Le nouveau gouvernement fait sa rentrée, plusieurs centaines d’enfants la manquent

Le Collectif Éducation sans frontières fait connaitre ses revendications en matière du droit à l’éducation gratuite pour toutes et tous

Par Mis en ligne le 21 septembre 2012


Le Collectif Éducation sans fron­tières (CESF) exige que le nou­veau gou­ver­ne­ment en place légi­fère en matière d’accès à l’éducation gra­tuite pour toutes et tous, peu importe leur statut migra­toire ou le statut migra­toire de leur(s) parent(s). Il demande à tous les partis poli­tiques – PQ, PLQ, CAQ et QS – de s’entendre sur le fait que tous les enfants méritent et doivent aller à l’école sans dis­tinc­tion.

Le CESF tra­vaille avec des migrant-e-s confron­tés au pro­blème du non-accès à l’éducation. Le nombre de per­sonnes tou­chées par cette réa­lité reste dif­fi­cile à fixer. Le CESF estime à, au moins, plu­sieurs cen­taines le nombre d’enfants nés ailleurs et sans statut légal (résident per­ma­nent, citoyen cana­dien ou tout autre statut) ou bien enfants de deman­deurs d’asile refu­sés ou en ins­tance d’expulsion n’ayant pas accès aux écoles comme les autres au Québec. Il a envoyé des lettres res­tées à chaque com­mis­saire des cinq com­mis­sions sco­laires de Montréal et à tous les partis poli­tiques.

« Nous crai­gnons que ces enfants soient les grands oubliés de la ren­trée et de cette cam­pagne élec­to­rale. Or il est encore temps de sauver leur année sco­laire », sou­tient Linda Guerry, cher­cheure à l’UQAM et mère d’un petit garçon, enga­gée au CESF. « Dans une société qui se veut éga­li­taire et soli­daire, toute per­sonne, peu importe son statut migra­toire, devrait avoir le droit à une édu­ca­tion gra­tuite et ceci à tous les niveaux, de la gar­de­rie à l’université, comme c’est le cas dans de nom­breux pays, par exemple en Europe où la quasi-gra­tuité de l’éducation est la norme », ajoute-t-elle.

« L’accès à l’éducation sans dis­cri­mi­na­tion est consa­cré dans de nom­breux ins­tru­ments inter­na­tio­naux de pro­tec­tion des droits humains dont le Canada est signa­taire, rap­pelle Judith Rouan, orga­ni­sa­trice com­mu­nau­taire et mère de trois enfants sco­la­ri­sés à la com­mis­sion sco­laire de Montréal, elle aussi enga­gée au CESF. De nom­breux pays dans le monde ont des lois et des méca­nismes qui pro­tègent le droit à l’éducation des per­sonnes sans statut d’immigration. Dans cer­tains pays d’Europe, aucun docu­ment n’est requis pour l’inscription à l’école. Aux États-Unis, les écoles ne peuvent pas refu­ser l’admission d’un enfant en raison de son statut migra­toire. »

Le climat de sus­pi­cion et de répres­sion à l’égard des immi­grant-e-s sans statut ainsi que les dif­fi­cul­tés admi­nis­tra­tives sont autant d’obstacles pour l’inscription des enfants à l’école. L’absence de dis­po­si­tions claires au sujet de l’accès à l’éducation de ces enfants entraîne des situa­tions dis­cri­mi­na­toires scan­da­leuses tri­bu­taires du pou­voir dis­cré­tion­naire des ins­ti­tu­tions d’enseignement. De jeunes adultes sont éga­le­ment concer­nés et l’accès aux for­ma­tions pro­fes­sion­nelles, col­lé­giales ou uni­ver­si­taires pour les per­sonnes sans-statut est aussi semé d’embûches.

« Comment ne pas être indi­gné par la situa­tion qué­bé­coise où une rési­dence légale est exigée pour l’accès à l’école gra­tuite et où des écoles acceptent des enfants sans statut à la condi­tion qu’ils payent des frais de sco­la­rité de 5000 à 6000 $ ? », demande Judith Rouan.

Le CESF est un col­lec­tif issu de la cam­pagne « Cité sans fron­tières », ini­tiée par Solidarité sans fron­tières et visant à faire de la région mont­réa­laise un espace où les immi­grant-e-s sans statut puissent avoir accès aux ser­vices essen­tiels — tels que les hôpi­taux, les cli­niques, les écoles et les banques ali­men­taires. Plusieurs orga­nismes et asso­cia­tions recon­naissent les reven­di­ca­tions de CESF et sou­tiennent sa décla­ra­tion col­lec­tive, dont la Ligue des droits et liber­tés ainsi que l’Association pour une soli­da­rité syn­di­cale étu­diante.

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