La proportionnelle : la clé pour unir les souverainistes

Par Mis en ligne le 27 janvier 2012

Dans le débat sur la façon d’unir les forces sou­ve­rai­nistes, on a parlé sur­tout jusqu’ici d’alliances élec­to­rales pos­sibles entre le Parti qué­bé­cois et Québec soli­daire.

En tant que membre fon­da­teur de Québec soli­daire, je rejette cette stra­té­gie qui, d’ores et déjà, appa­raît vouée à l’échec. Je pense aussi que de nom­breux membres de ce parti n’accepteraient pas de voter pour un can­di­dat péquiste dans l’hypothèse où leur cir­cons­crip­tion serait dési­gnée pour accueillir le can­di­dat unique de l’alliance. Je ne peux notam­ment pas digé­rer l’orientation néo­li­bé­rale du PQ depuis Lucien Bouchard. C’est d’ailleurs l’opposition à cette orien­ta­tion qui a été le prin­ci­pal ciment per­met­tant l’unité des forces pro­gres­sistes au début des années 2000 qui a mené à la fon­da­tion de Québec solidaire.

Il en serait de même du côté péquiste où de nom­breux sym­pa­thi­sants de centre droit pré­fé­re­raient appuyer la Coalition Avenir Québec de François Legault plutôt que de d’appuyer un parti de gauche.

Il existe tout de même une façon de réa­li­ser l’union entre sou­ve­rai­nistes de dif­fé­rents partis et ten­dances, un pro­blème appa­rais­sant à priori aussi inso­luble que la qua­dra­ture du cercle. C’est l’instauration d’un mode de scru­tin pro­por­tion­nel qui, tout en per­met­tant à chaque parti de faire le plein de leurs voix, leur garan­ti­rait une répar­ti­tion équi­table des sièges par­le­men­taires en fonc­tion de la pro­por­tion de votes qu’ils auraient obtenue.

Finies donc les dis­tor­sions aber­rantes qui font de nos consul­ta­tions élec­to­rales de véri­tables foire d’empoigne allant même jusqu’au ren­ver­se­ment de la volonté popu­laire comme cela s’est encore pro­duit aux élec­tions de 1998. Fini aussi ce phé­no­mène, puant démo­cra­ti­que­ment, des votes dits stra­té­giques ou utiles où de nom­breux sym­pa­thi­sants de tiers partis oublient momen­ta­né­ment leurs convic­tions et votent pour le parti tra­di­tion­nel qui leur appa­raît le moins pire afin d’éviter l’élection du pire.

Ce mode de scru­tin éli­mi­ne­rait l’élection de gou­ver­ne­ments majo­ri­taires à la Charest et à la Harper qui n’ont obtenu qu’une mino­rité de votes. Il néces­si­te­rait évi­dem­ment la for­ma­tion de gou­ver­ne­ments de coa­li­tion où des partis ayant des affi­ni­tés pro­gram­ma­tiques s’uniraient après les élec­tions selon des condi­tions défi­nies à l’avance et connues publi­que­ment. La col­la­bo­ra­tion entre élu(e)s s’effectuerait ainsi tout natu­rel­le­ment. Cette façon de gou­ver­ner heur­te­rait certes la culture poli­tique ambiante. Elle exi­ge­rait une capa­cité d’innovation dont la classe poli­tique qué­bé­coise dans son ensemble ne semble mal­heu­reu­se­ment pas dotée pré­sen­te­ment. Souhaitons que les partis sou­ve­rai­nistes cassent la glace parce qu’il en va de l’avenir du Québec. Les nom­breuses actions de col­la­bo­ra­tion ini­tiées par le député de Québec soli­daire, Amir Khadir, en 2011, indiquent la voie à suivre.

Paul Cliche, Montréal
27 jan­vier 2012

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