L’université populaire des NCS

Le projet socialiste, 100 ans plus tard Avec Colette St-Hilaire, Jonathan Durand-Folco, Emanuel Guay et Fanny Theurillat-Cloutier

Axe 1 - Le Canada, d’hier à aujourd’hui : capitalisme, patriarcat et colonialisme

Par Mis en ligne le 24 septembre 2019

Cent ans après la révo­lu­tion sovié­tique, le projet d’un pou­voir exercé par le peuple germe à nou­veau, dans les bar­rios de Bolivie, les assem­blées muni­ci­pales espa­gnoles, les luttes sociales au Québec… Que pour­rait être un socia­lisme du XXIe siècle ? À quoi pour­rait res­sem­bler l’exercice d’un pou­voir popu­laire ?

Le socia­lisme a existé comme mou­ve­ment social, his­to­rique, contre l’exploitation et la domi­na­tion. La montée actuelle de l’extrême droite, comme dans les années 1930, fait peser sur le socia­lisme et les popu­la­tions de graves menaces. Comme dans les décen­nies anté­rieures, l’extrême droite pré­tend échap­per à la dicho­to­mie gauche-droite et dit faire valoir les inté­rêts de tout le peuple. Les pro­blèmes sociaux et éco­no­miques seraient aujourd’hui pro­vo­qués non pas par le capi­ta­lisme, mais par l’immigration.

Pour éviter de réins­tal­ler des sys­tèmes de gou­ver­ne­ment tota­li­taires et auto­ri­taires, il faut pour­suivre la recons­truc­tion de la société à partir de la base et édi­fier le nou­veau régime sur les piliers de la coopé­ra­tion consciente et volon­taire, sur le prin­cipe de la codé­pen­dance auto­dé­ter­mi­née, qui implique un retour constant à la réflexion de départ afin d’évaluer les pas fran­chis, cor­ri­ger son évo­lu­tion, modi­fier sa tra­jec­toire au besoin. Il nous faut par ailleurs savoir que les moments d’une telle rup­ture se vivent dans l’enthousiasme et une grande volonté de par­ti­ci­pa­tion ; le temps pas­sant, tou­te­fois, il arrive qu’il y ait « recris­tal­li­sa­tion » des rap­ports hié­rar­chiques, d’expertise et de pou­voir. Il sera donc néces­saire de contre­car­rer, peut-être même, de ren­ver­ser ce type de nou­veaux rap­ports hié­rar­chiques.

Stratégiquement, on doit consi­dé­rer aujourd’hui l’hypothèse du « muni­ci­pa­lisme » afin de relan­cer l’objectif du socia­lisme et d’engager à nou­veau l’évolution dans la direc­tion d’une répu­blique des com­munes et des conseils, c’est-à-dire l’instauration du pou­voir du peuple. La muni­ci­pa­lité pour­rait être vue comme un « trem­plin poten­tiel » vers « l’autogouvernement local », lui-même « pilier de la tran­si­tion post­ca­pi­ta­liste ». En repre­nant la leçon de la Commune de Paris (1871), il faut voir, disait Marx, que le « pro­lé­ta­riat ne peut pas se conten­ter de prendre tel quel l’appareil d’État et de le faire fonc­tion­ner à son propre compte » : il faut donc favo­ri­ser la créa­tion de nou­velles ins­ti­tu­tions poli­tiques cor­res­pon­dant à l’exercice de l’autogouvernement popu­laire.

Synthèse par Serge Denis[1]

Notes
  1. Colette St-Hilaire est socio­logue et tra­duc­trice. Jonathan Durand-Folco enseigne à l’Université Saint-Paul. Emanuel Guay est doc­to­rant à l’Université McGill. Fanny Theurillat-Cloutier est pro­fes­seure de socio­lo­gie au cégep Marie-Victorin.


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