LE FOOTBALL COMME FORME DU POLITIQUE

Par Mis en ligne le 04 juillet 2010

L’organisation de la Coupe du monde en Afrique du Sud est l’occasion de déve­lop­per des fan­tasmes mul­tiples sur la force démo­cra­tique de l’institution foot­bal­lis­tique. Principale mani­fes­ta­tion spor­tive, la Coupe du monde de foot­ball serait l’occasion, comme il y a quinze ans la Coupe du monde de rugby (1995), d’offrir l’image d’une pos­sible récon­ci­lia­tion du peuple sud-afri­cain dans toutes ses com­po­santes. La pro­po­si­tion est, malgré tout, inver­sée et ce sont les Blancs qui sont invi­tés à se réjouir autour du sport pra­ti­qué par les Noirs. Derrière cette récon­ci­lia­tion sup­po­sée sont réité­rées les idées les plus com­munes et les mieux conve­nues sur les bien­faits poten­tiels d’une telle orga­ni­sa­tion pour l’économie locale, pour le sys­tème poli­tique et social, pour l’intégration du pays au sein du marché mon­dial.

Cette dimen­sion poli­tique du sport, sou­te­nue par le dis­cours des per­sonnes les plus influentes du pays, Nelson Mandela, Desmond Tutu, Frederik De Klerk[1], est relayée par­tout dans le monde, par les médias, les ins­ti­tu­tions poli­tiques et éco­no­miques et sou­vent désor­mais par les intel­lec­tuels eux-mêmes. La situa­tion de crise, que connaît depuis quelques années l’Afrique du Sud, dis­pa­raît dans les fes­ti­vi­tés pré­pa­rées qui font taire les oppo­si­tions. Le foot­ball comme néces­saire outil de gou­ver­ne­ment anti-démo­cra­tique, voilà sans doute l’une des hypo­thèses les plus pré­gnantes de ces der­nières années.

La force du dis­cours

Les réité­ra­tions dis­cur­sives ont, tant dans l’environnement poli­tique que dans celui du sport, force de preuves. Ainsi chacun verse, concer­nant la pra­tique spor­tive, dans la pos­ture la plus vul­gaire, affir­ma­tion d’un soi-disant désir col­lec­tif géné­ral et una­nime. Le der­nier exemple de cet état de fait, et qui peut servir d’analyseur du sys­tème, est consti­tué par le choix du pays qui orga­ni­sera le Championnat d’Europe des nations de foot­ball 2016. Pour cette occa­sion, le 28 mai 2010, Nicolas Sarkozy, devant le comité de sélec­tion de l’UEFA (Union Européenne de Football Association), a plaidé en faveur de la can­di­da­ture fran­çaise à l’organisation de ce Championnat. Cette can­di­da­ture semble, comme le rap­pelle Sarkozy lui-même, avoir fait l’objet d’une étude stra­té­gique en fonc­tion de moyens et de fina­li­tés visées éco­no­miques, poli­tiques et idéo­lo­giques. Ainsi déclare-t-il : « Nous, nous pen­sons en France que le sport est une réponse à la crise. C’est jus­te­ment parce qu’il y a une crise, qu’il y a des pro­blèmes, qu’il faut mobi­li­ser tout le pays vers l’organisation de grands évé­ne­ments » a-t-il déclaré « et qu’est ce qu’il y a de plus fort que le sport et, à l’intérieur du sport, qu’est-ce qu’il y a de plus fort que le foot­ball ? […] C’est une déci­sion pour nous stra­té­gique qui engage tout le pays face à la crise […]. Ce n’est pas un enga­ge­ment de la Fédération, ce n’est pas un enga­ge­ment de la Ligue, c’est un enga­ge­ment de tout un peuple. On a envie de rece­voir en France. […] Il n’y a pas la gauche et la droite, il n’y a pas le sud et le nord, il n’y a pas l’est et l’ouest, il y a tout un pays mobi­lisé pour avoir cet évé­ne­ment »[2]. Pour com­prendre ce que repré­sente une Coupe du monde, comme celle qui se déroule en Afrique du Sud, il faut com­prendre la pos­ture de Sarkozy face au sport, par­ti­cu­liè­re­ment le foot­ball.

La bana­lité du dis­cours n’a d’égale que son effi­ca­cité poli­tique et sans doute sa dan­ge­ro­sité. Lorsque Sarkozy déclare : « Nous, nous pen­sons en France que le sport est une réponse à la crise. C’est jus­te­ment parce qu’il y a une crise, qu’il y a des pro­blèmes, qu’il faut mobi­li­ser tout le pays vers l’organisation de grands évé­ne­ments », nous per­ce­vons la néces­sité de créer une iden­tité basée sur un désir col­lec­tif de trans­for­ma­tion de la société afin de répondre aux dif­fi­cul­tés que la crise éco­no­mique et poli­tique fait émer­ger, par­ti­cu­liè­re­ment au sein des popu­la­tions les plus vul­né­rables. Mais il est sans doute néces­saire, pour inter­pré­ter ce dis­cours, de plon­ger dans le contexte poli­tique fran­çais et dans la struc­ture des réponses à la crise appor­tées par Nicolas Sarkozy et le gou­ver­ne­ment de François Fillon. Que faut-il com­prendre par « c’est jus­te­ment parce qu’il y a une crise, qu’il y a des pro­blèmes, qu’il faut mobi­li­ser tout le pays vers l’organisation de grands évé­ne­ment » ? Sans doute faut-il admettre que le pays, entré en réces­sion, va connaître une période de rigueur éco­no­mique et bud­gé­taire sus­cep­tible d’agresser une partie non négli­geable de la popu­la­tion. N’est-ce pas le sens des déci­sions prises dans le cadre de la LOLF (loi orga­nique rela­tive aux lois de finances) et de la RGPP (révi­sion géné­rale des poli­tiques publiques) qui visent, sous cou­vert d’économie bud­gé­taire, à la des­truc­tion des ser­vices publics d’éducation, de santé, des trans­ports, des éner­gies, de la ges­tion des eaux ? Il en va de même pour ce qui concerne le débat sur l’âge de la retraite et le nombre d’anuités de coti­sa­tion. Dans ce cadre, dans cette dimen­sion poli­tique, les « grands évé­ne­ments » spor­tifs sont les spec­tacles évo­qués par Guy Debord qui écri­vait que « le spec­tacle n’est pas un ensemble d’images, mais un rap­port social entre des per­sonnes, média­tisé par des images »[3]. Il existe donc au tra­vers des évé­ne­ments, de leur spec­ta­cu­la­ri­sa­tion, non pas seule­ment des images en tant que celles-ci seraient hors de la vie mais un pro­ces­sus, « un rap­port social » que les images per­mettent de porter à connais­sance et de déve­lop­per. L’accumulation des images/​spectacles concoure à l’éloignement du vécu par la réité­ra­tion per­ma­nente de la situa­tion spec­ta­cu­laire ce qui fait que doré­na­vant, « toute la vie des socié­tés dans les­quelles règnent les condi­tions modernes de pro­duc­tion s’annonce comme une immense accu­mu­la­tion de spec­tacles »[4].

Le spec­tacle fait donc société, tout en étant une partie de celle-ci et, comme le signale Guy Debord, en par­ti­ci­pant, ins­tru­men­ta­le­ment, de son uni­fi­ca­tion. Mais « en tant que partie de la société, il est expres­sé­ment le sec­teur qui concentre tout regard et toute conscience. Du fait même que ce sec­teur est séparé, il est le lieu du regard abusé et de la fausse conscience »[5]. Du regard abusé à la fausse conscience[6], le spec­tacle dis­si­mule l’essence socié­tale der­rière des images qui se sub­sti­tuent à la réa­lité quo­ti­dienne de l’homme moderne et au fon­de­ment du pro­ces­sus capi­ta­liste de pro­duc­tion. Cet homme devient alors l’objet passif du quo­ti­dien car « le spec­tacle se pré­sente comme une énorme posi­ti­vité indis­cu­table et inac­ces­sible. Il ne dit rien de plus que “ce qui appa­raît est bon, ce qui est bon appa­raît”. L’attitude qu’il exige par prin­cipe est cette accep­ta­tion pas­sive qu’il a déjà en fait obtenu par sa manière d’apparaître sans réplique, par son mono­pole de l’apparence »[7]. Cette pas­si­vité est l’instrument indis­pen­sable à l’élaboration d’un regard abusé, de la fausse conscience et de la fausse iden­tité. Le détour­ne­ment de la réa­lité n’est pos­sible que dans la pas­si­vité accep­tée face au spec­tacle. C’est en tant que diver­tis­se­ment, donc détour­ne­ment, que « les grands évé­ne­ments » spor­tifs, par­ti­cu­liè­re­ment foot­bal­lis­tique, par­ti­ci­pant de la société du spec­tacle, adviennent en tant qu’instruments de l’élaboration idéo­lo­gique, active et pas­sive. En ce sens la société du spec­tacle et l’idéologie du diver­tis­se­ment ne reposent pas sur le modèle de la pièce de théâtre – bien que fai­sant suite aux théo­ries de Siegfried Kracauer, de Walter Benjamin, de Max Horkheimer et de Théodor W. Adorno, nous avons une idée plus pré­cise de ce que peuvent deve­nir les arts et la culture à l’époque de la repro­duc­tion indus­trielle – mais sur la mar­chan­di­sa­tion de la vie dans sa glo­ba­lité.

La puis­sance idéo­lo­gique du spec­tacle est telle que Nicolas Sarkozy évoque tout d’abord le sou­tien de « tout un peuple », accé­lé­rant la mar­chan­di­sa­tion idéo­lo­gique des popu­la­tions puis affirme, avec raison, que le pays, en pareille occa­sion, ne connaît plus ni de droite ni de gauche ce qui, pour le per­son­nel poli­tique semble confirmé par les décla­ra­tions du maire socia­liste de Paris, Bertrand Delanoë. Ce der­nier, à la suite de tous les élus UMP, espère que cet évé­ne­ment sera « celui de la convi­via­lité, de la fête, des émo­tions et des valeurs par­ta­gées »[8], alors que Martine Aubry estime que cette dési­gna­tion est « un hon­neur »[9].

C’est en se repo­sant sur ces bases que le pays s’apprête à uti­li­ser des bud­gets publics pour la réno­va­tion ou la construc­tion de stades. 1,7 mil­liard d’euros seraient paraît-il néces­saires pour cette opé­ra­tion, mais l’histoire montre que ces esti­ma­tions sont sou­vent sous-évaluées[10]. Il est pro­bable que les dépenses totales s’élèveront plus que de raison (3, 4 mil­liards d’euros ou plus). Nicolas Sarkozy avait-il cela en tête lorsqu’il copi­nait avec les anciens joueurs de foot­ball que son Zidane, Karembeu ou Djorkaeff ? Arnaud Lagardère, ami du Président, fils de Jean-Luc et pré­sident du groupe Lagardère ne l’a pas oublié, lui qui déclare le 1er juin que l’organisation du Championnat d’Europe des nations « tombe vrai­ment bien » pour ses affaires[11]. Le marché spor­tif est évalué aujourd’hui à plus de 100 mil­liards de dol­lars, il est, comme le rap­pelle Lagardère, « l’un des rares mar­chés en crois­sance ». Il ne s’agit donc plus pour les hommes d’affaires de se com­por­ter en mécènes mais de faire du sport l’une des branches les plus actives, pro­por­tion­nel­le­ment l’une des plus ren­tables de l’économie mon­diale.

Le foot­ball, par­ti­cu­liè­re­ment la Coupe du monde, pos­sède une dimen­sion poli­tique de dépo­li­ti­sa­tion des masses, et permet une appro­pria­tion par le capi­tal de l’ensemble des espaces éco­no­miques, géo­gra­phiques et sociaux. Il semble donc logique que les ins­ti­tu­tions poli­tiques par­ti­ci­pant du déve­lop­pe­ment capi­ta­liste par­ti­cipe du déve­lop­pe­ment foot­bal­lis­tique. En cela le dis­cours sur le sport par­ti­cipe des stra­té­gies de domi­na­tion.

L’exploitation afri­caine

L’organisation de la Coupe du monde 2010 en Afrique du Sud n’est donc pas le fruit du hasard. Pays riche qui pos­sède une popu­la­tion pauvre, elle repré­sente l’idéal de l’exploitation de l’homme par l’homme pour l’appropriation des res­sources natu­relles. Le mythe de la nation « arc-en-ciel », société démo­cra­tique post-Apartheid a fait long feu et, désor­mais, la société sud-afri­caine repro­duit, dans un contexte dif­fé­rent de celui de l’Apartheid, les « crimes bar­bares, le fléau des viols, des vols et des escro­que­ries, l’enrichissement indé­cent d’un petit nombre, la recon­ver­sion comme forme d’impunité, les fonc­tions offi­cielles comme exer­cice de récu­pé­ra­tion, l’effondrement des ser­vices indis­pen­sables, le ren­for­ce­ment et la pour­suite du racisme, l’absence de morale publique et même de sens commun »[12]. Si la situa­tion poli­tico-éco­no­mique ne suffit pas pour per­mettre au pays de trou­ver une nou­velle voie, l’institution spor­tive est tou­jours pré­sente pour faire croire à l’émergence d’une société nou­velle, plus juste et plus ouverte. C’était le cas de la Coupe du monde de rugby en 1995 qui s’est dis­pu­tée en Afrique du Sud. Sur la Coupe du monde de foot­ball 2010 reposent les mêmes dis­cours et les mêmes stra­té­gies de déve­lop­pe­ment éco­no­mique, poli­tique et social et de l’éternelle récon­ci­lia­tion des peuples sud-afri­cains. Pourtant aucun de ces « sec­teurs » ne béné­fi­ciera d’un effet Coupe du monde. Quelle Afrique peut pro­fi­ter d’une telle orga­ni­sa­tion ? Celle dont la pau­vreté a explosé au cours des der­nières décen­nies ? Celle dont un tiers des habi­tants vivent avec moins d’un demi-dollar par jour ? Celle qui voit se mul­ti­plier les guerres civiles ? Celles des enfants des dic­ta­teurs et assas­sins Mobutu, Taylor, Idi Amin, Mugabe ou Bokassa ? Celle rava­gée par les famines comme celle de 2002 qui au Malawi, en Zambie, au nord de l’Afrique du Sud, au Botswana, au Lesotho, dans cer­taines régions du Zimbabwe et de l’Angola mena­çait plus de 14 mil­lions d’enfants, d’hommes et de femmes de « mort immé­diate »[13] ? Celle du sida ? De quelle Coupe du monde s’agit-il ? Celle de la vio­lence, de la pau­vreté, de la xéno­pho­bie et des viols ? Celle des grandes entre­prises occi­den­tales, du capi­ta­lisme triom­phant ?

La Coupe du monde de foot­ball est orga­ni­sée entre les fusils de la police, de l’armée, des milices pri­vées, et les bar­be­lés des zones pro­té­gées, inac­ces­sibles à la majo­rité de la popu­la­tion. La ségré­ga­tion sociale qui a rem­placé la ségré­ga­tion raciale par­ti­cipe du déve­lop­pe­ment de toutes les cri­mi­na­li­tés. La ville de Johannesburg — l’une des « capi­tales mon­diales du crime »[14] se dis­tingue par­ti­cu­liè­re­ment par ses dis­pa­ri­tés éco­no­miques et sociales, et pour les exac­tions qui s’y déroulent. « Le célèbre quar­tier de Hillbrow proche du centre de Johannesburg, l’un des rares quar­tiers qui après avoir été entiè­re­ment blanc jusqu’au début des années 1980, est devenu entiè­re­ment noir aujourd’hui. Il ras­semble sur envi­ron un kilo­mètre carré presque tous les maux de la société urbaine : pau­vreté, pro­mis­cuité, trafic de drogue, pros­ti­tu­tion, cor­rup­tion, cri­mi­na­lité, aux­quels s’est ajou­tée la pan­dé­mie du sida »[15]. Cette « vio­lence » limite les liber­tés de dépla­ce­ments, le déve­lop­pe­ment éco­no­mique local et celui de liens sociaux har­mo­nieux et équi­li­brés. « Chaque jour on relève plus de 300 meurtres ou agres­sions vio­lentes dans le pays. Selon le très sérieux maga­zine alle­mand Der Spiegel, on compte chaque année en Afrique du Sud, 18 500 meurtres, 20 500 ten­ta­tives d’assassinat, 55 000 viols, 227 000 agres­sions vio­lentes et au moins 5 000 enlè­ve­ments »[16]. Philippe Gervais-Lambony note qu’avec une four­chette de 20 000 à 25 000 meurtres par an cela cor­res­pond à un taux de 25 % plus élevé qu’aux États-Unis[17]. De même, l’auteur remarque qu’il y a dans le pays 4 mil­lions de permis de port d’armes et peut-être plus d’un mil­lion d’armes à feu illé­gales, ce qui repré­sente huit fois plus d’armes que n’en pos­sèdent la police et l’armée réunies.

Mais der­rière ces vio­lences cri­mi­nelles se cache le désar­roi d’une popu­la­tion qui voit croître les inéga­li­tés et qui, par­fois, pro­duit elle-même ces vio­lences col­lec­tives et poli­tiques. Ainsi en 2008 et 2009 des émeutes se sont décla­rées, des groupes d’hommes déci­dant du net­toyage eth­nique des quar­tiers déshé­ri­tés et ren­dant les étran­gers res­pon­sables du chô­mage endé­mique. C’est ainsi que le capi­tal orga­nise la divi­sion des tra­vailleurs et des popu­la­tions vul­né­rables. Des « milices » armées de lances, de cou­teaux, d’armes à feu, se pré­sen­taient devant le domi­cile des étran­gers. La situa­tion de ces der­niers est pour­tant d’une pré­ca­rité abso­lue, pour­tant, les habi­tats de for­tune ont tout de même été sac­ca­gés par ces milices auto­pro­cla­mées, les portes défon­cées, les cabanes faites de tôles, de caisses de bois et de plas­tique, détruites et leurs habi­tants jetés dans la rue, s’ils ne sont pas tués[18].

Dans cette ambiance, la Coupe de monde est l’occasion, comme toutes orga­ni­sa­tion spor­tive de niveau mon­dial, d’accroître l’ordre poli­cier et la mili­ta­ri­sa­tion de l’espace. « Pour que les cri­mi­nels ne cherchent à pro­fi­ter de l’événement, 40 000 poli­ciers ont été recru­tés : au total 190 000 hommes en bleu seront pré­sents, sans comp­ter les gardes privés de sécu­rité. Le direc­teur de la police, Bheki Cele, a promis […] qu’il “ne res­tera plus aux cri­mi­nels qu’un très, très petit espace, et nous allons couper l’oxygène dans cet espace”. Les dépenses de sécu­rité s’élèveront à 1,3 mil­liard de rands (117 mil­lions d’euros), et des tri­bu­naux d’exception trai­te­ront de tous les cas liés au Mondial »[19]. Jérôme Valcke, secré­taire géné­ral de la FIFA déclare même que « le chef de la police est venu [le] remer­cier en disant qu’il n’aurait jamais obtenu autant de bud­gets pour avoir plus d’hélicoptères, plus de sys­tèmes de pro­tec­tion sous-marine, plus de sys­tèmes de pro­tec­tion au niveau des fron­tières, des fusils d’assaut, des sni­pers »[20] sans la Coupe du monde. L’Afrique du Sud n’arrive pas à inves­tir pour réduire les ségré­ga­tions mais, par l’effet du foot­ball, peut inves­tir sur la mili­ta­ri­sa­tion de l’espace. Cela s’organise d’ailleurs dans une étrange har­mo­nie puisque la coopé­ra­tion inter­na­tio­nale, qui a tant de mal à mettre en place les aides pour lutter contre les grandes pan­dé­mies, l’extrême pau­vreté, les famines ou effa­cer la dette des pays les plus pauvres, fonc­tionne par­fai­te­ment lorsqu’il s’agit de foot­ball et de puis­sance poli­cière puisque les forces de l’ordre sud-afri­caines se sont for­mées auprès des forces de police européenne[21]. Néanmoins, cela ne ras­sure en rien puisque la vio­lence émane sou­vent des forces de l’ordre elle-même, comme le rap­pelle la jour­na­liste fran­çaise, Sophie Bouillon, prix Albert Londres 2008 qui, arrê­tée à Johannesburg en com­pa­gnie d’un ami zim­babwéen a subit toute la vio­lence poli­cière. Son ami a été frappé à coups de pied et de poing, puis ils ont été asper­gés de spray au poivre, arrê­tés et empri­son­nés. Ils ont subi les insultes racistes et le pou­voir presque sans limite de poli­ciers blancs car ils sont étran­gers et que l’un d’eux vient du Zimbabwe[22].

La sécu­rité est l’un des prin­ci­paux sujets d’inquiétudes, même pour les jour­na­listes ou les équipes natio­nales de foot­ball. Ainsi cer­tains jour­na­listes sont accom­pa­gnés de gardes du corps armés[23] qui laissent leurs armes à l’entrée des camps d’entraînement des équipes de foot­ball. L’hôtel où séjourne l’équipe de France est pro­tégé de bar­be­lés élec­tri­fiés et une fois dans l’enceinte de l’établissement, pour aller voir l’équipe, il faut encore prendre une navette et passer trois bar­rages suc­ces­sifs de police et des poli­ciers patrouillent autours du ter­rain de foot­ball de l’hôtel[24]. Cela n’empêche pas des jour­na­listes, deux por­tu­gais et un espa­gnol, de subir une agres­sion à main armée pen­dant leur som­meil dans un hôtel de Magaliesburg. La police son­ge­rait désor­mais à mettre en place des escortes pour les jour­na­listes lorsque la nuit tombe[25].

La Coupe du monde de foot­ball, dès les pre­miers jours de com­pé­ti­tion, redouble les vio­lences récur­rentes du pays. Comme cela était prévu[26], les mécon­ten­te­ments sont écra­sés. Ainsi les mani­fes­ta­tions de sta­diers, qui voient leur salaire baissé de moitié lors des jours sans match alors que les heures de tra­vail ne dimi­nuent pas (de 26 à 13 euros pour des jour­nées débu­tant à 6 heures du matin pour se finir à minuit sans solu­tion pour ren­trer dormir), oint dégé­néré et la police anti-émeute est inter­ve­nue en tirant balles en caou­tchouc et gaz lacry­mo­gènes. Plusieurs sta­diers auraient été hos­pi­ta­li­sés et une femme serait décé­dée, même si la FIFA (pour­quoi elle ?) dément cette information[27]. De peur de la conta­gion des reven­di­ca­tions et mani­fes­ta­tions, la FIFA a demandé la prise en charge des stades par la police ce qui a été fait dans quatre stades sur les dix de la com­pé­ti­tion. De ce fait les tra­vailleurs ont été licen­ciés, les res­pon­sables de la FIFA esti­mant que cela ne les regar­dait pas. Loin de la Coupe du monde, mais pour­tant si proche, à la sortie de Johannesburg, le town­ship de Diepsloot, comme beau­coup d’autres, est pauvre, très pauvre et connaît une grande vio­lence. Ici aucune trace des mil­liards de dol­lars dépen­sés pour l’événement, pas de tra­vail, seul un écran géant à été ins­tallé sans que la popu­la­tion ne puisse y aller puisque la nuit tombée « on se ferait tuer »[28]. Meurtres pour des ciga­rettes, viols et, pour les poli­ciers une consta­ta­tion : « La nuit, on ne peut rien faire. Nous ne sommes pas assez nom­breux et on ne voit rien dans les ruelles. Le jour, les inter­ven­tions sont trop déli­cates et encore plus dan­ge­reuses »[29]. Depuis quelques temps la popu­la­tion s’organise et fait régner la mob jus­tice, la loi de la foule. Une vic­time désigne un cou­pable et la popu­la­tion le lynche dans la rue. Le cou­pable l’est-il tou­jours ? De ce fait, « la nuit il faut faire atten­tion aux mau­vais gar­çons et, le jour, il faut faire atten­tion à ne pas être pris pour un mau­vais garçon »[30]. La Coupe du monde orga­nise donc l’espace des vio­lences et de l’ordre poli­cier sans jamais per­mettre quelque « récon­ci­lia­tion » que cela soit sauf dans les fan­tasmes des jour­na­listes spor­tifs qui fré­quentent les stades (et pour­tant l’équipe de France en 2010 n’est pour­tant pas un modèle de récon­ci­lia­tion) mais pas la rue sud-afri­caine.

La FIFA : un capi­ta­lisme anti­dé­mo­cra­tique

L’Afrique du Sud a, depuis sa période d’Apartheid, construit sa répu­ta­tion sur l’existence des town­ships, quar­tiers de « sépa­ra­tion » dont cer­tains quar­tiers se sont éri­gées comme tous les bidon­villes du monde, « de bric et de broc », de maté­riaux que les popu­la­tions trou­vaient pour se « bâtir » un abri. Leur pau­vreté est sou­vent le résul­tat de la « sépa­ra­tion » raciale qui per­dure du fait de la ségré­ga­tion sociale. Chaque ville connait ces quar­tiers pauvres ou très pauvres. Le taux de chô­mage du pays stagne aux alen­tours de 40 % de la popu­la­tion active et, contrai­re­ment à ce qu’avaient annoncé les diri­geants de l’African National Congress (ANC), non seule­ment il n’y a pas davan­tage de tra­vail pour les plus dému­nis mais, de 1994 à 2007, le pays a perdu un mil­lion et demi d’emplois[31]. Depuis 2007, la situa­tion ne s’est pas amé­lio­rée et les émeutes de 2008 et 2009, qui se repro­dui­ront peut-être après la Coupe du monde, évé­ne­ment qui par­ti­cipe de la dégra­da­tion sociale et éco­no­mique du pays, sont le résul­tat d’un nouvel appau­vris­se­ment des popu­la­tions des town­ships qui ne voient plus dans la poli­tique des diri­geants de l’ANC l’assurance de sortir du marasme et de toutes les formes de ségré­ga­tion. Le pays qui a perdu, sous le coup de la crise éco­no­mique géné­ra­li­sée, près de 300 000 emplois entre jan­vier et août 2009 voit sa situa­tion étran­ge­ment s’assombrir[32].

Le Fonds moné­taire inter­na­tio­nal (FMI), qui se trompe rare­ment dans ce cas de figure, a décidé depuis quelques années d’investir sur l’Afrique sub­sa­ha­rienne et une note de syn­thèse datant de décembre 2000[33] lais­sait clai­re­ment com­prendre quelles étaient les stra­té­gies de cette ins­ti­tu­tion huma­niste. Parmi les recom­man­da­tions, se trouve cette der­nière : « […] ins­tau­rer un climat plus pro­pice à l’investissement et à la pro­duc­tion dans le sec­teur privé. Cela per­met­tra à ces pays d’améliorer leur pro­duc­ti­vité et leur com­pé­ti­ti­vité et de mieux tirer parti de la mon­dia­li­sa­tion de l’économie »[34]. Voilà qui est clair, l’Afrique est un ter­rain de jeu pour le capi­tal mon­dia­lisé. Les inves­tis­se­ments et la pro­duc­tion ne se com­prennent, de ce fait, que par le sec­teur privé et les effets ne peuvent être que des effets de crois­sance, aucune autre voie n’est envi­sa­geable pour le FMI.

Dans ce cadre, la FIFA est par­fai­te­ment à son aise. Son his­toire, son implan­ta­tion pla­né­taire démontre que son exis­tence même est tota­le­ment déter­mi­née par le déve­lop­pe­ment capi­ta­liste et sa crois­sance mon­diale. Les inter­re­la­tions entre­te­nues par la FIFA avec les entre­prises trans­na­tio­nales ou supra­na­tio­nales révèlent la nature du déve­lop­pe­ment conco­mi­tant du capi­ta­lisme et du sport mon­dial : dans chaque espace géo­gra­phique et entre chacun d’entre eux s’instituent des échanges finan­ciers qui visent à la repro­duc­tion et à l’accroissement du capi­tal de l’institution foot­bal­lis­tique. Ceci ne peut se faire que par l’organisation d’une exploi­ta­tion récur­rente des res­sources et des popu­la­tions, d’un chan­tage réel et de pres­sions per­ma­nentes. Cette puis­sance, la FIFA la doit à ses 207 adhé­rents et à un for­mi­dable chiffre d’affaires. En 1998, le chiffre d’affaires généré par le foot­ball à tra­vers le monde était à peu près de 185 mil­liards d’euros[35], en 2010 il serait approxi­ma­ti­ve­ment de 889, 5 milliards[36]. Entre 2003 et 2006 la FIFA aurait sans doute aspiré auprès de ses par­te­naires près de 1384,34 mil­lions d’euros pour des dépenses s’élevant à 1269,15 mil­lions, la dif­fé­rence repré­sen­tant le résul­tat posi­tif d’une asso­cia­tion à but non lucra­tif. Cela permet à son pré­sident d’occuper pen­dant la Coupe du monde 2006 en Allemagne une somp­tueuse suite de 420 m² louée 20 000 euros par jour. Aujourd’hui, « les vingt-quatre membres du comité exé­cu­tif et ses sept vice-pré­si­dents de la FIFA sont pro­ba­ble­ment mieux rétri­bués que ceux de n’importe quelle entre­prise mul­ti­na­tio­nale du sec­teur concur­ren­tiel. Son pré­sident Sepp Blatter, dont la rému­né­ra­tion reste “secret-défense” émar­ge­rait à près de quatre mil­lions de dol­lars par an »[37].

La Coupe du monde 2010 se joue dans dix stades dif­fé­rents dont cer­tains sont construits pour l’occasion et d’autres réno­vés. Le plus impor­tant sera celui de Johannesburg dont la capa­cité pourra atteindre 94 000 places et le plus petit accueillera 40 000 per­sonnes. Ces infra­struc­tures sur­di­men­sion­nées, en regard de la capa­cité éco­no­mique des Sud-Africains, sont appe­lées à être sous-exploi­tées et donc à deve­nir une charge impor­tante pour la popu­la­tion (15 mil­lions d’euros par an[38]). D’autant que, comme le dénonce l’ex-compagnon de Mandela, Dennis Brutus, « quand on construit d’énormes stades, on détourne des res­sources […] qui auraient pu servir à construire des écoles ou des hôpi­taux »[39]. L’organisation, qui comme tou­jours, paraît être éco­no­mi­que­ment inté­res­sante pour l’organisateur, per­met­tra des béné­fices pour l’économie privée et sera défi­ci­taire pour l’économie publique. Le socio­logue Ashwin Desai, estime que « le drame, c’est que les fonds publics ont été pillés pour toute une période de notre his­toire. Les gens conti­nue­ront de vivre dans des bidon­villes, les emplois ne seront pas durables. C’est un gros­sier détour­ne­ment de fonds »[40]. Mais, appa­reil de la fausse conscience[41], en tant qu’appareil stra­té­gique capi­ta­liste (ASC)[42], cer­tains peuvent encore croire, comme le prix Nobel Desmond Tutu, que la Coupe du monde ser­vira l’unité et la réconciliation[43].

Pendant ce temps la FIFA, État-foot­ball, impose sa loi dans des péri­mètres qu’elle s’approprie : elle impose contrac­tuel­le­ment un « accès exclu­sif à ses par­te­naires com­mer­ciaux qui, en échange, ont versé 1 mil­liard de dol­lars de royal­ties en 2010 »[44] et exclue les tra­vailleurs sud-afri­cains de ce marché poten­tiel. Les stades sont deve­nus des lieux de haute sur­veillance éco­no­mique. Ainsi quelques jeunes femmes habillées de robes orange, cou­leur de la marque de bière hol­lan­daise Bavaria mais éga­le­ment du maillot des Pays-Bas ont été arrê­tées et inter­ro­gées plu­sieurs heures dans les bureaux de la FIFA, soup­çon­nées de faire une concur­rence déloyale. Deux d’entre elles doivent passer devant le tri­bu­nal.

L’ornement des masses

L’abrutissement géné­ra­lisé des popu­la­tions les consti­tue en masse ou, comme l’a écrit Hannah Arendt, en « popu­lace moderne tou­jours plus nom­breuse – c’est-à-dire les déclas­sés de toutes les couches sociales »[45] qui ne se retrouvent que dans la gré­ga­ri­sa­tion de la vie qui se répand au tra­vers des stades, des fêtes allu­ci­nées (rave-party) ou des fêtes d’État (Nuits blanches, Fête du cinéma, Fête de la musique, etc…). Aujourd’hui, la Coupe du monde en Afrique du Sud fait tomber quelques masques. L’équipe de France de foot­ball plu­rieth­nique et unie n’est plus qu’un pauvre fan­tasme. Les joueurs se déchirent au rythme de leurs inté­rêts indi­vi­duels et cela met en lumières les erreurs concep­tuelles de ceux qui essaient de repri­ser les béances que la vio­lence de la com­pé­ti­tion ins­ti­tue et des socio­logues qui, nom­breux, n’imaginaient pas que la com­pé­ti­tion, pour spor­tive qu’elle soit, reste capi­ta­liste. La chasse au bouc émis­saire, vic­time expia­toire, par­ti­cipe de ce spec­tacle en don­nant aux fauves média­tiques la sub­stance per­met­tant de digé­rer tout le reste. Le spec­tacle, l’ornement de la masse, comme le nom­mait Siegfried Kracauer, peut encore fédé­rer de manière gré­gaire, mais la luci­dité ne peut plus être absente des détours poli­tiques que cet orne­ment prend pour géné­rer une domi­na­tion tou­jours plus grande en France comme ailleurs.

L’Afrique du Sud, elle, se réveillera sans doute, à la fin de la com­pé­ti­tion, avec la « gueule de bois ». Les dépenses effec­tuées, le peu de retom­bées finan­cières auront appau­vri le pays, par­ti­cipé de l’accroissement des dis­pa­ri­tés éco­no­miques, sociales et poli­tiques. Mais, plus grave sans doute, en 1995, le rugby, sport de blancs avait mené le pays à la vic­toire. Si, en 2010, le foot­ball, sport de noirs, devait voir l’équipe natio­nale éli­mi­née au pre­mier tour, alors tous les vieux démons res­sor­ti­ront peut-être avec plus de viru­lences qu’aujourd’hui car les rumeurs cir­culent déjà : « les Sud-Africains ont promis de reprendre les vio­lences contre les étran­gers dès la fin du Mondial »[46]. Le racisme n’a pas de cou­leur ni de patrie, mais il repose tou­jours sur une com­pé­ti­tion réelle ou fan­tas­mée.

[1] Voir sur le sujet, Ronan David, Fabien Lebrun, Patrick Vassort, Footafric. Coupe du monde, capi­ta­lisme et néo­co­lo­nia­lisme, Montreuil, Éditions L’Échapée, 2010. [2] www​.lepoint​.fr [1], 28 mai 2010. [3] Guy Debord, La Société du spec­tacle, Paris, Gallimard, 1996, p. 4. [4] Ibidem., p. 3. [5] Ibid., para­graphe 3, p. 4. [6] Joseph Gabel, La Fausse conscience, Paris, Les Éditions de Minuit, 1962. [7] Guy Debord, La Société du spec­tacle, op. cit., p. 7. [8] L’Équipe, 29 mai 2010. [9] Ibidem. [10] Patrick Vassort, Sexe, drogue et mafias. Sociologie de la vio­lence spor­tive, Bellecombe-en Bauges, Le Croquant, 2010. [11] L’Équipe, 1er juin 2010. [12] Breyten Breytenbach, Le Monde du milieu, Arles, Actes Sud, 2009, p. 45. [13] Jean Ziegler, L’Empire de la honte, Paris, Fayard, 2005, p. 291. [14] Patrick Bond, « Johannesburg. De l’or et des gans­ters », in Mike Davis et Daniel B. Monk, Paradis infer­naux. Les villes hal­lu­ci­nées du néo-capi­ta­lisme, Paris, Les Prairies Ordinaires, 2008, p. 168. [15] Richard Samin, « Populisme et xéno­pho­bie dans Welcome to Our Hillbrow de Phaswane Mpe », in Cécile Perrot, Michel Prum et Thierry Vircoulon (sous la direc­tion de), L’Afrique du Sud à l’heure de Jacob Zuma. La fin de la nation arc-en-ciel ?, Paris, L’Harmattan, 2009, p. 132. [16] L’Express. L’hebdo des fran­co­phones du grand Toronto, 24 au 30 avril 2007. [17] Philippe Gervais-Lambony, L’Afrique du Sud, Paris, Le Cavalier Bleu, 2009, p. 94. [18] Le Monde, 19 mai 2008. [19] www​.libe​ra​tion​.fr [2], 5 décembre 2009. [20] www​.lemonde​.fr [3], 19 jan­vier 2010. [21] Jeune Afrique, 31 décembre 2009. [22] Libération, 19 jan­vier 2010. [23] L’Équipe, 9 juin 2010. [24] L’Équipe, 8 juin 2010. [25] L’Équipe, 11 juin 2010. [26] Voir sur le sujet, Ronan David, Fabien Lebrun, Patrick Vassort, Footafric. Coupe du monde, capi­ta­lisme et néo­co­lo­nia­lisme, op. cit. [27] Libération, 17 juin 2010. [28] Le Figaro, 11 juin 2010. [29] Ibidem. [30] Ibid. [31] Philippe Gervais-Lambony, L’Afrique du Sud, op. cit., p. 117. [32] Ibidem, p. 118. [33] Fonds moné­taire inter­na­tio­nal, « Accélérer la crois­sance et réduire la pau­vreté en Afrique Subsaharienne. Le rôle du FMI », Note de syn­thèse, décembre 2000. A consul­ter sur www​.imf​.org. [34] Ibidem. [35] Le Monde, 1er juin 1998. [36] Le Monde, 10 juin 2010. [37] Jérôme Jessel et Patrick Mendelewitsch, La Face cachée du foot Business, Paris, Flammarion, 2007, p. 37. [38] Le Monde, 10 juin 2010. [39] www​.lepoint​.fr [1], 14 décembre 2009. [40] www​.lepoint​.fr [1], 14 décembre 2009. [41] Joseph Gabel, La Fausse conscience. Essai sur la réi­fi­ca­tion, Paris, Les Éditions de Minuit, 1962. [42] Voir Patrick Vassort, Épistémologie. Le cas de la socio­lo­gie du sport, Paris, L’Harmattan, 2007. [43] www​.lepoint​.fr [1], 14 décembre 2009. [44] Le Monde, 10 juin 2010. [45] Hannah Arendt, Les Origines du tota­li­ta­risme. Eichmann à Jérusalem, Paris, Gallimard, 2002, p. 228. [46] Libération, 14 juin 2010.

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