Le modèle allemand et l’offensive contre les droits sociaux

Par Mis en ligne le 25 mars 2015

Les patrons alle­mands, aidés par le gou­ver­ne­ment socia­liste de Gerhard Schröder en 2003-2005, ont réussi à impo­ser des sacri­fices aux tra­vailleurs.

L’étude En finir avec la com­pé­ti­ti­vité publiée conjoin­te­ment par ATTAC et la Fondation Copernic résume ainsi les grandes étapes des atteintes aux conquêtes des tra­vailleurs d’Allemagne et à leurs droits sociaux et éco­no­miques :

« Les lois Hartz (du nom de l’ex-directeur des Ressources humaines de Volkswagen et conseiller de Gerhard Schröder) se sont éche­lon­nées entre 2003 et 2005. Hartz I oblige les chô­meurs à accep­ter l’emploi qui leur est pro­posé, même pour un salaire infé­rieur à leur indem­nité chô­mage. Hartz II ins­ti­tue des mini-jobs à moins de 400 euros men­suels (exemp­tés de coti­sa­tions sociales sala­riées). Hartz III limite à un an le ver­se­ment des allo­ca­tions chô­mage pour les tra­vailleurs âgés et en durcit les condi­tions d’attribution. Hartz IV fusionne l’allocation chô­mage de longue durée et les aides sociales, et les pla­fonne à 345 euros par mois. Aux lois Hartz s’ajoutent les réformes suc­ces­sives des retraites et du sys­tème d’assurance-maladie : retraite par capi­ta­li­sa­tion (retraites Riester); hausse des coti­sa­tions, report de l’âge légal de départ à la retraite (objec­tif 67 ans en 2017). »

Les auteurs de cette étude sou­lignent : « L’ensemble de ces réformes a conduit à une impres­sion­nante montée des inéga­li­tés sociales. C’est un aspect sou­vent oublié du “modèle alle­mand” et cela vaut donc la peine de donner quelques chiffres détaillés. L’Allemagne est deve­nue un pays très inéga­li­taire : un avant-projet de rap­port par­le­men­taire sur la pau­vreté et la richesse |1| vient d’établir que la moitié la plus pauvre de la société pos­sède seule­ment 1 % des actifs, contre 53 % pour les plus riches. Entre 2003 et 2010, le pou­voir d’achat du salaire médian a baissé de 5,6 %. Mais cette baisse a été très inéga­le­ment répar­tie : — 12 % pour les 40 % de sala­riés les moins bien payés, — 4 % pour les 40 % de sala­riés les mieux payés |2| . Les don­nées offi­cielles montrent que la pro­por­tion de bas salaires est passée de 18,7 % en 2006 à 21 % en 2010 et cette pro­gres­sion des bas salaires — c’est à sou­li­gner — se fait pour l’essentiel en Allemagne de l’Ouest. »

Selon la même étude, en 2008, le nombre de sala­riés a aug­menté de 1,2 mil­lion par rap­port à 1999, mais cette pro­gres­sion cor­res­pond à une aug­men­ta­tion de 1,9 mil­lion du nombre d’emplois pré­caires, et donc à une perte d’un demi-mil­lion d’emplois CDI à plein temps. Un quart des salarié(e) s occupent aujourd’hui un emploi pré­caire, et cette pro­por­tion (la même désor­mais qu’aux États-Unis) monte à 40 % chez les femmes. « Les emplois sala­riés pré­caires sont majo­ri­tai­re­ment (à 70 %) des­ti­nés aux femmes |3|. La pro­por­tion de chô­meurs indem­ni­sés a chuté de 80 % en 1995 à 35 % en 2008 et toutes les per­sonnes au chô­mage depuis plus d’un an ont bas­culé vers l’aide sociale ». Comme le note Arnaud Lechevalier, cette évo­lu­tion s’inscrit « dans un contexte plus géné­ral d’érosion de la pro­tec­tion des sala­riés par les conven­tions col­lec­tives : la part des sala­riés cou­verts a baissé de 76 % à 62 % en dix ans et ces conven­tions ne concer­naient plus que 40 % des entre­prises alle­mandes en 2008. De plus, les syn­di­cats ont dû concé­der de mul­tiples déro­ga­tions aux conven­tions col­lec­tives de branche au niveau des entre­prises ». |4|

Quand on tente d’expliquer l’attitude actuelle des diri­geants alle­mands face à la crise de l’Eurozone, on peut émettre l’hypothèse qu’une des leçons qu’ils ont tirées de l’absorption de l’Allemagne de l’Est au début des années 1990 est que les impor­tantes dis­pa­ri­tés entre tra­vailleurs peuvent être exploi­tées pour impo­ser une poli­tique pro-patro­nale très forte. Les pri­va­ti­sa­tions mas­sives en Allemagne de l’Est, les atteintes à la sécu­rité de l’emploi des tra­vailleurs de l’ex-RDA com­bi­nées à l’augmentation de la dette publique alle­mande due au finan­ce­ment de cette absorp­tion (qui a servi de pré­texte à la mise en place des poli­tiques d’austérité) ont permis d’imposer des reculs très impor­tants à une partie des tra­vailleurs d’Allemagne, qu’ils soient de l’Est ou de l’Ouest. Les tra­vailleurs en Allemagne ont été for­te­ment divi­sés entre ceux qui tra­vaillent dans les grandes branches indus­trielles où est pré­ser­vée une série d’acquis et les sec­teurs très pré­ca­ri­sés des ser­vices et des PME.

Le modèle alle­mand et l’offensive contre les droits sociaux

Les entre­prises alle­mandes ont choisi d’accroître for­te­ment leur pro­duc­tion réa­li­sée dans les pays de l’UE où les salaires sont les plus bas. |5| Les biens inter­mé­diaires sont ensuite rapa­triés en Allemagne sans payer de taxe d’import/export, pour y être assem­blés puis réex­por­tés prin­ci­pa­le­ment vers les autres pays d’Europe. Cela permet de dimi­nuer les coûts de pro­duc­tion, de mettre en concur­rence les tra­vailleurs alle­mands avec ceux des autres pays et d’augmenter la ren­ta­bi­lité de ces entre­prises.

De plus, ces biens assem­blés en Allemagne et vendus sur les mar­chés exté­rieurs appa­raissent bien sûr dans les expor­ta­tions alle­mandes, dont une partie impor­tante est en réa­lité le résul­tat de l’assemblage de pro­duits impor­tés. Les entre­prises des autres pays forts de l’UE font certes de même, mais l’économie alle­mande est celle qui béné­fi­cie pro­por­tion­nel­le­ment le plus des bas salaires et de la pré­ca­ri­sa­tion du tra­vail au sein de la zone euro (y com­pris à l’intérieur des fron­tières de l’Allemagne) et de l’UE. En 2007, les excé­dents com­mer­ciaux de l’Allemagne étaient rede­vables à 83 % de ses échanges avec les autres pays de l’UE (145 mil­liards d’euros vis-à-vis des autres pays de la zone euro, 79 mil­liards vis-à-vis de l’Europe hors zone euro, et 45 mil­liards avec le reste du monde). |6|

On trouve dans un texte d’un des prin­ci­paux syn­di­cats alle­mands, l’IG Metall, le syn­di­cat de la métal­lur­gie, une défense de la zone euro qui en dit long sur l’abandon d’une pers­pec­tive d’unité des tra­vailleurs face au patro­nat. On y trouve une défense des inté­rêts de l’économie alle­mande et de la mon­naie unique. Dans ce docu­ment inti­tulé « 10 argu­ments en faveur de l’euro et de l’union moné­taire » et daté du 19 août 2011, on peut lire :

« L’économie alle­mande dépend plus que toute autre éco­no­mie de ses expor­ta­tions. Nos clients à l’étranger sont à l’origine de mil­lions d’emplois en Allemagne. Les plus impor­tants ache­teurs de pro­duits alle­mands sont les Européens (…). La mon­naie unique a contri­bué énor­mé­ment à la com­pé­ti­ti­vité des pro­duits alle­mands. Si les pays endet­tés sont exclus de la mon­naie unique, ils déva­lue­ront leurs mon­naies pour amé­lio­rer leur com­pé­ti­ti­vité. L’euro res­tant, qui sera com­posé exclu­si­ve­ment des pays les plus forts sur le plan éco­no­mique de l’Union euro­péenne, subira alors une pres­sion consi­dé­rable pour se rééva­luer. Un retour au deutsche mark impli­que­rait au bas mot une rééva­lua­tion de 40 %. » |7|

Quel pitoyable aveu venant d’une orga­ni­sa­tion syn­di­cale ! On est loin de l’unité inter­na­tio­nale des tra­vailleurs face au Capital. La prio­rité est donnée à l’union sacrée entre tra­vailleurs et patrons alle­mands afin d’augmenter la com­pé­ti­ti­vité des pro­duits alle­mands et gagner des mar­chés.

Pour les diri­geants alle­mands actuels et le patro­nat, la crise de la zone euro et les attaques bru­tales impo­sées au peuple grec et à d’autres peuples de la Périphérie sont l’occasion d’aller encore plus loin et de repro­duire d’une cer­taine manière à l’échelle euro­péenne ce qu’ils ont fait en Allemagne.

Quant aux autres diri­geants euro­péens des pays les plus forts et aux patrons des grandes entre­prises, ils ne sont pas en reste. Ils se féli­citent de l’existence d’une zone éco­no­mique, com­mer­ciale et poli­tique com­mune où les trans­na­tio­nales euro­péennes et les éco­no­mies du Nord de la zone euro tirent profit de la débâcle du Sud pour ren­for­cer la pro­fi­ta­bi­lité de leurs entre­prises et mar­quer des points en termes de com­pé­ti­ti­vité par rap­port à leurs concur­rents nord-amé­ri­cains et chi­nois. L’intervention de la Troïka et la com­pli­cité active des gou­ver­ne­ments de la Périphérie les y aident. Le grand Capital des pays de la Périphérie est favo­rable à ces poli­tiques, car il compte bien lui-même obte­nir une part du gâteau des pri­va­ti­sa­tions d’entreprises qu’il convoi­tait depuis des années.

En Allemagne aujourd’hui, dans la foulée de la période pro­lon­gée de réduc­tion des salaires et de pré­ca­ri­sa­tion des contrats, les patrons et le gou­ver­ne­ment de coa­li­tion démo­crate-chré­tien (CDU-CSU) et sociale-libé­rale (SPD), qui ont marqué incon­tes­ta­ble­ment des points tant dans l’UE qu’en Allemagne même, sont amenés à faire une conces­sion limi­tée : la créa­tion d’un salaire mini­mum légal. A partir du 1er jan­vier 2015 a été ins­tauré en Allemagne un salaire mini­mum légal qui s’élève à 8,5 euros de salaire horaire brut, soit un peu plus de 1400 euros par mois à condi­tion que la per­sonne effec­tue un horaire com­plet. De toute manière, il y aura une série d’exceptions. |8|

Signe de la dégra­da­tion de la condi­tion de larges couches de tra­vailleurs au cours des 20 der­nières années : près de 4 mil­lions de sala­riés en Allemagne sont direc­te­ment concer­nés par l’application de cette loi ins­ti­tuant le salaire horaire mini­mum à 8,5 euros, car jusqu’à cette date ils per­ce­vaient une rému­né­ra­tion infé­rieure. En effet, offi­ciel­le­ment, 1,4 mil­lion de sala­riés sont payés moins de 5 euros bruts de l’heure et envi­ron 2,5 mil­lions per­çoivent entre 5 et 8,5 euros. |9| Avec l’instauration du salaire horaire à 8,5 euros brut, l’Allemagne sera grosso modo au niveau du salaire mini­mum horaire appli­qué en France, en Belgique et aux Pays-Bas. Lorsqu’au 1er jan­vier 2017, la loi entrera plei­ne­ment en appli­ca­tion, il semble que 6 mil­lions de sala­riés en béné­fi­cie­ront.

Le modèle alle­mand exporté dans le reste de l’Union euro­péenne

Selon Michel Husson, le coût sala­rial uni­taire réel a baissé de près de 10 % en Allemagne entre 2004 et 2008 |10| . Dans le reste de l’Europe, pen­dant la même période, il a éga­le­ment baissé, mais dans une pro­por­tion bien moindre. C’est à partir de la crise de 2008-2009, qui affecte dure­ment l’Eurozone, que l’on constate une chute très nette des salaires réels des pays les plus tou­chés. C’est ce que sou­ligne Patrick Artus, ana­lyste chez Natixis : « On constate dans les pays en dif­fi­culté de la zone euro (Espagne, Italie, Grèce, Portugal) une forte baisse des salaires réels ». | 11|

Patrick Artus déclare que la baisse des salaires cor­res­pond à une poli­tique déli­bé­rée des diri­geants euro­péens et il ajoute que, de toute évi­dence, cette poli­tique n’a ni permis de relan­cer l’investissement dans les pays men­tion­nés, ni de rendre plus com­pé­ti­tives les expor­ta­tions des mêmes pays. Il écrit que les effets favo­rables « des baisses de salaires sur la com­pé­ti­ti­vité donc le com­merce exté­rieur ou sur l’investissement des entre­prises ne sont pas pré­sents ». Il ajoute que la baisse des salaires a deux effets clairs : d’une part, elle a aug­menté la pro­fi­ta­bi­lité des entre­prises ; d’autre part, elle a dimi­nué la demande des ménages, ce qui a ren­forcé la contrac­tion de l’économie. |12|Cette étude réa­li­sée par la banque Natixis vient confir­mer que le but des diri­geants euro­péens n’est ni de relan­cer l’activité éco­no­mique ni d’améliorer la posi­tion éco­no­mique des pays de la Périphérie par rap­port à ceux du Centre. La baisse des salaires vise à réduire la capa­cité de résis­tance des tra­vailleurs des pays concer­nés, aug­men­ter le taux de profit du Capital et pous­ser plus loin le déman­tè­le­ment de ce qui reste du « com­pro­mis social » construit au cours des 35 années qui ont suivi la Seconde Guerre mon­diale, avant le tour­nant néo­li­bé­ral du début des années 1980.

Comme le sou­ligne l’Organisation inter­na­tio­nale du tra­vail (OIT) dans son Rapport mon­dial sur les salaires 2014/2015 |13|, entre 1999 et 2013, la crois­sance de la pro­duc­ti­vité du tra­vail a dépassé celle des salaires réels en Allemagne. |14| Le Capital a marqué incon­tes­ta­ble­ment des points et les patrons alle­mands en ont tiré profit. Le même rap­port confirme les effets néga­tifs de la crise ouverte en 2007-2008 dans une série de pays de l’UE : les salaires moyens réels en 2013 sont infé­rieurs à ceux de 2007 (!) en Espagne, en Grèce, en Irlande et au Royaume-Uni.

Dans le Rapport mon­dial sur les salaires 2012-2013 publié par l’Organisation inter­na­tio­nale du tra­vail en décembre 2012, les auteurs rele­vaient que dans les pays déve­lop­pés, entre 2008 et 2012, « les salaires ont enre­gis­tré un double creux » (c’est-à-dire en 2008 et en 2011). |15| C’est la seule région du monde avec le Moyen-Orient où les salaires ont baissé depuis 2008. En Chine, dans le reste de l’Asie, en Amérique latine, les salaires ont aug­menté. En Europe orien­tale, ils ont connu une cer­taine récu­pé­ra­tion après l’effondrement des années 1990. Ce rap­port permet de confir­mer que l’épicentre de l’offensive du Capital contre le Travail s’est déplacé vers les pays les plus indus­tria­li­sés, dans l’UE en par­ti­cu­lier.

François Hollande et Matteo Renzi, adeptes hon­teux du modèle alle­mand

Les grands médias affirment régu­liè­re­ment que les « socia­listes » François Hollande et Matteo Renzi sou­haitent un chan­ge­ment de cours de la Commission euro­péenne et de l’Union euro­péenne, mais sont blo­qués par les diri­geants alle­mands qui campent sur des posi­tions ultra­li­bé­rales. En réa­lité, François Hollande et Matteo Renzi cherchent à appli­quer dans leur pays le modèle alle­mand. Depuis l’automne 2014, Matteo Renzi affronte les sala­riés ita­liens pour impo­ser une faci­li­ta­tion des licen­cie­ments et pour ren­for­cer la pré­ca­ri­sa­tion des contrats de tra­vail.

François Hollande mul­ti­plie les cadeaux au patro­nat, il a mis en sep­tembre 2014 le ban­quier Emmanuel Macron à la tête du minis­tère de l’Économie et dans la cou­lisse cherche les conseils de Peter Hartz, l’ex-directeur des res­sources humaines chez VW qui a conduit avec le chan­ce­lier socia­liste Gerhard Schröder les grandes attaques de 2003-2005 contre les droits sociaux en Allemagne. François Hollande pou­vait par­fai­te­ment blo­quer le TSCG en 2012 comme il l’avait promis au cours de sa cam­pagne élec­to­rale. À peine élu, il a trahi son enga­ge­ment et a appuyé l’orientation d’Angela Merkel et de la Commission euro­péenne. Le Commissaire euro­péen Pierre Moscovici, ex-ministre de l’Économie et des Finances du pré­sident François Hollande, a apporté, avec les diri­geants alle­mands, en décembre 2014 son sou­tien au can­di­dat de droite à la pré­si­dence de la Grèce. D’autres diri­geants socia­listes, quand ils étaient à la tête du gou­ver­ne­ment, comme José Luis Zapatero en Espagne, |16| José Socrates |17| au Portugal, Elio Di Rupo |18| en Belgique, George Papandreou en Grèce ou Gordon Brown au Royaume-Uni ont tous mis en appli­ca­tion des mesures éco­no­miques de type néo­li­bé­ral.

Aucun ne s’est opposé à l’orientation de la Commission euro­péenne pour mettre un grain de sable dans l’engrenage aus­té­ri­taire et anti­so­cial alors que les règles en vigueur dans l’UE leur per­met­taient en tant que gou­ver­ne­ment d’opposer leur veto aux mesures qu’ils cri­ti­quaient ou condam­naient devant leurs élec­teurs. Il existe bien une soli­da­rité fon­da­men­tale qui unit les gou­ver­ne­ments dits socia­listes ou de droite dans l’approfondissement de l’offensive contre d’importantes conquêtes sociales de l’après-Seconde Guerre mon­diale. Ce qu’ont fait les diri­geants alle­mands dans les années 1990 et 2000 consti­tue pour les autres gou­ver­ne­ments euro­péens en place jusqu’ici le modèle à suivre et à repro­duire dans la mesure du pos­sible dans leur pays. Par la mobi­li­sa­tion sociale et éga­le­ment à tra­vers les urnes, il est urgent de réus­sir à modi­fier la donne. Cela implique de déso­béir aux injonc­tions de la Commission euro­péenne et de mettre en pra­tique des mesures radi­cales pour res­tau­rer les conquêtes sociales qui ont été mises à mal ou annu­lées, pour socia­li­ser le sec­teur ban­caire, pour mettre fin au paie­ment de dettes illé­gi­times ou illé­gales, pour créer des emplois utiles à la société dans le cadre d’une tran­si­tion éco­lo­gique.

Post-scrip­tum :

Eric Toussaint, doc­teur en sciences poli­tiques, est porte-parole du CADTM inter­na­tio­nal et membre du conseil scien­ti­fique d’ATTAC France. Il est auteur des livres Bancocratie, Aden, 2014, http://​cadtm​.org/​B​a​n​c​o​c​ratie ; Procès d’un homme exem­plaire, Editions Al Dante, Marseille, 2013 ; Un coup d’œil dans le rétro­vi­seur. L’idéologie néo­li­bé­rale des ori­gines jusqu’à aujourd’hui, Le Cerisier, Mons, 2010.

|1| Lebenslagen in Deutschland. Entwurf des vier­ten Armuts- und Reichstumsberichts der Bundesregierung, projet du 17 sep­tembre 2012, http://​gesd​.free​.fr/​a​r​b​9​1​2.pdf

|2| Karl Brenke et Markus M. Grabka, « Schwache Lohnentwicklung im letz­ten Jahrzehnt », DIW Wochenbericht, n° 45, 2011, http://​gesd​.free​.fr/​b​r​e​n​k​e​1​1.pdf

|3| Source : des​ta​tis​.de (Office fédé­ral alle­mand de sta­tis­tique). |4| Arnaud Lechevalier, « Un modèle qui ne fait guère envie », Alternatives éco­no­miques, n° 300, mars 2011, http://​gesd​.free​.fr/​a​l​l​m​o​d​e​l.pdf, cité par ATTAC et Fondation Copernic.

|5| Le salaire men­suel mini­mum légal brut s’élevait en 2014 à 174 Euros en Bulgarie, à 190Euros en Roumanie, à Euros en Lituanie, à 320Euros en Lettonie, à 355Euros en Estonie, à 344Euros en Hongrie, à 352Euros en Slovaquie, à 387Euros en Pologne, à 405Euros en Croatie, à 566Euros au Portugal, à 684Euros en Grèce, à 753Euros en Espagne, à 1217Euros au R-U, à 1457Euros en France, à 1485Euros aux Pays-Bas, à 1501Euros en Belgique… Voir : http://www.statistiques-mondiales.c… consulté le 4 jan­vier 2015.

|6| OCDE, International Trade by Commodity Statistics (SITC Revision 3) men­tionné dans ATTAC et Fondation Copernic, En finir avec la com­pé­ti­ti­vité, Paris, octobre 2012, http://​www​.france​.attac​.org/​a​r​ticle…

|7| IG Metall, « 10 argu­ments en faveur de l’euro et de l’union moné­taire », 19 août 2011, cité dans Cédric Durand (sous la direc­tion de), En finir avec l’Europe, Editions La Fabrique, 2013, p. 68. Une autre partie du texte de l’IG Metall méri­te­rait un com­men­taire mais l’espace nous manque ici : « Les euro­bonds, les plans de sau­ve­tage et les autres mesures de sou­tien aux pays défi­ci­taires doivent être condi­tion­nés à la réduc­tion de l’endettement. Les dettes et les excé­dents des pays indi­vi­duels doivent être super­vi­sés par un fonds moné­taire euro­péen. Les dettes ou les sur­plus exces­sifs doivent donner lieu à des pro­cé­dures de cor­rec­tion des dés­équi­libres. »

|8| Les entre­prises cou­vertes par une conven­tion col­lec­tive se voient accor­der un délai jusqu’en 2016 pour rené­go­cier leurs accords, elles auront la pos­si­blité de se plier à la règle de 8,50 euros de l’heure qu’au 1er jan­vier 2017. Une pro­gres­si­vité spé­ci­fique est prévue pour les aide-mois­son­neurs et les por­teurs de jour­naux, deux pro­fes­sions où les rému­né­ra­tions sont actuel­le­ment très infé­rieures à 8,50 euros de l’heure. Une autre excep­tion concer­nera les chô­meurs de longue durée retrou­vant un emploi. L’entreprise ne sera tenue de res­pec­ter le salaire mini­mum qu’au bout de six mois. Par ailleurs, le salaire mini­mum ne s’appliquera qu’à partir de 18 ans. Source : http://​www​.alle​magne​.diplo​.de/​Vertr…, consulté le 4 jan­vier 2015

|9| Der Spiegel, « ALLEMAGNE Le salaire mini­mum arrive. Enfin ! », 31 décembre 2014, tra­duit et publié par Le Courrier inter­na­tio­nal, http://​www​.cour​rie​rin​ter​na​tio​nal​.co… , consulté le 4 jan­vier 2015

|10| Voir Michel Husson, Economie poli­tique du « sys­tème-euro », juin 2012, http://​cadtm​.org/​E​c​o​n​o​m​i​e​-​p​o​l​i​tique… ou http://​hus​so​net​.free​.fr/​e​c​e​u​r​o​w.pdf

|11| Patrick Artus, « La baisse des salaires dans les pays en dif­fi­culté de la zone euro est-elle utile ? », Flash Economie n°289, 18 avril 2012.

|12| Patrick Artus : « il ne reste que les effets sur la demande des ménages, d’où une forte contrac­tion de l’activité dont le seul effet posi­tif est de réduire le défi­cit exté­rieur » (puisque les impor­ta­tions dimi­nuent). Par ailleurs, Patrick Artus indique, gra­phiques à l’appui, que la pro­fi­ta­bi­lité des entre­prises a aug­menté dans les 4 pays étu­diés.

|13| Voir le résumé du rap­port en fran­çais : http://​www​.ilo​.org/​w​c​m​s​p​5​/​g​r​o​u​ps/pu… Le rap­port inté­gral en anglais : http://​www​.ilo​.org/​w​c​m​s​p​5​/​g​r​o​u​ps/pu… consulté le 4 jan­vier 2015

|14| Selon le même rap­port, cela a éga­le­ment été le cas aux États-Unis et au Japon. |15| OIT, Rapport mon­dial sur les salaires 2012-2013, Genève, décembre 2012, http://​www​.ilo​.org/​w​c​m​s​p​5​/​g​r​o​u​ps/pu… |16| Président socia­liste du gou­ver­ne­ment espa­gnol de 2004 à 2011. |17| Premier ministre socia­liste por­tu­gais de 2005 à 2011. |18| Premier ministre socia­liste belge de 2011 à 2014.

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