Valleyfield, mémoires et résistances

Le mouvement pour 15 dollars l’heure : où en sommes-nous ?

Bilan des luttes

Par Mis en ligne le 18 avril 2020

Dans la foulée des mou­ve­ments amé­ri­cains et onta­riens pour un salaire mini­mum à 15 dol­lars l’heure, un mou­ve­ment qué­bé­cois s’est mis en place afin de reven­di­quer à son tour une aug­men­ta­tion sub­stan­tielle du salaire mini­mum. En fai­sant le por­tait du mou­ve­ment pour le 15 dol­lars au Québec, un pre­mier constat s’impose : le mou­ve­ment qué­bé­cois pour l’augmentation du salaire mini­mum n’est pas unifié. Contrairement à l’Ontario et à la cam­pagne 15 and Fairness, nous ne sommes pas devant une seule et unique coa­li­tion regrou­pant l’ensemble des orga­ni­sa­tions sou­hai­tant se mobi­li­ser pour le 15 dol­lars. Les dif­fé­rents acteurs orga­nisent tout de même des actions com­munes.

Retour sur l’émergence du mouvement pour 15 dollars l’heure

Au Québec, le mou­ve­ment pour le 15 dol­lars s’est déve­loppé en dif­fé­rentes étapes, influen­cées notam­ment par les cam­pagnes état­su­niennes et onta­riennes. Ce sont d’ailleurs les orga­ni­sa­tions ayant des liens étroits avec des groupes ayant amorcé ou par­ti­cipé acti­ve­ment aux mobi­li­sa­tions dans ces régions qui ont été les pre­mières à reven­di­quer un salaire mini­mum à 15 dol­lars au Québec à l’automne 2015, et ce, de manière presque simul­ta­née.

En octobre 2015, le Centre des tra­vailleurs et tra­vailleuses immi­grants de Montréal (CTI) a lancé une cam­pagne ayant pour titre 15 et jus­tice fai­sant réfé­rence au slogan onta­rien Fifteen and Fairness ; le CTI entre­te­nait alors déjà des liens étroits avec le Workers’ Action Centre à Toronto, leader de la cam­pagne de cette pro­vince. Au même moment, la coa­li­tion 15 plus démar­rait. Cette coa­li­tion était menée prin­ci­pa­le­ment par Alternative socia­liste dont les membres étaient quant à eux ins­pi­rés par les mobi­li­sa­tions ayant lieu à Seattle. L’une des prin­ci­pales actions de 15 plus a porté autour de la grève au Vieux-Port de Montréal à l’été 2016 ; le Syndicat des employés-ées du Vieux-Port étant ini­tia­le­ment l’un des membres cen­traux de cette coa­li­tion.

Un peu plus de six mois plus tard, en avril 2016, un noyau com­posé d’une dizaine de groupes a orga­nisé conjoin­te­ment une mani­fes­ta­tion à Montréal. Il fut alors pro­posé de cla­ri­fier la struc­ture de la coa­li­tion 15 et jus­tice qui, à la suite de ses pour­par­lers et trac­ta­tions, devien­dra la Coalition 15 main­te­nant,le nom ayant entre autres été choisi afin de se dis­tan­cer du dis­cours de cer­taines grandes cen­trales syn­di­cales – comme la Fédération des tra­vailleurs et tra­vailleuses du Québec (FTQ) – qui pro­po­sait alors d’augmenter le salaire mini­mum à 15 dol­lars d’ici 2022[1].

Alors que plu­sieurs alliés se joi­gnaient offi­ciel­le­ment ou offi­cieu­se­ment à la Coalition 15 main­te­nant, d’autres coa­li­tions et cam­pagnes ont éga­le­ment pris place dont la cam­pagne Minimum 15 de la FTQ qui fût lancée le 1er mai 2016 et la Campagne 5-10-15 ini­tia­le­ment lancée conjoin­te­ment par le Front de défenses des non-syndiquéEs, le Collectif pour un Québec sans pau­vreté, la Confédération des syn­di­cats natio­naux (CSN), la Centrale des syn­di­cats démo­cra­tiques (CSD) et la Centrale des syn­di­cats du Québec (CSQ) aux­quels se sont rapi­de­ment joint le Syndicat de la fonc­tion publique et para­pu­blique du Québec (SFPQ) et le Syndicat des pro­fes­sion­nelles et pro­fes­sion­nels du gou­ver­ne­ment du Québec (SPGQ). La Campagne 5-10-15 reven­di­quera alors non seule­ment le salaire mini­mum à 15 dol­lars, mais éga­le­ment – en lien avec la réforme des normes du tra­vail en pré­pa­ra­tion – 10 jour­nées de congé payé pour cause de mala­die ou de res­pon­sa­bi­li­tés fami­liales ainsi que la mise en place de dis­po­si­tions per­met­tant aux tra­vailleurs et tra­vailleuses de connaître leur horaire de tra­vail au moins cinq jours à l’avance.

La tenue du Forum social mon­dial (FSM) à Montréal en août 2016 est consi­dé­rée par plu­sieurs comme un moment cru­cial pour les cam­pagnes et coa­li­tions reven­di­quant le 15 dol­lars. Galvanisée par cet évé­ne­ment et s’inspirant de son mode de fonc­tion­ne­ment hori­zon­tal, la Coalition 15 main­te­nant optera pour une struc­ture plus flexible en vue de la pré­pa­ra­tion d’une mani­fes­ta­tion qui aurait lieu le 15 octobre 2016.

C’est donc dans ce contexte, un mois avant la tenue de cette mani­fes­ta­tion, que la quasi-tota­lité des groupes affi­liés et impli­qués dans les cam­pagnes pour le 15 dol­lars s’est réunie offi­ciel­le­ment pour la pre­mière fois à l’invitation de la Coalition 15 main­te­nant. Aucune struc­ture uni­taire n’émergera de cette ini­tia­tive et la Coalition 15 main­te­nant choi­sira alors de conser­ver une struc­ture flexible « sans mem­ber­ship défini » per­met­tant ainsi à tous les groupes qui le sou­hai­taient de se joindre ponc­tuel­le­ment ou de manière plus constante aux réunions.

La struc­ture de la Coalition 15 main­te­nant ne sera cla­ri­fiée qu’un an plus tard dans le cadre des dis­cus­sions pour la pré­pa­ra­tion de la mani­fes­ta­tion du 15 octobre 2017. De ces dis­cus­sions est née la struc­ture dite Les cam­pagnes unies pour le 15 qui se vou­lait alors une struc­ture regrou­pant les dif­fé­rentes cam­pagnes et coa­li­tions. Cette struc­ture fut tou­te­fois encore une fois remise en ques­tion dans le cadre d’une jour­née de réflexion sur le 15 dol­lars qui s’est tenue en février 2018. Des acteurs cen­traux du mou­ve­ment pour le 15 dol­lars au Québec, dont la Campagne 5-10-15, ont alors demandé à ce que cette struc­ture et sa fonc­tion soient pré­ci­sées et ont, du même coup, remis en ques­tion l’idée de voir naître une « coa­li­tion des coa­li­tions », ce qui aurait eu le poten­tiel de mettre en place un mou­ve­ment unifié.

À la même époque des comi­tés de quar­tier ont vu le jour : le comité de quar­tier de Parc-Extension, celui de de Côte-des-Neiges et celui du Sud-Ouest. L’intention pre­mière de ces trois comi­tés était d’être des espaces citoyens et de per­mettre de mobi­li­ser les tra­vailleurs et tra­vailleuses pré­caires de ces quar­tiers, sa popu­la­tion géné­rale et les orga­nismes locaux. Par la suite sont nés le comité de Centre-Sud-Villeray-St-Michel-Ahunstic, celui de Centre-Sud-Hochelaga-Maisonneuve et un comité sur le campus de l’Université de Montréal.

Des groupes poli­tiques se sont aussi joints aux coa­li­tions pour le 15 dol­lars, dont Québec soli­daire qui a mobi­lisé lar­ge­ment ses membres et par­ti­cipé acti­ve­ment aux réunions de dif­fé­rentes coa­li­tions. Québec Solidaire a éga­le­ment lancé sa propre cam­pagne inti­tu­lée On le mérite et fait du 15 dol­lars un enjeu dans le cadre des élec­tions pro­vin­ciales.

Deux grands constats : la non-unification du mouvement et la nécessaire mobilisation des travailleurs et travailleuses précaires

En février 2018, à l’initiative de Les cam­pagnes unies pour le 15, près d’une tren­taine orga­ni­sa­tions se sont réunies afin de faire le bilan des mobi­li­sa­tions pour le 15 dol­lars au Québec et de penser l’avenir de ce mou­ve­ment. Deux ques­tions ont alors guidé les réflexions : 1) com­ment mobi­li­ser davan­tage d’organisations et leurs membres et 2) com­ment rejoindre et mobi­li­ser les per­sonnes non orga­ni­sées, notam­ment celles qui sont payées moins de 15 dol­lars l’heure. Cette réflexion col­lec­tive sem­blait néces­saire afin de revi­ta­li­ser le mou­ve­ment, les der­nières actions orga­ni­sées lais­sant pré­sa­ger une démo­bi­li­sa­tion. Pour plu­sieurs, le moment était venu de mobi­li­ser plus lar­ge­ment afin de créer un meilleur rap­port de force face à l’État.

Cette démarche a permis de faire res­sor­tir que le pre­mier défi auquel fai­sait face le mou­ve­ment du 15 dol­lars à l’hiver 2018 était de coor­don­ner les dif­fé­rentes cam­pagnes et coa­li­tions. Malgré cer­taines ini­tia­tives et malgré le tra­vail effec­tué par Les cam­pagnes unies pour le 15, encore aujourd’hui, il n’y a aucune coa­li­tion ou cam­pagne uni­fiée. Certaines actions sont tou­te­fois orga­ni­sées conjoin­te­ment.

Néanmoins, la pro­po­si­tion de ral­lier un plus grand nombre d’organisations autour des reven­di­ca­tions pour le salaire mini­mum a de son côté porté fruit. En décembre 2018, une décla­ra­tion com­mune a été lancée regrou­pant près de 150 groupes et orga­ni­sa­tions. Cette décla­ra­tion, à laquelle ont par­ti­cipé toutes les coa­li­tions et cam­pagnes sur le 15 dol­lars, a éga­le­ment permis d’articuler les enjeux autour du salaire mini­mum à ceux du loge­ment, de la rému­né­ra­tion des stages, aux luttes anti­ra­cistes et aux demandes de rehaus­se­ment du finan­ce­ment des orga­nismes com­mu­nau­taires. Soulignons que cette décla­ra­tion a permis de mobi­li­ser entre autres des comi­tés de loge­ment, des centres de femmes, des asso­cia­tions étu­diantes ainsi que des orga­nismes com­mu­nau­taires inter­ve­nant en santé et ser­vices sociaux, en édu­ca­tion popu­laire ou encore en immi­gra­tion. Cette action laisse entre­voir un pos­sible renou­veau pour le mou­ve­ment du 15 dol­lars.

Un second défi est cer­tai­ne­ment l’implication des tra­vailleuses et tra­vailleurs gagnant actuel­le­ment moins de 15 dol­lars l’heure. Contrairement aux mou­ve­ments aux États-Unis et en Ontario, le mou­ve­ment pour le 15 dol­lars ne repose pas prin­ci­pa­le­ment sur la mobi­li­sa­tion et l’implication directe des tra­vailleuses et tra­vailleurs pré­caires, ce qui pose des enjeux en matière de repré­sen­ta­ti­vité et limite le rap­port de force du mou­ve­ment. C’est pour remé­dier à cette situa­tion que cer­taines pistes d’action ont été avan­cées lors d’une jour­née de réflexion col­lec­tive. Parmi ces pistes d’action, nom­mons la pos­si­bi­lité de miser sur les stra­té­gies de « outreach », par exemple en ciblant des entre­prises ou des endroits où les tra­vailleurs et tra­vailleuses sont réunis, ou encore la pos­si­bi­lité de mettre en place des espaces pour écou­ter les besoins des tra­vailleurs et tra­vailleuses pré­caires. Force est de consta­ter que peu de ces pistes ont effec­ti­ve­ment été mises en appli­ca­tion et qu’encore aujourd’hui, peu de tra­vailleurs et tra­vailleuses pré­caires se sont joints acti­ve­ment aux dif­fé­rentes coa­li­tions et cam­pagnes. Au contraire, nous pou­vons même consta­ter que plu­sieurs mili­tants et mili­tantes, se trou­vant dans des situa­tions d’emploi pré­caire, se sont démo­bi­li­sés au cours de la der­nière année.

Ultimement, même si plu­sieurs expli­ca­tions peuvent nous aider à com­prendre la faible pré­sence de tra­vailleurs et tra­vailleuses pré­caires dans le cadre des mobi­li­sa­tions autour du 15 dol­lars – la peur de repré­sailles ou de la perte d’emploi, la pré­ca­rité des situa­tions finan­cières et per­son­nelles, voire des sta­tuts migra­toires, etc. –, il semble néces­saire de réflé­chir aussi aux consé­quences pos­sibles des modes d’organisation du mou­ve­ment sur leur par­ti­ci­pa­tion. Par exemple, est-il pos­sible que le tra­vail en coa­li­tion et le tra­vail sous mode de réunions aient pu rebu­ter cer­taines per­sonnes ? Penser la mobi­li­sa­tion des tra­vailleurs et tra­vailleuses gagnant actuel­le­ment moins de 15 dol­lars l’heure semble être l’une des pistes pri­vi­lé­giées par cer­taines orga­ni­sa­tions afin de revi­ta­li­ser le mou­ve­ment pour le 15 dol­lars.

Les pistes de réflexion : le 15 dollars et la suite des luttes autour du travail précaire

À tra­vers ce bref por­trait des cam­pagnes et coa­li­tions pour le 15 dol­lars, nous pou­vons consta­ter que le mou­ve­ment pour le 15 dol­lars au Québec est bien actif. Actuellement, près de 150 orga­ni­sa­tions se sont publi­que­ment jointes à la décla­ra­tion com­mune et plu­sieurs ate­liers thé­ma­tiques sont en pré­pa­ra­tion. De plus, la diver­sité des acteurs acti­ve­ment impli­qués et l’hétérogénéité dans les coa­li­tions ont permis de regrou­per autour d’une même lutte sociale des orga­nismes com­mu­nau­taires, des orga­ni­sa­tions syn­di­cales, des orga­ni­sa­tions de défenses des droits des tra­vailleurs et tra­vailleuses et des partis poli­tiques. D’autre part, la pré­sence de groupes citoyens, plus ou moins ins­ti­tu­tion­na­li­sés, comme les comi­tés de quar­tier, permet d’expérimenter de nou­velles manières de mobi­li­ser des citoyens et citoyennes et des tra­vailleurs et tra­vailleuses pré­caires. Cela permet donc d’intégrer, dans une cer­taine mesure, des réflexions sur les rela­tions qu’entretiennent les coa­li­tions avec les per­sonnes repré­sen­tées.

Toutefois, ce mou­ve­ment semble éga­le­ment être à la croi­sée des che­mins. Mobiliser des mili­tants et mili­tantes sur une si longue période, soit depuis 2015, consti­tue un défi en soi. Entre-temps, le contexte poli­tique a sen­si­ble­ment changé et plu­sieurs per­sonnes impli­quées dans les coa­li­tions consi­dèrent qu’il est néces­saire de repen­ser les pra­tiques et stra­té­gies du mou­ve­ment afin d’éviter une démo­bi­li­sa­tion géné­ra­li­sée. La suite du mou­ve­ment reste à écrire, mais il semble évident que la reven­di­ca­tion pour le 15 dol­lars a tou­jours le poten­tiel de coa­li­ser de nom­breuses orga­ni­sa­tions et fait tou­jours écho aux reven­di­ca­tions et besoins de nom­breux tra­vailleurs et tra­vailleuses du Québec.

Qui sont les tra­vailleurs et tra­vailleuses gagnant moins de 15 dol­lars au Québec ?

– Au Québec, 1 per­sonne sur 5 gagne moins de 15 dol­lars l’heure, soit 830 000 per­sonnes, ce qui repré­sente 23 % de tous les emplois sala­riés[2].

– Contrairement à ce que plu­sieurs pensent, près de 50 % de ces per­sonnes sont âgées de plus de 30 ans[3] et 67 % ne sont pas aux études[4].

– Dans 57 % des cas, les emplois sont à temps plein et plus de 50 % de ces emplois se concentrent dans les sec­teurs du com­merce au détail, de l’hébergement et de la res­tau­ra­tion[5].

– Une grande partie de ces tra­vailleurs et tra­vailleuses ont des horaires aty­piques et l’accès aux avan­tages sociaux consti­tue un défi.

– L’organisation col­lec­tive de ces tra­vailleurs et tra­vailleuses est com­plexi­fiée par le fait que 85 % de ces emplois sont non syn­di­qués.

– Deux groupes sociaux sont sur­re­pré­sen­tés dans les emplois à moins de 15 dol­lars l’heure : les femmes, qui repré­sentent 58 % des per­sonnes qui seraient tou­chées par une hausse du salaire mini­mum à 15 dol­lars l’heure[6] et les per­sonnes immi­grantes ou raci­sées qui consti­tuent une grande pro­por­tion des tra­vailleurs et tra­vailleuses pauvres[7].

Déclaration commune pour le salaire minimum à 15 $ l’heure

2 décembre 2018[8]

Depuis 2012, la hausse du salaire mini­mum à 15 $ l’heure est deve­nue un enjeu majeur à tra­vers l’Amérique du Nord. Au Canada, l’Alberta et la Colombie-Britannique ont déjà annoncé une hausse du salaire mini­mum à 15 $ l’heure. Au Québec, malgré un fort mou­ve­ment porté par les orga­ni­sa­tions syn­di­cales, com­mu­nau­taires, étu­diantes et poli­tiques, le salaire mini­mum n’est que de 12 $ l’heure depuis le 1er mai 2018. Pourtant, des recherches comme celles de l’IRIS confirment qu’un salaire de 15 $/​h est le mini­mum pour sortir de la pau­vreté et per­mettre à une per­sonne de vivre une vie décente au Québec. Les condi­tions de tra­vail des tra­vailleurs et des tra­vailleuses les plus pré­caires doivent être amé­lio­rées dans leur ensemble. L’augmentation du salaire mini­mum à 15 $ l’heure est un pre­mier pas essen­tiel pour avan­cer sur cette voie.

Considérant cette situa­tion, nous reven­di­quons le salaire mini­mum à 15 $ l’heure et appuyons les prin­cipes sui­vants :

● Étant donné que pour la très grande majo­rité de la popu­la­tion, le salaire est la pre­mière source de reve­nus et que 21 % de la popu­la­tion sala­riée au Québec est payée à un salaire infé­rieur à 15 $/​h, nous consi­dé­rons la hausse du salaire mini­mum à 15 dol­lars comme étant une voie incon­tour­nable afin de lutter contre la pau­vreté.

● Le salaire mini­mum, bien qu’il soit indis­pen­sable, n’est pas le seul et unique moyen de lutter contre la pau­vreté. C’est pour­quoi nous n’accepterons pas que cette hausse soit faite au détri­ment des ser­vices publics et des pro­grammes sociaux.

● Dans notre société qué­bé­coise, les orga­nismes com­mu­nau­taires assument un rôle signi­fi­ca­tif, four­nis­sant des ser­vices variés et com­blant des lacunes des ins­ti­tu­tions gou­ver­ne­men­tales. Afin qu’ils puissent pour­suivre leurs man­dats sociaux et offrir à leurs employé-e-s un salaire décent au-dessus de 15 dol­lars l’heure, nous croyons que la hausse du finan­ce­ment pour ces orga­nismes est requise, et ce, dans le plein res­pect de leur auto­no­mie.

● La pré­ca­rité et la pau­vreté sont une réa­lité pour plu­sieurs. Toutefois, cer­taines por­tions de la popu­la­tion sont par­ti­cu­liè­re­ment tou­chées par les bas salaires, telles que les femmes, les per­sonnes raci­sées, les per­sonnes issues de l’immigration récente, les per­sonnes migrantes tem­po­raires, les per­sonnes han­di­ca­pées et les per­sonnes autoch­tones. Face à ce constat, la hausse du salaire mini­mum contri­bue­rait à amé­lio­rer les condi­tions de vie de ces per­sonnes. C’est pour­quoi, d’une même voix, nous reven­di­quons un salaire mini­mum décent et dénon­çons tous types de mar­gi­na­li­sa­tion et d’exclusion sociale.

En signant cette décla­ra­tion, les dif­fé­rentes orga­ni­sa­tions appuient offi­ciel­le­ment la reven­di­ca­tion d’un salaire mini­mum à 15 dol­lars l’heure.

Mylène Fauvel est doc­to­rante en socio­lo­gie à l’Université de Montréal


  1. Nous devons pré­ci­ser que depuis, la FTQ est reve­nue sur sa posi­tion et reven­dique désor­mais un salaire mini­mum à 15 dol­lars le plus rapi­de­ment pos­sible.
  2. Institut de la sta­tis­tique du Québec (ISQ), Les tra­vailleurs rému­né­rés à moins de 15 $ l’heure au Québec et au Canada, n° 8, 2017.
  3. Ibid.
  4. Fédération des tra­vailleurs et tra­vailleuses du Québec, Pourquoi un salaire mini­mum à 1 $ l’heure, 2018.
  5. Ibid.
  6. ISQ, op. cit.
  7. Xavier Leloup, Florence Desroches et Damaris Rose, Travailleurs pauvres dans la RMR de Montréal, Institut natio­nal de la recherche scien­ti­fique – Urbanisation, Culture et Société, 2016.
  8. <www​.decla​ra​tion​com​mune​.info/>.

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