La proportionnelle : la clé pour unir les souverainistes

Dans le débat sur la façon d’unir les forces souverainistes, on a parlé surtout jusqu’ici d’alliances électorales possibles entre le Parti québécois et Québec solidaire.

En tant que membre fondateur de Québec solidaire, je rejette cette stratégie qui, d’ores et déjà, apparaît vouée à l’échec. Je pense aussi que de nombreux membres de ce parti n’accepteraient pas de voter pour un candidat péquiste dans l’hypothèse où leur circonscription serait désignée pour accueillir le candidat unique de l’alliance. Je ne peux notamment pas digérer l’orientation néolibérale du PQ depuis Lucien Bouchard.  C’est d’ailleurs l’opposition à cette orientation qui a été le principal ciment permettant l’unité des forces progressistes au début des années 2000 qui a mené à la fondation de Québec solidaire.

Il en serait de même du côté péquiste où de nombreux sympathisants de centre droit préféreraient appuyer la Coalition Avenir Québec de François Legault plutôt que de d’appuyer un parti de gauche.

Il existe tout de même une façon de réaliser l’union entre souverainistes de différents partis et tendances, un problème apparaissant à priori aussi insoluble que la quadrature du cercle. C’est l’instauration d’un mode de scrutin proportionnel qui, tout en permettant à chaque parti de faire le plein de leurs voix, leur garantirait une répartition équitable des sièges parlementaires en fonction de la proportion de votes qu’ils auraient obtenue.

Finies donc les distorsions aberrantes qui font de nos consultations électorales de véritables foire d’empoigne allant même jusqu’au renversement de la volonté populaire comme cela s’est encore produit aux élections de 1998. Fini aussi ce phénomène, puant démocratiquement, des votes dits stratégiques ou utiles où de nombreux sympathisants de tiers partis  oublient momentanément leurs convictions et votent pour le parti traditionnel qui leur apparaît le moins pire afin d’éviter l’élection du pire.

Ce mode de scrutin éliminerait l’élection  de gouvernements majoritaires à la Charest et à la Harper qui n’ont obtenu qu’une minorité de votes. Il nécessiterait évidemment la formation de gouvernements de coalition où des partis ayant des affinités programmatiques s’uniraient après les élections selon des conditions définies à l’avance et connues publiquement. La collaboration entre élu(e)s s’effectuerait ainsi tout naturellement. Cette façon de gouverner  heurterait certes la culture politique ambiante. Elle exigerait une capacité d’innovation dont la classe politique québécoise dans son ensemble ne semble malheureusement pas dotée présentement. Souhaitons que les partis souverainistes cassent la glace parce qu’il en va de l’avenir du Québec. Les nombreuses actions de collaboration initiées  par le député de Québec solidaire, Amir Khadir, en 2011, indiquent la voie à suivre.

Paul Cliche, Montréal
27 janvier 2012