Les chemins de la liberté

Par Mis en ligne le 20 février 2015

Après des siècles de luttes, l’horizon de l’émancipation semble être borné par le capi­ta­lisme contem­po­rain, finan­cia­risé, cyber­né­tisé, le « sujet auto­mate ». Les contra­dic­tions actuelles au sein de l’État ainsi que la crise éco­no­mique, poli­tique et envi­ron­ne­men­tale montrent, comme une plaie béante, la crise plus glo­bale du capi­ta­lisme en tant que tel. Pour autant, l’affaiblissement de l’État ne devrait être ana­lysé comme une crise de domi­na­tion de la bour­geoi­sie, car une telle lec­ture confond les contra­dic­tions internes à l’appareil d’État avec les contra­dic­tions internes à la fonc­tion de l’État. En fait, il s’agit pour les domi­nants de trou­ver une bifur­ca­tion face à la crise du bloc au pou­voir. Alors, quelle est la stra­té­gie popu­laire pour défaire cette manœuvre ?

La situa­tion dans la plu­part des pays capi­ta­listes n’est pas une « crise révo­lu­tion­naire » de laquelle une « stra­té­gie fron­tale » pour­rait débou­cher sur une « révo­lu­tion », au sens clas­sique. Quand nous par­lons de révo­lu­tion, aujourd’hui, il ne s’agit pas se foca­li­ser essen­tiel­le­ment sur la ques­tion du pou­voir par la conquête exclu­sive de l’appareil d’État. Cette option pri­vi­lé­gie le couple parti/​pouvoir d’États de manière ver­ti­cale, c’est-à-dire du haut vers le bas. Elle néglige la dyna­mique de l’appropriation sociale par les masses de leur capa­cité d’autogestion, d’auto-organisation, d’autogouvernement. Au contraire, la construc­tion d’un nou­veau rap­port de force implique de lutter pour que les classes popu­laires soient por­teuses de leur éman­ci­pa­tion. La lutte contre la domi­na­tion, l’exploitation, l’exclusion, la mar­chan­di­sa­tion et la pau­vreté, est un projet de libé­ra­tion et non de la mise en place d’autres formes de subor­di­na­tion par des bureaucrates/​technocrates fussent-ils de « gauche ».

Contrairement, au modèle des adeptes du com­plo­tisme poli­tique (mani­pu­la­teur en quête de pou­voir per­son­nel), des pro­fes­sion­nels de la poli­tique (les poli­ti­ciens tra­di­tion­nels), des experts et tech­no­crates de l’ingénierie du « capi­tal com­mu­nau­taire », le projet d’un monde libéré de la mar­chan­di­sa­tion, de l’impérialisme et de la dic­ta­ture est une utopie d’hommes et de femmes en lutte. Aujourd’hui, notre tâche consiste à :

  • Offrir un cadre orga­nisé où les femmes et les hommes pour­ront lutter en contri­buant aux com­bats contre l’exploitation, l’exclusion, la dépen­dance et la pau­vreté.
  • Consolider le rap­pro­che­ment entre les diverses orga­ni­sa­tions qui luttent pour l’émancipation.
  • Renforcer et étendre la soli­da­rité inter­na­tio­nale des peuples en fai­sant écou­ter la voix des sans voix à tra­vers le monde entier.
  • Construire une alter­na­tive contre-hégé­mo­nique natio­nale, démo­cra­tique et popu­laire qui sera le pro­duit du mou­ve­ment popu­laire.

En somme, pro­mou­voir la trans­for­ma­tion sociale par l’appropriation « citoyenne » en vue de construire une nou­velle réa­lité sociale.

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