La santé malade du capitalisme – No 12, automne 2014

À propos de ce numéro

Bien qu’au Québec et au Canada le domaine des soins de santé soit, depuis plus de 40 ans, majoritairement dans le giron public, l’influence du capitalisme sur la santé se fait sentir de plusieurs manières. On la retrouve bien sûr dans la forme particulière qu’ont prise les pratiques médicales et l’organisation du système de soins à travers les époques, et elle pénètre également, jusque dans ses replis les plus intimes, le rapport plus général que nous entretenons, en tant qu’individus, mais aussi en tant que société, à la santé. Ce sont ces rapports contradictoires et complexes entre santé et capitalisme que le présent numéro des Nouveaux Cahiers du socialisme propose d’explorer.

 

Table des matières

DOSSIER : LA SANTÉ MALADE DU CAPITALISME

  • Introduction au dossier – RENÉ CHAREST, MARIE-CLAUDE GOULET, GUILLAUME HÉBERT, ANNE PLOURDE ET OUANESSA YOUNSI

Santé et capitalisme

  • La santé, les soins et le capitalisme – COLIN LEYS
  • Néolibéralisme, néomédicalisation et individualisme : un mélange toxique pour la santé des femmes – ABBY LIPPMAN
  • Vieillissement et capitalisme : de l’exclusion à la solidarité ? –  JULIEN SIMARD
  • Stratification sociale et santé. Injustice et problèmes de santé vont de pair – MARIE-FRANCE RAYNAULT ET SIMON TESSIER

Souffrance psychique et capitalisme

  • Biopouvoir et souffrance psychique – ENTREVUE AVEC MIGUEL BENASAYAG, MARIE-CLAUDE GOULET
  • La dépression : une épreuve sociale à part entière – MARCELO OTERO
  • Surdiagnostic et surtraitement de la détresse psychologique – JEAN-CLAUDE ST-ONGE

Système de santé : enjeux politiques au Québec, au Canada et ailleurs

  • Système de santé : bien commun ou marchandise ? Quand la gouvernance entrepreneuriale remplace la gestion publique – MARIE-CLAUDE GOULET, GUILLAUME HÉBERT ET CORY VERBAUWHEDE
  • Santé et capitalisme : ce que nous apprend le cas des CLSC – ANNE PLOURDE
  • Les coupures aux soins de santé pour les réfugiéEs : la pointe de l’iceberg des injustices en matière de santé pour les migrantes et les migrants – SAMIR SHAHEEN-HUSSAIN
  • Le rôle essentiel de la recherche publique en santé – MARC-ANDRÉ GAGNON

Luttes et résistances

  • Déclaration de résistance à la nouvelle gestion publique dans la santé et les services sociaux  – RÉSISTANCE NGP
  • Pour la survie de notre santé  – JACQUES BENOIT

BILAN DE LUTTES

  • La solidarité internationale en lambeaux ? – -MICHEL LAMBERT
  • Percée syndicale chez Couche-Tard  – SYLVIE JOLY

PERSPECTIVES

Le Québec après les élections du 7 avril 2014

  • La révolution « solidaire ». Quelques éléments pour une nouvelle stratégie de gauche au Québec – JONATHAN DURAND-FOLCO
  • La voie de la rupture démocratique – PIERRE MOUTERDE

Histoire et théorie

  • Le Québec et l’Empire. Dominations et résistances – CLAUDE COUTURE
  • Anarchisme, marxisme et socialisme : le débat continue – PIERRE BEAUDET

Stratégies et résistances… partout dans le monde

  • Pourquoi Lavalas n’est pas une alternative pour Haïti – RENEL EXENTUS
  • Guy Debord à Istanbul. Mobilisation populaire et critique émancipatrice en Turquie – EFE CAN GÜRCAN ET EFE PEKER
  • Tunisie : les dilemmes de la démocratie – STÉPHANE CHALIFOUR ET JUDITH TRUDEAU

 

NOTES DE LECTURE 

 

Lisez quelques extraits de ce numéro ci-dessous.

Pour la survie de notre santé

Par Jacques Benoit
Le 7 avril dernier, le Québec a élu un nouveau gouvernement du Parti libéral (PLQ). La population de la province serait en droit de s’attendre à ce que ce gouvernement défende l’héritage du grand Parti libéral qui est à l’origine de la naissance de l’assurance hospitalisation et de l’assurance maladie publiques au Québec il y a plus de 40 ans. À cette époque, où le PIB québécois représentait une mince fraction de celui d’aujourd’hui, le PLQ de Jean Lesage avait compris que les « vraies affaires » relevaient des programmes sociaux publics.

Pourtant, les Québécoises et les Québécois risquent fort d’être déçus : trente jours plus tôt, lors du déclenchement des élections, Philippe Couillard, maintenant premier ministre, avait affirmé se lancer dans la bataille pour les « vraies affaires » – c’est-à-dire, dans ses termes, l’économie, l’emploi et le financement axé sur les patients – parce que, a-t-il ensuite répété sur toutes les tribunes, il avait fait le tour de la province et des gens de partout lui avaient dit qu’il devait s’occuper des vraies affaires ».
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Système de santé : bien commun ou marchandise ? Quand la gouvernance entrepreneuriale remplace la gestion publique

Par Marie-Claude Goulet, Guillaume Hébert et Cory VerbauHede
L’évolution d’un système de santé reflète tout à la fois les enjeux sociosanitaires de l’heure, le niveau de développement socio-économique et l’état du rapport de force entre les dominants et les dominés au sein d’une société. Ainsi, l’on trouve dans les institutions et les politiques de santé, tout comme dans les débats qui entourent leur mise en place, un reflet des idées politiques
d’une époque donnée.

Parcourir l’histoire de l’origine et de l’évolution du système de santé québécois nous permet de prendre la mesure des changements politiques, structurels et idéologiques qui le traversent et le transforment. Ainsi, par un bref retour sur le passé, nous chercherons à éclairer comment la rationalité néolibérale contemporaine et la logique marchande qui en découle s’incrustent au sein du système de santé québécois.
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La santé, les soins et le capitalisme

Par Colin Leys
Selon une croyance largement répandue, le capitalisme serait à l’origine des progrès de la santé au cours des 125 dernières années. Le capitalisme est vu comme le moteur de la croissance, et cette croissance est perçue comme une condition essentielle à l’amélioration de la santé. Or, il n’en est rien. Les pays pauvres peuvent avoir et ont parfois des populations en meilleure santé que les pays riches. Les États-Unis sont présentés par exemple comme le leader mondial en médecine alors que ce pays est en fait le champion des échecs du marché dans le domaine de la santé. Les Américains dépensent près du cinquième de leur immense budget national pour produire des résultats à peine meilleurs, voire pires dans certains cas que leurs voisins cubains, dont le revenu par personne ne représente que le vingtième du leur.
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