La question nationale revisitée. Enjeux, stratégies et convergences – No 24, automne 2020

À propos de ce numéro

Repenser la question nationale aujourd’hui exige d’étudier l’oppression nationale du peuple québécois et les pratiques génocidaires contre les peuples autochtones dans un système qui fait partie du « code génétique » de l’État canadien. Certes, le Québec a changé depuis l’époque où on se faisait dire « Speak white ». Pour autant, les leviers essentiels restent dans les mains d’une oligarchie canadienne.

Pour autant, des luttes politiques et sociales continuent d’exercer de grandes pressions sur le dispositif du pouvoir. Depuis quelques années, de nouveaux acteurs émergent, tant à l’assemblée nationale que dans les mouvements populaires autour d’une aspiration à la justice sociale et écologique qui réinvente la question nationale.

Dans ce numéro des NCS, vous trouverez des recherches et débats, au moment où la « crise des crises » (pandémique, écologique, économique), instrumentalisée par les pouvoirs, interpelle les mouvements préconisant une « grande transition » post-capitaliste et post-coloniale.

 

Table des matières

dossier — LA QUESTION NATIONALE REVISITÉE. ENJEUX, STRATÉGIES, CONVERGENCES

Introduction au dossier

Flavie Achard, Pierre Beaudet, Stéphane Chalifour, Donald Cuccioletta, André Frappier, Pierre Mouterde,

Alain Saint-Victor, Judith Trudeau et Carole Yerochewski

État et capitalisme

• Les hauts et les bas de Québec inc.
Pierre Beaulne

• La financiarisation et le charme discret de Québec inc. Entretien avec Audrey Laurin-Lamothe
Pierre Beaudet

• La politique économique de la CAQ.
Un nationalisme de succursales
Julia Posca

• L’adversaire
Milan Bernard et Simon Tremblay-Pepin

• La crise prolongée du capitalisme canadien
Todd Gordon et Geoffrey McCormack

• Le contrôle des leviers financiers au Canada
Mathieu Dufour

• La Caisse de dépôt et placement :
rouage de notre exploitation
Christian Pépin

Enjeux contemporains

• Valleyfield : pour une émancipation à la fois nationale et sociale
Pierre Beaudet

• L’indépendance et l’immigration
Alain Saint-Victor

• Le Québec, c’est aussi « nous ».
Conversation avec Ève Torres
Pierre Beaudet

• L’indépendance incontournable.
Entretien avec Sol Zanetti et Catherine Dorion
Pierre Mouterde

• Le défi de lutter ensemble
Andrea Levy et André Frappier

• Communalisme et culture. Réflexion sur l’autogouvernement et l’enracinement
Eric Martin

• De Speak White à la loi 21.
Les métamorphoses de la question nationale
Carole Yerochewski

• Le racisme « banal », l’ « expérience québécoise »
et la pandémie
Rosa Pires

Les peuples autochtones et le Québec :
repenser la décolonisation
Dalie Giroux

• Pour une république au Québec
Danic Parenteau

Histoire et théorie

• La question nationale québécoise. Toujours omniprésente, complexe, à la fois périlleuse
et prometteuse
Gilles Bourque

• Les limites de la solidarité : entre territorialité
étatique et souveraineté autochtone
Joëlle Alice Michaud-Ouellet

• Retour sur le maoïsme et sur un texte injustement méconnu
Gilles Labelle

• Socialisme et indépendance : une association
à revoir ?
Yves Rochon

• L’identité contre la nation
Stéphane Chalifour et Judith Trudeau

• Indépendance, interdépendance et cogouvernance.
Une conversation avec Paul John Murdoch de la
Nation crie
Julie Perreault

• Féminisme et nationalisme au Québec :
un aperçu historique
Diane Lamoureux

• La gauche canadienne et le Québec.
Les multiples dimensions d’un dialogue inachevé
Pierre Beaudet

• L’État et la nation. Entretien avec Neil Davidson
Benjamin Birnbaum

Conclusion

• L’indépendance du Québec : encore à l’ordre du jour !
Pierre Mouterde

crises et transition

perspectives

NOTES DE LECTURE

 

Lisez quelques extraits de ce numéro ci-dessous

La politique économique de la CAQ. Un nationalisme de succursales

Par Julia Posca
La CAQ et François Legault se présentent comme les « champions de l’économie », la priorité étant d’augmenter les investissements. Nombre de ministres et de députés sont d’ex-cadres intermédiaires du secteur public ou venant des petites et moyennes entreprises. Le moyen pense Legault est de réduire la ponction fiscale sur les entreprises et surtout de prendre partie pour celles-ci quand elles affrontent les syndicats, comme il l’a fait dans le cadre de la grève d’ABI. L’environnement passe également au second plan. Malgré ses appels, les investissements ne viennent pas en grand nombre. Des « beaux fleurons » de Québec Inc. sont rachetés par de plus gros requins, y compris Air Transat, où Legault avait fait ses classes. Le rêve d’une nation de « propriétaires » se heurte à l’écueil du capitalisme nord-américain tout puissant.
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L’indépendance incontournable

Par Sol Zanetti et Catherine Dorion
Selon Sol Zanetti, « être québécois, c’est ce que nous avons fait jusqu’ici, c’est ce que nous allons être, c’est ce qu’on va faire ensemble ». Un pays « où personne n’est exclu », construit sur une véritable souveraineté populaire. Pour Catherine Dorion, l’indépendance implique une transformation du pouvoir, « l’émancipation du peuple vis-à-vis du patriarcat, du capitalisme, des puissants, du pouvoir hiérarchisé ». Évidemment, cela doit être inclusif : « « Un peuple, c’est pas du monde tous pareils, c’est du monde tous ensemble ». Il faut donc un nouveau départ : « le pari qu’on fait, c’est d’insuffler un nouveau récit dans la politique québécoise, avec les changements démographiques et les changements dans les mentalités ».
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Les peuples autochtones et le Québec, repenser la décolonisation

Par Dalie Giroux
L’héritage colonial du Québec s’est constitué par l’opération d’un ensemble de dispositifs de dépossession qu’il nous faut comprendre, critiquer et démanteler, afin de poursuivre une politique collective de lutte contre la dépossession. Pour réinterpréter l’élan d’indépendance, il faut repenser les relations entre les peuples du territoire de la province, les modalités par lesquelles tiennent ensemble les frontières de ce territoire, la manière dont nous en tirons notre subsistance et les puissances de dépossession que nous soutenons (et qui nous soutiennent). La question politique québécoise du vingt-et-unième siècle ne sera pas celle de trouver le chemin à emprunter pour devenir maîtres chez soi, ce qui signifierait de poursuivre la colonisation européenne des Amériques en notre nom, mais de réfléchir et d’agir en fonction de l’objectif réel et impérieux d’abolir, en mode grande alliance, toutes les relations de servitude qui constituent les formes coloniales françaises et britanniques de dépossession dont nous avons hérité.
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