Le droit à l’emploi

Depuis plusieurs années, toute une série de courants et d’auteurs font de l’exigence d’un revenu universel le fondement incontournable d’un projet d’émancipation sociale. Reprenant à leur compte les thèses sur la fin du travail, ils considèrent que le plein emploi est hors d’atteinte. Or, cette théorie ne correspond pas à la réalité et les projets de revenu universel sont au mieux ambigus. Une véritable démarche de transformation sociale doit au contraire être fondée sur l’affirmation du droit à l’emploi, une réduction massive du temps de travail et une extension du champ de la gratuité pour la satisfaction des besoins sociaux.

 

Fin du travail?

 

Les thèses sur la fin du travail reposent sur l’idée que les gains de productivité seraient tellement élevés qu’il n’y aurait plus de travail pour tout le monde. La montée du chômage de masse semble suffire à la démonstration. Il s’agit d’une représentation qui ne correspond pas à la réalité. Le chômage a au contraire augmenté alors même que les gains de productivité ralentissaient. La cause en est une insuffisante réduction de la durée du travail. Mais si l’on considère, à tort, que les gains de productivité se traduisent mécaniquement par une augmentation du chômage, alors on arrive logiquement à cette conclusion : le plein emploi est hors d’atteinte et il faut lui substituer un autre objectif. Or ce discours se déploie dans des associations patronales comme le Centre des Jeunes Dirigeants d’entreprise, qui opposent à la logique de l’emploi salarié une « logique de l’activité » fondée sur «  l’intuition qu’il n’est aucun plan anti-chômage qui puisse permettre aux entreprises d’assurer le retour au plein emploi dans notre société[1]. »

Cette distinction entre emploi et activité recouvre en partie celle qu’André Gorz établit entre « travail hétéronome » et « travail autonome[2] ». La sphère de l’hétéronomie, selon Gorz, regroupe les activités des individus apparaissant comme des fonctions coordonnées de l’extérieur par une organisation préétablie.

Au contraire, l’autonomie est celle de la libre activité. Entre les deux, il existe une frontière infranchissable qui renvoie à un postulat que Gorz a ramassé en une formule lapidaire : «  contrairement à ce que pensait Marx, il est impossible que l’individu coïncide totalement avec son être social[3] ». L’émancipation du travail dans le travail est donc une utopie hors d’atteinte et ce fatalisme se fonde sur une séparation absolue entre travail et hors travail.

Le travail salarié est un rapport d’exploitation, de domination et d’aliénation et certaines de ses formes, y compris les plus « modernes », confinent à l’esclavage. Mais c’est en même temps un mode de reconnaissance sociale et un espace de réalisation. Ces deux facettes sont inégalement présentes dans les situations concrètes, mais aucune n’en est jamais absente, et c’est pourquoi on ne peut pas les considérer comme strictement séparées. Dans Souffrance en France, Christophe Dejours dresse un parallèle entre l’organisation capitaliste du travail et celle d’un camp de concentration[4]. Il montre aussi qu’une grande partie des souffrances au travail ne proviennent pas tant de la situation de dépendance elle-même mais du déchirement qu’elle implique par rapport à une aspiration profonde à trouver plaisir et dignité dans son travail. D’autres études parlent de l’« implication paradoxale » des salariés qui ne sont pas mus seulement par le « bâton » (sanctions de tous ordres, menace du chômage) mais aussi par la « carotte » de la reconnaissance par leurs pairs et de la satisfaction tirée du « bel ouvrage ».

La perte de l’emploi et l’éloignement croissant à l’égard du travail conduisent à un sentiment d’inutilité sociale chez ceux qui font partie de ce que Robert Castel appelle les « surnuméraires[5] ». Seule une frange dispose de la force nécessaire pour utiliser cette situation afin de se réaliser autrement. Mais la majorité des chômeurs aspire à retrouver un emploi, et une bonne proportion d’entre eux y sont disposés, même si les emplois auxquels ils accèdent sont particulièrement précaires et ne leur procurent pas toujours un revenu supérieur aux allocations auxquelles ils peuvent prétendre. Enfin, le développement de l’activité des femmes est un autre symptôme de cette aspiration contradictoire. Il a continué malgré la montée du chômage et en dépit des discriminations auxquelles se heurtent les femmes au travail. Toute vision unilatérale est donc fausse, et il faut renvoyer dos à dos les allégories du travail d’une certaine tradition marxiste (version stalinienne) et les hymnes à la libération en dehors du travail théorisés notamment par André Gorz.

 

Capitalisme cognitif?

 

Le courant « négriste[6] » appelle « capitalisme cognitif » la forme contemporaine du capitalisme, qui succéderait au capitalisme marchand et au capitalisme industriel[7]. Cette nouvelle phase correspondrait à la révolution des « nouvelles technologies de l’information et de la communication » qui transformeraient le travail et l’ensemble du système économique et social. Il serait caractérisé par « une nouvelle figure hégémonique du travail, marquée par son caractère de plus en plus intellectuel et immatériel[8] ».

Les transformations techniques existent indéniablement mais elles ne conduisent pas à une montée en puissance du modèle cognitif qui suffirait à supplanter à terme le modèle actuellement dominant. La réalité est différente : les contraintes que subissent les travailleurs n’ont jamais été aussi pesantes, et les nouvelles technologies sont mises à profit pour exercer un contrôle de plus en plus étroit et individualisé. Le postulat essentiel, selon lequel on assisterait à une « dissolution des lignes de partages entre capital et travail homogène ou entre qualifiés et non qualifiés » n’a donc aucun fondement empirique.

Le capitalisme contemporain se caractérise en réalité par une dualité dans la dynamique de l’emploi. Les effectifs employés croissent par les deux bouts : d’un côté, les effectifs des « travailleurs cognitifs » augmentent rapidement, mais la masse des emplois créés se retrouve dans les emplois peu qualifiés du commerce et des services aux personnes. Cette structure est particulièrement nette aux États-Unis. L’étude concrète du capitalisme contemporain montre qu’il est indissociablement néo-taylorien et « cognitif[9] ». A l’échelle mondiale, c’est même la figure de l’exploité classique qui domine et, dans les pays avancés, la mobilisation par le capital du savoir des salariés s’accompagne d’un retour aux formes les plus classiques d’exploitation, avec intensification du travail et même allongement de sa durée.

On ne voit pas ce que cette thèse pourrait apporter à la compréhension de la crise actuelle. La « valeur-savoir » n’existe tout simplement pas dans le champ des rapports sociaux capitalistes : le capitalisme intègre le savoir des travailleurs à sa puissance productive, comme il l’a toujours fait : la loi de la valeur continue à jouer, avec une brutalité et une extension renouvelée «  grâce » à la marchandisation mondialisée. C’est le fondement d’une crise systémique sans précédent, et non l’ouverture d’une nouvelle phase. Enfin, la montée des revenus financiers s’explique par une augmentation de l’exploitation et une captation de plus-value, et non par la découverte d’une nouvelle manière de mettre en valeur le capital. Les élaborations du courant négriste ne fournissent aucune clé à sa compréhension. Sur le plan pratique, ce courant avance trois revendications qui font office de programme : citoyenneté globale, revenu minimum universel et réappropriation des nouveaux moyens de production. Mais ces mots d’ordre oscillent, selon Slavoj Zizek, « entre la vacuité formelle et la radicalisation impossible[10] ». Au niveau militant, cette approche a nourri depuis plusieurs années un courant qui cherche à opposer, au sein des mouvements de chômeurs et de précaires, la lutte pour le droit à l’emploi, considérée comme « travailliste », et la bonne revendication : celle d’un revenu universel.

 

Le revenu universel

 

Les thèses sur la fin du travail conduisent logiquement à l’idée que le revenu doit être dissocié de l’emploi. Mais, comme c’est le travail qui crée la richesse ensuite distribuée sous forme de revenus, la question se pose : comment vont s’articuler la répartition du revenu et celle du travail social? Or, les tenants d’un revenu garanti inconditionnel n’y répondent pas.

S’il n’existe aucune contrepartie à ce revenu et que son niveau est décent, alors une fraction de la population décidera de ne pas travailler à moins de postuler un degré de conscience sociale qui ne peut être qu’un aboutissement souhaitable mais qu’il serait dangereux de poser en préalable. Pour convaincre une partie des bénéficiaires du revenu garanti de travailler, il faudra leur offrir une rémunération plus élevée. Et, de toute manière, il faut se demander quel mécanisme social permettra alors de désigner ceux qui doivent occuper ces statuts? Qui en décidera? Les propriétaires privés du capital, les collectifs de citoyens, une délibération d’ensemble de la société? Si on ne répond pas, on admet qu’une société dualiste est inéluctable, avec, d’un côté, les exclus du travail touchant le revenu garanti et, de l’autre, une couche de salariés disposant d’un emploi et à ce titre d’un revenu supérieur. Dans une telle société, tout nouveau gain de productivité aurait pour effet de réduire le nombre d’emplois et ne ferait qu’aggraver ce dualisme. Dans une société du temps libre, au contraire, les gains de productivité seraient affectés en priorité à la réduction du temps de travail selon le principe « travailler moins pour travailler tous » qui fonde une société égalitaire. La revendication d’un emploi pour tous est donc la seule base possible d’un socialisme démocratique fondée sur un principe d’échange généralisé entre la société et l’individu : l’apport de l’individu à la société fonde la réalité des droits dont il dispose.

Un débat similaire porte sur la revendication d’un revenu garanti égal à celui du salaire minimum.

Elle soulève cette objection : si on avait la garantie de recevoir le salaire minimum sans travailler, plus personne n’accepterait d’occuper un emploi à ce niveau de rémunération. La seule réponse consiste à dire que les employeurs seraient obligés d’offrir des salaires plus attractifs. Mais cela revient à admettre qu’un différentiel est difficilement évitable : il est donc contradictoire de revendiquer un revenu garanti égal au salaire minimum si on pense qu’aucun salarié n’accepterait dans ces conditions de travailler. La revendication logique devrait définir un niveau de salaire minimum auquel serait indexé (par exemple à 75 %) un niveau de revenu garanti.

Il faut en tout état de cause expliquer d’où provient ce fameux revenu garanti, comment il est financé.

Les partisans du revenu universel ne peuvent pas récuser cette demande en se réfugiant dans un utopisme flou, parce que le niveau de ce revenu est ce qui distingue les projets néolibéraux (un revenu minimum comme « filet de sécurité ») et les projets alternatifs. Si le niveau du revenu est suffisamment élevé pour n’être pas une simple aumône, il faut alors dire quelle est la répartition du revenu compatible avec cette garantie de revenu.

Or, on trouve peu de réponses à cette question pourtant légitime, à l’exception des calculs proposés par René Passet dans L’illusion néolibérale[11]. Sa proposition était que tout Français adulte puisse bénéficier d’une allocation annuelle égale au seuil de pauvreté. À l’époque, cette allocation était évaluée à 500 euros par mois, ce qui représenterait aujourd’hui, compte tenu de l’inflation, un peu moins de 600 euros : c’est peu! Le montant total représentait environ un quart du PIB. Pour financer cette somme, il proposait de recycler et de supprimer les allocations de maternité-famille, emploi, vieillesse-survie, etc. Cela permettrait de couvrir environ les trois quarts des sommes à trouver, et le reste pourrait être étalé dans le temps en redistribuant la nouvelle valeur créée par la croissance.

Ce projet est profondément critiquable. D’abord, la réponse consistant à dire « on étale dans le temps » fait tomber la muraille de Chine que l’on prétendait établir entre la version «  subversive » du revenu garanti et une version néolibérale. À ce compte-là, la prime pour l’emploi pourrait être considérée comme un premier pas vers un revenu universel. Or, il s’agit en réalité d’un dispositif pervers qui revient à admettre le discours patronal sur le montant « excessif » des bas salaires et à renvoyer sur l’État la responsabilité de « compléter » des salaires insuffisants pour vivre. C’est, avec les allégements de cotisations sociales, le meilleur moyen de tirer vers le bas toute la hiérarchie salariale.

Mais c’est surtout le recyclage des revenus sociaux qui n’est pas acceptable. Le droit à un revenu garanti s’échangerait en effet contre la suppression de pans entiers de la sécurité sociale (chômage, allocations familiales et retraites). Il équivaudrait à un énorme transfert au détriment des retraités et des chômeurs : après la réforme, toutes les pensions et les allocations chômage se situeraient au niveau du seuil de pauvreté. Les retraités, qui reçoivent aujourd’hui environ 13 % du PIB, ne toucheraient plus que l’allocation universelle, et leur pension serait en moyenne divisée par deux. On voit mal comment un tel projet pourrait être repris en compte par le mouvement social, tant il se situe aux antipodes des aspirations portées par les mobilisations récentes. Au total, il s’agit au fond de répartir différemment la même masse salariale globale (cotisations incluses) sans que soit remis en cause le partage entre salaires et profits.

Enfin la place des femmes dans tous ces projets est ambiguë. En réalité, la question du droit à l’emploi des femmes fait apparaître de manière sensible les contradictions des thèses sur le revenu garanti. Si le travail salarié n’est rien d’autre qu’un esclavage, alors les femmes devraient d’abord se féliciter d’en être écartées et exiger ensuite un revenu garanti comme contrepartie de leur activité sociale. Mais comment ne pas voir que ce raisonnement heurte de plein front les aspirations égalitaires des femmes en matière d’emploi? Leur verser une allocation pour qu’elles ne travaillent pas, voilà un projet qui n’est pas spécialement progressiste[12].

Fondamentalement, les projets de revenu universel reposent sur un flou absolu quant à cette question de bon sens : d’où vient la richesse ainsi distribuée? Encore une fois, cette question n’est pas celle d’un économiste rabat-joie, car les rares réponses disponibles, comme on vient de le voir, débouchent sur des arrangements sociaux inacceptables.

Cela n’implique en aucune manière d’abandonner la revendication d’un revenu décent, ni de mésestimer l’urgence d’une augmentation des minima sociaux visant à assurer aux chômeurs et aux précaires une telle garantie. Mais cela n’implique pas d’ériger l’allocation universelle en colonne vertébrale d’un projet alternatif, et la lutte des chômeurs ne confère pas une légitimité supérieure à cette perspective, à moins de nier l’aspiration en faveur du droit à l’emploi dont elle est porteuse. En déconsidérant l’exigence du retour à un nouveau plein emploi assimilé à l’emploi précaire forcé, cette posture fait obstacle à l’émergence d’un projet global unifiant l’ensemble des travailleurs, salariés ou chômeurs.

Enfin, le grand point faible des projets de revenu universel est qu’ils visent à étendre le champ de la marchandise, puisqu’ils proposent un revenu sous forme monétaire. Ce point de vue équivaut à une véritable désocialisation. Tout progrès social passe par un degré de socialisation accru : les fameux « prélèvements obligatoires » qui constituent la cible des néolibéraux recouvrent par exemple l’éducation et la santé, en principe gratuites. Un projet progressiste viserait au contraire à étendre le champ de la gratuité, à élargir les droits sociaux garantis sous forme de mise à disposition des services correspondants. Les tenants du revenu universel proposent aux « multitudes » de faire marche arrière, avec l’instauration d’un revenu monétaire et individualisé, et cette perspective se substitue de fait à la mobilisation pour une réduction radicale du temps de travail. La reconnaissance effective des droits sociaux passe par la mise à disposition de manière gratuite de biens communs, comme la santé, et non par la distribution de revenus qui s’y substitueraient.

 

De la nécessité à la liberté

 

Être exploité, contraint à un travail aliéné, ne serait-ce que deux heures par jour, c’est être asservi le reste du temps. Tout projet d’abandonner à ses maîtres la sphère du travail salarié pour se libérer en dehors du travail, est par conséquent un mirage. Le temps libéré ne peut devenir un temps libre que si sa logique réussit à contaminer l’organisation du travail dans tous ses aspects. Ni les chômeurs, ni les précaires ne sont plus libres parce qu’ils sont moins longtemps salariés que les autres travailleurs. Marx faisait de la réduction de la journée de travail la « condition essentielle » de l’épanouissement. Mais celle-ci ne saurait acquérir un contenu émancipateur que si le temps de travail est lui-même libéré du joug capitaliste.

Le combat pour une réduction massive du temps de travail s’oppose frontalement au capitalisme contemporain qui fonctionne plus que jamais à la régression sociale. Aujourd’hui une répartition égalitaire des heures de travail conduirait à une durée hebdomadaire de l’ordre de 30 heures, qui pourrait baisser encore par suppression des emplois inutiles rendus nécessaires par la non gratuité des services publics ou par la croissance des dépenses liées à une concurrence improductive. Le niveau de vie serait amélioré par l’extension des droits sociaux (emploi, santé, logement, etc.) assurée par un financement socialisé (gratuité ou quasi gratuité).

La réduction du temps de travail et l’interdiction des licenciements posent la question d’une démarchandisation de la force de travail qui se heurte à deux obstacles : la répartition des richesses et le droit de propriété. Sa mise en œuvre passe par une contestation pratique des rapports sociaux, à l’intérieur même des entreprises, sous forme d’un contrôle exercé par les salariés sur les embauches, les conditions et l’organisation du travail. Elle s’appuie aussi sur la garantie de ressources des travailleurs et la continuité du revenu, qui implique un changement radical dans la distribution des richesses produites. Il s’agit d’articuler la libération et la transformation du travail, plutôt que d’opposer la revendication d’un revenu garanti à celle du nouveau plein emploi.

La démarche stratégique pourrait être la suivante :

  • affirmation conjointe du droit à l’emploi et à la continuité de revenu ;
  • contestation de l’actuelle répartition des richesses ;
  • exigence d’une baisse du temps de travail avec embauches proportionnelles : contrôle sur l’embauche ;
  • refus du pouvoir patronal sur l’emploi et les conditions de travail ;
  • démarchandisation de la force de travail ;
  • remise en cause de la propriété privée.

L’enclenchement d’un tel schéma passe par la recherche de formes d’organisation prenant en compte les facteurs de fractionnement du salariat (salariés/chômeurs, grosses boîtes/sous-traitants, public/privé, hommes/femmes, mise en concurrence des salariés à travers la mondialisation). Pour avancer vers le plein emploi, il faut imposer aux patrons une norme de réduction du temps de travail, le contrôle sur les embauches, les cadences et les horaires, autrement dit enclencher un processus de dépérissement du marché du travail et de socialisation de l’emploi. La lutte pour l’abolition du chômage tend alors à se transformer en un mouvement d’abolition pratique du salariat.

 

 

1 Centre des Jeunes Dirigeants d’entreprise, « L’illusion du plein emploi », Futuribles, n° 183, janvier 1994.

[2] André Gorz, Métamorphoses du travail. Quête du sens, Paris, Galilée, 1988.

[3] André Gorz, Adieux au prolétariat, Paris, Le Seuil, 1981.

[4] Christophe Dejours, Souffrance en France, Paris, Le Seuil, 1998.

[5] Robert Castel, Les métamorphoses de la question sociale, Paris, Fayard, 1995.

[6] Michael Hardt et Antonio Negri, Empire, Paris, Exils, 2000. Pour une lecture critique, voir Daniel Bensaïd, « Plèbes, classes, multitudes: critique de Hardt et Negri » dans Une radicalité joyeusement mélancolique, Paris, Textuel, 2010.

[7] Michel Husson, « Sommes-nous entrés dans le capitalisme cognitif? », Critique communiste, n°169-170.

[8] Claudio Vercellone (dir.), Sommes-nous sortis du capitalisme industriel?, Paris, La Dispute, 2003.

[9] Thomas Coutrot, Critique de l’organisation du travail, Paris, La découverte, 2002.

[10] Slavoj Zizek, « Have Michael Hardt and Antonio Negri Rewritten the Communist Manifesto For the Twenty-First Century? », Rethinking Marxism, n° 3/4, 2001.

[11] René Passet, L’illusion néolibérale, Paris, Fayard, 2000.

[12] Anne Eydoux et Rachel Silvera, « De l’allocation universelle au salaire maternel, il n’y a qu’un pas à ne pas franchir », dans Le bel avenir du contrat de travail : alternatives au social-libéralisme, Paris, Syros, 2000.