l’accès aux droits pour tous à logique du néo­li­bé­ra­lisme. Le mou­ve­ment oppose l’égalité des droits, à l’échelle mon­diale, à la logique du capi­ta­lisme. A l’affirmation qu’on ne peut orga­ni­ser le monde qu’à partir de la régu­la­tion par le marché mon­dial des capi­taux, le mou­ve­ment affirme qu’on peut orga­ni­ser chaque société et le monde à partir de l’accès aux droits pour tous. A l’affirmation qu’on ne peut orga­ni­ser le monde qu’à partir de rap­ports sociaux déter­mi­nés par la pro­priété du capi­tal, le mou­ve­ment affirme qu’on peut orga­ni­ser chaque société et le monde à partir de l’égalité des droits.
L’orientation stra­té­gique sur l’accès aux droits est néces­sai­re­ment reliée à l’impératif démo­cra­tique qui prend une acuité par­ti­cu­lière dans la période actuelle où les liber­tés sont lar­ge­ment mises en cause et où l’égalité est contes­tée comme valeur.

Sixième hypothèse

Le mou­ve­ment alter­mon­dia­liste reven­dique la mise en œuvre des quatre géné­ra­tions de droits qui ont été géné­rés par chacun des mou­ve­ments his­to­riques : les droits civils et poli­tiques ; les droits éco­no­miques, sociaux et cultu­rels ; les droits des peuples ; les droits éco­lo­giques. Chaque période his­to­rique a repris à son compte, com­plété et renou­velé les droits for­ma­li­sés dans les périodes his­to­riques pré­cé­dentes.

Les droits civils et poli­tiques ont été expli­ci­tés et for­ma­li­sés par les grandes décla­ra­tions du 18ème siècle. Ils ont été com­plé­tés par la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme. Ils ont été renou­ve­lés par les droits des femmes. Ils ont été com­plé­tés par le refus des tota­li­ta­rismes et par l’articulation entre les droits indi­vi­duels et les droits des peuples.
Les droits éco­no­miques sociaux, cultu­rels et envi­ron­ne­men­taux ont été mis en avant par la DUDH et com­plé­tés par les poli­tiques publiques de l’après-guerre et par le Pacte inter­na­tio­nal rela­tif aux droits éco­no­miques, sociaux et cultu­rels (PIDESC).
Les droits des peuples, notam­ment les droits à l’autodétermination, au contrôle des res­sources natu­relles et au déve­lop­pe­ment ont été for­ma­li­sés par l’ONU et expli­ci­tés dans la Charte pour les droits des peuples.
Une qua­trième géné­ra­tion de droits est en ges­ta­tion. Elle com­prend les droits « éco­lo­giques » et cor­res­pond à la redé­fi­ni­tion des rap­ports entre l’espèce humaine et la Nature. Elle com­prend les droits de maî­trise de la mon­dia­li­sa­tion et de renou­vel­le­ment des droits civils et poli­tiques, et notam­ment les droits des migrants et de libre cir­cu­la­tion. Elle com­prend aussi le renou­vel­le­ment des droits dans l’invention d’un uni­ver­sa­lisme uni­ver­sel.

Septième hypothèse

Le mou­ve­ment alter­mon­dia­liste, formé par la conver­gence des mou­ve­ments sociaux et citoyens, met en avant une culture poli­tique fondée sur la diver­sité et l’horizontalité.

La diver­sité résulte de la légi­ti­mité de tous les mou­ve­ments qui luttent contre l’oppression et qui ins­crivent cette lutte dans un projet d’émancipation. Le mou­ve­ment a mis en place un pro­ces­sus, celui des forums sociaux mon­diaux ; ils sont orga­ni­sés à partir des prin­cipes d’activités auto­gé­rées, de refus des auto­ri­tés auto­pro­cla­mées, de recherche des consen­sus et de démo­cra­tie par­ti­ci­pa­tive. La réfé­rence à « un autre monde pos­sible » exprime le refus de la fata­lité, des théo­ries de « la fin de l’histoire », de « la guerre des civi­li­sa­tions » et de la pré­ten­tion néo­li­bé­rale « there is no alter­na­tive ».

Huitième hypothèse

Les bases sociales de l’altermondialisme et ses alliances dépendent des enjeux de la période, des issues qui se pré­sentent à la crise : le néo-conser­va­tisme de guerre ; la refon­da­tion du capi­ta­lisme à tra­vers le « green new deal » ; le dépas­se­ment du capi­ta­lisme.

Les bases sociales dans le cas du néo-conser­va­tisme de guerre concernent tous ceux qui veulent lutter contre la bar­ba­rie, la répres­sion, les régimes auto­ri­taires et les guerres. Le néo-conser­va­tisme de guerre se pré­sente comme une des issues pour tous ceux qui vou­dront main­te­nir, coûte que coûte, les pri­vi­lèges du néo­li­bé­ra­lisme.
Les bases sociales et les alliances par rap­port à la refon­da­tion du capi­ta­lisme et au « green new deal » sont for­mées par tous les mou­ve­ments qui luttent pour l’accès aux droits pour tous à l’échelle mon­diale.
Les bases sociales pour le dépas­se­ment du capi­ta­lisme sont for­mées par les par­ties des mou­ve­ments qui sont enga­gés dans les luttes pour l’égalité des droits.
Dans l’urgence, les alliances regroupent ceux qui sont oppo­sés au néo-conser­va­tisme de guerre.
Les prin­cipes géné­raux se défi­nissent à l’échelle de la crise, de la mon­dia­li­sa­tion. Les alliances concrètes dépen­dront des situa­tions des nations et des grandes régions.
Dans la durée, et si le danger du néo-conser­va­tisme de guerre peut être évité, la confron­ta­tion oppo­sera les tenants du green new deal et ceux du dépas­se­ment du capi­ta­lisme.

Neuvième hypothèse

Le débat conti­nue dans le forum sur plu­sieurs ques­tions stra­té­giques, par­ti­cu­liè­re­ment sur les ques­tions du pou­voir et du poli­tique. Le pari est d’inventer de nou­velles formes de rap­port entre la ques­tion sociale et les mou­ve­ments, et entre le poli­tique et les ins­ti­tu­tions. L’impératif démo­cra­tique est au centre de cette réin­ven­tion.

L’interrogation porte en pre­mier lieu sur la nature contra­dic­toire de l’Etat, entre le ser­vice des classes domi­nantes et l’intérêt géné­ral, sur la crise de l’Etat-Nation et sur le rôle de l’Etat dans la trans­for­ma­tion sociale.
Elle porte aussi sur la nature du pou­voir et sur le rap­port au pou­voir. Dans les pro­ces­sus enga­gés, notam­ment par rap­port à la vio­lence, les moda­li­tés de la lutte pour le pou­voir peuvent l’emporter sur la défi­ni­tion du projet et mar­quer pro­fon­dé­ment la nature de la trans­for­ma­tion sociale. La culture démo­cra­tique est sur ce plan déter­mi­nante. La remise en cause de la domi­na­tion passe par la confron­ta­tion pour l’hégémonie cultu­relle. Toute trans­for­ma­tion sociale est confron­tée à la remise en cause du pou­voir domi­nant. Il n’y a pas de chan­ge­ment social sans rup­ture, sans dis­con­ti­nuité dans les formes du poli­tique et du pou­voir. Cette rup­ture et sa maî­trise pos­sible consti­tuent le pari fon­da­teur de tout chan­ge­ment social. Le débat sur les orien­ta­tions géné­rales et les appli­ca­tions dans des situa­tions spé­ci­fiques est au centre des débats du mou­ve­ment alter­mon­dia­liste.

Dixième hypothèse

La crise glo­bale ouvre des oppor­tu­ni­tés pour le mou­ve­ment alter­mon­dia­liste. Ces oppor­tu­ni­tés arti­culent, dans l’urgence, un pro­gramme d’améliorations immé­diates, et dans la durée, un espace de trans­for­ma­tion radi­cale.

Les oppor­tu­ni­tés per­mettent de déga­ger, dans plu­sieurs grandes direc­tions, les amé­lio­ra­tions immé­diates pos­sibles, d’une part, et les trans­for­ma­tions radi­cales en termes de nou­veaux rap­ports sociaux, de fon­de­ments des nou­velles logiques et de lignes de rup­ture. La régu­la­tion publique et citoyenne permet de redé­fi­nir les poli­tiques publiques ; elle ouvre la dis­cus­sion sur les formes de pro­priété et sur l’évolution fon­da­men­tale du tra­vail.
La redis­tri­bu­tion des richesses et le retour du marché inté­rieur redonnent une pos­si­bi­lité de sta­bi­li­sa­tion du sala­riat, de garan­tie des reve­nus et de la pro­tec­tion sociale, de redé­ploie­ment des ser­vices publics ; elle ouvre à l’égalité d’accès aux droits et sur la rela­tion entre le statut social du sala­riat et son évo­lu­tion en tant que rap­port social. L’urgence éco­lo­gique néces­site des mesures immé­diates pour la pré­ser­va­tion des res­sources natu­relles, par­ti­cu­liè­re­ment l’eau, la terre, et l’énergie, de la bio­di­ver­sité et du climat ; elle ouvre la dis­cus­sion sur une muta­tion du mode de déve­lop­pe­ment social. Le modèle de repré­sen­ta­tion poli­tique néces­site la redé­fi­ni­tion de la démo­cra­tie, le refus de la dis­cri­mi­na­tion et de la ségré­ga­tion sociale ; il ouvre la réflexion sur les nou­velles formes du pou­voir et du poli­tique. Le rééqui­li­brage entre le Nord et le Sud défi­nit une nou­velle géo­po­li­tique du monde ; elle ouvre une nou­velle phase de la déco­lo­ni­sa­tion.
Une nou­velle régu­la­tion mon­diale redé­fi­nit le sys­tème inter­na­tio­nal ; elle ouvre la régu­la­tion de la trans­for­ma­tion sociale à l’échelle de la pla­nète et la pers­pec­tive d’une citoyen­neté mon­diale.

Onzième hypothèse

Les ana­lyses et les pro­po­si­tions dis­cu­tées dans les Forums sociaux mon­diaux ont été vali­dées, depuis l’ouverture de la crise, dans la bataille des idées. Mais elles ne se sont pas impo­sées dans les poli­tiques mises en œuvre. Le mou­ve­ment alter­mon­dia­liste, à côté des recom­man­da­tions immé­diates, avance de nou­velles pro­po­si­tions qui arti­culent la sortie du néo­li­bé­ra­lisme et le dépas­se­ment du capi­ta­lisme.

La crise glo­bale est aujourd’hui recon­nue comme crise du néo­li­bé­ra­lisme ; la dis­cus­sion sur la crise du sys­tème capi­ta­liste est ouverte dans l’espace public. Les recom­man­da­tions immé­diates (contrôle du sys­tème ban­caire, régu­la­tion publique et citoyenne, sup­pres­sion des para­dis fis­caux, taxes inter­na­tio­nales, etc.) s’imposent dans le débat mais sont édul­co­rées, voire igno­rées, pour ne pas heur­ter les inté­rêts des classes domi­nantes.
Dans les forums sociaux mon­diaux, plu­sieurs ques­tions font le lien entre de nou­velles orien­ta­tions sus­cep­tibles de réformes immé­diates et d’alliances larges, et de nou­velles ouver­tures vers des alter­na­tives radi­cales. Parmi ces ques­tions, citons celles des biens com­muns, de la gra­tuité, du bien-vivre, de la démar­chan­di­sa­tion, des relo­ca­li­sa­tions, de l’hégémonie cultu­relle et du pou­voir poli­tique, de la démo­cra­ti­sa­tion radi­cale de la démo­cra­tie, de la construc­tion d’un « uni­ver­sa­lisme uni­ver­sel », du statut poli­tique de l’Humanité, etc.

Douzième hypothèse

Le mou­ve­ment alter­mon­dia­liste est engagé dans une réflexion glo­bale, celle du renou­vel­le­ment de la pensée de la tran­si­tion, et dans la recherche de solu­tions poli­tiques cor­res­pon­dant aux dif­fé­rentes situa­tions. Il pro­pose d’articuler les réponses en fonc­tion du temps, l’urgence et la durée ; de l’espace, du local au global ; des formes d’intervention. Il mène de front les luttes et les résis­tances, l’élaboration intel­lec­tuelle, la reven­di­ca­tion de poli­tiques publiques visant à l’égalité des droits, les pra­tiques concrètes d’émancipation.

Au niveau des échelles d’espace, les inter­dé­pen­dances existent entre le local, le natio­nal, les grandes régions, le global et le pla­né­taire. Chacune des pro­po­si­tions se décline à ces dif­fé­rents niveaux, ainsi de l’hégémonie cultu­relle, des rap­ports inter­na­tio­naux, éco­no­miques, géo­po­li­tiques et éco­lo­giques, de la démo­cra­ti­sa­tion, des équi­libres éco­no­miques et géo­cul­tu­rels, du pou­voir poli­tique, des Etats et des poli­tiques publiques, des pra­tiques concrètes d’émancipation et de la rela­tion entre popu­la­tion, ter­ri­toire et ins­ti­tu­tions.
Au niveau des formes d’intervention, le mou­ve­ment alter­mon­dia­liste mène ses actions à tra­vers quatre moda­li­tés arti­cu­lées qui seront illus­trées dans la der­nière partie du livre. Les luttes et les résis­tances per­mettent de se défendre et de créer. L’élaboration permet de com­prendre le monde pour le trans­for­mer. Les poli­tiques publiques sont un espace des conflits et des négo­cia­tions. Les pra­tiques concrètes d’émancipation, à tous les niveaux, du local au natio­nal, aux grandes régions et au mon­dial, construisent des alter­na­tives et pré­fi­gurent de nou­veaux rap­ports sociaux.

Comme tout sys­tème, le capi­ta­lisme n’est pas éter­nel. Il a eu un début et il aura une fin. Son dépas­se­ment est d’actualité. Il est néces­saire dès aujourd’hui d’esquisser et de pré­pa­rer un autre monde pos­sible.


NOTES : [1] Extrait de Gustave Massiah, Une stra­té­gie alter­mon­dia­liste, Ed La Découverte, à paraître en jan­vier 2011
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21ter rue Voltaire 75011 Paris – France

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