UNIVERSITÉ POPULAIRE D'ÉTÉ DES NCS - 2013

Le gouvernement Harper : contenir le Québec et privatiser le Canada

Axe: Réinventer le Québec

Par Mis en ligne le 29 mai 2013

Le Parti conser­va­teur du Canada a une longue his­toire, mais aujourd’hui sous Harper, il y a une rup­ture avec la tra­di­tion des Macdonald, Diefenbaker ou Mulroney. Ce tour­nant est peu reconnu au Canada, sauf au Québec où les gens recon­naissent son impor­tance sur les affaires qué­bé­coises mais aussi sur l’ensemble du Canada. Pour mieux com­prendre le tour­nant, je veux reve­nir sur cinq carac­té­ris­tiques qui dis­tinguent Harper de ses pré­dé­ces­seurs : sa vision de la place du Québec au sein du Canada, la consti­tu­tion du Canada, ses valeurs sociales, son adhé­rence au mili­ta­risme, ainsi que sa com­pré­hen­sion et sa pra­tique de la démo­cra­tie. En conclu­sion, je veux dis­cu­ter l’impact de tout cela sur le Canada.

Stephen Harper et la nation québécoise

Pour Harper et en géné­ral pour la pensée néo­con­ser­va­trice, les ques­tions fis­cales et sociales se trouvent au pre­mier plan. Mais pour des rai­sons poli­tiques et éco­no­miques, le Québec occupe aussi une place par­ti­cu­lière. Pour com­prendre cela, il faut exa­mi­ner l’impact du natio­na­lisme qué­bé­cois sur les Canadiens anglo­phones dans les années 1960. Le refus du Québec d’adhérer à la notion d’« un » Canada et, inver­se­ment, son adop­tion du concept de « deux nations », en a offensé plus d’un au sein du Canada anglais. Les craintes d’une révo­lu­tion vio­lente (du moins, c’était ainsi que cela était perçu) et la menace tan­gible d’une sépa­ra­tion, ainsi que les deux réfé­ren­dums, ont éga­le­ment contri­bué à nour­rir ce trau­ma­tisme col­lec­tif.

Stephen Harper, fils d’un cadre d’une com­pa­gnie pétro­lière, a grandi en Ontario. Il avait douze ans au moment de la crise du FLQ en 1970 et vingt-deux ans à l’époque du pre­mier réfé­ren­dum, lorsqu’il quitta l’Ontario pour l’Alberta. C’est dans cette pro­vince que ses idées poli­tiques se sont cris­tal­li­sées, com­bi­nant de vieux élé­ments de conser­va­tisme et de popu­lisme avec des pers­pec­tives néo­li­bé­rales et liber­ta­riennes qui pre­naient forme à cette époque aux États-Unis et au Royaume-Uni.

Ces idées et ces croyances, aux­quelles il tient tou­jours, sont d’une impor­tance par­ti­cu­lière pour le Québec.

Le « vieux » Parti conser­va­teur (anglo­phone et centré autour de l’Ontario) était hos­tile à la fois au fait fran­çais au Canada en géné­ral et aux aspi­ra­tions des fran­co­phones du Québec en par­ti­cu­lier. Il était atta­ché à la notion d’un Canada plutôt qu’à l’idée d’une double iden­tité cana­dienne et reje­tait com­plè­te­ment l’idée de « deux nations ». En sur­face, le « nou­veau » Parti conser­va­teur de Harper semble plus tolé­rant à l’égard de la spé­ci­fi­cité du Québec. À l’automne 2006, les conser­va­teurs de Harper ont fait adop­ter par la Chambre des com­munes une motion recon­nais­sant le fait « que les Québécois forment une nation à l’intérieur d’un Canada uni. » Cette poli­tique peut sem­bler étrange, sur­tout si on consi­dère le fait que le Parti réfor­miste, cofondé à l’origine par Harper, était tota­le­ment hos­tile à l’accord du lac Meech, et plus spé­ci­fi­que­ment envers sa clause de « société dis­tincte ». Il faut dire qu’il y avait dans cette manœuvre un calcul poli­tique puisque Harper a ainsi tor­pillé une motion que s’apprêtait à pro­po­ser le Bloc Québécois sur la nation qué­bé­coise, sans cepen­dant faire la réfé­rence à un « Canada uni ». Ce fai­sant, Harper a pensé qu’il était éga­le­ment de main­te­nir la mince couche d’appuis dont il dis­po­sait au Québec, d’autant plus que cette motion, en sub­stance, ne signi­fiait abso­lu­ment rien. La for­mu­la­tion de « nation qué­bé­coise » apporte une recon­nais­sance sym­bo­lique (mais non consti­tu­tion­nelle) de la nation qué­bé­coise tout en refu­sant au ter­ri­toire du Québec le statut de nation (avec les impli­ca­tions poli­tiques), et accorde du même coup un pou­voir poli­tique consi­dé­rable à l’État cana­dien.

C’est ainsi qu’en 2006, les conser­va­teurs de Harper ont espéré faire une avan­cée élec­to­rale modeste mais tout de même impor­tante au Québec. Gagner quelques dépu­tés conser­va­teurs au Québec aurait donné à Harper un filet de sécu­rité dans le but de former un gou­ver­ne­ment majo­ri­taire. En 2011, il est devenu évident que ce filet de sécu­rité n’était plus néces­saire, consi­dé­rant la majo­rité que le Parti conser­va­teur a pu rem­por­ter grâce à une coa­li­tion de l’ouest du Canada et de l’Ontario.

Maintenir le Québec dans sa « boîte » est une vieille stra­té­gie du Parti conser­va­teur. Mais le vieux Parti savait au moins qu’il devait tenir compte des pré­oc­cu­pa­tions du Québec. Présentement tou­te­fois, ce n’est plus le cas. Le gou­ver­ne­ment conser­va­teur croit que le natio­na­lisme qué­bé­cois est mort, mais reste tout de même ambi­va­lent face à la menace de la sépa­ra­tion du Québec.

Cette ambi­va­lence est pro­fon­dé­ment enra­ci­née dans le Parti réfor­miste à l’origine de la créa­tion du nou­veau » Parti conser­va­teur. Les réfor­mistes étaient peu inté­res­sés par ce qu’ils appe­laient les « vieilles » poli­tiques du centre du Canada, sur­tout cette idée qu’il fal­lait accom­mo­der le Québec. Une grande partie de la pensée du Parti au sujet de Québec a été résu­mée dans un livre paru en 1986 : « Patriot Games[ii] » de Peter Brimelow. Cet ouvrage a eu une grande influence parmi les nou­veaux conser­va­teurs. Selon la thèse de l’ouvrage, le conflit fon­da­men­tal qui défi­nit la réa­lité poli­tique cana­dienne est l’opposition entre les fran­co­phones et les anglo­phones, entre le Québec et le reste du Canada. Le Parti libé­ral a mani­pulé les inté­rêts poli­tiques du Québec ainsi que ceux du reste du pays afin de rester au pou­voir pour la plus grande partie du ving­tième siècle. Ainsi, le Québec se dirige len­te­ment vers l’indépendance et, en son temps, le Canada anglais trou­vera lui aussi sa voie, refu­sant de se plier aux demandes du Québec. Les deux nations sui­vront donc leur propre chemin, le Canada anglais rejoi­gnant pro­ba­ble­ment les Etats-Unis.

Dans sa bio­gra­phie de Harper, le chro­ni­queur William Johnson explique que l’essai de Brimelow a for­te­ment influencé sa pensée. Dans une allo­cu­tion pro­non­cée en juin 1997 à l’occasion d’une ren­contre du Conseil de la poli­tique natio­nale (un groupe de réflexion de droite des Etats-Unis) Harper décla­rait que le Canada était « essen­tiel­le­ment un pays anglo­phone, aussi anglo­phone que la partie nord des États-Unis[iii] ». Mais la pensée de Harper au sujet du Québec est éga­le­ment ins­pi­rée d’autres consi­dé­ra­tions phi­lo­so­phiques et poli­tiques, dont sa stricte inter­pré­ta­tion de la consti­tu­tion.

Une constitution immuable

De nom­breux experts consti­tu­tion­nels font valoir que la consti­tu­tion cana­dienne, contrai­re­ment à la consti­tu­tion amé­ri­caine, est sujette aux com­pro­mis. Elle est carac­té­ri­sée par une cer­taine flui­dité qui a permis à l’État de s’adapter à deux guerres mon­diales, à des chan­ge­ments éco­no­miques majeurs ainsi qu’à des trans­for­ma­tions sociales impor­tantes. Mais pour Harper, la divi­sion des pou­voirs déci­dée en 1867 est intou­chable. Certes, c’est aussi un point de vue par­tagé par des Québécois qui se réfèrent à cette consti­tu­tion pour reje­ter les intru­sions fédé­rales dans les domaines de juri­dic­tion pro­vin­ciale, et ce depuis la Commission Tremblay des années 1950. De plus, la décen­tra­li­sa­tion pré­sente un cer­tain attrait chez les autres pro­vinces, sur­tout dans l’ouest.

L’adulation du gou­ver­ne­ment Harper pour les clauses consti­tu­tion­nelles de 1867 est ancrée dans d’autres cal­culs, cepen­dant. Tout d’abord, il faut recon­naître que l’AANB de 1867 a été conçu pour isoler le Québec du reste du Canada. L’expansion du Canada à l’Ouest (et au Nord) avait pour but de conso­li­der le carac­tère essen­tiel­le­ment bri­tan­nique du pays. Deuxièmement, l’adhésion à la consti­tu­tion de 1867 coïn­cide avec la volonté du gou­ver­ne­ment Harper de décen­tra­li­ser le pou­voir. Harper dans un dis­cours de 1994 pour la Coalition natio­nales des citoyens affir­mait que pour lui, le plus impor­tant était de dimi­nuer le rôle des gou­ver­ne­ments, quelque soit le statut consti­tu­tion­nel. Aujourd’hui encore, Harper consi­dère la décen­tra­li­sa­tion comme un moyen de déman­te­ler l’État pro­vi­dence et d’autres pro­grammes fédé­raux (santé, édu­ca­tion et sécu­rité sociale), ce qui doit se faire en dimi­nuant pro­gres­si­ve­ment le rôle de l’État fédé­ral quitte à res­ti­tuer cer­tains pou­voirs aux pro­vinces. Non seule­ment est-ce conforme à la consti­tu­tion affirment les conser­va­teurs, mais cela conduira à un meilleur contrôle citoyen sur les pro­grammes qui les touchent. En réa­lité, la décen­tra­li­sa­tion est plus sus­cep­tible de liguer les pro­vinces les unes contre les autres afin d’abaisser les taux d’imposition et de réduire les pro­grammes publics. Ce sont en fait les entre­prises qui sont le plus sus­cep­tibles d’obtenir un plus grand contrôle (une consé­quence qui fait évi­dem­ment l’affaire de Harper).

Le conservatisme moderne et les valeurs sociales

Selon un dicton bien connu, toute per­sonne qui se sou­vient des années 1960 n’y était pas. Dans l’esprit des conser­va­teurs, les années 1960 ont été une époque où se sont affai­blis l’ordre moral et social, la sta­bi­lité des familles stables et hété­ro­sexuelles, et l’acceptation par les femmes de leur rôle tra­di­tion­nel. Depuis pensent-ils, le Canada est atteint d’un affai­blis­se­ment moral qui valo­rise une liberté débri­dée et le désordre. Le Québec, dans cette vision du monde, est la source de cet affai­blis­se­ment. Il est vrai que selon plu­sieurs enquêtes, c’est au Québec où on est le plus libé­ral sur les ques­tions de la sexua­lité, de l’égalité des sexes, du droit à l’avortement et de la coha­bi­ta­tion. De même, en matière de cri­mi­na­lité, le Québec est le moins favo­rable à l’agenda conser­va­teur de la loi et de l’ordre, tout en étant le plus favo­rable à l’adoption de garan­ties contre les dom­mages envi­ron­ne­men­taux poten­tiels engen­drés par l’industrie moderne.

Évidemment, il existe des élé­ments conser­va­teurs (même très conser­va­teurs) au sein du Québec, tout comme il existe des élé­ments libé­raux et même socia­listes dans l’ouest, y com­pris en Alberta. Néanmoins, il semble évident que c’est le Québec qui a fait évolué le Canada dans un sens plus pro­gres­siste (contrai­re­ment aux États-Unis où ce sont les régions les plus conser­va­trices, notam­ment au sud, qui ont eu le plus d’influence).

Pour le gou­ver­ne­ment Harper, les idées libé­rales du Québec sur les ques­tions sociales consti­tuent des motifs suf­fi­sants pour dimi­nuer l’influence de la pro­vince sur le reste du Canada. Dans une démarche éta­piste le gou­ver­ne­ment Harper, via le finan­ce­ment et divers pro­grammes poli­tiques, veut diri­ger le reste du Canada vers la droite, dans la même lignée que l’actuel Parti répu­bli­cain aux États-Unis.

Changer la place du Canada dans le monde

Pour les conser­va­teurs, c’est l’opposition au Québec contre la guerre en 2003 qui a empê­ché le Canada de se joindre aux États-Unis dans son entre­prise désas­treuse en Irak. C’est vrai, mais c’est exa­géré, compte tenu qu’il exis­tait éga­le­ment une forte oppo­si­tion à la guerre dans d’autres régions du Canada. Il faut éga­le­ment consta­ter que le gou­ver­ne­ment cana­dien a quant même appuyé les États-Unis via le déploie­ment de forces mili­taires dans le Golfe et à tra­vers diverses opé­ra­tions de sou­tien logis­tique en Irak, mais sur­tout en Afghanistan. Néanmoins, il est vrai que l’attitude néga­tive des Québécois à l’égard de l’invasion de l’Irak a joué un rôle déci­sif dans la pos­ture du gou­ver­ne­ment qui a décidé que les mili­taires cana­diens ne par­ti­ci­pe­raient pas aux com­bats. Le Québec a payé cher cette oppo­si­tion. La presse états-unienne de droite, notam­ment, mais aussi les médias de droite au Canada notam­ment dans l’ouest s’en sont don­nées à cœur joie dans le « Québec bashing ». Entre-temps, l’élite éco­no­mique cana­dienne a pro­clamé son appui à la guerre et le Parti conser­va­teur dont Stephen Harper venait de prendre le contrôle a dénoncé le gou­ver­ne­ment libé­ral de Jean Chrétien[iv]. Pour Harper, cet appui aux États-Unis était fon­da­men­tal, au-delà d’affinités cultu­relles ou de consi­dé­ra­tions éco­no­miques. La guerre, estime-t-il, reflète la nature humaine et la mas­cu­li­nité. Le Canada ne doit pas être « faible », mais « musclé ». Il s’agit de com­battre le mal, et non de « pro­té­ger la paix ». Ainsi émerge un nou­veau natio­na­lisme cana­dien, lié aux prouesses guer­rières, à la guerre de 1812, aux défi­lés mili­taires, comme on le voit aux États-Unis.

Une certaine conception de la démocratie

Historiquement, le conser­va­tisme a eu une rela­tion dif­fi­cile avec l’idée de démo­cra­tie. Après tout, on retrouve au cœur du conser­va­tisme la notion de hié­rar­chie et de sup­po­sées inéga­li­tés « natu­relles ». En revanche, une véri­table démo­cra­tie exige une éga­lité fon­da­men­tale. Par consé­quent, les conser­va­teurs ont un rap­port gêné avec la démo­cra­tie, crai­gnant le pou­voir col­lec­tif du peuple.

Durant les der­nières années cepen­dant, le conser­va­tisme s’est redé­fini. Les conser­va­teurs ont réussi en Amérique du Nord, à ancrer dans l’esprit du public la notion que le gou­ver­ne­ment est une réa­lité externe et oppres­sive. La dimi­nu­tion des impôts promue par les Conservateurs a dans un sens sorti le gou­ver­ne­ment de​la vie des gens. La société en fin de compte, dans cette l’optique conser­va­trice, est com­po­sée d’abord et avant tout d’individus, une sorte d’espèce dis­tincte qui ne doit rien ni au passé ni à l’avenir, un isolé social en com­pé­ti­tion pour des res­sources qui se font de plus en plus rares. Pour les conser­va­teurs modernes, c’est l’ordre normal des choses. Pour les conser­va­teurs sociaux, la lutte de l’individu (sans l’aide de l’État) a une valeur morale, tandis que, pour les conser­va­teurs éco­no­miques, les indi­vi­dus isolés sont des tra­vailleurs plus dociles que ceux qui se consi­dèrent comme fai­sant partie d’une com­mu­nauté.

La vision de la démo­cra­tie du gou­ver­ne­ment Harper est de façon simi­laire construite autour du prin­cipe d’une société com­po­sée d’individualités dépen­dantes du marché et contrô­lées par un État limité socia­le­ment, mais très auto­ri­taire. Depuis 2006 au moment de la mise en place d’un gou­ver­ne­ment mino­ri­taire, Harper s’est mis à l’œuvre pour atta­quer les ins­ti­tu­tions publiques indé­pen­dantes (dont la SRC, la Cour suprême, Élections Canada, les com­mis­sions des droits de l’homme, Statistiques Canada). Il a per­turbé le tra­vail des com­mis­sions par­le­men­taires. Il s’est engagé dans la dis­si­mu­la­tion sys­té­ma­tique de l’information à l’examen par­le­men­taire. Il a uti­lisé le pou­voir de l’État pour sanc­tion­ner ses adver­saires, comme il l’a fait récem­ment en repré­sen­tant des envi­ron­ne­men­ta­listes comme des enne­mis publics. Il a uti­lisé deux fois la pro­ro­ga­tion, la pre­mière fois pour éviter la défaite à la Chambre des com­munes, la deuxième afin d’éviter la cen­sure. Depuis, ce gou­ver­ne­ment a enfreint les règles régis­sant les dépenses élec­to­rales. La liste des affronts à la démo­cra­tie est très longue, per­sis­tante et acca­blante, comme l’explique le jour­na­liste du Globe and Mail Lawrence Martin[v]. Le plus inquié­tant, cepen­dant, est l’odeur de l’autoritarisme qui émane du gou­ver­ne­ment Harper. Le mili­ta­risme et l’autoritarisme ne font pas bon ménage avec la démo­cra­tie.

Qui est menacé ?

Devant cette évo­lu­tion, que faire ? À cer­tains égards, il peut être ten­tant pour les Québécois d’accepter le rôle que le gou­ver­ne­ment Harper veut leur assignes, c’est-à-dire de rester dans une « boîte » ou peut-être même de com­plé­ter la rup­ture avec Canada, comme plu­sieurs au sein du gou­ver­ne­ment Harper l’envisagent. Cependant, cette éven­tua­lité pour­rait être une tra­gé­die pour les Québécois comme pour les Canadiens. Plus que jamais, le Canada a besoin que le Québec pro­meuve et fasse valoir ses valeurs sociales tout en col­la­bo­rant avec les pro­gres­sistes cana­diens. C’est la seule façon de construire une solu­tion de rechange réa­liste et posi­tive face à l’agenda de Harper. Comme c’est sou­vent le cas his­to­ri­que­ment, les com­mu­nau­tés doivent sur­vivre ensemble ou ris­quer de s’effondrer.

Trevor W. Harrison[i]


[i] Trevor W. Harrison est pro­fes­seur à l’Université Lethbridge en Alberta. Le texte a été tra­duit par Josée-Raphaele Brodeur.

[ii] Peter Brimelow’s Patriot Games, Toronto : Key Porter Books, 1986.

[iii] William Johnson, Stephen Harper and the Future of Canada, Toronto : McClelland and Stewart, 2009

[iv] “Nous sou­te­nons l’effort de guerre des États-Unis et nous devons être à leurs côtés, The Montreal Gazette, 2 avril 2003.

[v] Lawrence Martin, Harperland : The Politics of Control, Toronto : Penguin, 2011

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