L’université populaire des NCS

L’effet Web Avec Christophe Aguiton et Josée Lamoureux

Axe 2 – La révolution numérique et les enjeux pour les 99 %

Par Mis en ligne le 27 septembre 2019

De l’armée à Microsoft

Au tour­nant des années 1960, on assiste à la créa­tion d’Arpanet, une com­mande de l’armée amé­ri­caine, qui pose les bases de ce qui allait donner l’Internet, et qui a la par­ti­cu­la­rité de ne pas être fac­turé. Devant le succès de la micro-infor­ma­tique, les grands joueurs de l’industrie adoptent ce modèle. De fil en aiguille appa­raissent les incon­tour­nables PC. Au début des années 1980, Microsoft conçoit le sys­tème d’exploitation MS-DOS, ancêtre de Windows, et choi­sit de vendre le sys­tème d’exploitation aux fabri­cants de maté­riel infor­ma­tique, et non pas en exclu­si­vité avec le maté­riel. Toutefois, le fait d’offrir leur sys­tème d’exploitation sous forme de licence tari­fée pro­voque une réac­tion impor­tante, qui a pour effet de paver la voie au logi­ciel libre. Puisqu’il est pos­sible de munir n’importe quel ordi­na­teur per­son­nel du sys­tème d’exploitation de son choix, selon la fai­sa­bi­lité, des citoyens et entre­prises pro­duisent des logi­ciels libres, comme le sys­tème d’exploitation Linux.

L’effet Web

Le début des années 2000 marque un tour­nant impor­tant pour le numé­rique, en par­ti­cu­lier avec le déve­lop­pe­ment du Web. En effet, l’Internet peut se démo­cra­ti­ser et le citoyen et la citoyenne peuvent s’approprier le numé­rique. On assiste à l’arrivée de l’application Wikipédia, ce qui révo­lu­tionne notre façon de conce­voir le numé­rique : on offre une entité, un pro­duit gra­tuit sur le Web, conçu par et pour les uti­li­sa­teurs et les uti­li­sa­trices, sans tari­fi­ca­tion. Apparait en 2004 le Web par­ti­ci­pa­tif avec Facebook et Twitter, qui donne lieu à un mou­ve­ment entre­pre­neu­rial et à un mou­ve­ment social, avec une façon nou­velle de mettre les gens en contact. Les mou­ve­ments sociaux s’en servent abon­dam­ment pour la dif­fu­sion de leurs idées et pour les appels à la mobi­li­sa­tion citoyenne. Mais ce sont sur les outils du Web 2.0 que les par­ti­ci­pants et les par­ti­ci­pantes ont sou­li­gné leurs réserves, ayant peu confiance aux grandes entre­prises, en par­ti­cu­lier pour la confi­den­tia­lité des don­nées et le droit à la liberté d’expression. Il s’agit d’enjeux réels, à sur­veiller, mais pour les mili­tants et les mili­tantes, le numé­rique demeure un allié des mou­ve­ments sociaux, car son ingé­nie­rie aide l’individu à s’approprier une place dans la société.

Synthèse de David Patenaude[1]

Notes

  1. Christophe Aguiton est membre du conseil scien­ti­fique du mou­ve­ment alter­mon­dia­liste ATTAC France et cher­cheur au labo­ra­toire des sciences humaines et sociales de l’entreprise de télé­com­mu­ni­ca­tions fran­çaise Orange. Josée Lamoureux est éco­no­miste et conseillère syn­di­cale à la CSN. David Patenaude est cher­cheur indé­pen­dant.


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