La lutte contre le déficit ne doit pas se faire au détriment des pauvres

La campagne ALP demande au gouvernement de protéger et d’augmenter l’aide au développement et de mettre en œuvre le plan contre la pauvreté au pays

 OTTAWA (22 mars, 2012) –En prévision du budget fédéral qui sera dévoilé la semaine prochaine, la campagne Abolissons la pauvreté (ALP) s’oppose à des coupures dans le budget de l’aide internationale canadienne et demande des investissement dans des initiatives visant à lutter contre la pauvreté au Canada.

“Si des coupures doivent être faites pour atteindre l’équilibre budgétaire, ce n’est pas aux plus pauvres d’en payer le prix,” a dit Jennifer Slawich de RÉSULTATS Canada.  “Les personnes qui vivent dans la pauvreté ici et à l’étranger sont celles qui ont le plus souffert de la crise économique, et elles continuent d’en ressentir les impacts.”

En 2010, le gouvernement fédéral a gelé l’enveloppe consacrée à l’aide internationale et les dépenses devraient stagner, sinon décroître, en 2012-2013. ALP s’inquiète du fait que des coupures dans les programmes d’aide aux pays pauvres pourraient mettre en péril les progrès accomplis à ce jour. Ces dix dernières années, l’aide a fourni des traitements contre le SIDA à près de 4 millions de personnes, a réduit considérablement le nombre de morts liés à la malaria et à la tuberculose et a permis à 46 millions d’enfants supplémentaires d’aller à l’école.

“Nous devons maintenant accroître les dépenses pour la santé et l’éducation. Soixante-sept millions d’enfants ne vont toujours pas à l’école et nous sommes sur le point de voir naître une génération sans SIDA et d’éradiquer la malaria et la tuberculose”, a ajouté Mme Slawich.

Selon ALP, le budget fédéral devrait également mettre en oeuvre les recommandations approuvées par tous les partis concernant la lutte à la pauvreté au Canada. “En 2010, tous les partis membres du comité HUMA à la Chambre des communes ont recommandé l’adoption d’un plan fédéral anti-pauvreté, mais nous attendons toujours que le gouvernement passe à l’action”,  a précisé Simon Lewchuk de Citoyens pour la justice publique. “Le fait d’investir modestement aujourd’hui permet de s’assurer que notre redressement économique ne laisse personne derrière.”

Réagissant aux propos du ministre Flaherty, ALP demande que l’annonce concernant le budget soit détaillée. “Le premier ministre s’étant engagé à plus de transparence, nous demandons à M. Flaherty d’être franc,” a dit Chantal Havard du Conseil canadien pour la coopération internationale. “Les Canadiens ont le droit de savoir, en détails, quelles sont les décisions qui auront un impact sur la vie des personnes vivant dans la pauvreté.”

La campagne demande au ministre des finances d’explorer des mesures novatrices afin d’accroître la portion revenus du budget, en particulier une taxe sur les transactions financières. “On ne devrait pas essayer d’éliminer le déficit uniquement en faisant des coupures,” a dit Mark Fried d’Oxfam Canada. “Une taxe raisonnable sur l’échange d’actions et de bons par les institutions financières pourrait rapporter des millions de dollars chaque année. On peut réduire le déficit tout en s’attaquant à la pauvreté.”

En gelant, en 2010, le budget consacré à l’aide, l’aide du Canada est passée de 0.34 % du revenu national brut (RNB) en 2010 à un pourcentage estimé de 0.29 % cette année. Si le gel continue, l’aide tombera à 0.27 % en 2014, plaçant le Canada dans le peloton de queue de tous les pays donateurs.

“Le premier ministre David Cameron a maintenu l’engagement de la Grande-Bretagne de consacrer 0.7 % de son RNB à l’aide internationale, bien que le pays soit confronté aux pires mesures d’austérité depuis la Deuxième guerre mondiale,” a ajouté Mme Havard. “Il reconnaît qu’investir dans le développement ne signifie pas uniquement sauver des vies, mais qu’il y va du plus profond intérêt national.”