UNIVERSITÉ POPULAIRE DES NCS – 2016

La Syrie dans l’étau

FSM 2016: Espace Émancipation

Par Mis en ligne le 01 août 2016

Gilbert Achacar

Dans le cadre de L’espace « éman­ci­pa­tion » orga­nisé par les NCS au Forum social mon­dial

  • Mercredi 10 août 2016 à 18 h
  • à l’Université Concordia,
  • 1455, boul. De Maisonneuve Ouest
  • Hall Building, local H110,

État au centre de l’échiquier poli­tique et his­to­rique du Moyen-Orient, la Syrie est aujourd’hui un champ de ruines résul­tant de la guerre mul­ti­forme met­tant aux prises la dic­ta­ture de Bachar El-Assad face à des groupes dits isla­miques et une galaxie d’organisations démo­cra­tiques. Ces confron­ta­tions sont ali­men­tées et mani­pu­lées par l’ingérence des grandes puis­sances de même que par celle de divers pays de la région qui cherchent à affir­mer leur hégé­mo­nie, notam­ment Israël, la Turquie, l’Arabie saou­dite et l’Iran. L’opposition démo­cra­tique arabe et kurde résiste de peine et de misère.

Quelles sont les forces qui s’opposent dans cette guerre ? Qui les appuient et pour­quoi ? Quels sont les pro­jets des forces démo­cra­tiques ? Comment pou­vons-nous les appuyer ?

Révolution et contre-révolution en Syrie*

La Syrie est un pays qui a connu une pau­pé­ri­sa­tion mas­sive durant la der­nière décen­nie, spé­cia­le­ment dans les zones rurales ; la misère a crû, attei­gnant une situa­tion où pra­ti­que­ment un tiers de la popu­la­tion vit en des­sous du niveau natio­nal de pau­vreté, avec un chô­mage en hausse. Il faut resi­tuer cela dans le contexte d’une pro­fonde inéga­lité sociale, d’un régime cor­rompu – où le cousin de Bachar al-Assad est devenu l’homme le plus riche du pays, qui contrôle semble-t-il une moitié de son éco­no­mie. Et il ne s’agit que d’un membre du clan diri­geant dont tous les élé­ments engrangent des avan­tages maté­riels consi­dé­rables. Ce clan fonc­tionne comme une véri­table mafia qui dirige le pays depuis des décen­nies.

Voilà la racine pro­fonde de l’explosion, avec le fait que le régime syrien est l’un des plus des­po­tiques de la région. Ce qui est spé­ci­fique à ce régime, c’est que Hafez al-Assad (le père) a remo­delé et recons­truit l’appareil d’État, spé­cia­le­ment son noyau dur – les forces armées – afin de consti­tuer une garde pré­to­rienne à sa solde. L’armée, spé­cia­le­ment ses unités d’élite, est liée au régime de dif­fé­rentes façons, prin­ci­pa­le­ment par la mani­pu­la­tion des oppo­si­tions reli­gieuses.

La résis­tance est très hété­ro­gène. Durant les pre­miers mois du sou­lè­ve­ment, ses pre­miers lea­ders étaient prin­ci­pa­le­ment des jeunes, comme par­tout ailleurs dans la région, qui se coor­don­naient au moyen d’Internet. Ils s’organisaient au sein de comi­tés de coor­di­na­tion locale (CCL) et défen­daient un pro­gramme pro­gres­siste, démo­cra­tique, anti-confes­sion­nel et laïc. Puis avec la mili­ta­ri­sa­tion de la lutte et la muta­tion pro­gres­sive, depuis l’automne 2011, du sou­lè­ve­ment en guerre civile, nous avons assisté à l’émergence d’une ligne dure, isla­mique « jiha­diste », incluant deux groupes qui tra­vaillent sous la ban­nière d’Al-Qaïda, avec des dif­fé­rences entre eux, ainsi que les groupes sala­fistes. Parmi les deux groupes affi­liés à Al-Qaïda, l’un est lar­ge­ment com­posé de com­bat­tants venant de l’extérieur de la Syrie, et l’autre est prin­ci­pa­le­ment syrien – il y a des ten­sions entre eux.

Il est très impor­tant d’exprimer sa soli­da­rité avec la révo­lu­tion syrienne afin de créer des liens avec les pro­gres­sistes au sein de l’opposition, afin de contrer la pro­pa­gande du régime et celle de Moscou, et afin de dénon­cer la com­pli­cité de Washington et de l’Occident avec les crimes contre l’humanité per­pé­trés en Syrie.

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