Le Forum Social Mondial de Dakar s’ouvre sur un vent de révoltes

Par Mis en ligne le 08 février 2011
Le Forum Social Mondial de Dakar [1] s’est ouvert ce dimanche 6 février par une marche réunis­sant plu­sieurs dizaines de mil­liers de mani­fes­tants. Le souffle des sou­lè­ve­ments popu­laires en Tunisie, Egypte, Yemen, Algérie, etc… par­cou­rait les cor­tèges et les slo­gans, mais aussi les inter­ven­tions lors de l’acte inau­gu­ral de ce Forum Social Mondial qui débute ce lundi à l’Université Cheikh Anta Diop. Après celui de Nairobi au Nigéria en 2007, il s’agit de la seconde édi­tion du FSM sur le conti­nent afri­cain. Il est l’aboutissement d’une année d’initiatives mon­diales ayant permis la tenue de plus de qua­rante évè­ne­ments, comme le Forum Social des Etats-Unis, celui des Amériques, le Forum Mondial de l’éducation en Palestine, mais éga­le­ment de nom­breux forums au Maghreb et au Machrek… qui ont sans doute « nourri les révo­lu­tions tuni­siennes et égyp­tiennes » [2]. Retour en images sur la mani­fes­ta­tion :

Prolongement de ces ini­tia­tives, le Forum Social Mondial de Dakar va néces­sai­re­ment impri­mer sa marque au mou­ve­ment alter­mon­dia­liste. Si le der­nier Forum Social Mondial de Belem au Brésil (jan­vier 2009) et les mou­ve­ments indi­gènes ont imposé de débattre de la crise de notre civi­li­sa­tion, celui de Dakar devrait pro­lon­ger les réflexions sur la fini­tude de la pla­nète en poin­tant l’accaparement des terres et la des­truc­tion de la petite pay­san­ne­rie sur le conti­nent afri­cain. D’autre part, le forum de Dakar va être une étape déci­sive dans la construc­tion d’un mou­ve­ment pla­né­taire reven­di­quant la liberté de cir­cu­la­tion des migrants. Ainsi, quelques jours avant le forum, sur l‘île de Gorée, d’où sont partis des cen­taines de mil­liers d’esclaves vers les colo­nies antillaises et d’Amérique du Sud, une « Charte Mondiale des Migrants pour un monde sans murs » a été rédi­gée comme point de départ fai­sant des migrants, non pas des vic­times, mais des acteurs de mou­ve­ments sociaux pour trans­for­mer le monde. [3]

Là-même où Nicolas Sarozy avait déclaré que « l’homme afri­cain n’est pas assez entré dans l’histoire », les dizaines de mil­liers de par­ti­ci­pants du Forum Social Mondial de Dakar vont notam­ment se plon­ger dans l’immense his­toire popu­laire des peuples afri­cains dont l’avenir est hypo­thé­qué par trois décen­nies de poli­tiques néo­li­bé­rales venues s’ajouter à des siècles de colo­ni­sa­tion. Venant de toute la pla­nète, les mou­ve­ments sociaux et les citoyens du monde se joignent aux peuples afri­cains qui refusent de payer le prix des crises actuelles dans les­quelles ils n’ont aucune res­pon­sa­bi­lité.

Maximes Combes


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