Le débat des chefs

Le mépris des conservateurs pour les femmes

Par Mis en ligne le 15 avril 2011

Ottawa, le 13 avril 2011 – Dans un mépris sans pré­cé­dent du pro­ces­sus démo­cra­tique, le gou­ver­ne­ment Harper pro­pose de conso­li­der de mul­tiples pro­jets de loi concer­nant la cri­mi­na­lité, for­çant le Parlement à adop­ter une loi unique à toute vitesse, sans dis­cus­sion ni débats réels et sans éva­luer ce qu’il en coû­tera aux Canadiennes et Canadiens ordi­naires. S’il est adopté, ce projet de loi coû­tera des dizaines de mil­liards de dol­lars aux contri­buables, en plus de mena­cer la sécu­rité des femmes et des enfants, aux dires de la Coalition spé­ciale pour l’égalité des femmes et les droits de la personne.

« Lors du pre­mier débat des chefs, Stephen Harper s’est vanté de son plan pour concré­ti­ser son pro­gramme de lutte contre le crime, mais il n’a pas dit un seul mot sur les femmes. Il promet de s’en prendre vrai­ment au crime (get tough on crime), mais il aban­donne des stra­té­gies éprou­vées qui contri­buent actuel­le­ment à la sécu­rité des femmes, comme le registre des armes à feu ». Ce pro­gramme ne fera rien pour les femmes et les enfants qui sont vic­ti­mi­sés. « Notre gou­ver­ne­ment devrait inves­tir ces mil­liards dans des ser­vices de garde, des loge­ments abor­dables, des ser­vices sociaux, l’éducation et la santé, mesures qui ont toutes fait leurs preuves dans la pré­ven­tion de la cri­mi­na­lité et qui pro­fitent à toute la popu­la­tion » ajoute Kim Pate, direc­trice de l’Association cana­dienne des socié­tés Elizabeth Fry (ACSEF). Incarcérer une femme pen­dant un an dans une prison fédé­rale coûte en moyenne 185 000$. Plus de 80 % des déte­nues sont incar­cé­rées pour des délits liés à la pau­vreté. Plus de 82 % des femmes qui purgent une peine de res­sort fédé­ral au Canada ont déjà subi de la vio­lence ou des agres­sions sexuelles, 75 % n’ont pas ter­miné leur cours secon­daire, 34 % sont Autochtones et la majo­rité vivent des pro­blèmes de santé mentale.

« Il serait bien pré­fé­rable de prendre l’argent versé à cette lutte contre le crime et de s’en servir pour contrer la pau­vreté, le manque d’instruction, la vio­lence à l’égard des femmes, les pro­blèmes de santé men­tale, le sans-abrisme, les toxi­co­ma­nies, et pour créer des ser­vices per­met­tant aux femmes d’échapper à des situa­tions de vio­lence», explique Leighann Burns de l’Ontario Association of Interval and Transition Houses (OAITH), la plus impor­tante asso­cia­tion de mai­sons d’hébergement au Canada. « Personne n’appuie le crime, mais cet argent des contri­buables sera mieux dépensé en pré­ve­nant la vio­lence et d’autres crimes et en contrant les fac­teurs cri­mi­no­gènes qu’en bâtis­sant des pri­sons. On a docu­menté au pays plus de 580 cas de dis­pa­ri­tions et d’assassinats de femmes des Premières nations, d’Inuites et de Métisses dans ce pays, mais Mr Harper n’a pas jugé bon d’en piper mot. Les Canadiennes s’attendent à beau­coup plus. »

Le gou­ver­ne­ment conser­va­teur est tombé en raison d’une motion de non-confiance, quand on a appris qu’il avait dis­si­mulé des infor­ma­tions cru­ciales au sujet des coûts de mise en œuvre de son pro­gramme de « lutte contre le crime ». C’est ce qui a conduit à l’élection actuelle.

La Coalition spé­ciale pour l’égalité des femmes et les droits de la per­sonne regroupe 37 orga­ni­sa­tions, notam­ment des groupes de femmes, de défense des droits de la per­sonne, ainsi que les prin­ci­paux syn­di­cats nationaux.

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Pour des entre­vues et des ren­sei­gne­ments sur la Coalition spé­ciale pour l’égalité des femmes et les droits de la personne :

Claire Tremblay à clairemtremblay@​gmail.​com, ou 613-234-8252, poste 103

Kim Pate à kpate@​web.​ca, ou 613-298-2422

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