L’épreuve des faits

Le problème, c’est les réductions d’impôts aux entreprises, pas la rémunération des employés du secteur public

Par Mis en ligne le 07 avril 2011

Canada inc. ne cesse de clamer que la rému­né­ra­tion des employés du sec­teur public est exces­sive, mais ce n’est qu’une ten­ta­tive d’en faire le bouc émis­saire des défi­cits crois­sants des gou­ver­ne­ments. Les entre­prises espèrent qu’avec leurs argu­ments fal­la­cieux elles détour­ne­ront l’attention des élec­teurs cana­diens des dan­ge­reuses et irres­pon­sables réduc­tions d’impôts que prônent leurs plus proches alliés, les Conservateurs de Stephen Harper.

Le simple bon sens le dit : le vrai pro­blème, ce n’est pas les employés du sec­teur public. Un membre du Syndicat cana­dien de la fonc­tion publique appar­te­nant au sec­teur public gagne en moyenne 40 000 $ par année. La retraite d’un employé moyen du sec­teur public (qui a tra­vaillé 30 ans) est de 18 000 $ par année. Dans un son­dage Environics d’août 2010, 80 pour cent des Canadiens consi­dé­raient les retraites du sec­teur public comme appro­priées ou trop petites.

Les salaires et les condi­tions de tra­vail du sec­teur public seraient exces­sifs ? Même avec beau­coup d’imagination, c’est un point de vue dif­fi­cile à croire.

De l’autre côté, dans les 15 der­nières années, le salaire des 100 chefs d’entreprises cana­diennes les mieux payés a grimpé de 199 pour cent. Et leurs entre­prises pro­fitent main­te­nant de nou­velles réduc­tions d’impôts.

Les emplois et l’investissement que devaient sus­ci­ter ces baisses d’impôts, selon les Conservateurs de Harper et les gou­ver­ne­ments libé­raux qui l’ont pré­cédé, ne se sont pas maté­ria­li­sés. Notre pro­chain gou­ver­ne­ment fédé­ral devra faire passer les besoins des Canadiens avant l’intérêt des com­pa­gnies et cesser de faire porter le blâme par les tra­vailleurs dévoués qui four­nissent les ser­vices publics impor­tants sur les­quels comptent les Canadiens.

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