La lutte contre le déficit ne doit pas se faire au détriment des pauvres

Par Mis en ligne le 28 mars 2012

La cam­pagne ALP demande au gou­ver­ne­ment de pro­té­ger et d’augmenter l’aide au déve­lop­pe­ment et de mettre en œuvre le plan contre la pau­vreté au pays

OTTAWA (22 mars, 2012) –En pré­vi­sion du budget fédé­ral qui sera dévoilé la semaine pro­chaine, la cam­pagne Abolissons la pau­vreté (ALP) s’oppose à des cou­pures dans le budget de l’aide inter­na­tio­nale cana­dienne et demande des inves­tis­se­ment dans des ini­tia­tives visant à lutter contre la pau­vreté au Canada.

“Si des cou­pures doivent être faites pour atteindre l’équilibre bud­gé­taire, ce n’est pas aux plus pauvres d’en payer le prix,” a dit Jennifer Slawich de RÉSULTATS Canada. “Les per­sonnes qui vivent dans la pau­vreté ici et à l’étranger sont celles qui ont le plus souf­fert de la crise éco­no­mique, et elles conti­nuent d’en res­sen­tir les impacts.”

En 2010, le gou­ver­ne­ment fédé­ral a gelé l’enveloppe consa­crée à l’aide inter­na­tio­nale et les dépenses devraient stag­ner, sinon décroître, en 2012-2013. ALP s’inquiète du fait que des cou­pures dans les pro­grammes d’aide aux pays pauvres pour­raient mettre en péril les pro­grès accom­plis à ce jour. Ces dix der­nières années, l’aide a fourni des trai­te­ments contre le SIDA à près de 4 mil­lions de per­sonnes, a réduit consi­dé­ra­ble­ment le nombre de morts liés à la mala­ria et à la tuber­cu­lose et a permis à 46 mil­lions d’enfants sup­plé­men­taires d’aller à l’école.

“Nous devons main­te­nant accroître les dépenses pour la santé et l’éducation. Soixante-sept mil­lions d’enfants ne vont tou­jours pas à l’école et nous sommes sur le point de voir naître une géné­ra­tion sans SIDA et d’éradiquer la mala­ria et la tuber­cu­lose”, a ajouté Mme Slawich.

Selon ALP, le budget fédé­ral devrait éga­le­ment mettre en oeuvre les recom­man­da­tions approu­vées par tous les partis concer­nant la lutte à la pau­vreté au Canada. “En 2010, tous les partis membres du comité HUMA à la Chambre des com­munes ont recom­mandé l’adoption d’un plan fédé­ral anti-pau­vreté, mais nous atten­dons tou­jours que le gou­ver­ne­ment passe à l’action”, a pré­cisé Simon Lewchuk de Citoyens pour la jus­tice publique. “Le fait d’investir modes­te­ment aujourd’hui permet de s’assurer que notre redres­se­ment éco­no­mique ne laisse per­sonne der­rière.”

Réagissant aux propos du ministre Flaherty, ALP demande que l’annonce concer­nant le budget soit détaillée. “Le pre­mier ministre s’étant engagé à plus de trans­pa­rence, nous deman­dons à M. Flaherty d’être franc,” a dit Chantal Havard du Conseil cana­dien pour la coopé­ra­tion inter­na­tio­nale. “Les Canadiens ont le droit de savoir, en détails, quelles sont les déci­sions qui auront un impact sur la vie des per­sonnes vivant dans la pau­vreté.”

La cam­pagne demande au ministre des finances d’explorer des mesures nova­trices afin d’accroître la por­tion reve­nus du budget, en par­ti­cu­lier une taxe sur les tran­sac­tions finan­cières. “On ne devrait pas essayer d’éliminer le défi­cit uni­que­ment en fai­sant des cou­pures,” a dit Mark Fried d’Oxfam Canada. “Une taxe rai­son­nable sur l’échange d’actions et de bons par les ins­ti­tu­tions finan­cières pour­rait rap­por­ter des mil­lions de dol­lars chaque année. On peut réduire le défi­cit tout en s’attaquant à la pau­vreté.”

En gelant, en 2010, le budget consa­cré à l’aide, l’aide du Canada est passée de 0.34 % du revenu natio­nal brut (RNB) en 2010 à un pour­cen­tage estimé de 0.29 % cette année. Si le gel conti­nue, l’aide tom­bera à 0.27 % en 2014, pla­çant le Canada dans le pelo­ton de queue de tous les pays dona­teurs.

“Le pre­mier ministre David Cameron a main­tenu l’engagement de la Grande-Bretagne de consa­crer 0.7 % de son RNB à l’aide inter­na­tio­nale, bien que le pays soit confronté aux pires mesures d’austérité depuis la Deuxième guerre mon­diale,” a ajouté Mme Havard. “Il recon­naît qu’investir dans le déve­lop­pe­ment ne signi­fie pas uni­que­ment sauver des vies, mais qu’il y va du plus pro­fond inté­rêt natio­nal.”

Les commentaires sont fermés.