Le NPD et le Québec

L’université populaire des NCS (20-23 août 2015) abordera la question des alternatives politiques au Canada.

Par Mis en ligne le 01 juin 2015

Dans cha­cune des grandes confron­ta­tions avec le Québec autour de la réforme consti­tu­tion­nelle, le NPD s’est retrouvé dans le camp du gou­ver­ne­ment fédé­ral. Ainsi sous la direc­tion d’Ed Broadbent, le NPD a appuyé le rapa­trie­ment uni­la­té­ral de la Constitution par le gou­ver­ne­ment Trudeau et l’adoption d’une nou­velle Constitution qui prive le Québec de son droit de veto sur les modi­fi­ca­tions consti­tu­tion­nelles tout en impo­sant une Charte des Droits pou­vant inva­li­der des par­ties impor­tantes de la Charte de la langue fran­çaise. Au moment du réfé­ren­dum de 1995, le NPD s’est coa­lisé avec les autres partis fédé­ra­listes contre la sou­ve­rai­neté, fina­le­ment en 2000 lors d’une ini­tia­tive pour blo­quer la sou­ve­rai­neté (la loi dite sur la « Clarté »), les dépu­tés du NPD (sauf deux) ont appuyé le gou­ver­ne­ment fédé­ral libé­ral.

La « Déclaration de Sherbrooke »

Dans cette his­toire à géo­mé­trie variable entre le NPD et le Québec, des chan­ge­ments ont été appor­tés par Jack Layton en 2003. La petite sec­tion qué­bé­coise du NPD a adopté le texte aujourd’hui connu sous le nom de la Déclaration de Sherbrooke, qui pré­tend offrir une vision nou­velle pour « per­mettre au Québec d’embrasser le cadre consti­tu­tion­nel cana­dien ». La Déclaration constate que la volonté des Québécois de « bâtir un projet de société soli­daire… s’est faite prin­ci­pa­le­ment autour de l’État qué­bé­cois », ce qui amène le NPD à pré­co­ni­ser « le fédé­ra­lisme asy­mé­trique » qui pour­rait vou­loir dire un « droit de retrait avec com­pen­sa­tion » sans « condi­tions ou normes appli­quées au Québec sans son consen­te­ment » là où le fédé­ral « inter­vient dans des champs de juri­dic­tion exclu­sive des pro­vinces ».

Ce « fédé­ra­lisme asy­mé­trique » n’est pas une réat­tri­bu­tion des pou­voirs, mais un pro­ces­sus per­ma­nent de négo­cia­tion des poli­tiques et pro­grammes entre le Québec, Ottawa et les autres pro­vinces et ter­ri­toires, négo­cia­tions qui impliquent que le Québec peut se retrou­ver seul contre les dix autres gou­ver­ne­ments. Néanmoins, la Déclaration de Sherbrooke repré­sente une cer­taine ouver­ture de la part du NPD face aux aspi­ra­tions et pré­oc­cu­pa­tions du Québec qui explique sans doute la vague orange de 2011. Pour le moment en tout cas, la direc­tion du NPD est convain­cue d’être sur la bonne voie. Le projet droi­tier du gou­ver­ne­ment Harper avec son vernis de social conser­va­tisme laisse une cer­taine marge de manœuvre à Mulcair qui peut alors pré­tendre occu­per le centre de l’échiquier poli­tique cana­dien. Ce recen­trage est faci­lité du fait que la pres­sion venant de la gauche et des mou­ve­ments sociaux reste très faible au Canada anglais.

Cette réflexion de Richard Fidler a été publiée dans la revue no.9 des NCS, Février 2013

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