L’Alliance sociale veut obtenir un changement de cap budgétaire

Montréal, le 12 décembre 2010 – En prévision du prochain budget du Québec, les organisations composant l’Alliance sociale interpelleront cette semaine les députés dans toutes les régions du Québec. C’est sous le slogan Un autre Québec est possible ! que l’Alliance sociale entame cette campagne visant à obtenir un changement de cap budgétaire de la part du gouvernement Charest.

« Nous croyons fermement que des solutions progressistes peuvent être apportées aux problèmes sociaux et économiques actuels. Ce sont ces solutions progressistes qui peuvent permettre à notre société de continuer d’avancer. C’est pourquoi nous interpellons tous les élus à l’Assemblée nationale afin qu’ils les soutiennent », a déclaré Michel Arsenault, président de la FTQ.
Des services publics et programmes sociaux adéquats
L’Alliance sociale demande notamment la fin des compressions budgétaires qui mettent en péril les services à la population et les programmes sociaux tellement nécessaires, surtout en période de difficulté économique. Elle soutient que ces compressions seront impossibles à réaliser sans coupes de services.
« Le ministre Bachand doit cesser de prétendre que son budget n’entraînera pas de coupes dans les services offerts à la population. Il tente de nous berner, mais nous ne sommes pas dupes. Son approche doit être modifiée. Les services publics et les programmes sociaux sont des leviers dans le développement des régions du Québec et des remparts contre la pauvreté et l’exclusion sociale. Ils doivent absolument être préservés », a ajouté Claudette Carbonneau, présidente de la CSN.
Davantage d’équité fiscale
Des services de santé et d’éducation publics et de bonne qualité, de même que de bons programmes sociaux nécessitent des investissements importants de la part de l’État. C’est pourquoi l’Alliance sociale veut que le gouvernement Charest adopte une politique fiscale à la hauteur des ambitions collectives des Québécoises et des Québécois.
L’Alliance sociale constate que ces dernières années, le gouvernement a développé une stratégie fiscale hautement inéquitable. En effet, les baisses d’impôts sur le revenu consenties ont aussitôt donné lieu à des hausses de tarifs qui pénalisent les plus pauvres et privilégient les plus riches. La plus récente manifestation de cette approche inacceptable est la mise en place de la franchise santé de 200 $.
« Au lieu d’adopter des mesures injustes comme la franchise santé, le gouvernement devrait plutôt resserrer la fiscalité des entreprises et mettre un terme à l’évitement fiscal et aux échappatoires de toutes sortes. Il pourrait aussi songer à instaurer un 4e palier d’imposition pour les revenus annuels imposables supérieurs à 127 000 $, comme cela existe d’ailleurs déjà au fédéral », a insisté Réjean Parent, président de la CSQ.
Ces mesures fiscales pourraient aussi éviter que l’on doive hausser une nouvelle fois les droits de scolarité. Comme la contribution santé, la hausse des droits de scolarité est une mesure régressive et inéquitable qui aura pour conséquences de diminuer l’accessibilité aux études universitaires, de réduire la mobilité sociale et d’augmenter démesurément l’endettement étudiant.
Un développement économique durable
L’Alliance sociale rappelle que de larges segments de la population ont été heurtés de plein fouet par la crise. En conséquence, elle attend du gouvernement qu’il adopte des mesures fortes favorisant le maintien et la création d’emplois de qualité, le développement des compétences des travailleuses et des travailleurs afin qu’ils puissent mieux affronter les mutations du marché du travail. Elle attend aussi du gouvernement qu’il développe une stratégie économique valorisant le savoir-faire québécois et encourageant la modernisation des équipements et l’accès aux technologies.
De même, l’Alliance sociale insiste sur le fait que le développement économique doit être durable et respectueux de l’environnement et que toute exploitation des ressources naturelles du Québec respectant ces principes doit entraîner des retombées économiques pour la population et l’État québécois.
Une campagne qui va se poursuivre
L’interpellation des députés n’est que la première d’une série d’actions que compte réaliser l’Alliance sociale. En effet, au cours des prochaines semaines, les organisations participeront aux consultations prébudgétaires du ministre des Finances, M. Raymond Bachand. Elles lui présenteront des pistes de solution et continueront leur plan d’action afin d’obtenir un changement de cap budgétaire.
« L’approche budgétaire actuelle du gouvernement Charest doit changer. Sinon la population sera aux prises avec plus de pauvreté et plus d’inégalités. Nous ne pouvons pas laisser une telle chose se produire sans livrer bataille. Nous allons donc multiplier nos efforts de conscientisation et de mobilisation au cours des prochains mois », ont conclu les porte-parole de l’Alliance sociale.