Le Québec de 2015

Mis en ligne le 26 septembre 2007

L’avenir de la nation qué­bé­coise est une res­pon­sa­bi­lité col­lec­tive qui inter­pelle cha­cune et chacun d’entre nous. Nos pré­dé­ces­seurs ont réussi la prouesse, sou­vent dans des condi­tions ter­ri­ble­ment dif­fi­ci­les, de fonder, de per­pé­tuer et de déve­lop­per une nation fran­co­phone en Amérique du Nord jusqu’en ce début de 21e siècle. Nous devons en faire autant pour les pro­chai­nes géné­ra­tions.

Par Pierre Paquette *

À mon avis, l’avenir du Québec sera condi­tionné en bonne partie par notre capa­cité à rele­ver trois grands défis : la lutte aux chan­ge­ments cli­ma­ti­ques ; la pré­pa­ra­tion du Québec au choc démo­gra­phi­que et la vigueur des assi­ses de l’identité qué­bé­coise.

La lutte aux chan­ge­ments cli­ma­ti­ques est un défi global, urgent et néces­saire. Il y va de l’avenir de l’espèce humaine et de notre seule et unique pla­nète. Ce défi est le plus impor­tant que le monde ait à rele­ver. Le Québec n’y échappe pas et il doit faire sa part.

Cependant, il serait illu­soire de croire que le Québec pourra aller au bout de ses ambi­tions dans ce domaine sans contrô­ler les moyens qui se trou­vent actuel­le­ment à Ottawa, d’autant plus que la stra­té­gie indus­trielle du Canada est essen­tiel­le­ment basée sur l’exploitation des sables bitu­mi­neux.

Nous avons éga­le­ment la res­pon­sa­bi­lité de pré­pa­rer le Québec au choc démo­gra­phi­que dont les impacts com­men­ce­ront à se faire sentir vers 2015. Si l’on peut et l’on doit débat­tre de l’ampleur du choc démo­gra­phi­que, on ne peut en nier les consé­quen­ces au plan des finan­ces publi­ques et donc, de notre capa­cité future à pra­ti­quer la soli­da­rité et à rele­ver les défis qui sont les nôtres.

Pour rele­ver ce défi, il faut impé­ra­ti­ve­ment pou­voir uti­li­ser les mil­liards de dol­lars que le Québec envoie chaque année à Ottawa, selon nos besoins et nos prio­ri­tés pro­pres sans avoir à tou­jours crain­dre les déci­sions arbi­trai­res et uni­la­té­ra­les du gou­ver­ne­ment fédé­ral.

Enfin, si nous sou­hai­tons assu­rer l’essor de la nation qué­bé­coise, notre devoir le plus impor­tant consiste à assu­rer la vigueur des assi­ses de notre iden­tité, soit la langue fran­çaise et la culture qué­bé­coise. Or, là encore, Ottawa a une partie de notre sort entre ses mains.

La res­pon­sa­bi­lité du mou­ve­ment et des partis sou­ve­rai­nis­tes consiste à pro­po­ser des idées pour rele­ver ces défis et à tout faire pour que nos objec­tifs se réa­li­sent.

La sou­ve­rai­neté est un abou­tis­se­ment logi­que

Ce qui demeure le prin­ci­pal objec­tif du Bloc Québécois, c’est la sou­ve­rai­neté du Québec. Ce projet est d’abord et avant tout un abou­tis­se­ment logi­que pour la nation qué­bé­coise. Maintenant que le Canada a reconnu, même du bout des lèvres, la nation qué­bé­coise, la pro­chaine étape consiste à obte­nir la recon­nais­sance for­melle de l’ensemble de la pla­nète.

La sou­ve­rai­neté, c’est aussi un moyen de nous donner le plein contrôle de nos impôts, de nos lois et de nos moyens d’action dans le monde. La liberté col­lec­tive, voilà sans aucun doute le plus beau legs que nous puis­sions offrir aux pro­chai­nes géné­ra­tions.

Bien sûr, dans un Québec sou­ve­rain, les défis aux­quels nous devons actuel­le­ment faire face demeu­re­ront entiers. Des déci­sions dif­fi­ci­les devront être prises. Mais nous contrô­le­rons alors des moyens bien plus impor­tants qu’actuellement pour y faire face.

Le temps com­mence cepen­dant à pres­ser, car le Québec a devant lui envi­ron 10 ans pour agir de façon déci­sive, avant que le choc démo­gra­phi­que ne com­mence à affec­ter nos pos­si­bi­li­tés d’action. Il n’y a pas de catas­tro­phe en vue. Mais nous n’avons pas non plus le loisir d’attendre patiem­ment, car le statu quo n’existe pas. Chaque année qui passe au sein du Canada amoin­drit les capa­ci­tés du Québec d’agir.

La sou­ve­rai­neté du Québec est plus que jamais à l’ordre du jour. Il y a urgence dans la demeure !

* Pierre Paquette est député de Joliette et leader par­le­men­taire du Bloc Québécois à la Chambre des com­mu­nes

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