Université populaire des NCS - 2011

Le Québec des résistances, d’hier à aujourd’hui

Par , Mis en ligne le 14 avril 2011
Université d'été des NCS

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Depuis 2008, la crise des crises fait sauter bien des illu­sions. Les domi­nants, dans leur achar­ne­ment à défendre le néo­li­bé­ra­lisme sont divi­sés. Les domi­nés s’interrogent éga­le­ment : peut-on « retour­ner » la crise en « oppor­tu­nité » et relan­cer la résis­tance pour avan­cer dans la lutte pour l’émancipation ?

Université populaire du CAP/NCS

  • les 25–26–27 août 2011
  • À l’UQÀM, :
    – 25 août au A-M050 (Pavillon Hubert-Aquin)
    – 26-27 août au DS-R510 (Pavillon J.-A.-De Sève)

Présentation | Programme | Présentation des contri­bu­tions Dépliant et ins­crip­tion | Affiche | Partenaires et sup­por­teurs

Soirée publique avec Susan George : entrée libre. Les inscriptions aux ateliers de vendredi et samedi pourront se faire sur place au coût de 30 $ (20 $ pour les étudiants.

Présentation

Les phases de la crise

Nous voici arri­vés à un tour­nant dan­ge­reux. Nonobstant les frac­tures qui les séparent les uns des autres, les domi­nants « offrent » aux domi­nés d’accepter une très longue dégra­da­tion de leurs condi­tions de vie et de tra­vail. Cette « solu­tion » est en ligne avec à ce qu’ils défendent depuis 30 ans : déman­tè­le­ment de l’État-providence, libé­ra­li­sa­tion des mar­chés et des flux finan­ciers, tari­fi­ca­tion et pri­va­ti­sa­tion des ser­vices publics. La « récom­pense», nous dit-on, est que la « catas­trophe » sera évitée. Autrement dit, « il faut accep­ter de perdre beau­coup pour garder un peu»…

Déplacement des plaques tectoniques

Devant cet assaut, les acteurs poli­tiques et sociaux sont désem­pa­rés. La droite « tra­di­tion­nelle » ou « nou­velle » est à la recherche de nou­veaux moyens pour faire accep­ter l’inacceptable. Un de ces moyens est de créer un climat ter­ro­ri­sant où tout le monde se voit contre tout le monde, dans le contexte de la « guerre sans fin » contre le « ter­ro­risme», des « dan­gers » venant de l’immigration, etc. Entre-temps, les for­ma­tions cen­tristes ou de tra­di­tion social-démo­crate tentent de gérer ce néo­li­bé­ra­lisme, quitte à l’humaniser (un peu).

Les défis du mouvement populaire

En prin­cipe, cette situa­tion instable devrait ouvrir la porte aux mou­ve­ments popu­laires et à la gauche. Une grande partie de la popu­la­tion est prête à remettre en ques­tion le « modèle » capi­ta­liste à la source des catas­trophes à répé­ti­tion. Mais la gauche est-elle au rendez-vous ? La réponse n’est pas claire. Pour cer­tains, il faut accep­ter des com­pro­mis pour sauver l’«essentiel», et ce pour ralen­tir le « bull­do­zer » ? Pour d’autres, la meilleure défen­sive est l’offensive et il faut confron­ter le pou­voir, comme cela se fait en Amérique latine.

Repenser la résistance

Au total, des mou­ve­ments popu­laires s’entêtent : résis­ter, mettre de (gros) grains de sable dans l’engrenage des domi­nants, et pour­quoi pas ?, penser à vaincre. Pour cela, on voit appa­raître une nou­velle pensée « stra­té­gique ». Une pensée qui « cal­cule», qui ana­lyse les rap­ports de forces en pré­sence. Une pensée qui puise dans le riche héri­tage des luttes pas­sées. Une pensée qui éla­bore aussi de nou­velles pers­pec­tives, qui avance dans le labo­rieux tra­vail d’enquête, de recherche, d’exploration, qui décor­tique le réel der­rière les appa­rences.

Une « boîte à outils »

Voici en gros ce qui nous amène à deuxième édi­tion de l’Université popu­laire des NCS. Modestement, nous vou­lons par­ti­ci­per à l’élaboration des stra­té­gies contre-hégé­mo­niques. Ce tra­vail implique de mani­pu­ler des ana­lyses, des concepts, des méthodes, de les dis­cu­ter et de les décor­ti­quer, et d’en faire de véri­tables outils jus­te­ment, pour com­prendre et sur­tout agir.

Programme


Jeudi 25 août

UQAM, Pavillon Hubert-Aquin, salle AM-050

Soirée publique avec SUSAN GEORGE – Entrée libre


19h00 Présentation de la soirée Véronique Brouillette

19h15

Leur crise, nos solutions

Une crise de crises restruc­ture le capi­ta­lisme mon­dial. Pourtant, on peut abolir des para­dis fis­caux, natio­na­li­ser des banques, diri­ger des inves­tis­se­ments dans la res­tau­ra­tion de l’environnement. En quoi ce « réfor­misme radi­cal » est pen­sable ? Quelles sont les forces qui peuvent le réa­li­ser ?

Introduction de  Claude VaillancourtConférence : Susan GeorgeRéflexions de Louis Roy

21h30 Fin de la soirée

Vendredi 26 août

UQAM, Pavillon de Sève, DS-R510


9h00 Présentation du pro­gramme Véronique Brouillette

9h15

Les mutations du capitalisme

Dans les pays capi­ta­listes, le régime néo­li­bé­ral régule via la domi­na­tion des mar­chés finan­ciers, l’assaut contre les salaires et la pri­va­ti­sa­tion du sec­teur public. Alors qu’est éli­miné le régime key­né­sien, ce nou­veau régime néo­li­bé­ral est en crise. Sommes-nous au début d’un cycle de crises ?

* Jean-Guy Loranger

10h45

La crise au Canada et les réponses du mouvement populaire

Quelles sont les réponses du mou­ve­ment social à la crise ?

* Pierre Beaulne * Josée Lamoureux

12h00 Pause

13h30

Module « Comprendre le capitalisme»Capitalismes et crises

Que faut-il rete­nir des explo­ra­tions de Marx sur le capi­ta­lisme et ses cycles de crise ? Comment le capi­ta­lisme « moderne » réus­sit-il à relan­cer l’accumulation ?

Animation : Pierre Beaudet * Éric Pineault * Andrea Levy * Phil Hurteau

Module « Histoire du socialisme »

Socialisme, syn­di­ca­lisme et mou­ve­ments sociaux au QuébecLe projet socia­liste des années 1930 rebon­dit dans les années 1960 autour d’une « nou­velle » gauche. Il se redé­fi­nit dans les années 1990 autour des nou­velles mobi­li­sa­tions sociales. Quelles sont les leçons ?

Animation : André Frappier * Sean Mills * Jacques Rouillard * Pascale Dufour

Module : « Les enjeux du mouvement populaire »

Mouvement popu­laire et action poli­ti­que­Pen­dant long­temps, la gauche a fonc­tionné selon le prin­cipe que la forme « parti » était supé­rieure aux formes « Mouvements ». Mais aujourd’hui, les mou­ve­ments cherchent à faire de « la » et « du » poli­tique. En quoi les résis­tances indiquent un renou­vel­le­ment de la poli­tique « par en bas » ?

Animation : Alain Philoctète * Jean-Pierre Daubois * Jean-Paul Faniel * Anne Latendresse

16h30 Réception

19h00

L’internationalisme et le socialisme, d’hier à aujourd’hui

Aujourd’hui, l’internationalisme évolue en fonc­tion des grandes luttes démo­cra­tiques et de masse comme ce qui se passe dans les pays arabe. En quoi l’internationalisme est-il aujourd’hui partie pre­nante du projet socia­liste ?

Animation:Sébastien Bouchard * Dominique Caouette * Charmain Lévy * Thomas Lebel * Yasser Choukry

21h00 Réception

Samedi 27 août


9h00

Du socialisme à l’écosocialisme

Aujourd’hui, l’identité socia­liste se trans­forme sous l’influence de l’altermondialisme, du fémi­nisme, de l’écologisme. En quoi cela trans­forme les pers­pec­tives de ces mou­ve­ments ? Peut-on récon­ci­lier le « vert » et le « rouge » ?

Animation : Nathalie Guay * Roger Rashi * Éric Darier * Éric Martin * Dominique Daigneault

10h30

Module « Comprendre le capitalisme »

L’État et le capitalismeL’État est-il un « outil des domi­nants » ? Un site de contra­dic­tions ? L’État doit-il être réformé ou aboli ? Ou encore éteint « à petits feux » ? Quelles sont les formes que prennent ces débats aujourd’hui ?

Animation : Jacques Pelletier * Pierre Beaudet. * Maxime Ouellet

10h30

Module « Histoire du socialisme »

Les pro­jets de trans­for­ma­tion sociale se sont notam­ment incar­nés en divers pro­ces­sus révo­lu­tion­naires. La révo­lu­tion sovié­tique de 1917 est le pro­ces­sus qui a le plus influencé l’histoire du socia­lisme au 20ème siècle. Quelle fut la nature de cette révo­lu­tion ? Comment la situer his­to­ri­que­ment ? Comment com­prendre ses suites ?

Animation : René Denis * Serge Denis * David Mandel * Richard Poulin

10h30

Module : « Les enjeux du mouvement populaire »

Le mou­ve­ment popu­laire se bat pour main­te­nir cer­tains acquis et éviter l’instrumentalisation et l’intégration dans les struc­tures éta­tiques (les PPP et les PPC). Comment relan­cer la mobi­li­sa­tion citoyenne ? Quelles sont les leçons des luttes des der­nières années ?

Animation : Karine L’Écuyer * Lorraine Guay * Serge Peticlerc * Thomas Collombat * Sébastien Rivard

12h30 Pause

14h00

Faire de la politique autrement ?

Au Québec, le mou­ve­ment popu­laire construit des réseaux, il s’articule comme pro­ta­go­niste. Parallèlement, une nou­velle constel­la­tion appa­raît autour de Québec soli­daire. Quels sont les points forts et les points faibles des mou­ve­ments ? Peut-on inves­tir l’espace poli­tique sans réduire la portée et le radi­ca­lisme des luttes ? Quelles sont les stra­té­gies qui peuvent aider le mou­ve­ment à vaincre le sys­tème en place ?

Animation : Raphael Canet * Marie-Ève Rancourt * Simon Tremblay-Pépin * Alexandre Boulerice * Ronald Cameron. * Pierre Dubuc * Diane Matte * Jean Trudelle * Maria Mourani

16h00 Mots de la fin Susan George Véronique Brouillette

Personnes ressources

Beaudet, Pierre Professeur à l’Université d’Ottawa
Beaulne, Pierre Économiste de la CSQ
Bouchard, Sébastien Syndicaliste de la CSQ
Boudreau, Philippe Professeur au Collège Ahuntsic
Brouillette, Véronique Syndicaliste de la CSQ
Cameron, Ronald Militant syn­di­cal
Canet, Raphael Professeur au cégep du Vieux-Montréal
Caouette, Dominique Professeur à l’Université de Montréal
Charest, René Militant syn­di­cal
Choukry, Yasser Militant égyp­tien
Colombat, Thomas Chercheur à l’UQAM
Cyr, François Professeur au Collège Ahuntsic
Daigneault, Dominique Syndicaliste au Conseil cen­tral de Montréal – CSN
Darier, Éric Directeur de Greepeance-Québec
Denis, René Professeur au cégep Édouard-Montpetit
Denis, Serge Professeur à l’Université d’Ottawa
Dufour, Pascale Professeur à l’Université de Montréal
Dubuc, Pierre Rédacteur à l’Aut’journal
Faniel, Jean-Paul Collectif pour un Québec sans pau­vreté
Frappier, André Syndicaliste de la FTQ
George, Susan Auteure
Guay, Lorraine Militante com­mu­nau­taire
Guay, Nathalie Syndicaliste à la CSN
Hurteau, Philippe Chercheur à l’IRIS
Lamoureux, Josée Économiste à la CSN
Lebel, Thomas Doctorant à l’Université de York
L’Écuyer, Karine Professeur au cégep Montmorency
Levy, Andrea Chercheure indé­pen­dante
Lévy, Charmain Professeur à l’Université du Québec en Outaouais
Loranger, Jean-Guy Professeur à l’Université de Montréal
Mandel, David Professeur à l’Université du Québec à Montréal
Martin, Éric Doctorant à l’Université d’Ottawa
Matte, Diane Concertation des luttes contre l’exploitation sexuelle
Mills, Sean Professeur à York University
Ouellet, Maxime Chercheur à l’IRIS
Pelletier, Jacques Professeur à l’Université du Québec à Montréal
Petitclerc, Serge Collectif pour un Québec sans pau­vreté
Philoctète, Alain Chercheur à l’INRS
Pineault, Éric Professeur à l’Université du Québec à Montréal
Poulin, Richard Professeur à l’Université d’Ottawa
Rancourt, Marie-Ève Responsable des luttes sociales au MÉPACQ et une des porte-parole de la Coalition oppo­sée à la tari­fi­ca­tion et à la pri­va­ti­sa­tion des ser­vices publics
Rashi, Roger Militant de Québec soli­daire
Rouillard, Jacques Professeur à l’Université de Montréal
Roy, Louis Président de la CSN
Tremblay-Pépin, Simon Chercheur à l’INRS
Trudelle, Jean Président de la FNEEQ – CSN
Vaillancourt, Claude Militant d’ATTAC
Vanasse, Christian Environnementaliste et artiste

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  • Pour indi­vi­dus : $30
  • Pour étu­diantEs, sans-emploi, per­sonnes à faible reve­nus : $20

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7 réponses à “Le Québec des résistances, d’hier à aujourd’hui”

  1. Monique Jeanmart dit :

    Je sou­hai­te­rais savoir s’il est pos­sible d’assister à la confé­rence de Suzamme George si on ne peut pas par­ti­ci­per à l’ensemble des acti­vi­tés.
    Merci Monique Jeanmart

  2. CAP-NCS dit :

    Certainement. La confé­rence de Susan George s’inscrit dans le cadre d’une soirée publique. L’entrée est libre.

  3. Guy Roy dit :

    Pourquoi Losurdo ? À cause d’un appel sti­mu­lant à renouer avec notre his­toire

    En rame­nant le maté­ria­lisme his­to­rique à sa por­tion la plus inci­sive, celles qui lie les faits his­to­riques à ceux d’une lutte, aigue ou latente, entre repré­sen­tants des oppres­seurs et porte-parole poli­tiques des oppri­més, Losurdo revient radi­ca­le­ment sur l’histoire du MCI (mou­ve­ment com­mu­niste inter­na­tio­nal) pour pro­po­ser aux com­mu­nistes et à leurs alliés une renais­sance (au sens de la fin du Moyen-Âge ita­lien) qui leur donne l’occasion d’attirer l’attention sur les par­ties de cette his­toire qui ont laissé des marques si pro­fondes pour l’humanité qu’on ne peut en conce­voir l’évolution (encore que cer­tains pensent qu’elle n’a pas évolué beau­coup) sans l’intervention des com­mu­nistes dans le passé ou main­te­nant.

    Moyens de chan­ge­ments pro­fonds, la contri­bu­tion des com­mu­nistes comme repré­sen­tants poli­tiques des ouvriers, igno­rée par la plu­part des his­to­riens même les plus pro­gres­sistes, doit être éva­luée et revue grâce à l’attitude de fond des com­mu­nistes par rap­port à l’histoire, la leur par­ti­cu­liè­re­ment.

    Dans une étude sur Gramsci, par exemple, Losurdo débusque chez les phi­lo­sophes idéa­listes ita­liens de cette époque une phi­lo­so­phie réac­tion­naire qui pousse jusqu’à ses consé­quences logiques celle du libé­ra­lisme éco­no­mique et poli­tique. C’est cette his­toire des idées qui a été la toile de fond de l’ascension du Duce ita­lien dans les années vingt. Elles expliquent plus ou moins, comme idées domi­nantes, la force de convic­tion du fas­cisme de Mussolini et l’échec sub­sé­quent du parti de Gramsci lui-même.

    De nos jours, ce genre de lutte idéo­lo­gique s’articule autour du néo­li­bé­ra­lisme fondé sur les idées de Hayek. Sa contre­par­tie la plus répan­due est la réponse de la sociale démo­cra­tie. Les deux thèses s’affrontent, même publi­que­ment à Radio-Canada, lais­sant appa­raître les contra­dic­tions au sein même de la classe domi­nante. Souhaitons tous que la vic­toire soit celle des pro­gres­sistes. Si les thèses sociales-démo­crates devaient être vain­cues, le monde ferait ce grand bond en arrière comme du temps où, au XX ième siècle, on a vu l’hégémonie du nazisme embra­ser le monde. Cela lais­se­rait encore un grand vide, un grand espace pour démar­quer le socia­lisme du capi­ta­lisme, mais « dans des condi­tions que nous n’aurions nul­le­ment choi­sies », comme dit Marx en pré­ten­dant que l’homme fait son his­toire mais …

    Au XX ième siècle, le libé­ra­lisme affron­tait deux grands cou­rants de pensée, le fas­cisme et le socia­lisme. De nos jours, le libé­ra­lisme ori­gi­nel dont les néo­li­bé­raux ventent les mérites affronte les sociaux démo­crates. Il n’arrive pas encore sou­vent que le point de vue mar­xiste soit direc­te­ment opposé au libé­ra­lisme car les sociaux-démo­crates n’osent presque plus ouver­te­ment parler de socia­lisme. Le récent débat au NPD tra­duit ce malaise des sociaux-démo­crates avec le socia­lisme et ce qu’il a repré­senté dans l’histoire. Losurdo est accusé de vou­loir réha­bi­li­ter Staline. Mais on en est bien loin. C’est la radi­ca­lité de son dis­cours qui émeut les tièdes. C’est plutôt l’idée même du socia­lisme qu’il tente de rame­ner comme alter­na­tive véri­table à laquelle bien des réformes sociales- démo­crates ouvri­raient la voie. Souvenez-vous de l’assurance mala­die, créée en URSS, pro­pa­gées au Canada par un com­mu­niste, le Docteur Béthune, fina­le­ment mise en appli­ca­tion par Tommy Douglas (Pour l’anecdote, un pro­fes­seur d’université anglo­phone a écrit un livre sur l’histoire des confé­rences de Béthune en fouillant dans les archives les docu­ments des poli­ciers qui le sui­vaient).

    Il n’y a pas de contra­dic­tion entre la lutte pour le pro­grès, contre la réac­tion et celle (sûre­ment pas fin de l’histoire) d’un chan­ge­ment pro­fond dans les rap­ports de pou­voir qui ferait émer­ger du cœur du pou­voir capi­ta­liste une société nou­velle où on pour­rait envi­sa­ger le gou­ver­ne­ment des ouvriers et celui des autres couches popu­laires.

    Losurdo finit par réha­bi­li­ter une aspi­ra­tion fort pro­fonde parmi les gens qui, du pire, finissent par apprendre le meilleur : que le pou­voir change enfin de main et que ce nou­veau pou­voir s’inscrive assez dura­ble­ment dans l’histoire pour donner des ins­ti­tu­tions pérennes qui abou­tissent à une société post capi­ta­liste au visage renou­velé du socia­lisme.

    L’intérêt de Losurdo est donc de nous rame­ner à l’essentiel du socia­lisme : la recherche constante d’un art de gou­ver­ner pour et par les ouvriers qui se tra­duise par des ins­ti­tu­tions poli­tiques mar­quant à jamais la façon dont les Québécois, ici, et à leur côté les autres peuples, exer­ce­ront le pou­voir entre eux avec l’objectif que leur éman­ci­pa­tion les débar­rasse des classes domi­nantes. Pas en en deve­nant une autre aussi atta­chée à son pou­voir, mais en cher­chant une manière d’agir au moyen d’un pou­voir ou d’une auto­rité sur les citoyens qui satis­fasse le plus grand nombre, la mino­rité se sou­met­tant au bien commun par une cer­taine osmose démo­cra­tique une fois les débats épui­sés ou au moment du vote pour tran­cher une ques­tion.

    (Formation prin­ci­pale)

    Le mou­ve­ment com­mu­niste inter­na­tio­nal, à quelle jauge éva­luer son his­toire ?

    Deux figures mar­quantes du XX ième siècle ont été toutes deux démo­ni­sées. De Staline et de Hitler, les idées reçues veulent qu’on en dise à peu près la même chose. Leur his­toire res­pec­tive est la plu­part de temps envi­sa­gée sous l’aspect d’un par­cours indi­vi­duel. Tout au plus men­tionne-t-on leur appar­te­nance à des orga­ni­sa­tions, à des partis des­ti­nés à être le sup­port du tota­li­ta­risme. Considérer ces lea­ders comme des enti­tés indi­vi­duelles cou­pées de la société de classes dans laquelle ils évo­luent revient à les voir selon le constat de Thatcher « qu’il n’y a plus de société, il n’y a que des indi­vi­dus ». Le XX ième siècle étant celui des extrêmes, il ne suf­fi­rait plus que de se main­te­nir entre ces deux excrois­sances poli­tiques mons­trueuses pour voir l’histoire évo­luer au centre et ne jamais répé­ter les erreurs d’un passé peu glo­rieux de l’histoire humaine. Ce serait à vrai dire la meilleure voie à suivre pour que l’histoire conti­nue son petit bon­homme de chemin et qu’elle suive son cours jusqu’à ce que toutes les contra­dic­tions du capi­ta­lisme se résolvent par elles-mêmes en atté­nuant toutes les rigueurs de celui-ci et en concluant l’aventure humaine par l’apothéose d’un libé­ra­lisme éco­no­mique et poli­tique « les deux mains sur le volant » jusqu’à la fin de celle-ci. Ce sur­pre­nant miracle de l’histoire n’a pas encore été bien expli­qué par ceux qui y prêtent foi.

    Revenons à nos deux figures his­to­riques du siècle pré­cé­dant. Leur vie et leur ascen­sion au pou­voir ne sont pour­tant pas les fruits du hasard ou encore moins de fatals par­cours que l’humanité ne pou­vait pas éviter. On s’entendra, plus faci­le­ment main­te­nant qu’à leur époque, que leurs vies sont le reflet, dans le domaine poli­tique et mili­taire, d’un affron­te­ment bien plus pro­fond, celle, his­to­rique, de classes sociales et poli­tiques oppo­sées. Présenter l’histoire de cette manière n’est pas non plus le fruit du hasard. C’est la consé­quence de l’apparition et de l’approfondissement de nou­velles sciences dont les Lumières ont été à l’origine dans un siècle encore plus loin­tain. À partir du siècle qu’ils ont marqué de leur emprunte, on n’écrit plus l’histoire de la même manière parce qu’elle a connu une accé­lé­ra­tion sans pré­cé­dent au moment de la révo­lu­tion fran­çaise. On n’acquière donc plus désor­mais de nou­velles connais­sances sur le monde comme on l’a fait dans le passé.

    De 1789 à 1870, les formes de gou­ver­ne­ment se raf­finent et les subal­ternes, gagnés aux pro­messes radieuses de leur siècle, taraudent les socié­tés de l’intérieur et demandent des comptes aux classes domi­nantes sur le pré­sent et l’avenir que la révo­lu­tion devait inau­gu­rer pour les peuples. D’une révolte popu­laire à l’autre, les droits s’élargissent et, à chaque fois, le pou­voir ne s’exerce plus de la même manière. L’histoire marque ses pas de guerres civiles, de lutte contre l’esclavage, de valeurs et d’institutions inno­va­trices et une nou­velle civi­li­sa­tion se créée qui se répan­dra à tra­vers le monde (la mon­dia­li­sa­tion n’est pas nou­velle) dans des bou­le­ver­se­ments pro­fonds et par­fois à coup de canons.

    En 1870, cepen­dant, un tour­nant se pro­duit. Les subal­ternes ne se contentent plus de droits nou­veaux ou d’ajustements civi­li­sa­teurs. Ils demandent le pou­voir pour eux-mêmes et en tentent même l’expérience avec de tous nou­veaux objec­tifs. Ils sont répri­més dans le sang et les 70 jours de leur gou­ver­ne­ment vont atti­rer l’attention d’un intel­lec­tuel de leur époque qui s’intéresse par­ti­cu­liè­re­ment à l’histoire des oppri­més : Karl Marx va appro­fon­dir les connais­sances que les être humains ont d’eux-mêmes et tenter d’expliquer la Commune par le contexte poli­tique de l’époque. Cela nous vaudra, inter­prété depuis ce temps de mul­tiple manière, le maté­ria­lisme his­to­rique.

    Ce point de vue sur l’histoire sera jusqu’à ce jour à la base du lien qui soude les com­mu­nistes entre eux. Toute l’histoire du mou­ve­ment com­mu­niste inter­na­tio­nal est condi­tion­née par la sur­pre­nante capa­cité des com­mu­nistes de pro­duire des ana­lyses, d’élaborer des pro­grammes, de mettre au point des théo­ries révo­lu­tion­naires, plus sou­vent qu’autrement dans des confron­ta­tions idéo­lo­giques très vives allant par­fois même jusqu’à faire appa­raître de furieuses guerres de reli­gions entre eux ! Le prin­ci­pal demeure cepen­dant dans l’habilité que les com­mu­nistes déploient dans la dif­fu­sion, parmi les ouvriers et les intel­lec­tuels, par­fois au sein des artistes, de ces points de vue appa­rus des débats contra­dic­toires entre eux ou avec leurs sym­pa­thi­sants. Ces débats contra­dic­toires deviennent le moyen de faire avan­cer les connais­sances sur les nou­velles formes de gou­ver­ne­ment qui émer­ge­ront des dif­fé­rentes révo­lu­tions ins­pi­rées d’une vision maté­ria­liste his­to­rique des pro­grès de société. Ce qu’il y a de par­ti­cu­lier dans ces révo­lu­tions par rap­port aux pré­cé­dentes, c’est le carac­tère conscient de celle-ci et la source d’inspiration qui les anime. Elles ont toutes un objec­tif uni­fi­ca­teur : ce sont les ouvriers conscients qui, deve­nant eux-mêmes au sein de leur classe les acteurs poli­tiques de leur éman­ci­pa­tion ou libé­ra­tion, sont les pro­ta­go­nistes du nou­veau monde à naître. Et plus per­sonne n’hésitera désor­mais à la nommer socia­lisme.

    Ainsi, la Première Internationale, l’Association inter­na­tio­nale des tra­vailleurs, a jeté les base d’une fruc­tueuse asso­cia­tion entre Marx, un des intel­lec­tuels majeur du XIX ième siècle, et de nom­breux ouvriers et tout autant de petits bour­geois pro­gres­sistes ou d’autres intel­lec­tuels, dont des typo­graphes qui ont été parmi les pre­miers ouvriers à créer des syn­di­cats qui sub­sistent encore de nos jours au Québec. La preuve était faite qu’un intel­lec­tuel de haut niveau peut consa­crer avec succès ses talents au ser­vice d’une classe qui, même dans une condi­tion de subal­terne, est appe­lée à bou­le­ver­ser les rap­ports sociaux et poli­tiques sur une très longue période.

    Cette inter­na­tio­nale n’a vécu que le temps où elle a été utile (pen­sons au mou­ve­ment mar­xiste-léni­niste de nos jeunes années) pour éta­blir l’expérience his­to­rique des pre­miers liens conscients, tou­jours, entre cer­tains ouvriers qui y ont laissé leur trace à jamais fixées dans l’histoire comme, par exemple, Varlin, acteur poli­tique indis­so­ciable de la Commune. Ces pre­miers ouvriers étaient déjà formés à l’idée, neuve pour l’époque, que leur situa­tion de classe en déve­lop­pe­ment allait à son tour condi­tion­ner l’évolution de toutes les socié­tés humaines et de l’humanité entière.

    Engels, com­pa­gnon et ami fidèle de Marx mort à ce moment-là, était aux côtés de ceux qui ont uni les partis sociaux-démo­crates dans la Deuxième Internationale. Cette asso­cia­tion a eu le mérite de mettre les ouvriers des plus grands pays capi­ta­listes du moment devant leur res­pon­sa­bi­lité de jeter un regard au-delà de leur stricte condi­tion évi­dente de sala­riés pour entre­voir une mis­sion plus élevée : celle de cette révo­lu­tion consciente qui allait bou­le­ver­ser les rap­ports humains à la gran­deur de la pla­nète.

    La Troisième Internationale est née dans un contexte où on a beau­coup parlé de tra­hi­son et où la pra­tique de l’excommunication était cou­rante. Mais en fait, si on com­prend les enjeux impli­qués, il s’agissait du début chao­tique d’un appren­tis­sage tout à fait inédit du pou­voir ouvrier, de ce qui en consti­tuait l’essentiel : l’apparition d’une répu­blique des tra­vailleurs. Donc l’exercice du pou­voir par les com­mu­nistes, les ouvriers du temps et leurs alliés dans le monde. Nous assis­tons « dans un monde vivant, et non en labo­ra­toire » (Losurdo), à la véri­table nais­sance d’un art de gou­ver­ner qui consti­tuera long­temps le noyau des connais­sances des com­mu­nistes, socia­listes, ouvriers et sym­pa­thi­sants ou amis de la nou­velle classe anti­ca­pi­ta­liste amal­ga­mée au reste de la société qu’elle trans­for­mera radi­ca­le­ment. Les confron­ta­tions les plus vives expri­maient tout le poids des enjeux fon­da­men­taux qui se jouaient pour la survie du jeune pou­voir en quête d’innovations poli­tiques pour la Russie désem­pa­rée qui sor­tait d’une guerre dévas­ta­trice. La situa­tion en Russie, telle que révé­lée par les his­to­riens, ren­dait compte d’un chao­tique état du monde qui posait les plus grands défis aux nou­veaux diri­geants de ce pays dévasté.

    La conso­li­da­tion du pou­voir des conseils (les soviets), imposé par une dic­ta­ture impla­cable et dans un contexte d’encerclement par les pays capi­ta­listes dont les citoyens venaient de sortir d’une ter­rible guerre, verra appa­raître le ferment d’une révo­lu­tion qui allait s’étendre à un tiers de la popu­la­tion mon­diale et de nom­breuses et fruc­tueuses sym­pa­thie dans les pays encore capi­ta­listes.

    Le IV ième Internationale est né en oppo­si­tion à la III ième et pour endi­guer l’influence de celle-ci en URSS et dans le monde. Elle a gardé cette mis­sion d’opposition interne ou externe dans plu­sieurs pays jusqu’à ce jour. Elle est l’expression de contra­dic­tions dites irré­con­ci­liables entre les pro­ta­go­nistes de dif­fé­rentes fac­tions du bol­che­visme. Autour de son exis­tence les que­relles idéo­lo­giques et poli­tiques en ont fait une mul­ti­tude de dif­fé­rentes fac­tions qui se sont excom­mu­niées mutuel­le­ment. Une farce cir­cule qui affirme que les membres de la Quatrième sont comme des cel­lules vivantes : ils se mul­ti­plient en se divi­sant.

    Parler de « condi­tion­ne­ment réci­proque » (Losurdo) entre le socia­lisme et le capi­ta­lisme peut servir à com­prendre que, mis dans un état d’exception conti­nuelle, le socia­lisme nais­sant, placé en concur­rence avec des socié­tés capi­ta­listes avan­cées qu’il a lui-même fina­le­ment influencé, a fini par être défait, inca­pable d’offrir dans ces condi­tions une com­pé­ti­tion qui se jouait pour lui sur le ter­rain des subal­ternes. Son adver­saire, dis­po­sait de moyens poli­tiques, éco­no­miques, mili­taires et tech­no­lo­giques dis­pro­por­tion­nés par rap­port aux siens. On ne peut pas dire cepen­dant, à sa défense, que le socia­lisme a mis de côté son pré­jugé favo­rable aux tra­vailleurs. Qu’il ait été ou non le repré­sen­tant des oppri­més du monde, on peut certes conti­nuer le débat. Mais son influence a été celle d’un tra­vail per­ma­nant fondé sur une ana­lyse maté­ria­liste his­to­rique, que l’on peut tou­jours contes­ter dans de grandes dis­cus­sions, mais qui est resté un trait commun de son his­toire elle-même. Sans ce pôle socia­liste fort et bien muni d’une théo­rie qui annon­çait le plus grand succès de sa révo­lu­tion, on ne sau­rait parler de « condi­tion­ne­ment » d’un sys­tème par l’autre. Et on peut dès lors sup­po­ser que la vic­toire aurait été encore plus glo­bale pour le capi­ta­lisme et ses guerres colo­niales déme­su­ré­ment plus dévas­ta­trices.

    On ne peut donc éva­luer nos pro­grès et nos contri­bu­tions qu’à l’aune du ren­for­ce­ment du pôle socia­liste dont nous fai­sons d’ors et déjà partie sur une pla­nète qui appelle des solu­tions à ses pro­blèmes que seuls les com­mu­nistes, dans leur ori­gi­na­lité poli­tique, savent et peuvent pro­po­ser.

    Au Canada, et au Québec plus par­ti­cu­liè­re­ment, on saluait encore der­niè­re­ment dans l’aut’journal, le jour­nal des sociaux-démo­crates de gauche du Parti Québécois, la contri­bu­tion de notre cama­rade Stanley B. Ryerson … sans tou­te­fois recon­naître à notre parti la filia­tion idéo­lo­gique de ce pres­ti­gieux intel­lec­tuel avec notre famille com­mu­niste. Nous sommes désor­mais membres d’un parti qui a accordé un « oui » cri­tique à l’indépendance du Québec. Au contraire de mou­ve­ment mar­xiste-léni­niste qui a recom­mandé l’annulation, encore regret­tée par Duceppe, ex-membre du parti com­mu­niste ouvrier.

    Si vous voulez tester le fil rouge qui unit les com­mu­nistes les plus fer­vents du monde, dans les plus éton­nantes et dif­fé­rentes affi­lia­tions, parlez leurs du maté­ria­lisme his­to­rique. Vous aurez leur sujet favori de dis­cus­sions qui vous sur­pren­dra peut-être par leurs mal­adroites diver­gences, mais qui vous met­tront en contact avec la méthode dia­lec­tique de « la recherche de la vérité dans les débats » qui devrait leur être fami­lière. Peut-être aussi ferez-vous l’expérience d’un manque de matu­rité poli­tique qui a conduit dans le passé de l’URSS à des atti­tudes fri­sant la guerre de reli­gion dans une ambiance de guerre civile. Tentez tout de même l’expérience : on ne sort jamais d’un contact avec un com­mu­niste sans avoir confirmé ou informé quelques cer­ti­tudes à leur sujet. N’oubliez pas, deman­dez leur de vous parler du maté­ria­lisme his­to­rique. Vous ferez jouer leurs cordes sen­sibles. Et ils vous révé­le­ront tous les secrets qu’ils connaissent plus ou moins de leur magni­fique his­toire !

    Guy Roy

  4. Bruno Mainville dit :

    Bonjour, sur le for­mu­laire d’inscription au col­loque il est écrit qu’on peut aussi s’inscrire en ligne, mais je ne trouve pas où le faire sur le site. J’aimerais savoir aussi s’il est pos­sible de se pré­sen­ter aux confé­rences qui nous inté­resse sans réser­va­tion ?

    Merci !

  5. André Thibault dit :

    Le seul pro­gramme du Québec des résis­tances que j’ai trouvé sur le WEB ne donne pas d’horaire précis (quelle heure l’avant-midi ou l’après-midi?) et ne pré­cise pas qui donne telle confé­rence ou par­ti­cipe à telle table ronde. Peut-on trou­ver ces pré­ci­sions quelque part ?

  6. CAP-NCS dit :

    Les horaires et les inter­ve­nants ont été mis à jour. Voir : Programme

  7. CAP-NCS dit :

    Le for­mu­laire d’inscription en ligne n’a pas pu être mis en place à temps. Désolé.

    Vous pour­rez tou­te­fois vous ins­crire sur place, pré­fé­ra­ble­ment jeudi soir et ven­dredi matin, ce qui vou donne droit d’assister aux ate­liers et modules de votre choix.