Contre l’amplification du climat de racisme

La solution est la paix

Union juive française pour la paix

Par Mis en ligne le 07 août 2016

Ziad MedoukhDans un monde en effer­ves­cence : guerres, vio­lence, atten­tats, haine, crimes, attaques ter­ro­ristes, agres­sions, bom­bar­de­ments, inter­ven­tions mili­taires, pau­vreté, pré­ca­rité, chô­mage, chocs sociaux et éco­no­miques, menaces nucléaires, trau­ma­tisme col­lec­tif, et hor­reur abso­lue qui fauchent des vies infi­ni­ment pré­cieuses et répandent la souf­france et la peur.

Avec la domi­na­tion de l’intolérance et le rejet de l’autre, nous vivons une crise morale, qui com­mence à avoir des consé­quences dra­ma­tiques sur des pays et des nations. Tant de mani­pu­la­tion et d’instrumentalisation par des médias et des poli­tiques qui cherchent à récu­pé­rer avec « oppor­tu­nisme » les mons­truo­si­tés, la dou­leur, l’horreur, pour soi­gner leur cote de popu­la­rité, pour ouvrir des brèches cri­mi­nelles entre les peuples, pour avoir plus d’intérêts éco­no­miques.

Le résul­tat est certes le même, hor­rible, l’horreur ne tombe pas du ciel. Elle naît de frac­tures, de fêlures, de rejets, de dis­cri­mi­na­tions, d’intolérances ; de vio­lences sociales, guer­rières, de frus­tra­tions, d’injustice et d’humiliations.

Si nous ne sommes pas vigi­lants, les poli­tiques et les médias arri­ve­ront à nous faire détes­ter les oppri­més et aimer ceux qui les oppriment.

Loin des mani­pu­la­tions poli­tique et média­tique, d’une mal­hon­nê­teté fla­grante, nous devons sortir du cercle vicieux de la guerre et de la ter­reur.

Cette situa­tion nous rap­pelle com­bien la vie est sacrée et que face à la bar­ba­rie, nos meilleures armes sont la force de l’esprit là où sévit l’obscurantisme, la puis­sance de l’amour là où hurle la haine, les ins­tru­ments de la paix là où tuent les armes de guerre.

Plus que jamais, œuvrer à un vivre ensemble paci­fique s’impose, nous avons besoin des paroles soli­daires et récon­for­tantes, des actions contre l’amplification du climat de racisme et contre des idéo­lo­gies domi­nantes qui com­mencent à gagner la majo­rité des esprits.

L’espérance naîtra de notre capa­cité à nous ren­con­trer avec nos mul­tiples appar­te­nances, pour nous recon­naître d’une même huma­nité. Elle se ren­for­cera par notre volonté de nous unir autour d’un même combat pour la dignité. Tout le monde devrait nous mon­trer des voies pour bâtir la paix, et s’engager sans relâche pour conju­rer la ven­geance et la peur, en semant la paix dans le cœur des enfants et des jeunes.

La solu­tion n’est ni sécu­ri­taire ni mili­taire, elle est avant tout sociale et sco­laire, la solu­tion est la paix, nous devrons rem­pla­cer la culture de la guerre par la culture de la paix.

La paix est une demande popu­laire par­tout dans le monde, le pro­blème est que la paix est deve­nue un slogan pour beau­coup de pays, d’institutions, d’organisations et de per­sonnes, qui jour et nuit déclarent avoir tra­vaillé et œuvré pour réa­li­ser cette paix dans leur entou­rage, dans leurs pays, dans leurs régions et dans le monde, mais sur le ter­rain, ils ne font rien pour la réa­li­ser, au contraire, ils incitent à la haine et l’intolérance dans leurs actions et dans leurs mesures.

Les rai­sons sont simples : les inté­rêts éco­no­miques de ces pays, l’absence d’une édu­ca­tion à la paix dans les écoles et dans les uni­ver­si­tés, et sur­tout l’absence d’une vraie volonté pour réa­li­ser cette paix. Sans oublier que le monde entier vit une crise morale, avec des valeurs humaines qui tombent en faveur des inté­rêts per­son­nels.

Nous vivons dans la vio­lence, les guerres, la peur, l’inquiétude et la méfiance entre per­sonnes et entre pays.

J’accuse comme pre­miers res­pon­sables de cette situa­tion d’insécurité dans le monde les fabri­cants d’armes, qui au tra­vers de leurs rela­tions éco­no­miques avec les hommes poli­tiques et les déci­deurs, essayent de garder cette situa­tion d’insécurité dans le monde afin d’augmenter leurs pro­fits et leurs béné­fices, même sur le dos de mil­liers de vic­times.

Il y a ici une raison prin­ci­pale à cette situa­tion c’est l’injustice, quand un pays riche, au lieu d’aider les pays pauvres à sortir de leur crise éco­no­mique et de leur envoyer des aides ali­men­taires, leur envoie des mis­siles et des mili­taires pour occu­per et désta­bi­li­ser ce pays.

De même, il y a des conflits qui durent depuis plus d’un demi-siècle comme le conflit israélo-pales­ti­nien, et aucun pays ni aucune orga­ni­sa­tion n’arrive à trou­ver une réso­lu­tion de ce conflit, pour­tant simple : la fin de l’occupation et la fin de la colo­ni­sa­tion des ter­ri­toires pales­ti­niens, et l’instauration d’une paix juste et durable.

Mais on voit des pays qui encou­ragent Israël dans sa poli­tique agres­sive à l’encontre des Palestiniens par l’envoie d’armes à cet état d’apartheid, et le défendent dans les ins­tances inter­na­tio­nales.

On doit accep­ter l’autre et essayer de vivre avec lui, loin des dif­fé­rences eth­niques et reli­gieuses, on doit aug­men­ter le nombre de ren­contres inter­cul­tu­relles et inter­na­tio­nales par­tout dans le monde, chacun doit connaître la culture de l’autre, on doit ensei­gner à nos enfants à vivre ensemble, le rôle de l’école devrait chan­ger, l’école ce n’est pas seule­ment un espace scien­ti­fique et d’apprentissage, mais c’est un lieu de ren­contre, c’est incul­quer les prin­cipes et les valeurs humaines dès l’enfance, afin de par­ti­ci­per à créer une géné­ra­tion tolé­rante, une géné­ra­tion qui s’ouvre sur la jus­tice, sur la paix et sur la sta­bi­lité dans le monde. Une géné­ra­tion qui soit capable de lutter pour ins­tau­rer la paix, et qui se mobi­lise pour ces valeurs humaines et huma­nistes.

La ques­tion ce n’est pas de créer et d’engager une nou­velle éthique, mais de reve­nir à nos valeurs humaines de tolé­rance, de jus­tice, d’accepter l’autre, de vivre ensemble, de mettre la paix comme un objec­tif à réa­li­ser, et pas seule­ment comme un slogan ou comme un dis­cours. Il y a ici une res­pon­sa­bi­lité de ces asso­cia­tions et orga­ni­sa­tions natio­nales et inter­na­tio­nales qui œuvrent pour la paix, qui devraient ren­for­cer leurs actions et tou­cher un public plus large, notam­ment dans les lieux de conflit afin d’arrêter la vio­lence et aug­men­ter la chance pour arri­ver à des solu­tions paci­fiques. À mon avis, il y a un manque de conscience chez les gens, il manque un tra­vail de fond. Ce qu’ont encou­ragé la vio­lence et les guerres par­tout dans le monde.

Cette vio­lence favo­rise l’injustice et la haine, ce qui rend la solu­tion paci­fique très dif­fi­cile, et ainsi la vio­lence engendre la vio­lence, et c’est la paix qui sera per­dante.

Quand le monde pren­dra-t-il conscience que la vio­lence est en train de saper les fon­de­ments de l’humanité et des civi­li­sa­tions ?

Tout le monde doit assu­mer ses res­pon­sa­bi­li­tés afin d’éviter d’aggraver notre crise morale et cette ten­dance vers l’intolérance.

Pour sortir de cette crise morale, on devrait com­men­cer un tra­vail de fond avec la nou­velle géné­ra­tion, on devrait pro­po­ser aux enfants et aux jeunes une culture à la paix, une édu­ca­tion à la tolé­rance, un ensei­gne­ment des valeurs humaines. Il y a un rôle très impor­tant à jouer par les médias, qui devraient aug­men­ter leurs pro­grammes et leurs chaînes pour sen­si­bi­li­ser les gens au danger de la vio­lence et des conflits et essayer de rap­pro­cher les peuples et par­ti­ci­per à ins­tau­rer une culture de paix et de tolé­rance. Par exemple, les chaînes de TV et les jour­naux, au lieu de mettre à la Une de leurs pages et de leurs écrans, une image ou des nou­velles d’une guerre, atten­tat, ou bom­bar­de­ment, pour­raient mettre une action de paix ou une ren­contre sur la tolé­rance dans le pays ou la région de cette guerre ou atten­tat.

Je vous donne un exemple concret : on a créé à notre uni­ver­sité de Gaza un Centre de la paix pour ensei­gner les prin­cipes de la démo­cra­tie, des droits de l’homme, de tolé­rance et de paix aux jeunes étu­diants, ce Centre orga­nise des ate­liers, des ren­contres et des for­ma­tions sur ces prin­cipes ; quand on invite des jour­na­listes à visi­ter notre Centre afin de cou­vrir nos acti­vi­tés, ils ne viennent pas, mais quand il y a un bom­bar­de­ment israé­lien sur Gaza ou des affron­te­ments , les jour­na­listes arrivent nom­breux. Ces jour­na­listes au lieu de m’interroger sur les actions de notre Centre, demandent des réponses sur les attaques et les offen­sives israé­liennes contre la bande de Gaza. Et ça se répète en Iraq, en Syrie, au Yémen où les médias s’intéressent aux clashs et aux atten­tats vio­lents, au lieu de parler des actions faites pour la tolé­rance et pour la paix dans ces pays, qui sont nom­breuses, mais pas connues à cause de la non-cou­ver­ture média­tique.

Toujours en Palestine, et malgré l’occupation et la colo­ni­sa­tion, et malgré leur souf­france au quo­ti­dien depuis plus de 70 ans, il y a plus de 300 orga­ni­sa­tions, asso­cia­tions, centres, maga­sins, médias, facul­tés et écoles, qui portent le nom de la Paix dans les ter­ri­toires pales­ti­niens.

En conclu­sion, nous devrons tous tra­vailler ensemble et nous mobi­li­ser afin d’essayer de sauver ce monde de sa crise morale et de favo­ri­ser le dia­logue entre les pays et les gens pour arri­ver à une vraie paix durable, une paix qui passe avant tout par la jus­tice.

Il est vrai que construire la paix néces­site dis­cré­tion, humi­lité, per­sé­vé­rance et tolé­rance, des qua­li­tés rares dans notre monde actuel, mais nous devons croire en l’humanité, car l’humanité est plus forte que les pri­son­niers de la haine ! Et que l’humanité est paci­fique avant tout !

Les commentaires sont fermés.