Le retour à l’esclavage industriel… avec la bénédiction du gouvernement Harper

Par Mis en ligne le 03 avril 2012

Retrait du droit de grève à Air Canada, sus­pen­sion d’employés qui ont osé huer la ministre conser­va­trice res­pon­sable de ce retrait, mise à la rue de mil­liers de tra­vailleuses et tra­vailleurs chez Aveos et conces­sions énormes chez les employés et employés de White Birch, ça fait pas mal de mépris pour nos lois et pour nos tra­vailleurs en l’espace de deux semaines. Serions-nous en train de retour­ner à une époque d’esclavage indus­triel… avec la béné­dic­tion des Conservateurs de Stephen Harper ?

L’indifférence aux mal­heurs de 2 600 familles

La ques­tion mérite d’être posée alors qu’on a vu ce gou­ver­ne­ment, à l’encontre du droit fon­da­men­tal d’association pour­tant ins­crit dans les chartes, reti­rer, avec une hâte sus­pecte, le droit de grève aux employées et employés d’Air Canada soi-disant pour ne pas nuire à l’économie… Par contre, il se montre beau­coup moins pressé pour lever ne serait-ce que le petit doigt pour aider les 2 600 tra­vailleurs d’Aveos, dont 1 800 à Montréal, qui ont été sau­va­ge­ment jetés à la rue sans autre pré­avis. Comme si pour Stephen Harper, contrer l’insécurité éco­no­mique pour 2 600 familles comp­tait moins que de rééqui­li­brer le rap­port de force au profit des grandes cor­po­ra­tions ?

Des diri­geants d’Aveos très pré­ve­nants

Il est vrai que les grands patrons de la com­pa­gnie Aveos se sont placés sous la pro­tec­tion de la Loi sur les arran­ge­ments avec les créan­ciers. Mais ils ont eu soin aupa­ra­vant de décla­rer un boni de 300 mil­lions de dol­lars au béné­fice de leurs action­naires et d’agrandir leurs ate­liers d’entretien au Salvador… ques­tion de pré­pa­rer l’avenir !!!

L’indécence d’Aveos ne s’arrête pas là puisque l’architecte de la restruc­tu­ra­tion de l’entreprise, Robert Milton, « s’est mérité » une grasse rému­né­ra­tion de plu­sieurs dizaines de mil­lions de dol­lars au cours des der­nières années selon les chiffres four­nis par le jour­nal La Presse. En même temps que les employées et employés fai­saient d’importantes conces­sions moné­taires pour assu­rer l’avenir de leur entre­prise. Et aujourd’hui, ils sont remer­ciés de leurs efforts en se retrou­vant dans la rue sans savoir s’ils auront droit à leur der­nier chèque de paie et au rem­bour­se­ment de leurs vacances.

Les prin­cipes dou­teux du ministre Lebel

Mais malgré tout cela, le ministre Denis Lebel se demande encore s’il doit inter­ve­nir dans un conflit de tra­vail privé alors qu’il n’avait pas eu la même gêne, la semaine pré­cé­dente, à reti­rer le droit de grève aux employés d’Air Canada. Mais comme il le dit si bien : « Tout cela est très com­plexe »… À croire que nous n’avons pas com­pris que les inté­rêts des tra­vailleuses et tra­vailleurs passent loin der­rière les inté­rêts des grandes entre­prises pour le gou­ver­ne­ment Harper.

Ça donne mal au cœur de consta­ter jusqu’à quel point ce gou­ver­ne­ment, élu par le peuple pour le peuple, gou­verne en se fou­tant jus­te­ment de la gueule du bon peuple.

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