Les Sans-Chemise exigent des explications

Le vol de la caisse de l’assurance-emploi doit cesser !

Par Mis en ligne le 17 avril 2011
La Coalition des Sans-Chemise est partie pre­nante de la pré­sente élec­tion fédé­rale et mène cam­pagne pour l’amélioration du pro­gramme d’assurance-emploi et la mise en place d’une caisse auto­nome. À ce titre, les lea­ders* des Sans-Chemise demandent des expli­ca­tions au chef du Parti conser­va­teur et Premier ministre du Canada, M. Stephen Harper, à propos de la ques­tion sou­le­vée par M. Duceppe, lors du débat des chefs à l’effet que le gou­ver­ne­ment conser­va­teur s’appuierait sur de pro­chains sur­plus au compte d’assurance-emploi pour atteindre l’équilibre bud­gé­taire d’ici à 2015-2016. Ainsi, dans le cadre de son budget 2011, le ministre Flaherty pré­voi­rait s’accaparer de la caisse d’assurance-emploi, comme ses pré­dé­ces­seurs l’avaient fait. Nous exi­geons des expli­ca­tions, d’autant plus que pour arri­ver à ses fins, le gou­ver­ne­ment devra sus­pendre l’application de la loi créant l’Office de finan­ce­ment de l’assurance-emploi, ce qu’il a déjà fait pour fixer le taux de coti­sa­tion.

Les Sans-Chemise constatent aussi que le PLC et le NPD ont repris le cadre bud­gé­taire Flaherty pour éla­bo­rer leur propre plate-forme élec­to­rale. Nous sommes éton­nés et deman­dons, à ce titre, une cla­ri­fi­ca­tion de leur posi­tion res­pec­tive.

Ce constat est rati­fié par l’ex-actuaire en chef du Programme d’assurance-emploi
Déjà Michel Bédard, ex-actuaire en chef du Programme d’assurance-emploi de 1990 à 2003, témoi­gnait du fait qu’en vertu du budget déposé par le ministre fédé­ral des Finances, le « gou­ver­ne­ment compte aller cher­cher, entre 2012 et 2016, de nou­veaux sur­plus d’environ 12 ou 13 mil­liards, à même les coti­sa­tions d’assurance-emploi des sala­riés et des employeurs ». Pour en donner une illus­tra­tion pré­cise, Monsieur Bédard sou­lève le fait qu’en « 2015-2016, il ne peut pas y avoir de sur­plus au fédé­ral sans l’apport des excé­dents de l’assurance-emploi, qui fri­se­ront les 5 mil­liards cette année-là, ce qui dépas­se­rait le sur­plus bud­gé­taire prévu, qui est de 4,2 mil­liards ». « Encore une fois [ajoute-t-il], les coti­sants du régime d’assurance-emploi, sala­riés autant qu’employeurs, vont aider à remettre à flot les comptes du gou­ver­ne­ment fédé­ral ».


Un débat silen­cieux sur l’état du pro­gramme d’assurance-emploi
Les Sans-Chemise tiennent aussi à expri­mer leur pro­fond mécon­ten­te­ment à l’égard du silence des chefs poli­tiques sur l’assurance-emploi au cours des deux débats des chefs. Malgré toutes les oppor­tu­ni­tés pour abor­der l’état de nos pro­grammes sociaux, et alors que l’assurance-emploi en est le plus impor­tant, aucun chef n’a sou­levé l’état actuel de ce pro­gramme. La cou­ver­ture du pro­gramme d’assurance-emploi ne pro­tège pour­tant plus que 43,6 % des chô­meurs. Cette cou­ver­ture tombe d’ailleurs à 23,8 % chez les jeunes et à 19,4 % chez les tra­vailleurs à temps par­tiel.

Seulement en 2008-2009, ce sont 2,14 mil­lions de demandes de pres­ta­tions qui ont été dépo­sées, dont un nombre impor­tant furent reje­tés à cause des cri­tères plus rigides d’admissibilité. Depuis une ving­taine d’années, tous les gou­ver­ne­ments qui se sont suc­cé­dés à Ottawa n’ont eu de cesse de réduire la portée et l’efficacité de ce pro­gramme. L’assurance-emploi est ainsi deve­nue une source de reve­nus pour un gou­ver­ne­ment qui ne par­ti­cipe aucu­ne­ment à son finan­ce­ment.


Mettre fin au pillage et réta­blir un véri­table pro­gramme
Les coti­sants sont en droit de récla­mer qu’un pro­chain gou­ver­ne­ment mette fin au pillage des coti­sa­tions des tra­vailleurs et des employeurs, et qu’il réta­blisse un pro­gramme d’assurance-emploi qui soit à la hau­teur des besoins, soit assu­rer une sécu­rité éco­no­mique aux tra­vailleurs qui se retrouvent en chô­mage. Tous, nous com­pre­nons l’importance d’un tel pro­gramme dans la vie de cen­taines de mil­liers de nos conci­toyens.

C’est pour­quoi nous inter­pel­lons les chefs poli­tiques, et tous leurs can­di­dats et can­di­dates, pour qu’ils se pro­noncent clai­re­ment sur la ques­tion.
* Les lea­ders des Sans-Chemise sont : Pierre Céré, porte-parole du Conseil natio­nal des chô­meurs et chô­meuses (CNC), Daniel Boyer, secré­taire géné­ral de la Fédération des tra­vailleurs et tra­vailleuses du Québec (FTQ), Roger Valois, vice-pré­sident de la Confédération des syn­di­cats natio­naux (CSN), Daniel B. Lafrenière, secré­taire-tré­so­rier de la Centrale des syn­di­cats du Québec (CSQ), et François Vaudreuil, pré­sident de la Centrale des syn­di­cats démo­cra­tiques (CSD).

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