Journées de l'éducation organisées par le réseau Profs contre la hausse

L’éducation pour faire société

Les 26 et 27 octobre 2012

Par Mis en ligne le 13 octobre 2012

Au cours de la grève étu­diante, deux concep­tions du sys­tème d’éducation se sont affron­tées. D’un côté, une concep­tion néo­li­bé­rale, qui voit dans l’éducation un bien privé, pro­cu­rant des avan­tages sym­bo­liques et maté­riels aux indi­vi­dus qui pour­suivent des études, fon­ciè­re­ment uti­li­taires puisque l’éducation permet de contri­buer à la créa­tion de richesse par le biais de l’occupation d’un emploi, soit un « inves­tis­se­ment » qui pro­fite d’abord et avant tout à l’agent indi­vi­duel. De l’autre, une concep­tion citoyenne, qui voit dans l’éducation un ser­vice public, per­met­tant de construire de la soli­da­rité sociale et inter­gé­né­ra­tion­nelle, béné­fi­ciant à l’ensemble de la société et per­met­tant de s’inscrire à la fois sur le marché du tra­vail et dans l’activité citoyenne. On voit bien ce que les deux concep­tions ont d’incompatible. C’est pour­quoi nous vou­lons réflé­chir à ce qui, dans l’éducation, permet de (re)faire société.

Vendredi 26 octobre à 19h00

Conférence d’ouverture : Quel projet édu­ca­tif pour le Québec ?
Avec Martine Desjardins et Guy Rocher, animée par Diane Lamoureux

Dans les années 1960, le Québec a su démo­cra­ti­ser l’éducation. Cinquante ans plus tard, com­ment le Québec a-t-il dévié de cette démo­cra­ti­sa­tion ? Pourquoi et com­ment y reve­nir ?

Samedi matin :

9 h 00 – Table ronde animée par Lynda Champagne

L’éducation, un enjeu civi­li­sa­tion­nel ou les dérives tech­ni­cistes
Depuis les années 1990, l’économie du savoir et l’idéologie néo­li­bé­rale ont inévi­ta­ble­ment marqué le monde de l’éducation. Cette marque est per­cep­tible par le chan­ge­ment des termes uti­li­sés : les étu­diants sont deve­nus des clients, les profs des res­sources humaines, les cours des ser­vices, le savoir un pro­duit, l’évaluation une méthode de contrôle de la qua­lité et une grève étu­diante … un boy­cott ! L’éducation est désor­mais sou­mise aux dik­tats éco­no­miques de pro­duc­ti­vité, de ren­ta­bi­lité et d’efficacité. À titre d’exemples, le projet édu­ca­tif d’une ins­ti­tu­tion se noie dans un plan stra­té­gique avec des objec­tifs à atteindre en cinq ans. Des savoirs uti­li­taires et poin­tus grugent la place accor­dée à une culture huma­niste et géné­rale. Les connais­sances sont valo­ri­sées au plan mar­chand par l’octroi de droits de pro­priété sur des savoirs. La recherche fon­da­men­tale se réduit comme une peau de cha­grin au profit d’une recherche sou­mise au rap­port coûts et béné­fices. La carte des pro­grammes d’études se trans­forme en fonc­tion des besoins du marché du tra­vail. Bref, les ins­ti­tu­tions col­lé­giales et uni­ver­si­taires, deve­nant des entre­prises à gérer, peuvent-elles encore être des lieux auto­nomes et libres de pro­duc­tion et de trans­mis­sion des connais­sances ?

Quatre inter­ven­tions :

  • Isabelle Bouchard, pro­fes­seure de phi­lo­so­phie au cégep de Jonquière et membre du comité école et société de la FNEEQ. Les dan­gers d’assujettissement de pro­grammes tech­niques au marché du tra­vail.
  • Gilles Gagné, pro­fes­seur titu­laire, dépar­te­ment de socio­lo­gie, Université Laval. Du pro­fes­sion­na­lisme à l’exécution sur­veillée.
  • Marianne Kempeneers, pro­fes­seure titu­laire, dépar­te­ment de socio­lo­gie, Université de Montréal. Carrière pro­fes­so­rale et mis­sion uni­ver­si­taire, les contra­dic­tions.
  • Hervé Philippe, pro­fes­seur titu­laire, Chaire de Recherche du Canada en Bioinformatique et Génomique Evolutive, Département de Biochimie – Université de Montréal. La recherche scien­ti­fique : pour quoi, pour qui et com­ment ?

10h15 – Travail en ate­liers : Voir feuillet des­crip­tif des ate­liers

Samedi après-midi :

13 h 30 – Table ronde animée par Isabelle Baez

Une édu­ca­tion non mar­chande est pos­sible ou com­ment sortir des dérives éco­no­mi­cistes ?
Une vision éco­no­mi­ciste, néo­li­bé­rale, mar­chande de l’éducation par des logiques ges­tion­naire, mana­gé­riale et de ren­ta­bi­lité indi­vi­duelle a rem­placé, depuis plus d’un quart de siècle, une vision huma­niste et publique de l’éducation. À partir d’une réflexion sur l’accessibilité, la ges­tion des fonds publics en géné­ral et de l’éducation en par­ti­cu­lier ainsi que sur la pri­va­ti­sa­tion de l’éducation à tous les niveaux (du pri­maire à l’université, de l’enseignement et de la recherche) com­ment peut-on envi­sa­ger une édu­ca­tion non mar­chande ? Comme le men­tionne Gilles Gagné, peut-on faire durer l’idée de « trans­for­mer un peu chaque jour l’inégalité face au savoir en éga­lité dans le savoir » ? Ce débat ne peut se faire sans évo­quer les ques­tions de répar­ti­tion des richesses, de la gra­tuité sco­laire et d’endettement étu­diant versus le finan­ce­ment public.

Quatre inter­ven­tions :

  • Gabriel Nadeau-Dubois, ex-co-porte-parole de la CLASSE, Les frais de sco­la­rité et la dyna­mique de pri­va­ti­sa­tion des uni­ver­si­tés
  • Julia Posca de l’IRIS. La CREPUQ face à la com­mu­nauté uni­ver­si­taire : le désa­veu des rec­teurs
  • Thérèse St-Gelais, dépar­te­ment d’histoire de l’art, UQAM, Recherche, créa­tion et mar­chan­di­sa­tion
  • Claude Vaillancourt, pro­fes­seur de lit­té­ra­ture au Collège André-Grasset, écri­vain, membre du comité école et société de la FNEEQ et pré­sident de ATTAC-Québec. Éducation : quelques grands pro­jets de mar­chan­di­sa­tion et les moyens de les com­battre.

14 h 30 – Travail en ate­liers : Voir feuillet des­crip­tif des ate­liers

16 h 30 – Plénière – Synthèse des ate­liers animée par Rafaëlle Sinave et Yasmine Charara

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