La santé malade du capitalisme

La santé malade du capitalisme

Introduction au dossier

Bien qu’au Québec et au Canada le domaine des soins de santé soit, depuis plus de 40 ans, majo­ri­tai­re­ment dans le giron public, l’influence du capi­ta­lisme sur la santé se fait sentir de plu­sieurs manières. On la retrouve bien sûr dans la forme par­ti­cu­lière qu’ont prise les pra­tiques médi­cales et l’organisation du sys­tème de soins à tra­vers les époques, et elle pénètre éga­le­ment, jusque dans ses replis les plus intimes, le rap­port plus géné­ral que nous entre­te­nons, en tant qu’individus, mais aussi en tant que société, à la santé. Ce sont ces rap­ports contra­dic­toires et com­plexes entre santé et capi­ta­lisme que le pré­sent numéro des Nouveaux Cahiers du socia­lisme pro­pose d’explorer.

Santé et capi­ta­lisme : à la santé du capi­ta­lisme !

Nous ouvrons ce numéro avec la tra­duc­tion d’un texte de Colin Leys qui s’attaque au « mythe vou­lant que ‘‘le capi­ta­lisme amé­liore la santé’’ ». L’auteur n’y démontre pas seule­ment le rôle négli­geable joué par le capi­ta­lisme et la crois­sance éco­no­mique dans la « révo­lu­tion de la mor­ta­lité » qu’ont connue les socié­tés capi­ta­listes entre 1850 et 1950. Il montre éga­le­ment que cette trans­for­ma­tion majeure, favo­ri­sant un essor impor­tant de l’espérance de vie, « s’est dérou­lée autant en dépit du capi­ta­lisme que grâce à lui ». En effet, Leys met en relief le carac­tère hau­te­ment délé­tère du capi­ta­lisme pour la santé des popu­la­tions : l’approfondissement des inéga­li­tés sociales, la dété­rio­ra­tion des envi­ron­ne­ments et des milieux de vie, l’opposition sys­té­ma­tique aux mesures pré­ven­tives et de santé publique, la contes­ta­tion de l’accès uni­ver­sel au sys­tème de soins et la mar­chan­di­sa­tion des soins de santé sont en effet autant de mani­fes­ta­tions du capi­ta­lisme qui s’inscrivent au passif de la santé humaine.

Ces liens entre santé et capi­ta­lisme – dont Abby Lippman montre qu’ils sont éga­le­ment tra­ver­sés par les rap­ports sociaux de sexes – sont abor­dés par cette auteure sous l’angle de la médi­ca­li­sa­tion et de l’individualisation des pro­blèmes sociaux. Elle nous invite à une réflexion sur les effets du néo­li­bé­ra­lisme et sur notre rap­port à la santé qui se carac­té­rise de plus en plus par un « indi­vi­dua­lisme consu­mé­riste » où « recou­vrer la santé, être en santé ou le rester est une ques­tion indi­vi­duelle, per­son­na­li­sée, dépo­li­ti­sée ». Cette ten­dance s’inscrit dans un contexte plus large de néo­mé­di­ca­li­sa­tion, une pers­pec­tive « bâtie sur la triade du cor­po­ra­tisme, du capi­ta­lisme et du consu­mé­risme », où tous les aspects de la vie deviennent autant de fac­teurs de risque à contrô­ler pour une vie « saine ». On valo­rise ainsi une consom­ma­tion indi­vi­duelle en prin­cipe « res­pon­sable et verte » alors que l’on sait qu’il est illu­soire, dans une société pro­fon­dé­ment inéga­li­taire, de pré­tendre que toutes et tous peuvent faire des « choix res­pon­sables ». Lippman expose com­ment les dimen­sions sociales et poli­tiques de la santé sont ainsi occul­tées au profit de la « res­pon­sa­bi­lité indi­vi­duelle » et com­ment cette situa­tion affecte tout par­ti­cu­liè­re­ment la santé des femmes.

Un autre corol­laire de cette société capi­ta­liste consu­mé­riste est la logique infer­nale du « tra­vail à tout prix » selon laquelle l’individu doit être fonc­tion­nel, per­for­mant et pro­duc­tif. Dans ce contexte, le vieillis­se­ment de la popu­la­tion devient un enjeu majeur qu’explore Julien Simard. La courbe démo­gra­phique nous force à « gérer » une popu­la­tion jugée « non pro­duc­tive » et « coû­teuse » alors que simul­ta­né­ment le capi­ta­lisme contem­po­rain trans­forme les per­sonnes âgées elles-mêmes en un marché. On valo­rise ainsi de plus en plus le « vieillis­se­ment actif », qui s’accompagne d’une dis­cri­mi­na­tion à l’égard des per­sonnes âgées qui ne répondent pas à l’impératif du vieillis­se­ment « pro­duc­tif » ou du « bien vieillir ». Simard aborde, dans cette optique, la ques­tion de la gen­tri­fi­ca­tion à Montréal qui « affecte le droit de vieillir chez soi » et ter­mine par une réflexion plus vaste sur « l’inclusion sociale des aînéEs et les pos­si­bi­li­tés de faire adve­nir un “vieillis­se­ment soli­daire” dans les socié­tés contem­po­raines ».

Une ana­lyse des rap­ports entre la santé et le capi­ta­lisme implique for­cé­ment de prendre en consi­dé­ra­tion le rôle cru­cial des déter­mi­nants sociaux de la santé. L’Organisation mon­diale de la santé (OMS) estime qu’environ 70 % de la santé des popu­la­tions relève de ces déter­mi­nants sociaux et que l’impact sur la santé des sys­tèmes de soins se limite à envi­ron 10-15 %. C’est à un appro­fon­dis­se­ment de cette réa­lité que nous convient Marie-France Raynault et Simon Tessier dans un texte qui éta­blit clai­re­ment le lien entre inéga­li­tés socio-éco­no­miques, inéga­li­tés de pou­voir et inéga­li­tés sociales de santé, et qui insiste sur le carac­tère « évi­table » de ces der­nières. L’auteure et l’auteur pré­sentent les bases his­to­riques et théo­riques essen­tielles à la com­pré­hen­sion du concept d’inégalités sociales de santé, puis évoquent plu­sieurs études d’envergure concer­nant les effets des inter­ven­tions poli­tiques dans ce domaine. Sur cette base, les auteurs concluent que « la pro­blé­ma­tique des inéga­li­tés sociales de santé telle qu’elle est com­prise actuel­le­ment en santé publique met en cause direc­te­ment le capi­ta­lisme dans sa pro­pen­sion à accroître les écarts de richesses entre les groupes de popu­la­tion ».

Souffrance psy­chique et capi­ta­lisme : bio­pou­voir, dépres­sion et sur­trai­te­ment

C’est non seule­ment la méde­cine, mais aussi les approches popu­la­tion­nelles typiques du domaine de la santé publique qui sont remises en ques­tion par les auteurEs qui ana­lysent la santé dans les termes fou­cal­diens du « bio­pou­voir » et du « gou­ver­ne­ment des popu­la­tions ». Dans un entre­tien qu’il nous a accordé, Miguel Benasayag décrit la crise d’une méde­cine qui n’a jamais été aussi puis­sante dans ses pos­sibles, mais qui ne s’est jamais mon­trée aussi inca­pable de répondre à son idéal de vaincre la mala­die. C’est dans ce contexte de crise qu’émerge la ques­tion du bio­pou­voir, c’est-à-dire d’une nou­velle forme de « gou­ver­ne­men­ta­lité » où il n’y a plus de sujets sin­gu­liers, mais plutôt des popu­la­tions quan­ti­fiées et pro­fi­lées. Ce pro­fi­lage, qui empri­sonne les gens dans des modèles sta­tis­tiques et dicte à chacun ce qu’il doit et ne doit pas faire, est à l’origine d’une grande souf­france psy­chique. Selon Benasayag, un désir enfoui d’émancipation s’exprimerait à tra­vers cette souf­france contem­po­raine.

Or, si la santé des corps ne peut être pensée indé­pen­dam­ment du capi­ta­lisme, il en va de même en ce qui concerne la souf­france psy­chique. Non seule­ment celle-ci est-elle, du point de vue du capi­ta­lisme, une source de profit poten­tiel­le­ment infi­nie au même titre que le corps, mais le capi­ta­lisme lui-même peut en retour être com­pris comme l’une des sources de « l’épreuve sociale » qu’est la dépres­sion. C’est dans ces termes que Marcelo Otero ana­lyse la dépres­sion. Celle-ci est saisie non pas sous l’angle d’une « mala­die men­tale » indi­vi­duelle, mais comme un phé­no­mène socio­lo­gique. La dépres­sion et les anti­dé­pres­seurs sont à notre époque ce que la névrose et la psy­cha­na­lyse étaient à celle de Freud. La dépres­sion parle de la société actuelle, elle emprunte son lan­gage. Performance et ten­sions dans l’univers du tra­vail, tels sont quelques élé­ments de la gram­maire sociale de la dépres­sion que déve­loppe l’auteur.

L’« épi­dé­mie » de dépres­sions et de troubles anxieux que connaît notre civi­li­sa­tion n’est donc pas étran­gère au carac­tère capi­ta­liste de nos socié­tés ni à notre échec per­ma­nent à trou­ver la cause de ces fléaux ailleurs que dans l’individualisation des pro­blèmes sociaux. Il n’est guère sur­pre­nant du coup que l’on tente en vain de soi­gner ces troubles par la mul­ti­pli­ca­tion des pres­crip­tions de médi­ca­ments. Selon la psy­chia­trie, la dépres­sion appar­tient à un ensemble plus vaste de « troubles men­taux », qui consti­tuent autant d’opportunités d’affaires pour l’industrie phar­ma­ceu­tique. Trouble défi­ci­taire de l’attention, anxiété, etc., plus rien désor­mais n’échappe à « Big Pharma ». Jean-Claude St-Onge met en lumière les consé­quences pré­vi­sibles des liens de l’industrie phar­ma­ceu­tique avec la psy­chia­trie offi­cielle et révèle com­ment ce com­plexe médico-indus­triel favo­rise tou­jours plus de diag­nos­tics, tou­jours plus de pilules et tou­jours plus… de pro­fits.

Système de santé : enjeux poli­tiques au Québec, au Canada et ailleurs

Un accès uni­ver­sel au sys­tème de soins est d’autant plus vital que nous habi­tons un sys­tème social pro­fon­dé­ment patho­gène. L’histoire des sys­tèmes sani­taires, y com­pris du sys­tème de soins qué­bé­cois, montre que le capi­ta­lisme est en cela aussi un adver­saire de la santé des popu­la­tions. Les gains sociaux réa­li­sés en termes d’accès à la santé ont été arra­chés de haute lutte et n’ont cessé depuis d’être remis en ques­tion.

La mise en place pro­gres­sive d’un réseau public de santé au Québec tout au long du XXe siècle est le résul­tat de luttes popu­laires et syn­di­cales. L’histoire de ces luttes depuis la Révolution tran­quille fait voir à la fois des gains ini­tiaux comme l’assurance-maladie et le retour en force du sec­teur privé à la suite de l’avènement de l’ère néo­li­bé­rale. Une pre­mière vague de reculs a lieu durant les années 1980 et la décen­nie des années 1990 est mar­quée par le sous-finan­ce­ment du sys­tème public de santé et des ser­vices sociaux qui conduit au rétré­cis­se­ment des ser­vices. Cette dimi­nu­tion des soins permet à cer­tains de jus­ti­fier l’intrusion du privé dès lors pré­senté comme une pana­cée pour les tares d’un sys­tème public vu comme « défaillant ». Marie-Claude Goulet, Guillaume Hébert et Cory Verbauwhede rap­pellent les faits saillants de cette his­toire et montrent com­ment le concept anodin de gou­ver­nance dis­si­mule un pro­ces­sus de déman­tè­le­ment de la santé conçue comme un ser­vice public. Mise en com­pé­ti­tion des four­nis­seurs de soins publics et privés, mise en place de mar­chés internes, indi­ca­teurs de per­for­mance, recherche de com­pé­ti­ti­vité : un nou­veau lan­gage tech­no­cra­tique et mar­chand prend forme au sein du réseau en dépit de son incom­pa­ti­bi­lité avec les valeurs fon­da­trices du sys­tème de santé.

S’il est essen­tiel de com­prendre com­ment les luttes sociales qui ont marqué l’histoire du Québec ont joué un rôle majeur dans l’émergence d’un sys­tème de soins public, il est aussi néces­saire de réflé­chir à la façon dont le capi­ta­lisme a his­to­ri­que­ment imposé des limites aux réformes en matière de santé. Anne Plourde pro­pose d’analyser cette ques­tion à tra­vers le cas des Centres locaux de ser­vices com­mu­nau­taires (CLSC), au départ consi­dé­rés comme le cœur de la Réforme des affaires sociales ayant pré­sidé à la nais­sance du sys­tème de soins moderne au Québec. Par le biais d’une com­pa­rai­son entre le modèle ini­tial des CLSC et celui des cli­niques popu­laires qui émergent à la même époque, l’auteure explore les contraintes que fait peser le capi­ta­lisme sur les ten­ta­tives d’orienter le sys­tème de soins vers une méde­cine véri­ta­ble­ment pré­ven­tive et vers une démo­cra­ti­sa­tion de ses ins­ti­tu­tions.

La pro­blé­ma­tique de l’accès uni­ver­sel au sys­tème de soins sou­lève aussi la ques­tion de l’accès pour ceux et celles qui sont les grands exclus de ce sys­tème : les migrantes et les migrants. Les ser­vices de santé se dété­riorent et la situa­tion est pire encore pour les per­sonnes qui n’ont pas le statut de « citoyen cana­dien » qui, de plus en plus, n’ont car­ré­ment plus accès aux soins. La contri­bu­tion de Samir Shaheen-Hussain décrit les impacts des réformes des gou­ver­ne­ments sur la santé et la vie des per­sonnes dont le statut (ou l’absence de statut) est pré­caire et qui font les frais de manœuvres et de chan­tages poli­tiques hon­teux. À ce titre, la réforme récente de Jason Kenney contre les deman­deuses et les deman­deurs d’asile n’est qu’une seule des poli­tiques injustes d’un sys­tème qui prend peu à peu les traits d’un véri­table « apar­theid ».

La sur­pro­duc­tion et la sur­con­som­ma­tion carac­té­risent la société capi­ta­liste au même titre que la méde­cine du XXIe siècle. Le com­plexe phar­maco-indus­triel est l’un des sec­teurs éco­no­miques les plus lucra­tifs au monde : il « sur­pro­duit » de nou­velles tech­no­lo­gies et de nou­velles molé­cules et soumet l’ensemble du corps médi­cal et social à son emprise ten­ta­cu­laire. De plus en plus de machines et de médi­ca­ments : toutes les phases nor­males de la vie sont « patho­lo­gi­sées », la fra­gi­lité propre à l’être humain n’est plus accep­tée, on repousse les limites du vivant sans jamais remettre en ques­tion tout cet arse­nal qui pro­fite essen­tiel­le­ment à une poi­gnée de grandes firmes dont le chiffre d’affaires atteint plu­sieurs dizaines de mil­liards de dol­lars. Marc-André Gagnon montre que le sec­teur privé n’a pour­tant pas le mono­pole de l’innovation en santé, notam­ment en ce qui a trait au sec­teur phar­ma­ceu­tique. Au contraire, les orga­ni­sa­tions publiques qui ne sont pas sou­mises à l’impératif de pro­fits immé­diats sont sou­vent bien davan­tage en mesure de penser la recherche et le déve­lop­pe­ment fon­da­men­taux néces­saires à de véri­tables avan­cées thé­ra­peu­tiques et tech­no­lo­giques en santé.

Luttes et résis­tances : pour une poli­ti­sa­tion de la mala­die !

Il res­sort de ce qui pré­cède que la santé, au même titre que la démo­cra­tie et les éco­sys­tèmes, n’est pas soluble dans le capi­ta­lisme. Non seule­ment le capi­ta­lisme, en tant que struc­ture sociale hau­te­ment inéga­li­taire, est géné­ra­teur de mala­die, mais sa logique indi­vi­dua­li­sante et consu­mé­riste contri­bue à médi­ca­li­ser les pro­blèmes sociaux et ainsi à mas­quer le carac­tère poli­tique des enjeux liés à la santé. Le capi­ta­lisme génère éga­le­ment une souf­france psy­chique qui prend dans nos socié­tés des pro­por­tions épi­dé­miques. Cette logique mal­saine axée sur des valeurs de per­for­mance et sur la com­pé­ti­tion conduit à consi­dé­rer les nom­breux « perdantEs » (les femmes, les aînéEs, les migrantEs, etc.), comme res­pon­sables de leur sort. De manière plus mor­bide encore, le capi­ta­lisme se nour­rit allè­gre­ment de la mala­die qu’il contri­bue lit­té­ra­le­ment à « pro­duire » puisqu’une nou­velle mala­die à trai­ter, c’est aussi un nou­veau trai­te­ment lucra­tif à offrir, sans comp­ter les occa­sions d’affaires repré­sen­tées par les brèches tou­jours plus grandes pra­ti­quées dans le sys­tème public de soins.

En d’autres termes, l’histoire des luttes sociales autour de l’enjeu poli­tique majeur qu’est la santé n’est pas ter­mi­née et de nou­velles luttes sur­gissent. En témoigne notam­ment la « Déclaration de résis­tance à la nou­velle ges­tion publique dans la santé et les ser­vices sociaux », ini­tiée par le RÉCIFS, le RIOCM et Ex-aequo. Il s’agit d’un mani­feste qui dénonce les effets néfastes de pra­tiques de ges­tion direc­te­ment impor­tées de l’entreprise privée. L’implantation de méthodes dites d’optimisation dans le réseau de la santé, notam­ment le Lean et la méthode Toyota, en est la mani­fes­ta­tion la plus visible. En effet, ces réor­ga­ni­sa­tions per­pé­tuelles, dans les­quelles il faut « faire plus avec moins », sont à l’origine d’une dégra­da­tion des condi­tions de tra­vail, d’une dimi­nu­tion de la qua­lité des soins et des ser­vices rendus aux patientes et aux patients et d’une atteinte « à la santé phy­sique et men­tale des tra­vailleuses et tra­vailleurs ainsi que des per­sonnes qui uti­lisent les ser­vices, en par­ti­cu­lier les per­sonnes vul­né­rables et leurs proches aidants ». Face à ces nou­velles menaces, la résis­tance s’organise : de nom­breux groupes, syn­di­cats, orga­nismes com­mu­nau­taires et citoyennes et citoyens dénoncent cette situa­tion et reven­diquent plutôt une amé­lio­ra­tion conti­nue du sys­tème de santé en réaf­fir­mant l’importance des ser­vices publics comme projet soli­daire, en remet­tant l’être humain au cœur du sys­tème et en démo­cra­ti­sant les lieux de tra­vail pour y déve­lop­per et expé­ri­men­ter de nou­velles pra­tiques réel­le­ment démo­cra­tiques.

C’est le nou­veau pre­mier ministre du Québec, le Dr Philippe Couillard, ainsi que son nou­veau ministre de la Santé et ancien pré­sident de la Fédération des méde­cins spé­cia­listes du Québec, le Dr Gaétan Barrette, qu’interpelle direc­te­ment Jacques Benoît au nom de la Coalition soli­da­rité santé. Après avoir dressé le triste bilan des années de Philippe Couillard au minis­tère de la Santé, l’auteur attaque de front les prin­ci­pales menaces qui planent sur le sys­tème public de soins. Si cer­taines d’entre elles sont fami­lières et font partie du pay­sage qué­bé­cois depuis les débuts du virage néo­li­bé­ral (le recours aux pri­va­ti­sa­tions, à la sous-trai­tance ou aux par­te­na­riats public-privé), d’autres sont appa­rues plus récem­ment : l’implantation du finan­ce­ment à l’activité ou celle de nou­velles méthodes de ges­tion du per­son­nel ins­pi­rées du toyo­tisme. Prenant le contre­pied des dis­cours sur les bien­faits de ces avan­cées du sec­teur privé dans le sys­tème public de soins, l’auteur démontre leurs effets catas­tro­phiques non seule­ment pour la santé des usagerEs, mais aussi pour celle des tra­vailleuses et des tra­vailleurs. Contre ces menaces, la lutte doit for­mu­ler et pro­mou­voir des reven­di­ca­tions qui débordent le sys­tème de soins et qui visent « l’amélioration des condi­tions de vie de la majo­rité de la popu­la­tion par le par­tage de la richesse déjà exis­tante et la réduc­tion des inéga­li­tés, dans un souci de contrer la catas­trophe envi­ron­ne­men­tale qui nous guette et qu’on ne doit pas léguer à nos enfants ». Le texte de Jacques Benoit se conclut par un appel à la soli­da­rité et à l’unité essen­tielles à l’élaboration d’un rap­port de force qui « ne se construit pas que dans les urnes, mais aussi dans la rue ».

C’est à cet appel que le pré­sent numéro sou­haite faire écho.


Vous appré­ciez cet article ? Soutenez-nous en vous abon­nant au NCS ou en fai­sant un don.

Vous pouvez nous faire par­ve­nir vos com­men­taires par cour­riel ou à notre adresse pos­tale :

cap@​cahiersdusocialisme.​org

Collectif d’analyse poli­tique
CP 35062 Fleury
Montréal
H2C 3K4

Les commentaires sont fermés.