Enquête sur le financement des partis politiques au Québec

Le DGEQ est en retard de 40 ans !

Par Mis en ligne le 23 avril 2016

IS_121209_iy3ov_corruption-generique-mains_sn635Suite aux pres­sions exer­cées par les partis d’opposition, le Directeur géné­ral des élec­tions du Québec (DGEQ) vient de confir­mer qu’il enquê­te­rait sur le finan­ce­ment des partis poli­tiques durant les 20 der­nières années. C’est une vic­toire, comme l’a sou­li­gné le député soli­daire Amir Khadir. Mais ç’aurait dû se faire bien avant.

En effet, la Loi sur le finan­ce­ment des partis poli­tiques adop­tée en 1977 sous le gou­ver­ne­ment Lévesque « confiait au Directeur géné­ral des élec­tions exac­te­ment les mêmes pou­voirs d’enquête sur les finances des partis poli­tiques que ceux qu’a pos­sé­dés la Commission Charbonneau. Tous les DGE depuis 1977 auraient pu et auraient dû veiller sur l’application rigou­reuse de la loi. De toute évi­dence, ils ne l’ont pas fait. Pourquoi ?»

Cette cita­tion on ne peut plus expli­cite est tirée d’un livre paru récem­ment, Robert Burns, le ministre de la démo­cra­tie citoyenne, écrit par André Larocque. Ce der­nier était sur la ligne de front lors de l’adoption de cette réforme puisqu’il occu­pait le poste de secré­taire asso­cié au Secrétariat à la réforme élec­to­rale et par­le­men­taire dont Burns était le titu­laire.

Mais, par oppor­tu­nisme élec­to­ral, aucun des deux partis qui se sont suc­cédé au pou­voir depuis 1977 n’a octroyé par la suite de res­sources finan­cières suf­fi­santes au DGE pour qu’il embauche le nombre d’enquêteurs néces­saires afin qu’il puisse exer­cer effi­ca­ce­ment le rôle de chien de garde de la démo­cra­tie qui lui est dévolu par la loi. Ce der­nier s’est contenté de sanc­tion­ner des pec­ca­dilles. Il a fallu la tenue de la Commission Charbonneau pour dévoi­ler les stra­ta­gèmes, comme le recours à des prête-noms, qui ont permis de bafouer la loi pen­dant des décen­nies.

Mais au fait le DGE les a-t-il enfin ces fameuses res­sources qui lui per­met­traient d’exercer son rôle de sur­veillance et de contrôle ? Non. Alors la récente annonce ne serait-elle qu’une parade pour ras­su­rer l’opinion publique ? Pourtant il faut abso­lu­ment éra­di­quer la culture de col­lu­sion en poli­tique telle que l’ont pra­ti­quée jusqu’ici les vieux partis au Québec si l’on veut que les citoyens recom­mencent à avoir confiance en la chose publique.

Crédit photo : http://​www​.rcinet​.ca/​f​r​/​2​0​1​3​/​1​2​/​0​3​/​l​e​-​c​a​n​a​d​a​-​t​o​u​j​o​u​r​s​-​p​a​r​m​i​-​l​e​s​-​1​0​-​p​a​y​s​-​l​e​s​-​m​o​i​n​s​-​c​o​r​r​o​m​p​u​s​-​d​u​-​m​onde/

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