Réaction de la CSQ au Budget du Québec 2011-2012

Le budget d’un gouvernement récidiviste

Mis en ligne le 20 mars 2011

QUÉBEC, le 17 mars 2011. – La Centrale des syn­di­cats du Québec (CSQ) se désole de consta­ter que le gou­ver­ne­ment Charest semble vou­loir reve­nir à une époque où il refu­sait d’entendre les mes­sages de la popu­la­tion et s’entêtait à pour­suivre avec des déci­sions qui sus­ci­taient la grogne popu­laire.

En réac­tion au budget du Québec, la 1re vice-pré­si­dente de la CSQ, Louise Chabot, a indi­qué que « des mil­liers de per­sonnes sont des­cen­dues dans la rue, il y a quelques jours, pour deman­der au gou­ver­ne­ment de recon­si­dé­rer la “taxe santé” de 200 $, de repous­ser le retour à l’équilibre bud­gé­taire pour 2013-2014 et de ne pas haus­ser les droits de sco­la­rité. Il s’est obs­tiné à pour­suivre dans la même voie ».

L’éducation : des mesures insuf­fi­santes pour amé­lio­rer la réus­site

La Centrale déplore qu’il n’y ait aucun effort sup­plé­men­taire pour amé­lio­rer la réus­site sco­laire, notam­ment des élèves han­di­ca­pés ou en dif­fi­culté d’adaptation ou d’apprentissage (EHDAA). Pourtant, il existe un consen­sus de tous les milieux à l’effet d’améliorer la réus­site de ces élèves. D’ailleurs, en ce qui a trait aux mesures concer­nant l’anglais inten­sif en 6e année, la Centrale en ques­tionne la fai­sa­bi­lité et l’improvisation, notam­ment en rap­port avec les élèves en dif­fi­culté.

Pour les autres mesures, la Centrale trouve normal que le gou­ver­ne­ment rat­trape son retard, en com­pa­rai­son avec les autres pro­vinces, en ce qui a trait aux équi­pe­ments spor­tifs et infor­ma­tiques (ordi­na­teurs, logi­ciels, pro­jec­teurs mul­ti­mé­dias et tableaux inter­ac­tifs).

« Au cours des pro­chaines années, le Québec aura d’importants défis à rele­ver pour com­bler les emplois dis­po­nibles, d’où notre décep­tion de ne pas voir de mesures plus offen­sives pour amé­lio­rer la réus­site des élèves, le taux de diplo­ma­tion et la lutte au décro­chage sco­laire », affirme la vice-pré­si­dente de la CSQ.

La CSQ juge tout à fait inadé­quat et insuf­fi­sant le projet de finan­ce­ment des uni­ver­si­tés qui s’appuie, en partie, sur d’hypothétiques dons des par­ti­cu­liers et des entre­prises alors que la hausse des droits de sco­la­rité est bien réelle. Elle est aussi déçue qu’il n’y ait pas de mesures spé­ci­fiques pour assu­rer le déve­lop­pe­ment des cégeps, notam­ment en région.

En santé et ser­vices sociaux : des mesures insuf­fi­santes pour amé­lio­rer le sys­tème

La Centrale est déçue de consta­ter que le gou­ver­ne­ment ne fait rien pour ren­for­cer et amé­lio­rer notre sys­tème de santé public. Pourtant, des solu­tions publiques existent, notam­ment le contrôle des coûts des médi­ca­ments, l’accès à un méde­cin de famille et l’implantation des cli­niques ambu­la­toires publiques.

Régime de rentes du Québec

La Centrale est d’avis que la hausse des coti­sa­tions pour assu­rer la péren­nité du régime se jus­ti­fie. Cependant, elle juge inac­cep­table la dégra­da­tion des béné­fices, entre autres, l’accroissement de la péna­lité pour les per­sonnes pre­nant leur retraite avant 65 ans. « Il est bon de rap­pe­ler que le Régime de rentes du Québec est un régime d’assurance sociale qui a contri­bué à réduire la pau­vreté. Malheureusement, l’annonce d’aujourd’hui contre­vient à cet objec­tif et nous le déplo­rons », ajoute la 1re vice-pré­si­dente.

Les places déve­lop­pées en CPE doivent être publiques

L’organisation syn­di­cale est satis­faite que le gou­ver­ne­ment ait enfin décidé de donner suite à son enga­ge­ment d’octroyer les places man­quantes en CPE. Elle sou­haite tou­te­fois que ces places sup­plé­men­taires soient accor­dées dans le réseau public plutôt que dans le réseau privé. Lors du der­nier budget, le gou­ver­ne­ment avait choisi d’investir davan­tage dans les ser­vices de garde privés et nous pou­vons aujourd’hui en consta­ter les dérives.

Un manque de vision en envi­ron­ne­ment

Sur le plan de l’environnement, le gou­ver­ne­ment manque de vision. La CSQ déplore l’absence de mesures struc­tu­rantes visant à appuyer le virage vers une éco­no­mie verte. Il est iro­nique que la seule mesure tou­chant ce sec­teur consiste à rem­pla­cer le crédit d’impôt pour les véhi­cules éner­gé­tiques par un rabais d’impôt à l’achat. Concernant les gaz de schiste, la CSQ constate que le gou­ver­ne­ment ne fait que retar­der ses pro­jets d’exploitation puisque le budget indique cer­taines orien­ta­tions à venir.

Des mesures à sou­li­gner

La CSQ accueille favo­ra­ble­ment cer­taines mesures dont le finan­ce­ment de 137 mil­lions de dol­lars de la pre­mière conven­tion col­lec­tive des res­pon­sables de ser­vices de garde en milieu fami­lial et l’introduction d’un crédit d’impôt pour les tra­vailleurs âgés.

Pourtant, des solu­tions existent

La CSQ est extrê­me­ment déçue que le gou­ver­ne­ment n’ait pas donné suite aux pro­po­si­tions de la CSQ concer­nant la réduc­tion du prix des médi­ca­ments, la révi­sion de l’aide aux entre­prises, la boni­fi­ca­tion du crédit d’impôt de soli­da­rité, l’amélioration des rede­vances minières et la taxa­tion des biens de luxe.

« Ce budget se situe en conti­nuité du budget pré­cé­dent. C’est un budget de sau­pou­drage, un mau­vais budget qui marque une opé­ra­tion mas­sive de com­pres­sion des dépenses. Sur 65 mil­liards de dol­lars, il n’y a que 120 mil­lions de nou­velles mesures. De plus, il accen­tue le virage vers la tari­fi­ca­tion et vers l’intensification du far­deau fiscal de la classe moyenne et n’améliore en rien le sort des per­sonnes les plus dému­nies », conclut Louise Chabot.

Profil de la CSQ

La CSQ repré­sente près de 180 000 membres, dont près de 100 000 font partie du per­son­nel de l’éducation. Elle est l’organisation syn­di­cale la plus impor­tante en édu­ca­tion au Québec. La CSQ est éga­le­ment pré­sente dans les sec­teurs de la santé et des ser­vices sociaux, des ser­vices de garde, du muni­ci­pal, des loi­sirs, de la culture, du com­mu­nau­taire et des com­mu­ni­ca­tions.

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