Le trouble que suscitent les Indignés

Par Mis en ligne le 22 octobre 2011

Les Indignés, tels que ce mou­ve­ment se cherche et tente de se construire en France en cet été 2011, sus­citent un trouble indéfinissable.

Ils semblent accu­mu­ler ainsi une impos­si­bi­lité de se donner des prin­cipes fédé­ra­teurs ou une doc­trine com­mune, une indé­fi­ni­tion per­pé­tuelle de leurs buts, de leur stra­té­gie, de leur identité.

Il est très dif­fi­cile de faire adop­ter la moindre déci­sion en assem­blée géné­rale, tant la règle du consen­sus appli­quée à la lettre conduit à une impos­si­bi­lité de trancher.

Les dis­cus­sions sur le fond, sur l’analyse de la situa­tion, sur la défi­ni­tion des objec­tifs, de nature poli­tique donc, sont l’exception. La majo­rité de la durée des AG est consa­crée à des pro­blèmes de logis­tique ou de fonctionnement.

On peut impu­ter ce qui peut ainsi être res­senti comme des dif­fi­cul­tés à la jeu­nesse de la plu­part des par­ti­ci­pants aux assem­blées géné­rales, à leur imma­tu­rité poli­tique reven­di­quée, au fait qu’ils ne se connais­saient pas préa­la­ble­ment pour la plu­part, et n’ont pas déve­loppé de pra­tiques com­munes anté­rieures, comme c’est le cas dans un parti, ou dans un col­lec­tif mili­tant consti­tué. Cela tient aussi au fait que pré­ci­sé­ment, la majo­rité d’entre eux ne sou­haitent pas fonc­tion­ner comme dans un parti, c’est-à-dire sur des bases d’analyse déjà com­munes, ou impo­sées plus ou moins comme telles, mais en par­tant de leur vécu, tout redé­fi­nir et inventer.

Mais à la réflexion, ce carac­tère indé­ter­miné, impré­vi­sible, imma­ture de toute assem­blée géné­rale des Indignés fran­çais est sans doute la marque d’un pro­fond renou­vel­le­ment des modes d’agir poli­ti­que­ment. Car même si ce mot de « poli­tique » semble condamné par une majo­rité des Indignés – tant le terme même de parti poli­tique est rejeté ou accueilli avec la plus grande méfiance – , c’est bien de poli­tique qu’il s’agit.

Simplement, les mili­tants un tant soit peu aguer­ris s’avèrent dérou­tés car le mode de fonc­tion­ne­ment des AGs des Indignés pro­cède à l’exact inverse des modes de faire en pra­tique habi­tuel­le­ment dans les milieux mili­tants, pré­ci­sé­ment. On ne part pas de constats par­ta­gés sur la situa­tion, ni de défi­ni­tion de stra­té­gies, ou d’élaboration de reven­di­ca­tions. On empile des prises de posi­tion indi­vi­duelles, le moins pré-for­ma­tées pos­sible, le plus aléa­toires. On ne cherche pas à en tirer des conver­gences, des conclu­sions opératoires.

Mais n’est-ce pas là aussi un mode de faire – même s’il peut être frus­trant pour des mili­tants che­vron­nés – sus­cep­tible seul d’agréger des per­sonnes aux pro­fils très dif­fé­rents, sans passé poli­tique à pro­pre­ment parler, et en don­nant le même poids à la parole de chacun, sans convo­quer d’expert ou de leader ?

Le fait même que les mili­tants des partis poli­tiques tels que le NPA ou le Parti de Gauche, ou même Europe Ecologie, se tiennent, ou soient tenus en retrait, n’est-il pas un renou­vel­le­ment dans la pra­tique militante ?

Ne faut-il pas accep­ter ainsi ce qui peut paraître comme une perte de temps et y voir un moyen de donner du temps au temps, de ne pas subir la pres­sion de l’urgence ou l’influence des mili­tants les plus ins­ti­tu­tion­na­li­sés, de se cher­cher, de pou­voir se trou­ver, dans des prises de conscience, des prises de risque, des conver­sions qui semblent au départ très par­tielles, très lentes, très peu com­ba­tives, mais qui ont ainsi des chances de moins exclure, de partir des rythmes et des vécus indi­vi­duels dans toute leur dissemblance ?

On peut à cet égard relire ce qu’écrit Bernard Aspe dans son der­nier ouvrage « Les mots et les actes », car c’est sans doute l’un des pen­seurs et phi­lo­sophes contem­po­rains le plus jeune et le plus proche des sub­jec­ti­vi­tés contemporaines :

« Il existe des dis­cours de vérité ; mais ceux-ci sont irré­duc­ti­ble­ment mul­tiples et irré­mé­dia­ble­ment dis­per­sés. […]Il en est des dis­cours de vérité comme de n’importe quel seg­ment de la langue parlée : il prend ou il ne prend pas. La manière dont il prend est sans doute sin­gu­lière, mais il n’est lui-même rien d’autre qu’un ensemble de gestes tech­niques, de gestes dis­cur­sifs.[…]. Un dis­cours de vérité, là où il prend, devient la matrice d’une sub­jec­ti­va­tion. […] La prise sub­jec­tive des dis­cours vrais sup­pose une acuité de ces dis­cours dans la saisie des choses et des êtres, ou de la situa­tion faite au monde. […] On notera cepen­dant qu’il n’est pas néces­saire qu’un dis­cours orga­nisé et cohé­rent soit donné pour qu’il y ait une idée : il suffit qu’il y ait suf­fi­sam­ment de mor­ceaux ou de bribes de dis­cours vrais pour que com­mence le tra­vail de vérité, c’est-à-dire l’effectivité de l’idée. […] Des régimes de vérité, c’est-à-dire des manières de faire fonc­tion­ner la réfé­rence au vrai en y atta­chant un cer­tain mode de sub­jec­ti­va­tion, il y en a de dif­fé­rents types, et l’on peut très légi­ti­me­ment se vouer à décrire le sys­tème de leur dis­per­sion.[…] Ce qui est en revanche irré­duc­ti­ble­ment donné, c’est une plu­ra­lité indé­fi­nie de régimes de véri­dic­tion. Et cette plu­ra­lité est indis­so­ciable d’une autre plu­ra­lité qui lui est stric­te­ment cor­ré­lée : celle des modes de subjectivation. »

Nous nous sommes permis cette longue cita­tion, non pas pour « la rame­ner », ou impo­ser une quel­conque supé­rio­rité de l’écrit et du cher­cheur. C’est parce qu’elle met pré­ci­sé­ment le doigt sur la façon dont il y a à tou­jours jux­ta­po­ser et entendre les dif­fé­rentes expres­sions des vécus indi­vi­duels, dans la recherche d’une construc­tion de sens col­lec­tif, avant même de les auto­ri­ser à se coa­gu­ler, mais pas dans une doc­trine unique et encore moins dans un dogme.

C’est aussi ce qui se dégage du très beau compte-rendu du pas­sage des Indignés espa­gnols à Montpellier le 31 août 2011 :

« Présents : dans la soirée nous avons pu comp­ter de cent trente à deux cent per­sonnes pré­sentes ! C’est une réus­site […] Les mar­cheurs, dont la plu­part espa­gnols, sont enchan­tés par l’accueil qu’ils ont reçu en France !

Nous avons rap­pelé les signes pour bien com­mu­ni­quer (avec quelques ajouts !), sou­li­gné que le plus impor­tant est d’écouter (nous avons besoin d’apprendre !) et décidé l’ordre du jour, qui a quand même été validé mais modi­fié en cours d’assemblée géné­rale cause timing, expli­ca­tion de la marche et pre­mier tour de parole ouvert, parole don­nées aux per­sonnes de Montpellier concer­nant les pro­po­si­tions à amener a Bruxelles et dis­cus­sion en Assemblée géné­rale pour voir si on dort sur la place

Les mar­cheurs ont pu témoi­gner de leur parcours :

Ivan a connu le mou­ve­ment à Matarò (alen­tours de Barcelone), ils ont fait beau­coup de tra­vail, avec une bonne orga­ni­sa­tion, main­te­nant c’est le moment que d’autres vil­lages tra­vaillent et s’organisent pour mettre en marche le mou­ve­ment. Au cours de la marche, qui passe de vil­lage en vil­lage, les Assemblées sont faites afin d’écouter les per­sonnes, col­lec­ter les pro­po­si­tions, leurs pro­blèmes et les amener à Bruxelles. Ils marchent beau­coup, dorment pas beau­coup, tous les soirs il y a les assem­blées géné­rales. Afin que le peuple s’organise, il faut conti­nuer les Assemblées Générales, mener le mou­ve­ment. Il est désolé s’ils sont un peu fati­gués. L’expérience de la marche est mer­veilleuse, parce que les espa­gnols sont Indignés mais les Français aussi !!

Lecture des ques­tions les plus fré­quentes qu’ils ont entendues :

« Ici com­mence la révo­lu­tion » c’est le cri du début du mou­ve­ment dans chaque ville.

Le mou­ve­ment a com­mencé il y a trois mois, il est arrivé jusqu’ici, c’est parce que le mou­ve­ment a des bases solides : la NON VIOLENCE ACTIVE ; ils ne cherchent jamais le conflit violent, ils font des assem­blées, des ras­sem­ble­ments, ils convoquent beau­coup de gens, font des actions paci­fiques… cela leur a donné beau­coup de force parce que les gens se sont iden­ti­fiées avec le mou­ve­ment et cela a ali­menté encore plus de force le mou­ve­ment ! La vio­lence s’accroit rapi­de­ment, fait beau­coup de bruit, et rapi­de­ment dis­pa­raît. La non vio­lence : c’est une vague qui s’accroit tou­jours plus, jusqu’à inon­der le monde !

Premier tour de parole ouvert :

Quelqu’un demande s’ils pensent que la marche va chan­ger les choses ? En France pas vrai­ment il n’y a pas beau­coup d’espoir

Ce n’est pas sur que ca va chan­ger les choses, mais au moins on essaye. les choses sont déjà en train de chan­ger ; cette petite orga­ni­sa­tion est déjà un chan­ge­ment : qua­rante villes se sont mobi­li­sées en France depuis mai 2011, le mou­ve­ment existe même s’il est mar­gi­nal : ça n’a pas encore pris en France parce que le contexte poli­tique et social est dif­fé­rent de celui de l’Espagne mais le Plan d’austérité va arri­ver bien­tôt ici aussi. Il faut s’organiser même si nous ne sommes pas (encore) nom­breux : le plus impor­tant est d’exister !

Une per­sonne est enchan­tée de les rece­voir ici a Montpellier, sur que malgré la fatigue, les mar­cheurs pour­raient nous donner de la moti­va­tion, richesse d’expériences. Ne pou­vant pas rejoindre la pre­mière mani­fes­ta­tion natio­nale des indi­gnés dans son pays (Italie) elle a décidé d’organiser quand même une mani­fes­ta­tion, dans son vil­lage de vingt mille habi­tants, elle était toute seule, sous la pluie, mais ce n’est pas grave, le chan­ge­ment peut com­men­cer avec une seule per­sonne : ici ce soir nous sommes nom­breux… allons y !

Le mou­ve­ment s’est un peu arrêté ici à Montpellier depuis un mois et demi, il faut remettre le mou­ve­ment en marche, se remo­ti­ver, conti­nuer les Assemblées Générales tous les soirs ici sur la place à 19 heures.

Qu’est ce que la liberté ? L’égalité ? La fra­ter­nité ? Ce monde ?

Juan un mar­cheur : il faut faire le point, créer un débat, écou­ter les néces­si­tés de la France. On peut en pro­fi­ter pour expli­quer les dif­fi­cul­tés de la marche, et avec les dif­fi­cul­tés de la France, on s’unit plus. Ces néces­si­tés ne sont plus (que) des péti­tions, mais des EXIGENCES parce que ça fait long­temps qu’ils ne nous écoutent plus.

Témoi­gnage d’un jeune de 18 ans, qui est à la rue depuis quatre ans, et per­sonne ne l’aide, et il ne trouve pas cela normal ! Il faut aider les jeunes, qui sont tous seuls et se trouvent à la rue, car ce n’est pas normal. Pour connaître la situa­tion des Français, il y en a beau­coup qui se retrouvent à la rue, avant leur 25 ans, sans pos­si­bi­lité de niveau social, ni de tra­vail, c’est un pro­blème social très impor­tant, à régler

Un pour cent de la popu­la­tion fran­çaise pos­sède le 33% des richesses immo­bi­lières : ok s’enrichir, sans limites, tant qu’il y en a de quoi nour­rir tout le monde… mais là ce n’est plus le cas. Il faut limi­ter la pro­priété. Si s’enrichir nuit aux frères humains, il fau­drait inter­dire d’atteindre cette limite et répar­tir les richesses

Propo­si­tion est faite par un mar­cheur au gens de la rue : qu’il y ait une prise de conscience un chan­ge­ment qui parte de ça : que le gens qui vivent dans la rue se mettent en marche, pour donner visi­bi­lité et se sous­traire à la répres­sion du sys­tème. Ça peut paraître une utopie, mais les gens aident, il y a de l’humanité !

Parmi les pro­blèmes qu’il y a en France c’est que il n’y a pas beau­coup de monde à la rue, qui a faim ; beau­coup de per­sonnes gagnent (encore) un salaire suf­fi­sant pour ne pas des­cendre dans la rue, la mobi­li­sa­tion n’est pas suf­fi­sante, il y a quelques per­sonnes qui se motivent et prennent conscience du sys­tème. La plu­part achètent et vivent en pen­sant d’avoir plus que les autres. Comment mobi­li­ser en France ?

Une pro­po­si­tion pour des gens créa­tifs, ouverts d’esprit, qui ont envie de chan­ger les choses : quand une per­sonne a la chance d’avoir un tra­vail, un CDI, avec fiche de paye, qu’il aille faire un emprunt dans une banque, pour par exemple ache­ter une voi­ture, sans jamais la payer ni rem­bourse l’emprunt ! les banques perdent de l’argent, ne retournent pas au travail

Ici il y a trop d’argent, mais c’est parce que les autres crèvent la faim de l’autre côté du monde

Comment trou­ver le consen­sus quand chacun de nous a ses idées et ses rai­sons, et chacun pense d’avoir raison ? Il n’y a pas de chef dans le mou­ve­ment, nous sommes tous acteurs et res­pon­sables, com­ment arri­ver alors a trou­ver le consen­sus parmi d’opinions différentes ?

En Espagne il y a beau­coup d’idées il faut lire les pro­to­coles (compte rendus) ; il y a une idée basique : il faut savoir écou­ter, chacun pense dif­fé­rem­ment et a ses opi­nions, et nous devons inclure les dif­fé­rentes posi­tions et en tenir compte ! C’est seule­ment en géné­rant une pensée col­lec­tive, en pen­sant en groupe, que l’on peut trou­ver : l’important c’est d’inclure toutes les pro­po­si­tions dans une phrase finale, conci­lier les pro­po­si­tions en une

Que pense la France d’utiliser l’échange et non l’apport ? C’est la seule façon d’inclure les ani­maux et non seule­ment quatre personnes

Nous avons les mêmes pro­blèmes dans le monde entier : la misère sociale, la pré­ca­rité, le chô­mage. La meilleure façon d’être soli­daires avec le tiers monde est l’annulation de la dette qui a été impo­sée au Tiers monde. Il y a une main mise sur ces pays de la part de l’UE, USA et de la Chine, ça s’appelle du néo­co­lo­nia­lisme. Se battre pour mon droit ici, c’est lutter pour les droits universels

Le mou­ve­ment des indi­gnés ce n’est pas un mou­ve­ment d‘idéologie mais de métho­do­lo­gie. Le pre­mier tra­vail à faire est l’autogestion, com­ment fonc­tion­ner en Assemblée Générale : nous pou­vons, parler, nous ren­con­trer. L’ Assemblée Générale permet ce tra­vail d’autogestion, c’est un tra­vail de chacun. Le fonc­tion­ne­ment en com­mis­sion permet de travailler

Un conseil aux indi­gnés de Montpellier. Les gens ont besoin de vic­toires, d’avoir une réus­site, faut créer une alter­na­tive auto­gé­rée : créer des école auto­gé­rées, non auto­ri­taires, alter­na­tives connec­tées, coopé­ra­tives de crédit , taxes de crédit, resto de quar­tier. Il faut sou­te­nir toutes les alter­na­tives qui existent ou en créer

Le pro­blème dans le pays riches c’est nous, nous sommes le pro­blème, notre consom­ma­tion de tous les jours, les actions de tous les jours, il faut chan­ger notre mode de vie, vivre différemment

Faisons que les choses ne soient pas des ALTERNATIVES mais que ce soir la NORMALITE

Nous avons des­siné un cœur sur la paume de la main pour mon­trer que nous sommes tous indignés. »

Tout est dit ici : la volonté d’écouter tout le monde, de ne pas partir de diag­nos­tics déjà faits, de s’appuyer sur cette diver­sité des vécus et des sub­jec­ti­vi­tés, pour ensuite essayer de construire des réponses ensemble. Le désir d’invention (coopé­ra­tives, alter­na­tives concrètes), au lieu de se fier à des pro­grammes à l’application tou­jours remise à plus tard. La soif d’autogestion, d’où l’insistance sur les moda­li­tés démo­cra­tiques et non hié­rar­chiques de fonc­tion­ne­ment. Le choix déter­miné de non-vio­lence, qui marque une pro­fonde rup­ture avec l’idéologie de « prise (vio­lente) du pou­voir » qui a pu carac­té­ri­ser l’extrême-gauche dans les années de plomb. Mais il s’agit d’une « non-vio­lence active. ». Enfin, cette indif­fé­rence au temps, temps passé, temps donné, à se ren­con­trer et à dis­cu­ter jusqu’à faire naître des consen­sus patiem­ment élaborés.

En ce sens, le mou­ve­ment des Indignés semble renouer avec des expé­riences d’agir poli­tique ouvertes par d’autres civi­li­sa­tions, comme celle qu’avait ini­tiée Gandhi en Inde, et qui aujourd’hui même est en train de s’y recons­truire dans les luttes contre la cor­rup­tion :rap­pe­lons, avec Jean-Joseph Boillot[1], les trois concepts par les­quels Gandhi défi­nis­sait la démo­cra­tie : « swaraj, ou le droit à l’autonomie de chacun ; sar­vo­daya, ou le droit de cahcun à s’organiser en coopé­ra­tive ; et ahimsa, ou le prin­cipe de non-vio­lence. Ces trois prin­cipes res­tent d’une brû­lante actua­lité aujourd’hui face au désastre capi­ta­liste, et sont pré­sents dans le mou­ve­ment actuel des Indignés.

Evelyne Perrin, 1er sep­tembre 2011


[1] Cf. Jean-Joseph Boillot, « Protestation sociale : la voie indienne », in Libération, 31 août 2011.

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