Le Pacte pour l’emploi

Deuxième dossier produit par des membres du Collectif intersyndical de la région de Montréal du collectif intersyndical, cet article revient sur les positions adoptées par les centrales syndicales en 2008 concernant les propositions du gouvernement Charest.
Par Mis en ligne le 11 septembre 2009

En mars 2008, les direc­tions syn­di­ca­les ont conclues un pacte pour l’emploi avec le gou­ver­ne­ment qué­bé­cois qui néces­site un débat plus impor­tant que celui qui a eu lieu l’an der­nier. Ce qui est défini comme un projet de société de la part des pro­mo­teurs de ce pacte est dans les faits un pro­gramme médio­cre de for­ma­tion sous payé aux sans-emploi qué­bé­cois. Alors qu’on a forcé la réin­té­gra­tion des sans-emplois de manière suc­ces­sive depuis l’adoption de la loi 37 en 1990, on cher­che encore aujourd’hui à faire tra­vailler les immi­grants-es, les han­di­ca­pés et les per­son­nes âgées. En fait, l’objectif géné­ral est d’accroitre le taux d’activité pour sur­mon­ter la crois­sance néga­tive de la popu­la­tion qué­bé­coise en 2030. Et en ce qui concerne les per­son­nes âgées, il faut aug­men­ter le taux d’activité des per­son­nes âgées entre 60 et 64 ans. 37% au Québec en 2007 alors qu’il est de 57% en Alberta.

Tout en favo­ri­sant un enga­ge­ment en faveur de la for­ma­tion pro­fes­sion­nelle, le Pacte pour l’emploi favo­rise une solu­tion adap­tée aux entre­pri­ses ayant des postes vacants à pour­voir, ainsi qu’à celles qui sou­hai­tent amé­lio­rer leur pro­duc­ti­vité par la for­ma­tion et le déve­lop­pe­ment des com­pé­ten­ces. Il n’y a qu’un pas à fran­chir pour parler de conso­li­da­tion d’une armée de réserve comme cer­tains l’ont sou­li­gné. Et cette conso­li­da­tion de l’armée de réserve se fait, sans sur­prise, sur le dos des sans-emploi qui vont par­ti­ci­per à ce pro­gramme pour une aug­men­ta­tion de 180.00$ par mois.

Cet appui des trois cen­tra­les syn­di­ca­les à ce Pacte pour l’emploi n’est pas qu’un appui de prin­cipe puis­que les orga­ni­sa­tions régio­na­les rat­ta­chées à ces cen­tra­les met­tent la main à la pâte d’une manière intense pour la réa­li­sa­tion de ces pro­jets d’insertion. Et malgré des cri­ti­ques nom­breu­ses de la part de grou­pes de défense des droits sociaux, ces orga­ni­sa­tions main­tien­nent le cap sans aucune remise en ques­tion.

Par ailleurs, cet appui à ce Pacte pour l’emploi peut être consi­déré comme une régres­sion poli­ti­que dans un contexte de crise finan­cière majeure. Ce pacte favo­rise une plus grande pro­duc­ti­vité pour accroî­tre la consom­ma­tion et amé­lio­rer d’une manière géné­rale le niveau de vie des qué­bé­coi­ses et des qué­bé­cois. Or, il existe une autre manière de se mesu­rer à la crise : par des mesu­res éta­ti­ques pro­té­geant les reve­nus des tra­vailleurs et des tra­vailleu­ses sans pour autant subor­don­ner l’ensemble des ces avoir au tra­vail. Certaines direc­tions syn­di­ca­les comme la CSN sont jus­te­ment sur la bonne voie en reven­di­quant une éta­ti­sa­tion des régi­mes de retrai­tes pour pro­té­ger la société qué­bé­coise des contrain­tes de la crise finan­cière. Les direc­tions syn­di­ca­les natio­na­les et régio­na­les devraient pour­sui­vre sur cette voie plutôt que de dépen­ser leur éner­gie dans des struc­tu­res de concer­ta­tion qui sont déta­chées des véri­ta­bles enjeux éco­no­mi­ques et sociaux que nous aurons à vivre pro­chai­ne­ment.

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